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Droit du Travail

Travail salarié et travail gratuit
Patrick MIGNARD
Faire travailler les chômeurs et /ou celles et ceux qui, sans emplois, bénéficient d’aides est devenu la véritable obsession des gouvernants. La mesure – qui vient d’être prise par le « Président des Riches » en imposant un travail aux allocataires du RSA – apparaît à la fois comme logique et scandaleuse et, de la même manière, les défenseurs d’une telle mesure hésitaient à l’appliquer par crainte de désapprobation, les adversaires peinant à en démonter le mécanisme. Pour y voir clair dans cette affaire, revenons à quelques fondamentaux du système marchand. TRAVAIL ET SALARIAT Deux concepts sont fondamentaux : le travail ; la force de travail. Le travail est l’acte par lequel il y a création de la valeur, de la richesse. Son statut, eu égard à l’individu qui l’accomplit, est déterminé par les (...) Lire la suite »
 
Pour gouverner, il faut avoir Manteaux ou rubans en sautoir. Nous en tissons pour vous grands de la terre Et nous, pauvres canuts, sans drap on nous enterre...
Novembre 1831 : Les Trois glorieuses prolétariennes
Jean-Pierre DUBOIS

Les Trois glorieuses de juillet 1830 avaient marqué la victoire de la bourgeoisie sur la monarchie absolue : institution d’un « roi des Français » et du drapeau tricolore, triomphe de la propriété mobilière et arrivée au pouvoir du banquier Laffitte. Autant de « conquêtes » qui ne concernaient en rien le peuple lequel avait pourtant prêté généreusement son concours aux évènements. Mais, à Lyon, seize mois plus tard et durant trois journées, survient une tout autre révolution : l’insurrection des ouvriers de la soierie - les canuts. Ce sont les Trois glorieuses prolétariennes.

Ce soulèvement « constitue un tournant dans l’histoire de la classe ouvrière, non seulement en France, mais dans le monde entier ». C’est la première grande bataille ouvrière. UNE EXPLOITATION FEROCE Les 400 négociants de la soie imposent aux 30.000 compagnons et chefs d’atelier tisserands des conditions de travail et de rémunération sordides. Les journées de travail durent quinze heures, parfois plus. Pour diminuer les salaires, les fabricants prétextent la concurrence étrangère. De plus, les canuts et leur famille vivent le plus souvent dans des réduits étroits et insalubres où la tuberculose fait des ravages. Pour Auguste Blanqui, « le devoir du travailleur lyonnais, l’homme-machine, c’est de pleurer de faim, en créant jour et nuit, pour les plaisirs du riche, des tissus d’or, de soie et de larmes (...) Lire la suite »
 
Christine Lagarde et les mineurs de charbon
Bernard GENSANE

En date du mars 2011, la Cour d’appel de Versailles a estimé que « les licenciements de MM. Daniel Amigo, Roger Blisson, Georges Carbonnier... étaient discriminatoires ». 3000 mineurs avaient été condamnés à trois mois de prison ferme et 6000 francs d’amende (représentant six mois de salaire) en 1948 pour fait de grève et « entrave à la liberté du travail ». Charbonnage de France ayant disparu, l’État a été condamné à verser aux plaignants 30000 euros chacun.

Contre 15000 grévistes accusés de « communisme », ainsi que d’avoir fomenté une grève « insurrectionnelle » (c’était le début de la guerre froide), le ministre de l’Intérieur socialiste Jules Moch envoya 60000 CRS, dont certains armés de mitraillette. À l’époque âgé de 21 ans, Daniel Amigo fut brisé par ce combat : il se retrouva à la rue sans possibilité de nouvel emploi, les employeurs ayant des consignes pour ne pas reprendre les grévistes. Cette grève fut réprimée avec presque autant de dureté que celle de 1941 par les occupants allemands. « On a été traités comme des malpropres, comme si on avait tué et volé, déclarait récemment Daniel Amigo au micro de Daniel Mermet (“ Là-bas si j’y suis ”, http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=2205). Pourquoi cette grève ? En septembre 1947, le ministre socialiste de (...) Lire la suite »
 
Histoire des droits du travail
Robert GIL
Jusqu'en 1864, la grève était un délit qui a envoyé en prison des milliers d'ouvriers. Jusqu'en 1945, elle était un motif de licenciement qui a touchés de dizaines de milliers de grévistes, comme les 18 000 cheminots révoqués en 1920. A partir de 1946, elle devient un droit constitutionnel, étendu aux fonctionnaires. Mais rapidement ce droit est limité : CRS en 1947, maton en 1948, aiguilleurs du ciel en 1964. Le préavis est instauré dans la fonction publique en 1963, service minimum dans la santé en 1979. En 2007, préavis de prolongement et déclaration d'intention dans les transports. Depuis 1945, l'accord de branche ou d'entreprise ne pouvait déroger à la loi que dans un sens plus favorable au salarié. Mais depuis 20 ans afin de réduire le cout de la main d'œuvre et assouplir le droit du travail, il (...) Lire la suite »
 
Singulier bras de fer entre 300 fétus de paille du Sud-Ouest et des négociateurs réfugiés à … Chicago.
Les Molex pour mémoire ou le dinosaure piteux.
Maxime VIVAS

En a-t-il assez fait, cette année, LGS, dans sa dénonciation du journalisme laquais pacsé avec le Pouvoir, maqué avec la Finance et en divorce d’avec l’information ?

En a-t-il dénoncé des mauvais coups en tous genres et des malfrats sans scrupules (mais pas sans moyens) ?

Et donc, n’a-t-il pas trop porté atteinte au moral de ses lecteurs sous prétexte qu’ils sont de la trempe à voir le monde tel qu’il est, ainsi que le conseillait Voltaire : « Je n’aurais pas voulu être heureux à condition d’être imbécile » ? Dans le doute, voici (enfin !) un conte vrai, celui de la rencontre d’un journalisme debout et de citoyens conscients et organisés. C’est l’histoire d’une lutte.

Trois cents salariés d’un paisible village du Sud-Ouest sont pris à la gorge par un mastodonte sans foi ni loi (du genre « ça passe ou ça casse » : dans les deux cas, il s’en fiche). Ils sont fourmis, il est dinosaure : 15 mètres au garrot, 26 mètres de long, une queue puissante capable de pulvériser l’usine, l’école, les commerces, la mairie après avoir décapité l’église. Emmanchée sur un long cou, sa petite tête est programmée pour une mission sommaire : je broute là où c’est le meilleur pour moi. Finalement (vous en lirez les détails édifiants ci-après), le monstre préhistorique est cerné et éperonnée de toutes parts. Sa bestialité est telle que la presse, les élus locaux, l’Eglise, le gouvernement même la condamnent. Les tribunaux aussi. Et plutôt quatre fois qu’une. En vain : « Gros-cul-petite-tronche » a (...) Lire la suite »
 
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