Moyen Orient/Proche Orient16 novembre 2011
Mehmet Ali Birand
Je vous écris ceci depuis Dubaï où je me suis arrêté à mon retour de vacances. Quand j'ai ouvert les journaux en face de moi, la situation est devenue claire. Lorsque vous êtes loin, vous ne pouvez pas obtenir la même impression. Du moment où vous ouvrez « des canards du Golfe », vous reconnaissez la gravité de la situation.
Le monde arabe sunnite est inquiet. Les étapes suivies par l'Iran sur la voie de la construction d’une bombe nucléaire ont été perçus depuis longtemps ici comme une menace ouverte chiite. Aujourd'hui, avec la provocation de Washington, les préoccupations se sont intensifiées.
Deux fronts se sont construits : Le front chiite (L’Iran - la Syrie - le Hezbollah – le Hamas) et le front sunnite (L’Arabie Saoudite - l'Egypte – les pays du Golfe – la Palestine - la Jordanie).
Que l’Iran (...) Lire la suite »
36 8 août 2011
Monde arabe
Samir AMIN
Pour l’universitaire et chercheur égyptien, plus rien ne sera comme avant : ce mouvement de protestation remet en cause à la fois l’ordre social interne aux pays et la place des pays arabes dans l’échiquier politique régional et mondial. Quel regard portez-vous sur ce qui se passe dans le monde arabe six mois et plus après la chute de Ben Ali en Tunisie et d’Hosni Moubarak en Égypte ?
Samir Amin. Ce qui est sûr, c’est que plus rien ne sera comme avant. Car il ne s’agit pas d’un soulèvement avec pour seul objectif celui de se débarrasser des dictateurs en place, mais d’un mouvement de protestation de très longue durée, qui remet en question à la fois l’ordre social interne dans ses différentes dimensions, notamment les inégalités criantes dans la répartition de revenus, et l’ordre international, la place des pays arabes dans l’ordre économique mondial, c’est-à-dire la sortie de la soumission au néolibéralisme, et dans l’ordre politique mondial, c’est-à-dire la sortie de la soumission au diktat des États-Unis et de l’Otan. Ce mouvement, qui (...) Lire la suite »
1 13 mars 2011
APORREA
24 Février 2011 - Les manifestions dans les pays arabes, qui ont déjà fait tomber les régimes de Tunisie et d'Égypte, constituent une étape dans la réalisation du plan stratégique de Etats-Unis connu sous le nom de "Nouveau Proche Orient"., a déclaré hier Samira Rajab, députée de Bahreïn, interviewée par RIA Novosti.
"Les troubles et les révolutions dans les pays arabes dont nous sommes témoins sont la réalisation d'un projet global des États-Unis connu sous le nom de "Nouveau Proche Orient". Sa première phase a été l'Irak, puis le Liban a suivi. Depuis 2011, commence une nouvelle étape, dont la réalisation demandera au moins 10 ans", a dit la parlementaire et journaliste Samira Rajab.
A son avis, les États-Unis prétendent affaiblir les régimes dictatoriaux de la région et introduire des groupes (...) Lire la suite »
20 février 2011
Samuel MOLEAUD
En cette époque formidable où les cerveaux semblent, en apparence, être en train de se libérer collectivement du joug de leurs oppresseurs, il y a comme une bourrasque d’espoir qui décoiffe un petit peu la longue et fine chevelure de l’oligarchie financière. Nombre de militants contestataires évoquent une pomme pourrie, ou une tumeur qui s’est généralisée pour traiter des effets de la globalisation marchande sur la planète. Les soulèvements populaires actuels provenant d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient sont-ils alors le début d’une lourde chimiothérapie contre l’impérialisme néolibéral ? Les peuples oppressés auraient, d’un coup, pris collectivement la décision de s’affranchir de leurs maîtres illégitimes ? En ébullition, en lutte collective contre leurs despotes soutenus par l’oligarchie néolibérale, ils (...) Lire la suite »
8 6 février 2011
Noam CHOMSKY
La nature des régimes qu’ils soutiennent dans le monde arabe importe moins que leur contrôle. Les sujets sont ignorés jusqu’à ce qu’ils brisent leurs chaînes. « Le monde arabe est en feu » annonçait al-Jazeera la semaine dernière, alors que partout dans la région, les alliés occidentaux « perdent rapidement leur influence ». L'onde de choc fut déclenché par le soulèvement en Tunisie qui renversa le dictateur soutenu par l'Occident, avec des réverbérations surtout en Egypte, où les manifestants ont submergé la police brutale du dictateur.
Certains observateurs ont comparé l'événement aux renversements des régimes du camp soviétique en 1989, mais les différences sont importantes. La plus importante est qu'il n'y a aucun Mikhail Gorbachev parmi les grandes puissances qui soutiennent les dictateurs arabes. Washington et ses alliés s'en tiennent au principe bien établi que la démocratie est acceptable à condition qu'elle soit conforme aux objectifs stratégiques et (...) Lire la suite »
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