Au cours du 21ième siècle les Etasuniens ont vu se dégrader de manière extraordinaire leurs droits et leurs protections constitutionnelles. Les citoyens étasuniens qui formaient autrefois un peuple libre protégé par la loi, peuvent aujourd’hui être assassinés et emprisonnés indéfiniment sans qu’aucune preuve ne doive être présentée à la justice et ils peuvent être condamnés à la prison sur la base de témoignages secrets fournis par des témoins anonymes qui ne peuvent être soumis à un contre interrogatoire.
Institution non élue*, composée d’ex-présidents et de hauts fonctionnaires rompus aux basses oeuvres de l’Etat bourgeois, le Conseil constitutionnel s’est de nouveau signalé à l’attention des démocrates. Il a en effet invalidé la mesure gouvernementale instituant la taxation à 75% des revenus annuels de plus d’un million d’euros d’une poignée d’hyper-milliardaires.
« Plaignons le pays qui réduit au silence ses écrivains quand ils disent ce qu’ils pensent… Plaignons le pays qui jette en prison ceux qui réclament la justice, tandis que des tueurs à grande échelle, des massacreurs, des arnaqueurs organisés, des pillards, des violeurs, et tous ceux qui s’attaquent aux plus pauvres des pauvres se promènent en toute liberté. » - Arundhati Roy
Au début de sa carrière d’écrivain et de journaliste, pour des raisons peut-être plus personnelles que politiques, Orwell s’est intéressé à ceux qui avaient sombré dans la misère la plus noire au début des années trente en Grande-Bretagne. Il a écrit de nombreux textes, dont son premier livre publié en 1933, Dans la dèche à Paris et Londres (Down and Out in Paris and London). Il écrivit ce livre après avoir partagé, volontairement, le sort de ces malheureux, dans les asiles de nuit, dans les champs de houblon du Kent, dans les arrière-cuisines de cafés et de restaurants parisiens.
Dans le chapitre III de cet ouvrage, il décrit ce qui se passe dans la conscience de ceux qui sombrent. C’est peu dire que ces lignes écrites il y a soixante-dix ans, sont, malheureusement, toujours d’actualité.
On nous rabâche que les émeutes en Grande-Bretagne n’avaient rien de politique - mais les émeutiers savent que leurs élites, eux, volent en plein jour.
|
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir
|
|