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Thème : Syrie

Les arrière-pensées de l’appel de Paris

Kharroubi HABIB

Réunis mardi à Paris, les membres de la coalition internationale en lutte contre le groupe Etat islamique ont appelé « au prompt lancement d’un véritable processus politique inclusif sous l’auspice des Nations unies » pour rétablir la paix en Syrie.

L'appel venant d'Etats ayant depuis le début du conflit syrien systématiquement sabordé toutes les initiatives qui ont été tentées pour mettre en route ce processus ne va probablement pas être rejeté par le régime de Damas et ses alliés. Sur le principe, il rejoint en effet ce qu'ils ont été les premiers à préconiser. Mais ils ne s'impliqueront dans la démarche maintenant prônée par ces mêmes Etats que si ceux-ci renoncent à imposer leurs conditions sur qui seront les acteurs politiques syriens appelés à prendre part à ce processus et sur quels résultats il doit déboucher. Ils sont assurément en droit d'être méfiants à l'égard de l'initiative des membres de la coalition dont certains ont par avance décidé qui va être admis ou non à la table des négociations. En s'arrogeant ce droit, ils ont enlevé sa signification au terme « inclusif » qu'ils ont accolé au processus politique au lancement duquel ils appellent. Les membres de la coalition anti-Daech sont apparemment conscients qu'en Syrie la résolution du conflit (...) Lire la suite »

Damas passe en mode défensif

Moon of Alabama

Lorsque l’ennemi attaque en nombre écrasant, il est logique de se replier sur ses meilleures lignes de défense et de protéger uniquement le cœur du pays.

L'assaut simultané des « rebelles modérés » d’Al-Qaïda et des djihadistes de l’État islamique, soutenus par les États-Unis, la Turquie et le conseil de coopération du Golfe, exige que le gouvernement syrien centralise ses capacités et son matériel et se place en position défensive. Ce n’est bien sûr pas un changement stratégique ni un signe de faiblesse, mais un mouvement tactique. Sacrifier des unités épuisées pour défendre des parties accessoires et excentrées du territoire – de ce fait indéfendables – du pays serait tout simplement inepte. Le gouvernement syrien est encore fort et au moins 75% du peuple syrien qui se trouve à l’intérieur de la Syrie est sous son contrôle. La guerre contre la Syrie va durer des années et il y aura d'autres phases où l'armée syrienne ira de nouveau à l'attaque. Quelque 10 000 combattants d'al-Qaïda, dont un tiers d'étrangers, ont traversé la frontière Turco-syrienne équipés de nouvelles armes anti-chars TOW étasuniennes et ont submergé les défenses syriennes dans le (...) Lire la suite »

La nouvelle guerre de 1000 ans !

Karim MOHSEN

Depuis mars 2003 et l’invasion de l’Irak par l’armada étasunienne, la région du Moyen-Orient vit sous l’emprise de la guerre et de la violence. Douze ans après cette agression, l’ancienne Mésopotamie est aujourd’hui ruinée et dépecée alors que les guerres ethniques et confessionnelles font rage.

Pas loin, un nouveau front a été ouvert en Syrie, qui dure depuis maintenant quatre ans. Une Syrie, dévastée qui connaît le sort de son voisin irakien. Ce sont deux berceaux de la civilisation humaine qui sont ainsi mis à mal. Et il y a le Yémen qui, en conflit latent depuis 2011, est désormais à son tour engagé dans une guerre sanglante, dont personne ne peut en prévoir l'issue. A l'ouest de la région arabe, au Maghreb, la situation n'est guère meilleure dont la Libye, qui entre dans la quatrième année d'une guerre fratricide, illustre parfaitement la donne. En Egypte, le nouveau pouvoir militaire – qui organise une meurtrière traque aux opposants – organise des procès de masse inédits dans le monde, créant un effrayant remake de la chasse aux sorcières des âges sauvages. Le Liban, sans président, ni Parlement, depuis le 25 mai 2014, est retombé dans ses travers et un rien pourrait rallumer la flamme de la discorde. Reste la Palestine, avec des guerres qui durent depuis 68 ans, traversant des phases (...) Lire la suite »

Syrie : L’opération de « blanchiment » d’Al-Nosra a commencé…

Nasser KANDIL
Avant propos Dès Juin 2014, le Dr Salim Harba, chercheur syrien et expert en géostratégie, nous annonçait les manœuvres des États prétendument « Amis de le Syrie » visant à livrer la Syrie à Al-Qaïda, quel que soit le nom qu’elle se donne : « Pour rester bref, je pense que les États-Unis sont en train de poursuivre plusieurs buts à la fois. Ils pensent piéger l’Iran d’une façon ou d’une autre, et abandonnent le terrain syrien à ceux qu’ils font passer pour des « opposants modérés » ; lesquels prétendus opposants ne sont que le deuxième assortiment d’Al-Qaïda. D’ailleurs, les États-Unis sont en train de travailler à « vider » le terrain dans l’intérêt de Daech et du leur. Je m’explique en rappelant un fait marquant survenu lorsque Al-Zawahiri [successeur de Ben Laden et chef d’Al-Qaïda] a dépêché six de ses délégués pour sommer Abou Bakr Al-Baghdadi [dirigeant de Daech] et Abou Mohammad Al-Joulani [dirigeant de Jabhat Al-Nosra] de quitter la Syrie pour s’occuper des malheureux frères irakiens. Nous savons tous (...) Lire la suite »

Syrie, Pakistan, Israël, Ukraine : quelques réflexions en passant…

Moon of Alabama
(En raison d’une intervention médicale -sans danger- ma vue est temporairement restreinte. Il va m’être un peu difficile de lire, écrire et poster des articles ici pendant quelques jours. Je vous prie de m’en excuser.) Certaines questions ont cependant malgré tout retenu mon attention : The Telegraph, comme beaucoup d’autres organes de propagande, affirme que le gouvernement syrien se désagrège : Ali Mamlouk, le chef du Bureau de la sécurité nationale du pays, a été relevé de ses fonctions au moment où le régime de Bachar al-Assad commence à montrer des signes de divisions sur le rôle de l'Iran. C’est complètement absurde* : Le chef des services de sécurité syriens, Ali Mamelouk, a assisté à l’entretien du président Bachar al-Assad avec un haut-responsable iranien, mercredi, après qu'un journal ait affirmé qu'il était en résidence surveillée pour avoir fomenté un coup d'Etat. Mamluk a participé à cette réunion, selon l'agence de presse officielle, SANA, après que le journal anglais The Telegraph ait (...) Lire la suite »

L’Occident facilitera la montée de l’Etat Islamique « afin d’isoler le régime syrien », lit-on dans un document de la Defense Intelligence Agency de 2012 (Levant Report)

Brad HOFF
Le lundi 18 mai, Judicial Watch, le groupe de vigilance du gouvernement conservateur, a publié une sélection de documents autrefois classifiés obtenus du Département américain de la Défense et du Département d'Etat grâce à un procès fédéral. Alors que les grands médias se concentraient sur le traitement par la Maison Blanche de l’attaque du consulat de Benghazi, un bien plus « grand tableau » se dégage de la lecture d’un document de la Defense Intelligence Agency rédigé en 2012 : à savoir que l’avènement d’un « État islamique » dans l’est de la Syrie est souhaitable pour que l'Occident puisse arriver à ses fins dans la région. De manière surprenante, le rapport récemment déclassifié stipule que pour « l'Occident, les pays du Golfe et la Turquie [qui] soutiennent l’opposition [syrienne]... il y a la possibilité d'établir une principauté salafiste officielle ou pas, dans l’est de la Syrie (Hasaka et der Zor), et c’est exactement ce que veulent les puissances qui soutiennent l'opposition, afin d'isoler le régime (...) Lire la suite »

Kenneth Roth de HRW poursuit ses accusations mensongères à l’aide d’une autre fausse photo.

Moon of Alabama
La semaine dernière, nous avons constaté que le directeur de Human Rights Watch, Kenneth Roth, avait utilisé une image des destructions à Gaza provoquées par Israël pour accuser le gouvernement syrien d’utiliser aveuglément des « bombes barils ». Nous écrivions alors : C’est donc au moins la troisième fois qu’HRW utilise une photo détournée pour accuser des ennemis actuels de l'impérialisme américain d’avoir causé des destructions que l'empire américain et / ou de ses amis ont causées. Ce n’est pas seulement du parti-pris de la part d’HRW, c’est de la fraude pure et simple. Suite à notre post et à de nombreuses protestations sur Twitter, Kenneth Roth a été obligé de se rétracter et de supprimer ce tweet. Il a posté : Furieux d'avoir à retirer le tweet accusateur, il en a envoyé un autre, accusant une fois de plus le gouvernement syrien d’avoir provoqué avec des « bombes barils » les destructions qu’on voit sur cette image : Mais cette image ne représente pas davantage des destructions causées par les « (...) Lire la suite »

Des milliers de Frères Kouachi ravagent le Nord syrien avec l’aide de l’Occident

Bahar KIMYONGUR

Plus personne ne met en doute le soutien apporté par les États-Unis au terrorisme djihadiste en Afghanistan du temps de l’URSS et à l’un de ses chefs, le Saoudien Oussama Ben Laden.

Cette vérité fait partie de ces généralités que Monsieur tout le monde sort volontiers dans une discussion de comptoir ou au coin du feu sans que cela ne choque. Aujourd’hui, la collaboration machiavélique entre les barbares de Washington, leurs alliés « sunnites » du Conseil de coopération du Golfe, Ankara et Al Qaïda est accueillie avec le même flegme. Mais attention au retour de flamme. Car la Syrie n’est qu’à mi-chemin entre Paris et Kaboul. Un « tout petit carnage » à Charlie Hebdo de 12 morts, tout petit comparé aux dizaines de milliers d’Arabes victimes du terrorisme et de la guerre au Moyen Orient, et le président Hollande déclarait la France « touchée dans son coeur ». Depuis 4 ans, le coeur des Syriens est chaque jour criblé de balles, des mêmes balles que celles qui ont décimé la rédaction de Charlie Hebdo. Rien que ces dernières semaines, des centaines de soldats et de civils syriens ont été massacrés à Alep et Idlib au Nord, à Hama au centre et à Deraa au Sud. Depuis un mois, le coeur des (...) Lire la suite »

Le chemin de Damas des autorités françaises

Kharroubi HABIB
Il y a peu, des parlementaires français de droite et de gauche s'étaient rendus en Syrie où ils ont été reçus par le président Bachar El Assad et diverses autres personnalités responsables au sein du régime de Damas. Leur initiative avait alors défrayé la chronique politico-médiatique en France car ayant été à contre-courant de la position officielle française qui consiste à considérer Bachar El Assad et son régime comme « infréquentables » de quelque façon que ce soit. François Hollande et l'ensemble des autorités officielles de Paris l'avaient alors « fermement » condamné et affirmé ne pas en avoir été préalablement informés et encore moins lui avoir donné leur aval. Passe alors que des parlementaires se sont avisés d'enfreindre l'interdit officiel de Paris de tout contact avec le régime syrien, mais comment imaginer qu'en feraient de même les dirigeants de la chaîne de télévision publique France 2 qui ont envoyé à Damas Antoine Pujadas, le présentateur vedette du JT de leur chaîne, faire une retentissante (...) Lire la suite »

Alep : De quelle couleur es-tu ?

Mouna ALNO-NAKHAL
À Alep, pour dire « comment vas-tu ? », on dit « chlonak » au masculin singulier et nous vous épargnerons toutes les déclinaisons terminales de ce terme, selon que l’on parle au masculin ou au féminin, au singulier ou au pluriel de deux ou plus. Un mot qui ne vient pas de l’arabe, mais sans doute du Syriaque ou d’une langue parlée depuis un passé encore plus lointain, qui vous demande, en guise de salut à n’importe quelle heure du jour et de la nuit : « de quelle couleur es-tu ? ». Ces derniers temps, la réponse hurlée ou étranglée des gens d’Alep est de toutes les couleurs du sang, qu’il parte du cœur ou du ventre, qu’il gicle dans les rues ou du lit douillet d’un enfant. Ils en arriveraient presque à préférer les « canons de l’enfer », des monstres qualifiés d’opposants modérés par tous les hypocrites de la Terre, aux missiles d’« Erdogan le pilleur » [1], qui ont l’avantage de démolir des immeubles entiers avec tous leurs occupants, plutôt que de laisser le hasard choisir ses victimes étage après étage, maison (...) Lire la suite »
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