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Thème : Politique économique
Le hasard comme politique économique
Caleb IRRI
J'avais commencé un « essai » statistique destiné à prouver l'inutilité (ou plutôt la malfaisance) des calculs de probabilité en économie. C'était une théorie absurde fondée sur une réalité qui l'est tout autant, à savoir qu'un événement a statistiquement toujours (et à peu près) une chance sur deux de se produire, ou presque – le presque étant un élément essentiel à la compréhension de cette théorie. Et puis, n'étant jamais totalement satisfait de celui-ci (et aussi fatigué des incohérences mathématiques de cette théorie) je m'apprêtais à laisser tomber ma démonstration… jusqu'à ce que la « Providence » médiatique me remette sur les rails : coup sur coup, des informations soutenant ma thèse principale (à savoir que les mathématiques, les calculs de probabilité, les discours des experts, les statistiques, les analyses, (...) Lire la suite »
 
Amériques latines : émancipations en construction.
Bernard GENSANE

Un livre court mais très dense - comme c’est souvent le cas dans les ouvrages collectifs car chacun donne le meilleur de lui-même - sur « les » Amériques Latines « en construction », en plein chamboulement, dirions-nous.

Le contraste est saisissant entre une Europe soumise, sclérosée, qui s'essouffle sur son erre en s'accrochant à un modèle dépassé, meurtrier pour les humains comme pour la terre, mais qui convient encore à l'hyperbourgeoisie, et des Amériques Latines qui osent, qui cherchent, qui défient, chaque fois qu'elles le peuvent, l'aigle impérial du Nord. Nous sommes dans l'arrière-cour des États-Unis où, des rapports de force ayant changé, des expériences peuvent être mises en oeuvre pour le bien du plus grand nombre. Au début des années 1990, la gauche latino-américaine était à l'agonie, explique Franck Gaudichaud dans son introduction. La social-démocratie se ralliait au néolibéralisme le plus débridé. Mais entre 2000 et 2005, six présidents sont renversés par des mouvements venus de la rue. Plus de dix pays (...) Lire la suite »
 
Face à l’économie de la complexité : une politique dogmatique et une "justice" privée de principes.
Points de vue alternatifs

Ayant clairement abandonné l’utopie d’une politique dominant l’économie et (sans doute moins clairement) une économie "libérée" de l’entrave que constituerait le politique nos sociétés dites "développées" évoluent aujourd’hui dans un environnement hybride de plus en plus difficilement compréhensible. Les dernières décennies semblent marquer l’avènement d’une "ère de complexité" qu’on peut expliquer par l’interdépendance des diverses économies à laquelle notre intelligence a répondu par un regain de technicité sectorielle au détriment d’une compréhension globale.

Face à cela il apparaît que le Politique, l'autorité en charge de la maitrise des conflits dans la communauté pour préserver l'ordre social, est impuissant intellectuellement à maitriser un tel ensemble complexe. Ceci est de plus en plus évident dans la mesure où ses capacités intellectuelles de compréhension et ses moyens matériels d'action sont respectivement orientés et bornés par cette complexité économique. Devant l'impératif d'offrir l'apparence de la maîtrise de l'ensemble au corps social, le Politique (par l'intermédiaire de la politique politicienne) semble se tourner vers une vision dogmatique, ou inspirée par des dogmes, plus apte à masquer son impuissance. Ceci n'est pas, à mon sens, une démarche consciente mais plutôt le fruit d'un réflexe psychologique : Celui qui impose de revenir à des (...) Lire la suite »
 
Pneus neige et idéologie
Philippe ARNAUD

Je m’arrête sur deux sujets du journal de 20 h de France 2 de ce vendredi 15 mars, qui montrent la présence de l’idéologie dans tous les domaines de la vie quotidienne, en l’occurrence, ici, l’automobile.

1. Au bout d'environ 9 minutes de journal, après un sujet sur les braquages de bijouterie et les conséquences des chutes de neige en Normandie, Laurant Delahousse annonce "qu'un député UMP de la Lozère vient de lancer une proposition de loi visant à rendre obligatoires les pneus neige en période hivernale. Une proposition que d'autres pays ont mis en place mais qui suscite, bien sûr, des questions sur son financement". [Suit un reportage sur les qualités du pneu neige, puis quelques interviews d'habitants de Montpellier qui, compte tenu du climat de leur région, ne voient pas la nécessité d'engager une telle dépense. Laquelle est estimée de 350 à 450 euros par an, pour un véhicule moyen]. En quoi cette proposition est-elle idéologique ? Elle est idéologique en ce qu'elle ne s'adresse qu'à la (...) Lire la suite »
 
"L’indépendance de la BCE n’est qu’allégeance au système bancaire"
Michel Santi

Quand comprendra-t-on enfin que les déboires européens actuels ne sont en rien dus aux endettements publics ? Pourquoi l’orthodoxie, la pensée dominante, l’écrasante majorité des économistes, comme les dirigeants politiques (qui n’y comprennent pas grand-chose), s’obstinent-ils à considérer cette crise comme celle des « dettes souveraines » européennes ? Un petit rappel historique serait à cet égard éclairant. D’Histoire de France en l’occurrence, car c’est une loi française du début des années 70 qui devait consacrer cette orthodoxie financière - et figer dans le marbre la sacro-saint indépendance des banques centrales -, responsable des ravages actuels de l’Union européenne !

La finance a mis la main sur les politiques monétaires Le 3 janvier 1973 étaient en effet adoptés les nouveaux statuts de la Banque de France qui devaient révolutionner le job de banquier central, le transformant ainsi en une sorte de personnage « téflon » - totalement antiadhésif - n'ayant nul compte à rendre à l'exécutif de son pays ni à ses concitoyens. C'est effectivement à 1973 et à cette loi française qu'il est possible de dater le début de l'irresponsabilité des banques centrales, et particulièrement dans son article 25 qui indique que « le Trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l'escompte de la Banque de France ». Tournant crucial donc dans la gestion des finances publiques des nations occidentales qui emboitèrent le pas à la France. Les Etats étant dès lors - et de facto - (...) Lire la suite »
 
La guerre des clans : Monétaristes contre Fiscalistes
Robert BIBEAU

Moult aristocrates ouvriers, quelques bureaucrates syndicaux, et plusieurs « bobos » ayant thésaurisé tout l’été demandent aujourd’hui à être conseillés afin de planquer leurs deniers durement gagnés en ces temps d’austérité économique aggravée. J’ai donc visité Internet à la recherche d’économistes avisés. Je suis tombé sur une vidéo très instructive où un gang de spécialistes pédants, probablement des Républicains américains, se pourfend et s’épand en conjectures contradictoires

Monétaristes contre fiscalistes Moult aristocrates ouvriers, quelques bureaucrates syndicaux, et plusieurs « bobos » ayant thésaurisé tout l'été demandent aujourd'hui à être conseillés afin de planquer leurs deniers durement gagnés en ces temps d'austérité économique aggravée. J'ai donc visité Internet à la recherche d'économistes avisés. Je suis tombé sur une vidéo très instructive où un gang de spécialistes pédants, probablement des Républicains américains, se pourfend et s'épand en conjectures contradictoires (1). J'ai pensé être utile en traduisant, pour la compréhension d'un béotien, leur bavardage discordant. Je cite au hasard trois phrases remarquables prononcées par ces parangons du capital : « Nous sommes tous esclaves du gouvernement mondial dirigé par les banques centrales », et « Le marché libre (sic) (...) Lire la suite »
 
à qui profite le déclassement de l’économie française par Standard & Poor’s ?
Capitaine Martin
L'usure internationale ne désarme pas, et c'est désormais au tour de la France, deuxième économie européenne, d'en faire les frais. L'agence privée étasunienne Standard & Poor's a ainsi confirmé la dégradation des notes à long terme AA+ et à court terme A-1+ de la France. Cette décision intervient quatre jours à peine après le déclassement opéré par Moddy's, une autre agence de notation. « Après la stagnation de 2012, a déclaré Standard & Poor's, nous nous attendons à ce que la croissance de l'économie française ne dépasse pas 0,4% en 2013 ». Après avoir durement frappé les économies de la Grèce, de l'Espagne, de l'Italie, de l'Irlande et du Portugal, les financiers britanniques et étasuniens s'en prennent aujourd'hui à la France. Et ce, dans la continuité de la une de l'hebdomadaire The Economist du (...) Lire la suite »
 
Ce que les économistes ne nous disent pas
Caleb IRRI
Alors que la crise bat son plein et que les mesures imposées par les marchés seront à coup sûr entérinées d'ici à peu par des gouvernements serviles, la bataille fait rage pour savoir si elle seront suffisantes pour redonner aux différents acteurs économiques la confiance qui leur fait défaut, tout en réduisant le taux d'endettement des pays les plus fragiles, et cela sans (trop) nuire à la croissance. Nombreux sont ceux qui naturellement s'opposent, parmi les peuples, aux différents mécanismes proposés par les dirigeants européens, tandis que tous les analystes politiques ou économiques semblent se faire à cette idée comme étant la seule option valable, du moins à court terme. Mais personne ne semble en mesure de proposer d'autres alternatives capables de faire coïncider les deux éléments (...) Lire la suite »
 
"Nous avons besoin maintenant de croissance" - (Der Spiegel)
Paul KRUGMAN
Der Spiegel : M. Krugman, la Grèce doit-elle quitter la zone euro ? Paul Krugman : Oui. Je ne vois pas trop de solution de rechange actuellement. Cela va être terrible dans la première année si elle la quitte. Donc, je suis vraiment réticent à le dire comme cela en reviendrait un petit peu à crier "Au feu !" dans un théâtre bondé, mais quelle est l'alternative réaliste ici ? Ce n'est pas comme si quelqu'un avait quelque chose à proposer qui aurait le moindre espoir de les faire sortir de la pagaille dans laquelle ils se trouvent. Der Spiegel : Si la Grèce doit quitter l'euro, cela va-t-il enfin contenir la crise de l'euro ou, plutôt, faire empirer les choses ? Paul Krugman : Qu'adviendra-t-il si la Grèce quitte l'euro ? Alors, vous avez encore une fuite des capitaux des banques dans d'autres pays (...) Lire la suite »
 
Maintenir la monnaie à tout prix : répétition des politiques de 1929 en France
Annie STASSE

Totalement obsédée par la crise de 1929 je relis pour m’aider aux comparaisons, car il me semble que l’évolution est à ce jour comparable. Jusqu’où iront-ils ? est ma frayeur constante.
En vert les points comparables.

Aspects et effets de la crise La France fut touchée par la crise en 1930. Mais elle n'en prit conscience qu'en 1931/1932. Dès 1930 les indices de la production baissent, les chômeurs augmentent. Le marasme persista en France jusqu'en 1938. Grâce à son marché intérieur la crise fut moins profonde en France que dans les autres pays industrialisés : il y avait un marché intérieur, elle était sous-peuplée (=moins de chômeurs- l'Allemagne actuelle a une démographie déficitaire), et pourvus de banques solides. Ailleurs le relèvement se fit en 1935. En 1938 l'activité économique en France était sous le niveau de 1929. Dès 1931 les prix français cessèrent d'être compétitifs sur le marché mondial, d'où la chute des exportations de moitié. La balance des comptes qui comportait un excédent de 3 milliards entre 1927 (...) Lire la suite »
 
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