RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibeseBuzz
 

Les 5 Cubains : lettre de janvier au Président Barack Obama

Jacqueline Roussie

Monsieur le Président,

Comme le veut la tradition, je vous présente mes meilleurs voeux pour cette nouvelle année 2012.

Vous avez sans doute passé d’excellentes fêtes de fin d’année auprès de votre épouse, vos filles, vos parents, vos amis.

Six familles, parmi tant d’autres, étaient séparées en cette fin d’année, alors que vous pouviez leur éviter cette douloureuse situation. Il s’agit des familles des cinq cubains Gerardo Hernández, Antonio Guerrero, Fernando González, Ramón Labañino, René González et de celle de votre compatriote Alan Gross

Le soldat israélien Gilad Shalit a été échangé en octobre dernier contre plus d’un millier de prisonniers palestiniens. Nous attendions de votre part, Monsieur le Président, un geste similaire pour la trêve de Noël. Les cinq Cubains et Alan Gross auraient alors pu être dans leurs familles respectives pour les fêtes !

Le mur du silence entourant l’histoire des Cinq a fini par se lézarder au fil des années, grâce en particulier au travail courageux, et inlassable de certains de vos concitoyens. Cette injustice faite aux cinq patriotes cubains commence à être connue et réprouvée dans le monde entier, y compris par des organisations de défense des droits de l’homme comme l’ONU, ou « Amnesty International ».

La détention de Gerardo Hernández, Antonio Guerrero, Fernando González, Ramón Labañino et René Gonzalez restera dans les mémoires comme une des plus grandes injustices de notre temps. Elle continue pour les quatre premiers depuis plus de treize ans. Le fait que la libération de René Gonzalez, qui a purgé sa peine, soit assortie d’une obligation de rester sur le territoire des Etats-Unis pendant trois ans est inhumain. Cet antiterroriste vient de passer treize années en prison, sa famille est à Cuba, et comme si cela ne suffisait pas, votre administration refuse régulièrement à son épouse Olga le visa d’entrée aux Etats-Unis.

Juste après votre élection, je vous avais écrit, le 28 novembre 2008, pour vous féliciter, et vous parler de l’incroyable injustice des Etats-Unis envers ces cinq Cubains.

Les amis des Cinq sont nombreux à Monein, petite ville au pied des Pyrénées où je vis. Comme beaucoup d’autres personnes dans le monde, ils attendent de votre part le geste qui rendra enfin à ces Cubains la liberté qu’ils méritent. Je vous écris au nom de ces amis chaque mois depuis le début de l’année 2009, celle-ci est la trente septième lettre. Les Cinq ont été injustement emprisonnés pendant treize ans, il est temps pour eux de retrouver ceux qui leurs sont chers.

Nous avons sollicité longtemps de votre part une « clémence exécutive » pour les Cinq, car les recours judiciaires sont pratiquement épuisés depuis la décision de la Cour d’Appel du 4 juin 2008.

Nous espérons maintenant de la part de votre administration un geste de réciprocité humanitaire qui ramènerait Alan Gross auprès de sa famille, et les cinq cubains auprès des leurs. Un tel geste ne devrait pas présenter de difficulté diplomatique majeure. Au contraire, il honorerait votre prix Nobel, et réjouirait tous les citoyens épris de paix dans le monde.

Il n’y a pas, Monsieur le Président, de « bons » et de « mauvais » terroristes. Le terrorisme est mauvais, quels qu’en soient les auteurs et le pays qui en souffre. Près de 3500 Cubains ont été victimes du terrorisme orchestré depuis les Etats-Unis. Plusieurs criminels n’ont jamais été inquiétés et continuent à être protégés par votre administration. Le corollaire est bien sûr que ceux qui se mettent en travers de leur sale besogne, comme l’ont fait les Cinq, sont considérés comme « ennemis » par votre administration, comme ils l’étaient par les précédentes.

Ces cinq Cubains ne sont pas ennemis de votre pays. Par leur travail courageux et dangereux au sein des groupes mafieux de Floride, ils ont évité bien des attentats contre Cuba et sauvé beaucoup de vies, y compris celles de citoyens des Etats-Unis.

La plupart des gouvernements successifs des Etats-Unis ont appliqué à l’encontre de Cuba, depuis sa révolution, une politique répressive plus dure encore que celle préconisée par le sous-secrétaire d’Etat pour les Affaires interaméricaines Lester D.Mallory qui écrivait à son secrétaire d’Etat Roy R. Rubottom, le 6 avril 1960 :

« La majorité des Cubains soutient Castro, il n’y a pas d’opposition politique efficace…Tous les moyens doivent être entrepris rapidement pour affaiblir la vie économique de Cuba…Une mesure qui pourrait avoir un très fort impact serait de refuser tout financement et livraison à Cuba, ce qui réduirait les revenus monétaires et les salaires réels et provoquerait la famine, le désespoir et le renversement du gouvernement »

Nous attendons avec impatience, Monsieur le président, d’autres relations entre Cuba et les Etats-Unis. Vous avez une opportunité historique de pouvoir y contribuer, ne laissez pas passer cette chance. Dans ce but, nous espérons le dénouement heureux de cette lamentable histoire des Cinq, il est entre vos mains.

Recevez, Monsieur le Président, l’expression de mes sentiments humanistes les plus sincères.
Jacqueline Jacqueline Roussie
xxxxxxx (France)

Le premier janvier 2012

Monsieur le Président Obama
The White House
1600 Pennsylvania Avenue N.W.
Washington DC 20500

Copies envoyées à : Mesdames Michelle Obama, Nancy Pelosi, Hillary Clinton, Janet Napolitano, à Messieurs. Harry Reid, Eric Holder, John F. Kerry, Pete Rouse, Donald Verrilli, Rick Scott, et Charles Rivkin, ambassadeur des Etats-Unis en France.

URL de cette brève 2210
http://www.legrandsoir.info/les-5-cubains-lettre-de-janvier-au-president-barack-obama.html
Print Friendly and PDF
pas de commentaires
no comment
reagir
RSS RSS Commentaires
   
Les Mondes d’Après (nouvelles d’anticipation écologique)
DIVERS

PAUL ARIES, AURÉLIEN BERNIER, FRÉDÉRIC DENHEZ, MICHEL GICQUEL, JÉRôME LEROY, CORINNE MOREL-DARLEUX, JACQUES TESTART, FRED VARGAS, MAXIME VIVAS
Comment ça, y a pu d’pétrole ! ?
Faut-il remplacer la Société du Travail Obligatoire par la Société du Partage Obligatoire ?
Vous rêvez d’enfouir Daniel Cohn-Bendit dans un tas de compost ?
Peut-on faire chanter « l’Internationale » à Dominique Strauss-Kahn ?
Le purin d’ortie est-il vraiment inoffensif ?
155 pages
12 (...)

Agrandir | voir bibliographie

 

Depuis 1974 en France, à l’époque du serpent monétaire européen, l’État - et c’est pareil dans les autres pays européens - s’est interdit à lui-même d’emprunter auprès de sa banque centrale et il s’est donc lui-même privé de la création monétaire. Donc, l’État (c’est-à -dire nous tous !) s’oblige à emprunter auprès d’acteurs privés, à qui il doit donc payer des intérêts, et cela rend évidemment tout beaucoup plus cher.

On ne l’a dit pas clairement : on a dit qu’il y avait désormais interdiction d’emprunter à la Banque centrale, ce qui n’est pas honnête, pas clair, et ne permet pas aux gens de comprendre. Si l’article 104, disait « Les États ne peuvent plus créer la monnaie, maintenant ils doivent l’emprunter auprès des acteurs privés en leur payant un intérêt ruineux qui rend tous les investissements publics hors de prix mais qui fait aussi le grand bonheur des riches rentiers », il y aurait eu une révolution.

Ce hold-up scandaleux coûte à la France environ 80 milliards par an et nous ruine année après année. Ce sujet devrait être au coeur de tout. Au lieu de cela, personne n’en parle.

Etienne Chouard

Ces villes gérées par l’extrême-droite.
(L’article est suivi d’un « Complément » : « Le FN et les droits des travailleurs » avec une belle photo du beau château des Le Pen). LGS Des électeurs : « On va voter Front National. Ce sont les seuls qu’on n’a jamais essayés ». Faux ! Sans aller chercher dans un passé lointain, voyons comment le FN a géré les villes que les électeurs français lui ont confiées ces dernières années pour en faire ce qu’il appelait fièrement « des laboratoires du FN ». Arrêtons-nous à ce qu’il advint à Vitrolles, (...)
La vérité éclate : un accès de franchise de la Banque d’Angleterre démolit les bases théoriques de l’austérité. (The Guardian)
On dit que dans les années 1930, Henry Ford aurait fait remarquer que c’était une bonne chose que la plupart des Américains ne savent pas comment fonctionne réellement le système bancaire, parce que s’ils le savaient, « il y aurait une révolution avant demain matin ». La semaine dernière, il s’est passé quelque chose de remarquable. La Banque d’Angleterre a vendu la mèche. Dans un document intitulé « La création de l’argent dans l’économie moderne », co-écrit par trois économistes de la Direction de (...)
Le fascisme reviendra sous couvert d’antifascisme - ou de Charlie Hebdo, ça dépend.
Le 8 août 2012, nous avons eu la surprise de découvrir dans Charlie Hebdo, sous la signature d’un de ses journalistes réguliers traitant de l’international, un article signalé en « une » sous le titre « Cette extrême droite qui soutient Damas », dans lequel (page 11) Le Grand Soir et deux de ses administrateurs sont qualifiés de « bruns » et « rouges bruns ». Pour qui connaît l’histoire des sinistres SA hitlériennes (« les chemises brunes »), c’est une accusation de nazisme et d’antisémitisme qui est ainsi (...)
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.