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Thème : Syrie

Samir Aïta : « Il est clair maintenant que les dossiers iranien et syrien sont liés »

Pierre Barbancey

Économiste et membre du Forum démocratique syrien, Samir Aïta fait le point sur l’opposition, l’attitude des puissances régionales et internationales.

Que faut-il entendre aujourd’hui par "opposition syrienne" ? Samir Aïta : La question peut effectivement se poser. D’abord parce que, ce qu’on appelle la Coalition nationale syrienne, rencontre beaucoup de problèmes en son sein. Par ailleurs, au moment où cette Coalition accepte de se rendre à Genève, elle forme un gouvernement. Comme si elle représentait une autre légalité dans le pays et n’était plus une opposition dans les parties du pays dites libérées, mais un pouvoir. Il existe également la Coordination nationale pour le changement démocratique. Elle a été affaiblie mais continue à avoir une certaine aura intérieure, dans la partie de cette société syrienne qui refuse et la Coalition nationale, et Bachar Al Assad. Il y a d’autres groupes comme le Forum démocratique, auquel j’appartiens, qui s’est placé entre les deux. Enfin, il y a le Haut Comité kurde dont une partie a rejoint la coalition nationale quand une autre demeure avec la Coordination nationale pour le changement démocratique. (...) Lire la suite »
Communiqué du Comité pour la liberté d’expression et d’association (CLEA)

Bahar Kimyongür emprisonné en Italie alors qu’il devait participer à une conférence sur la Syrie

Jean FLINKER
Nous venons d’apprendre avec consternation l’arrestation de Bahar Kimyongür par la police italienne à Milan ce jeudi 21 novembre. 8 heures 30, ce jeudi matin : Bahar Kimyongür (militant politique belge issu d'une famille arabe alaouite originaire de Turquie mais aux racines syriennes) est arrêté à Milan. Alors qu’il devait participer à une conférence internationale sur la Syrie, des policiers l’ont appréhendé à sa descente d’avion. Après avoir été interrogé par les autorités judiciaires, Kimyongür a été incarcéré à la prison de Bergame. Ce nouvel emprisonnement fait évidemment suite au mandat d’arrêt lancé contre sa personne par les autorités d’Ankara – lesquelles réclament continuellement son extradition. Pour rappel : ce mandat d’amener avait déjà entrainé, en juin dernier, son arrestation à Cordoue (mais la justice espagnole l’avait remis en liberté sous caution, dans l’attente d’une décision prononcée par l’Audiencia Nacional)… Depuis des mois, nul ne l’ignore, Bahar Kimyongür n’épargne ni son temps, ni son (...) Lire la suite »

Le combat anti-impérialiste de l’Etat-nation et du peuple syriens est celui de l’ensemble des peuples du monde

Claude Beaulieu, Geneviève Blache
La situation en Syrie résulte pour l’essentiel d’une agression extérieure. La Syrie est en état de guerre latent avec Israël et les USA depuis des décennies. La crise paroxystique actuelle, imposée par les dirigeants étatsuniens, atteint un niveau de cynisme dans la barbarie et le viol de la légalité internationale rarement égalé dans la longue suite d’ingérences, d’agressions et de guerres qu’ils mènent sans interruption, notamment depuis la fin de seconde guerre mondiale. Cet irrespect continu de la légalité internationale et de la Charte des Nations Unies a conduit les dirigeants étasuniens à ne plus tenir compte, de plus en plus souvent, des usages et des règles diplomatiques dans les relations entre Etats souverains, que la civilisation a historiquement construits au cours des siècles. Ce choix de la loi de la jungle en matière géopolitique est totalement approuvé et reproduit par leurs vassaux occidentaux, parmi lesquels les Sarkozy, Fabius, Hollande et Juppé sont aujourd’hui les plus zélés. (...) Lire la suite »

Syrie, tribunal imaginaire

Jean M. Araud

Ce jugement est utopique comme le démontrent les retraites en toute tranquillité du trio Bush-Blair-Sarkozy, bien que leurs mains soient tachées du sang des milliers de victimes civiles innocentes. Ce tribunal est imaginaire car il ne peut exister. La communauté internationale fonctionne avec les votes de 192 nations, avec le contre-exemple antidémocratique du droit de veto d’une seule des 5 nations qui en disposent. C’est-à-dire : 191 votent OUI, 1 vote NON, alors c’est NON. Pour ce jugement utopique de l’affaire de la Syrie, ne seront point présents deux des principaux témoins : Monsieur Barack Obama et Monsieur François Hollande. Ces questions sont hypothétiques parce que les accusés ne se présenteront pas, pas même en qualité de témoins. Cependant, nous posons les questions. Nous laissons les réponses à l’appréciation du lecteur.

Monsieur Obama, Vous, avec l’autorité morale d’un Prix Nobel de la Paix, avez exprimé votre extrême préoccupation pour les dégâts chimiques que peuvent produire parmi la population civile l’emploi d’armes de destruction massive. Votre nation est la seule dans l’histoire universelle à avoir lancé deux bombes atomiques sur deux grandes villes sans défenses, Hiroshima et Nagasaki. OUI ou NON ? Monsieur Hollande, Le Ministre des Affaires Etrangères allemand a exprimé la même préoccupation que son collègue étasunien. La première fois dans l’histoire que furent utilisés des gaz toxiques, ce fut contre des soldats français durant la première guerre mondiale. Cette innovation militaire, la guerre chimique, on la doit à l’Allemagne. OUI OU NON ? Monsieur Obama, C’est sur base d’un rapport inventé sur des armes de destruction massive que votre pays a lancé une invasion et une occupation de l’Irak. OUI ou NON ? Alors qu’une commission d’experts de l’ONU se trouvait encore en Syrie en train de mener une enquête sur (...) Lire la suite »

« L’objectif d’Obama est de contenir la Chine, pas de s’impliquer dans de minuscules bagarres de voisinage » (Rebelión)

Enric Llopis

La « Doctrine Obama » aurait pour objectif principal de contenir la Chine, pas de s’impliquer dans de « minuscules bagarres de voisinage », d’autant que son véritable ennemi dans la région est l’Iran. Un « chaos contrôlé » dans cette zone est favorable aux États-Unis puisqu’il engendre l’épuisement d’autres puissances comme la Russie, la Turquie, l’Arabie Saoudite et même Israël. La politologue hispano-iranienne Nazanin Armanian nous offre des analyses sur l’explosive situation de la Syrie et du Moyen-Orient parmi les plus lucides et les mieux informées...

- L’attaque militaire de la Syrie qui paraissait éminente a été paralysée. Quels sont les facteurs qui pourraient la réactiver ? Étant donné que nous ne disposons que d’une information partielle sur ce qui se mijote chez les puissances qui décident de ce conflit, il faut bien préciser que nos « opinions » sont en fait plutôt des « hypothèses ». Malgré tous les efforts de la Turquie et de l’Arabie Saoudite pour entraîner les États-Unis dans une guerre, où il y avait plus à perdre qu’à gagner, Barack Obama ne pouvait ni ne voulait attaquer la Syrie en août dernier. La proposition de Poutine (sans doute négociée au préalable) est parvenue à sortir Obama du piège « usage d’armes chimiques = attaque militaire ». La véritable ligne rouge a été franchie lorsque l’équilibre des forces entre l’armée syrienne et les rebelles a basculé (équation perdant-perdant). Damas a récupéré de nombreuses villes en juillet et en août grâce au chaos dans les rangs de l’opposition, à l’appui logistique de la Russie et à la précieuse (...) Lire la suite »

Syrie : L’administration US crée les conditions favorables au terrorisme !

Bachar al-Assad

Le Président syrien a accordé une longue entrevue d’environ 2 heures à la chaîne Al-Mayadeen dans la soirée du 21 Octobre. Il a été interrogé par son Directeur, M. Ghassan Ben Jedo. Voici la traduction des points essentiels abordés, en réponse aux questions posées.

Ce qui s’est passé en Syrie est complètement différent de ce qui a eu lieu en Tunisie ou en Égypte, ne serait-ce que par la férocité de la guerre médiatique, par l’afflux de terroristes venus des quatre coins de la planète toujours soutenus financièrement et militairement, par la coalition de pays occidentaux et régionaux pour porter atteinte à son État... La crise syrienne est passée par des étapes. La première fut celle des manifestations où des individus armés ont tiré sur des manifestants et des forces de police. Ce n’est que six mois après, et alors que ces individus n’avaient pas réussi à « renverser le régime », que s’est concrétisée l’idée de créer et de renforcer les bandes armées terroristes venues de l’étranger. Actuellement nous sommes confrontés à Al-Qaïda et à ses multiples ramifications telles que l’État islamique en Irak et au Levant [EIIL], le Front Al-Nosra, etc. Nous sommes donc en état de guerre contre des terroristes. Il est normal que différents courants d’opposition existent en Syrie. Mais (...) Lire la suite »

La Syrie, pays de tous les enjeux

Jérôme HENRIQUES

Le 07 Octobre 2013, le ministre Français de la défense était reçu en Arabie Saoudite par le roi Abdallah. Le ministre a ensuite déclaré à propos de la Syrie : "Notre approche sur la situation est identique. Nous sommes dans la logique de renforcer la Coalition nationale Syrienne et l’état-major du général (Sélim) Idriss (chef d’état-major de l’ASL)". Rappelons que l'Arabie Saoudite est une monarchie absolue, promouvant un Islam radical (le Wahhabisme), qu'elle pratique la discrimination ethnique, prive les femmes des droits les plus élémentaires, emprisonne et torture les opposants, réduit en esclavage les travailleurs étrangers, offre des spectacles de décapitation sur la place publique ... Si la France et l'Arabie Saoudite sont en "grande convergence" au sujet de la guerre menée en Syrie, on peut finir par douter de son mobile humanitaire et chercher d'autres explications.

La guerre du gaz Le gaz apparait aujourd'hui comme une alternative à la diminution des réserves mondiales de pétrole et possède en outre l'avantage d'être une énergie propre. Ce sera la principale ressource d'énergie du XXIème siècle et l'Union Européenne devrait en être le plus gros consommateur. Actuellement, la Russie est le pays qui dispose des plus grosses réserves en gaz et sa société étatique Gazprom en assure l'exploitation. L'exportation du gaz Russe est quant à elle permise grâce à deux grands projets de gazoduc : Nord Stream passant par l'Allemagne et censé alimenter le nord de l'Europe. South Stream qui doit se diriger vers l'Europe occidentale via la Bulgarie, la Serbie, la Hongrie et la Slovénie. Or, dans le but de concurrencer South Stream, l'Union Européenne a soutenu le projet Nabucco. Ce projet visait principalement le gaz de l'Azerbaïdjan (champ de Shah Deniz) et devait se diriger vers l'Europe occidentale en passant par la Turquie, la Bulgarie, la Roumanie et la Hongrie. La (...) Lire la suite »

Guerre et paix en Syrie

Ahmed HALFAOUI

La " révolution " syrienne pose de sérieux problèmes à ses promoteurs attitrés. En fait il n’est plus question de " révolution ", même pour la machine de propagande de l’OTAN. Car il est désormais difficile d’en référer au peuple, tant la décantation sur le terrain a démasqué l’entreprise de destruction du pays.

Mais, comme il faut bien vaille que vaille maintenir l'illusion jusqu'au bout, les " amis de la Syrie " continuent de servir la possibilité que leur Coalition nationale syrienne, qui leur donne éhontément le change, représente quelque chose. Ils se sont réunis pour on ne sait quel résultat, puisque les choses se passent entièrement selon la volonté des bandes armées. M. Lakhdar Brahimi, l'émissaire de l'ONU, qui en sait certainement beaucoup sur la situation, est loin de considérer que l'opposition puisse et s'unifier et représenter les Syriens. Ceci dans l'hypothèse d'une conférence sur la Syrie (Genève 2, c'est ainsi qu'elle est désignée). M. Brahimi est très pessimiste à se sujet. Pour lui cette conférence, pour se tenir, devrait comporter une " opposition crédible ". Une déclaration lourde de sens qui balaie allègrement les assurances occidentales du début de l'affaire. A ce propos, on ne peut se rappeler sans ironie cette réunion de Tunis, où Hillary Clinton, alors chef de la diplomatie (...) Lire la suite »

Obama, face à la diplomatie de velours de Rohani (Publico.es)

Nazanin ARMANIAN

Ils portent les prénoms des petits-fils de Mahomet : Hussein et Hasan, qui représentent deux manières différentes d’agir face à l’ennemi. Le premier, surnommé « le prince des guerriers », s’est lancé dans une bataille suicide pour le califat, et a perdu la vie dans une embuscade à Kerbala (Irak) en 608, alors que le second, voyant qu’il ne pouvait s’imposer face à Mu`âwîya Omeya et à sa puissante armée, a choisi de lui céder le pouvoir. Dans leur conflit, Hussein Obama et Hassan Rohani ont décidé de proclamer un cessez-le-feu, évitant ainsi une bataille qui serait mère de toutes les guerres. Si le premier, qui a nommé 25 fois l’Iran dans son discours devant l’ONU, parvient à empêcher l’entrée de ce pays dans le club nucléaire, il obtiendra son plus beau résultat en politique extérieure.

La dernière rencontre entre les chefs d'État des deux pays remonte à 36 ans. "Vous présidez une île de stabilité", avait dit Jimmy Carter au shah, alors que la terre tremblait sous les pieds insensibles du dictateur et qu'une année plus tard, une révolution démocratique (bâillonnée et avortée par la suite) allait mettre un terme à 2500 ans de monarchie. Soit dit en passant, ce n'est pas la République islamique qui a interrompu les relations avec les États-Unis, mais bien l'inverse. La rupture s'est produite lorsque l'ambassade américaine à Téhéran a été occupée en signe de protestation contre le fait que les États-Unis aient accueilli le shah et sa famille, qui s'enfuyaient avec des valises pleines de bijoux et d'argent. L'inimitié à l'encontre des États-Unis n'est pas inscrite dans la nature de la République islamiste. D'ailleurs, même après l'épisode de l'ambassade, les représentants politiques des deux pays ont continué à coordonner leurs stratégies. Quelques exemples : A la demande du candidat (...) Lire la suite »

Syrie : les révélations d’une journaliste menacée de mort

Bahar KIMYONGUR

Sevra Baklaci est une journaliste travaillant en Syrie depuis trois ans. L’an dernier, les rebelles ont lancé un avis de recherche à son encontre. Ils veulent sa peau au motif qu’elle a présenté le journal télévisé de la chaîne officielle syrienne et dénoncé leurs crimes. Actuellement, Sevra recueille, au péril de sa vie, les témoignages de Syriens victimes des groupes armés. Ses recherches confirment le projet génocidaire de la prétendue « rébellion » syrienne.

Sevra, 25 ans, est originaire d'Antioche en Turquie, une ville à la frontière syrienne majoritairement arabophone où cohabitent harmonieusement Arabes, Turkmènes, Kurdes, Arméniens, sunnites, alaouites, chrétiens et juifs. Après avoir décroché un diplôme en sciences sociales à l'Université de Gaziantep (sud de la Turquie), Sevra décide de s'installer en Syrie pour parfaire son arabe. C'était quelque mois à peine avant le début du soi-disant « printemps syrien ». La Syrie était alors un pays relativement paisible. Sevra ne s'imaginait pas un seul instant que ce pays allait subitement basculer dans l'horreur. Face à l'escalade de la violence, sa famille la supplia de rentrer en Turquie. Mais elle refusa, préférant appuyer la résistance du peuple syrien contre l'impérialisme et ses mercenaires qui sèment la terreur dans le pays. Sevra servit d'abord d'interprète en turc pour l'agence syrienne d'information SANA. Puis, du jour au lendemain, elle se retrouva sous le feu des projecteurs en tant que (...) Lire la suite »
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