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Thème : Syrie

L’année 2014 dans le monde arabe entre espoirs de changement et risques de somalisation

Mohamed Tahar Bensaada

L’année 2013 s’est achevée avec quelques maigres espoirs d’entrevoir peut-être le bout du tunnel de deux crises majeures qui risquent d’affecter gravement la sécurité et la stabilité de la région sensible du Moyen Orient : la crise syrienne et la crise du nucléaire iranien.
Mais il s’en faut de beaucoup pour espérer que la diplomatie puisse venir à bout du conflit syrien, que la militarisation par des puissances étrangères a rendu incontrôlable.

Pire, malgré l'accord russo-américain sur ce dossier sensible dont on attend une plus grande pression sur les protagonistes régionaux (Turquie et Arabie Saoudite d'un côté, Iran et Irak de l'autre) qui continuent à alimenter le conflit, les données sur le terrain conduisent à penser que des forces radicales et incontrôlées sont en mesure de créer une ou des entités autonomes à la frontière syro-irakienne à partir de laquelle elles pourraient continuer une longue guerre d'usure, donnant ainsi à la puissance américaine un prétexte commode d'installer une base militaire à partir de laquelle ses drones de combat pourraient se lancer à la chasse des méchants djihadistes comme cela se passe déjà à la frontière pakistano-afghane et au Yémen. Risque de somalisation en Syrie Le scénario de la somalisation de la Syrie n'est pas à écarter dans ces conditions et les dernières nouvelles en provenance d'Irak, où la filiale locale d'al Qaida, "l'État islamique d'Irak et du Levant" semble avoir pris le contrôle de la ville (...) Lire la suite »
Les pacifistes turcs accusent

Un rapport sur les « crimes de guerre commis contre le peuple syrien » remis à l’ONU

Solidarité Internationale PCF

Ils accusent. 45 avocats, journalistes, députés, syndicalistes, artistes turcs viennent de publier un rapport accablant sur les « crimes commis contre le peuple de Syrie » transmis à l’ONU. Visés : les agissements des groupes djihadistes, la guerre d’agression contre la Syrie.

L' « Association turque pour la paix » et les « Avocats pour la justice » préparent depuis plusieurs mois un rapport préliminaire à des poursuites contre les criminels de guerre en Syrie, et leurs commanditaires. Poursuite devant les tribunaux turcs, et surtout devant les cours internationales. Le rapport vient d'être remis à la Commission d'enquête indépendante de l'ONU sur les crimes commis en Syrie. L'idée est de mettre sur pied l'équivalent du Tribunal Russell pour les crimes de guerre au Vietnam dans les années 1960, expérience répétée pour les guerres en Irak et en Palestine, pour juger des crimes perpétrés par l'impérialisme. À leur crédit, les avocats et journalistes turcs connaissent très bien le terrain, que ce soient du côté des régions frontalières turques, ou en tant que cas que participant à des équipes d'enquêteurs en visite ponctuelle en Syrie, ou même comme reporter de guerre en Syrie. Les avocats turcs se basent sur le « Statut de Rome » prévu par la Cour Pénale internationale (CPI) et (...) Lire la suite »

Syrie Le miroir des contradictions du monde arabe

Ali AKIKA

Des colonnes de réfugiés avançant sous le ciel des ténèbres vers un horizon incertain. Ils ont laissé derrière eux des fosses communes où s’entassent des cadavres, des éclopés, sans soins, souffrant le martyre, des enfants, des femmes et des hommes dont les larmes coulent dans un tonneau des Danaïdes.

La Palestine en 1948 et en 1965 fut la première victime de ces brigands « civilisés » qui vont répéter leur forfait. L’Irak, en 1991 et 2003, fut leur seconde victime. La Syrie aujourd’hui vit le même cauchemar. Ces croisés des temps modernes, conjuguant prétextes et forces brutales, s’engouffrent à chaque fois dans les brèches de pays fragilisés par des pouvoirs coupés de leur peuple.

Dans ces territoires, devenus arides politiquement, ne poussent que des dictatures engendrant une violence dont la nature et le degré nous saisissent d’effroi. Il faut bien un jour, il est du reste temps de se pencher sur les responsable du bilan de la répression et du sous-développement économique qui ont affaibli ces pays. La noire et aveuglante lumière qui nous parvient de Syrie nous renseigne sur les forces politiques et les idéologies qui ont et qui labourent encore l’espace du monde arabe. Puisque chaos il y a, on est bien obligés de s’interroger sur les courants politiques qui lèvent haut leur étendard sans la moindre analyse critique de leur bilan. Sous la colonisation et ensuite avec les indépendances, les courants nationalistes (baâth en Syrie/Irak), le FLN algérien, le Destour tunisien et l’Istiqlal marocain portèrent le fer à la domination coloniale et dirigèrent les pays devenus indépendants. L’islam, religion et culture « propriété » de tout le monde, ne posait pas véritablement (...) Lire la suite »

Moyen-Orient : chronique d’un chaos ordinaire

Chems Eddine CHITOUR

Encore une fois l’actualité se rappelle à nous. Nous savons tous que le chaudron syrien est toujours en ébullition mais on avait espéré qu’à l’approche de Genève, la situation allait se calmer de part et d’autre.
Dans ce Proche et Moyen-Orient livré à tout vent avec la situation peu enviable de la Libye, les convulsions du pouvoir en Égypte, voilà que le Liban se met de la partie. Sur son sol en effet, plusieurs attentats qui ont des commanditaires différents et qu’au final ce sont les civils, notamment du Hezbollah et ses alliés iraniens qui en font les frais.

De plus, l'assassinat d'un ministre proche de la mouvance du 14 avril de Hariri est en quelque sorte la réponse à l'attaque de l'ambassade iranienne à Damas. Ceux qui tirent les ficelles sont avant tout des roitelets du Golfe dont la gouvernance laisse à désirer. C'est le cas de l'Arabie Saoudite et de ses services de renseignement avec le prince Bandar Ben Sultan pour qui tous les coups sont permis quand il s'agit de démolir le pouvoir syrien -allié de l'Iran chiite- quitte à proposer ses bases aux Israéliens pour leur permettre de bombarder l'Iran en toute quiétude. On le voit, Israël fait partie de la solution ou du problème quand il s'agit de réduire l'influence de l'arc chiite et dans ces conditions il ne faut surtout pas parler de religion, de schisme sunnite-chiite. C'est de fait le combat contre l'arc chiite représenté par la Syrie alaouite de Bachar El Assad, l'Iran, Bahrein, et naturellement l'Irak qui n'en finit pas de saigner. On apprend à ce propos que des éléments d'Al Qaîda ont (...) Lire la suite »

Conférence de Genève II : pourquoi le Canada et le Danemark, et pas l’Iran ?

Kharroubi HABIB

Dans l’esprit de ses initiateurs, la conférence de Genève II a pour objectif l’instauration d’un dialogue entre le régime syrien et l’opposition en vue de parvenir à un accord politique négocié qui mettrait fin au conflit armé qui les oppose. Pour lui donner plus de chances d’atteindre ce but, ils ont convenu d’y inviter à participer un aréopage d’États et organisations susceptibles par les influences qu’ils ont sur les belligérants d’exercer sur eux des pressions allant dans le sens d’attitudes positives permettant l’aboutissement de leurs négociations.

On sait qu'ont été invités dans ce cadre-là les cinq membres permanents du Conseil de sécurité, la Ligue arabe, l'Union européenne, l'Organisation de coopération islamique (OCI), de même que l'Irak, la Jordanie, le Liban et la Turquie en tant qu'États frontaliers de la Syrie principaux pays d'accueil des réfugiés syriens. Conviés aussi des pays arabes de la région tels que l'Arabie Saoudite, le Qatar, les Émirats arabes unis et l'Égypte. La liste comprend également des pays occidentaux qui sont l'Allemagne, le Canada et le Danemark. Le « hic » est que dans cette liste l'Iran n'y figure pas, au motif révélé vendredi à des médias par l'émissaire onusien pour la Syrie Lakhdar Brahimi, que les États-Unis n'ont pas donné leur accord à sa participation à Genève II. Si Washington est dans une logique de recherche d'une solution politique au conflit syrien, il ne peut éluder que Téhéran est en mesure d'y contribuer. En persistant dans le veto à la présence iranienne, les Américains émettent un signal que le régime (...) Lire la suite »

Une population syrienne en détresse… à qui la faute ?

Nicola Nasser

Contrairement à ce que prétend le baratin médiatique répandu par des bailleurs de fonds occidentaux au service de la rébellion armée en Syrie, l’essentiel de la responsabilité de la crise humanitaire majeure dans la région, revient à la rébellion elle-même...

Provoquer une crise humanitaire en Syrie (réelle ou artificielle), et tenir le gouvernement syrien pour responsable de la situation tout en utilisant la crise pour justifier une intervention militaire en prétextant de la résolution de l’ONU de 2005 « Responsabilité de protéger », tel a été, depuis le tout début du conflit syrien, le but de la coalition des « Amis de la Syrie », emmenés par les USA. Une intervention militaire est actuellement exclue mais, ce que la chroniqueuse du journal « The Inquirer » décrivait dans l’édition du 29 novembre dernier comme « la plus importante crise humanitaire de la décennie », a été fabriquée de toutes pièces. Cette crise « s’aggrave et aucune solution n’est en vue », d’après la Fédération Internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC) lors de sa conférence de novembre 2011. Les rapports abondent (objectifs ou non, officiels comme officieux) qui mettent en cause la responsabilité du gouvernement syrien, mais celle des insurgés a été tue trop longtemps et ce (...) Lire la suite »

Scandale dans le scandale en Turquie : la police protège al Qaïda !

Mounadil MOUNADILOUN

Le chef du gouvernement turc, Recep Tayyip Erdogan, a fait beaucoup pour contribuer à la chute du régime syrien. Or, non seulement ce régime est toujours en place, avec Bachar al-Assad à sa tête, mais il a engrangé et continue à engranger des gains substantiels aussi bien sur le terrain politique que sur le terrain militaire.

Et ce, tandis que le pouvoir du premier ministre turc est en train de vaciller [11], ébranlé par un scandale politico-financier de grande ampleur qui a déjà entraîné la démission de trois ministres et un profond remaniement du gouvernement. En admettant qu'il ne soit pas contraint à remettre sa démission, on voit mal, dans ces conditions, comment M. Erdogan pourrait briguer un mandat présidentiel lors des élections de 2014 d'autant, nous dit-on, que le mouvement religieux de Fethullah Gülen [12] est entré en opposition ouverte contre lui (Gülen avait contribué à la victoire électorale d'Erdogan). Le scandale ne se limite cependant pas à des affaires strictement turques mais concerne aussi l'action du gouvernement AKP (Parti de la Justice et du Développement) dans la Syrie voisine. En effet, parmi les personnes recherchées par la justice, on compte deux ressortissants Arabes présentés comme membres d'al Qaïda, c'est-à-dire en réalité des services secrets saoudiens. Ces deux personnages sont (...) Lire la suite »

Au Moyen-Orient, le meurtre de masse est financé par nos amis saoudiens

Patrick COCKBURN

Chacun sait d’où provient l’argent d’al-Qaïda, mais alors que la violence est sectaire, l’Occident ne fait rien. On sait que les donateurs en Arabie Saoudite ont joué un rôle crucial dans la création et le maintien de groupes djihadistes sunnites ces trente dernières années. Mais quelle que soit la détermination supposée des États-Unis et de leurs alliés, depuis le 11 septembre, à mener « la guerre contre le terrorisme », ils ont fait preuve d’une retenue surprenante quand il s’est agi de presser l’Arabie saoudite et les monarchies du Golfe de fermer le robinet financier qui maintient les djihadistes en activité.

Comparons deux déclaration étatsuniennes soulignant la signification de ces donations et basant leurs conclusions sur les meilleurs renseignements disponibles au gouvernement des Etats-Unis. La première se trouve dans le Rapport Final [ de la Commission nationale sur les attaques terroristes contre les États-Unis], qui établit que Oussama ben Laden ne finançait pas al-Qaïda car depuis 1994 il avait peu d'argent en propre, mais qu'il comptait sur ses liens avec des Saoudiens nantis, noués pendant la guerre afghane dans les années 1980. Citant parmi d'autres sources un rapport analytique de la CIA daté du 14 novembre 2002, la Commission concluait que : « al-Qaïda semble avoir compté sur un groupe restreint de facilitateurs financiers qui levaient des fonds chez divers donateurs et d'autres collecteurs de fonds principalement dans les pays du Golfe et en particulier en Arabie saoudite ». Sept années se passent après le rapport de la CIA, pendant lesquelles les États-Unis envahissent l'Irak, (...) Lire la suite »
Une révolte pacifique et spontanée en Libye ?

Stéréotypes !

Karim MOHSEN

Les choses peuvent-elles être aussi carrées que le supposent d’aucuns ou qu’on veut le faire croire ? Certes, non ! L’exemple nous vient de Syrie ou ceux-là qui ont créé de toutes pièces et monté en épingle une « rébellion » - qui n’existait que dans leur esprit- ne cachent plus leur amertume de n’avoir pu parvenir à leur objectif stratégique.

Contrairement à ce qui s'est passé en Tunisie et en Egypte, de façon moindre au Yémen, mais comme en Libye, il n'y eut point de « révolte » pacifique et « spontanée » – réprimée par le régime – comme n'ont cessé de le marteler les médias proches des maîtres d'oeuvre de la tentative de changer le régime syrien par la force. Aussi, c'est quelque peu contrarié que le Secrétaire étasunien à la Défense, Chuck Hagel, admettait récemment qu'il y avait de « gros problèmes » en Syrie. En effet, le coup de force qui devait, aurait dû, être couronné par la neutralisation du dernier régime non-aligné au Moyen Orient – par l'éviction de Bachar Al Assad – tourne en eau de boudin au grand dépit de ses concepteurs. Nonobstant, Bachar Al Assad – qui n'est certes ni un saint, ni le démocrate qui fait tant défaut au Monde arabe – n'est pas tombé. Contre toute attente, il a été et reste l'homme de la situation. Le régime syrien reste certes, peu estimable, mais par quoi veut-on le remplacer ? Y a-t-il des régimes « recommandables » et (...) Lire la suite »

À propos de la situation en Syrie

D.R.

Tout laisse à penser que l’agression lancée contre la Syrie par l’empire étasunien, ses vassaux français et britannique, et des pays arabes félons, va finalement échouer.

C’est un fait nouveau. En effet, depuis la chute du mur de Berlin, les agressions de l’Empire avaient atteint l’essentiel de leurs objectifs : détruire l’État agressé et n’y laisser que chaos et désolation. C’est ce qui s’est passé en Tchécoslovaquie, en Yougoslavie, en Afghanistan, en Irak et en Libye. L’État syrien ne sera donc pas détruit. Son indépendance à l’égard de l’Empire va perdurer, son soutien à la Palestine va se poursuivre et sa résistance contre Israël va s’aiguiser. Voilà une bien bonne nouvelle ! Cependant, les choses ne sont pas encore entièrement stabilisées, mais la tendance est nette. D’ailleurs, la préoccupation actuelle des pays occidentaux est d’éviter le retour des takfiristes (djihadistes particulièrement violents) qu’ils ont contribué à expédier en Syrie. Les visées hégémoniques de l’Empire peuvent donc être contrées. La sauvagerie même de l’agression dont la Syrie est encore victime et une politique adéquate de son gouvernement, présidée par Bachar El-Assad, à l’intérieur comme à (...) Lire la suite »
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