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Thème : Syrie

Ce n’est pas à Genève que se négocie la paix en Syrie

Kharroubi HABIB

Depuis que l’ONU en a annoncé l’organisation, les pourparlers de paix sur la Syrie qui se sont ouverts vendredi dernier à Genève suscitent analyses et commentaires sur les chances qu’ils ont ou non de se conclure par un accord mettant fin au long et atroce conflit syrien.

Ce n'est pourtant pas à Genève où se tiennent les pourparlers syro-syriens sous l'égide des Nations unies que je joue la partie de l'issue de laquelle dépend ce qui va advenir en Syrie. Elle se joue ailleurs dans les tractations qui se mènent tantôt ici, tantôt là entre les puissances étrangères qui se livrent en Syrie une guerre par procuration. C'est le résultat de ces tractations qui décidera de celui des pourparlers de Genève et non le contraire. Les parties syriennes qui négocient dans la capitale suisse n'ont pas, compte tenu de leur dépendance aux alliés étrangers qui les soutiennent respectivement dans la guerre qu'ils se livrent, l'autonomie de décision leur permettant mener à leur guise les négociations qu'elles ont engagées. Cela vaut autant pour le régime syrien que pour les opposants qui lui font la guerre. Plutôt que de se braquer sur les déclarations et postures de telle ou telle partie syrienne présentes à Genève pour supputer sur ce qui sortira de leurs négociations, il y a lieu de (...) Lire la suite »

Conférence de presse de Bachar al-Jaafari suite à l’annonce du gel des pourparlers inter-Syriens à défaut du gel des zones de combat… [Texte intégral]

Docteur Bachar al-Jaafari,
Voici la déclaration de M. Laurent Fabius, chef de la diplomatie française, au soir du mercredi 3 février 2016 [1] : « L'Envoyé spécial des Nations unies vient d'annoncer la suspension des négociations inter-syriennes de Genève, en raison des circonstances dramatiques de terrain en Syrie qui les privent de sens. Nous condamnons l'offensive brutale menée par le régime syrien, avec le soutien de la Russie, pour encercler et asphyxier Alep et ses centaines de milliers d'habitants. J'exprime le plein soutien de la France à la décision de l'Envoyé spécial, dans ce contexte, de suspendre les négociations, auxquelles ni le régime de Bachar al-Assad ni ses soutiens ne souhaitent visiblement contribuer de bonne foi, torpillant ainsi les efforts de paix. La France attend du régime et de ses alliés le respect de leurs obligations humanitaires et de la résolution 2254 du Conseil de sécurité, à savoir la cessation des bombardements indiscriminés, la levée des sièges et le plein accès humanitaire aux populations (...) Lire la suite »

Les ennemis de la Syrie se lancent dans l’escalade pour sauver la face

Moon of Alabama
La Russie accuse la Turquie de se préparer à envahir la Syrie : L'armée russe a déclaré jeudi qu'elle avait de « sérieuses raisons » de penser que la Turquie faisait des préparatifs intensifs pour envahir la Syrie voisine. Des photos d'un poste de contrôle à la frontière entre la ville turque de Reyhanli et la ville syrienne de Sarmada datant de fin octobre et fin janvier révèlent une extension des infrastructures de transport qui pourrait avoir pour objet de déplacer des troupes, des munitions et des armes, a indiqué le Major Général Igor Konashenkov, porte-parole de l’armée, dans une déclaration rédigée en anglais. Il a ajouté que ce n’était qu’un signe parmi d’autres des « préparatifs secrets des forces armées turques en vue d’actions concrètes en territoire syrien. ... Un responsable du ministère turc des Affaires étrangères a répondu que le ministère ne ferait aucun commentaire dans l'immédiat. Des photos du poste frontière sont jointes à la déclaration du service de presse du haut commandement russe (...) Lire la suite »

L’Initiative du Président syrien, Genève 3 et le gibet de potence de l’Histoire (Al-Binaa)

Nasser KANDIL
Il y a trois ans, le 6 janvier 2013, le président Bachar al-Assad a exposé devant les comités et organisations populaires syriennes sa vision de la solution politique à ladite « crise syrienne » [1]. Trois ans durant lesquels la Syrie s’est vue envahir par des dizaines de milliers de terroristes venus des quatre coins de la planète en préparation d’une invasion militaire concrétisée, l’été 2013, par le positionnement de la VIe flotte des États-Unis devant les côtes syriennes [2], suivi de l’instauration de l’EIIL [État Islamique en Irak et au Levant ou DAECH], puis du parrainage ouvertement déclaré du Front al-Nosra [branche officielle d’Al-Qaïda en Syrie] par la Turquie, l’Arabie saoudite et Israël… En bref : toutes les options ennemies de mise sous tutelle ou d’invasion de la Syrie ont été testées. Mais le temps a passé et les projets étatsunien, turc, saoudien et israélien s’appuyant sur une solution politique fondée sur la destitution du président syrien avec remise du pouvoir à une prétendue opposition (...) Lire la suite »

La situation sur le champ de bataille donne l’avantage au gouvernement syrien dans les pourparlers de paix.

Moon of Alabama
L'armée syrienne a libéré aujourd'hui la ville de Rabiah dans la province de Lattaquié ainsi que plusieurs autres villages dans la zone proche de la frontière turque. Rabiah, comme Salma qui a été libérée il y a quelques jours, était l'un des bastions djihadistes de la région. L’appui aérien et l'artillerie russes (vidéo) se sont révélés une nouvelle fois décisifs. On a vu sur des photos de la ville les graffitis que les insurgés « modérés » soutenus par l’étranger ont laissés derrière eux. C’était écrit : « Tous les Alaouites seront exterminés ». Cette carte montre la ligne de front actuelle ainsi que l'ancienne ligne de front où la campagne de Lattaquié a commencé il y a quelques semaines. (cliquez pour une version agrandie) Les djihadistes ont abandonné toutes leurs positions à l'ouest de Rabiah et sont en fuite. La Turquie a fermé sa frontière pour les empêcher de traverser le pays. Ils vont chercher refuge à Kinsabba, dans la région montagneuse de Jabal al-Akrad, leur dernier bastion, qui sera la prochaine (...) Lire la suite »

De Paris à Raqqa : lecture géopolitique profane

Adlene MOHAMMEDI

Article publié le 13 décembre 2015 dans l’hebdomadaire économique algérien Crésus. « Hegel fait quelque part cette remarque que tous les grands événements et personnages historiques se répètent pour ainsi dire deux fois. Il a oublié d’ajouter : la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce. », Karl Marx. « Puisque le monde nous est donné inintelligible, il faut le rendre d’une certaine façon encore plus inintelligible. », Jean Baudrillard.

Des attentats parisiens du 13 novembre dernier à la situation explosive au Moyen-Orient, la tentation de monter sur ses grands chevaux civilisationnels et religieux est grande. Pourtant, tout nous pousse à leur préférer ce que nous appelons une lecture géopolitique profane qu’il convient tout d’abord d’introduire. « Géopolitique » n’exprime ici ni la volonté de tout essentialiser en expliquant la politique par la géographie –travers qui hante la discipline depuis ses débuts – ni cet adjectif galvaudé que l’on utilise pour tout ce qui se rapporte à une question internationale. Nous qualifions ici de géopolitique une analyse qui s’attelle à prendre en compte la dimension territoriale des événements. Quant à l’adjectif « profane », nous nous permettons de l’emprunter à Georges Corm [1] qui lui-même l’a emprunté à Lotfallah Soliman, auteur de Pour une histoire profane de la Palestine [2]. Echapper à la fois au sacré et au viscéral, tel est notre objectif. Frontières, ironie et paradoxes Les pires tragédies peuvent (...) Lire la suite »
Plus qu’anecdotique, le [vrai] bilan des frappes internationales en Syrie est nécessaire.

Syrie : les comptes sont-ils bons ?

Karim MOHSEN
Agences de presse et « observateurs » s'attachent à tenir le compte des victimes de la guerre en Syrie de manière générale, celles des frappes des coalitions internationales en particulier. De prime abord, c'est une bonne chose – excellente même – dès lors où cela part du souci d'informer (auditeurs, téléspectateurs et lecteurs) sur les exactions qui ont lieu dans un pays livré à la vindicte et aux règlements de comptes. Toutefois, il y a comme un défaut quand ceux qui se sont donné la responsabilité de comptabiliser les morts, le font à sens unique, dans une seule direction, qui consiste à diaboliser une partie, tout en minimisant les méfaits de l'autre. Il y aurait ainsi les « bons » rebelles « modérés » qui ne tuent que les « spadassins » de Bachar al-Assad [cf ; l'agence française AFP qualifie, systématiquement, l'armée syrienne de « troupes de Bachar al-Assad »] lesquels assassinent les civils. L'Agence reprend sans aucun contrôle ni recoupement in extenso, telles quelles, les données de l'ONG, dite (...) Lire la suite »

Syrie : Foyer de la lutte contre le terrorisme ou foyer d’une confrontation militaire mondiale

Mohamed EL BACHIR
25 ans après l'effondrement de l'Union Soviétique, il est évident, aujourd'hui, que cet événement, loin d'apporter sécurité et démocratie comme le prétendaient les puissances occidentales, a inscrit l'humanité dans un 21° siècle de guerres régionales d'un nouveau type. Des guerres dont la caractéristique principale est la remise en cause de l'intégrité territoriale des Etats souverains. Les exemples ne manquent pas:Somalie, Yougoslavie, Irak , Syrie, Libye, Géorgie, Ukraine...En Chine, avec les velléités séparatistes des musulmans du Xin Jang... Sous couvert de Droits de l'homme et de ''Responsabilité de protéger'' , « l'Occident oublie que les droits de l'homme, dans le contexte des sociétés multinationales d'Europe centre-orientale, signifient en réalité les droits des communautés ethno-nationales. » (1) Pour préciser sa pensée, Sergio Romano, ancien Ambassadeur d'Italie à Moscou ajoute : « il croit défendre la démocratie et il souffle involontairement le vent du nationalisme. » (1) Si un tel propos a le (...) Lire la suite »

Syrie : De quelle opposition parlons-nous ? (Al-Fadaiya)

Maria Saadeh
Pour qui veut connaître Mme Maria Saadeh, députée indépendante au Parlement syrien, le mieux serait de revenir à ses réponses recueillies par M. Arthur Herlin, publiées sur le site « aleteia.org » le 28 septembre 2015 [*], desquelles nous retenons : « En tant que citoyenne et femme syrienne j’estime que vos gouvernements n’ont pas le droit de sélectionner qui peut représenter ou non la Syrie… ». Ce 4 Janvier elle s’est expliquée, à la télévision nationale syrienne, sur cette vaste fumisterie qui fait que les ennemis de la Syrie travaillent à sélectionner des opposants censés leur accorder sous la table des négociations internationales ce qu’ils n’ont pu obtenir par le feu et le sang. Nous résumerons son intervention sur ce sujet avant de chercher à comprendre certains de ses propos probablement obscurs pour l’opinion publique en Occident, quelque part victime, elle aussi, d’une sale guerre qui n’aurait pu durer cinq longues années si elle n’était, avant tout, médiatique [NdT]. 1. Madame Saadeh, comment (...) Lire la suite »

De militaires à militaires - sur le partage du renseignement étasunien dans la guerre en Syrie (London Review of Books)

Seymour HERSH

L’insistance répétée de Barack Obama selon laquelle Bachar al-Assad doit quitter ses fonctions – et selon laquelle il y aurait des groupes rebelles « modérés » en Syrie capables de le vaincre – a provoqué ces dernières années une dissidence feutrée, et même une opposition ouverte, chez certains des officiers les plus gradés de l’État-major interarmées du Pentagone.

Leur critique a mis l'accent sur ce qu'ils considèrent comme la fixation de l'administration sur le principal allié d'Assad, Vladimir Poutine. À leur avis, Obama est prisonnier d'une pensée issue de la guerre froide lorsqu'il s'agit de la Russie et la Chine, et n'a pas ajusté sa position sur la Syrie au fait que ces deux pays partagent l'inquiétude de Washington quant à la propagation du terrorisme en Syrie et au-delà ; comme Washington, ils croient que l'État islamique doit être endigué. La réticence au sein de l'armée remonte à l'été 2013, lorsqu'une évaluation hautement confidentielle, réalisée par la Defense Intelligence Agency (DIA – Services de renseignement de l'armée) et les chefs d'état-major, dirigé à l'époque par le général Martin Dempsey, prédisait que la chute du régime Assad conduirait au chaos et, potentiellement, à la prise de contrôle de la Syrie par des extrémistes djihadistes, à l'image de ce qui se déroulait alors en Libye. Un ancien haut conseiller de l’État-major m'a dit que le document (...) Lire la suite »
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