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Tais-toi quand t’es mort !

Titre du Parisien.fr le 7 janvier 2012 :
« Nigéria : tués par dizaines, les chrétiens dénoncent un « nettoyage ethnique et religieux. »

Dans un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, un quotidien avait titré quelque chose comme (de mémoire) : « En France, un bébé naît toutes les 10 minutes ». Ce à quoi un billettiste fameux de l’Humanité (André Wurmser) avait répondu : « Oh non ! ça fatiguerait trop sa maman. »

Ces anecdotes pour signaler aux hérauts de la « vraie presse » (celle des banquiers, marchands d’armes, patron de peep show, inventeur de Sanibroyeur) que des journalistes classieux existent en dehors de leur cercle et que LGS ne laisserait pas passer des titres aussi mal fichus, sauf « Tais-toi quand t’es mort ! »

Théophraste R. Petit-fils de Grévisse et gendre de Jean d’Ormesson (1 ).


(1) De l’Académie française. Mais il ne porte pas l’habit vert, qui jure avec le bleu incomparable de ses yeux, ni l’épée (dont la pointe rayerait le parquet derrière lui).

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COMMENTAIRES  

09/01/2012 10:16 par Bernard GENSANE

Je crois qu’on peut parler d’anacoluthe, du grec anacoluthon, absence de suite. Cette figure était très prisée au XVIIe siècle : "Et pleurés du vieillard, il grava sur leur marbre Ce que je viens de raconter" (La Fontaine).

Je vous donne mes deux préférés (mais j’en ai plein d’autres) :

"L’appétit vient en mangeant."
"
"En entrant dans la chambre, sa mère était morte.

Il y en a une qu’on commet presque tous les jours :

« Dans l’attente de votre réponse, veuillez agréer, Monsieur… »

Au lieu de :

« Dans l’attente de votre réponse, je vous prie d’agréer, Monsieur… »

Il y a aussi une vraie faute commise par Stendhal dans Le rouge et le noir :

« Une fois par terre, les tilburys vont vous passer sur le corps ; »

En revanche, Racine devait savoir ce qu’il faisait en écrivant dans Andromaque :

« Je t’aimais inconstant, qu’aurais-je fait fidèle ? »

« [Puisque] je t’aimais [quand tu étais] inconstant, [imagine combien] je t’aurais aimé [si tu avais été] fidèle ! »

Là , c’est moins sûr :

« Captive, toujours triste, importune à moi-même,

Pouvez-vous souhaiter qu’Andromaque vous aime ? »

Il suffisait qu’il inverse les deux vers.

Une anacoluthe commise par un chirurgien esthétique bien connu :

"J’ai pensé qu’en retouchant son nez et son visage elle serait plus jolie."

Une dernière commise spontanément par moi à l’oral, affolé face à un énorme bug dans mon ordinateur :

"Hier, je l’ [l’ordinateur] ai fermé pour aller voir Jules à midi, et en le rouvrant, c’était le bordel."

09/01/2012 10:43 par E.W.

Petit-fils de Grévisse et gendre de Jean d’Ormesson

Il y a des anomalies génétiques nettement plus effrayante que celle là .

09/01/2012 14:00 par babelouest

Aussi imparable que "La route était glissante, le soir tomba"
(vu je ne sais plus où, hélas)

09/01/2012 15:07 par Théphraste R.

@ Babelouest

Ce n’est pas une anacoluthe, mais on prend. :)))

09/01/2012 19:27 par babelouest

@ Théophraste : oui, je savais, d’ailleurs je n’ai pas trouvé l’appellation de cette figure de style à l’humour probablement involontaire.

10/01/2012 02:16 par Le Cancre

"La route était glissante, le soir tomba" :
Si ce n’est pas Boris Vian ("L’automne à Pékin"), c’est Prévert, si ce n’est pas Prévert, c’est Cocteau, et si ce n’est pas Cocteau, c’est Queneau...
Cette figure est un attelage dit aussi zeugma ; il y en a plusieurs variétés, mais le trait commun est le rapprochement de deux mots en écho, qui fait que l’un d’eux est pris à la fois au sens propre et au sens figuré...

"Et le porte-plume redevint oiseau"

11/01/2012 01:53 par Anonyme

Prêt, le Nigeria ? En effet, quand on déménage les BONS « chrétiens persécutés » par les MECHANTS islamistes quasi terroristes qui font peur, et que, en plus, LAGARDE-FMI attribue des bons points, ça sent le « soulèvement populaire », la « défense des droits de l’homme » et, pour finir, le « bombardement humanitaire » …

Christine Lagarde salue les politiques économiques du Nigeria

11/01/2012 10:36 par Fald

Mille sabords ! Vous êtes vraiment une bande d’anacoluthes et de catachrèses, comme aurait dit certain capitaine, son whisky rafraîchissant dans le frigo.

A part ça, moi qui aime bien les polars, je n’ai jamais lu qu’une page de SAS, c’était une 4ème de couverture où il était question d’hommes armés de mitraillettes en costumes rayés. Les fins stylistes du GS pourraient-ils me confirmer s’il s’agit bien d’une bachibouzoukerie ?

En attendant votre réponse, veuillez agréer etc. date et signature.

11/01/2012 11:17 par babelouest

Fald, peut-être aujourd’hui vaut-il mieux être un bachibouzouk au Sandjak de Novi Pazar, qu’un australopithèque au sommet du Karakorum, ou un cacatoès à l’aile coincée dans un moule à gaufres en fonctionnement...

11/01/2012 15:23 par Anonyme

Oui, il semblerait bien qu’il s’agisse d’une bachibouzoukerie, faite tout exprès pour les polars et les films hollywoodiens ! Car, depuis le débarquement en Sicile, « ils » n’ont plus de chaussures pointues et jaunes que pour faire croire qu’on peut facilement les reconnaître, mille sabords ! Et aux anthropopithèques que le phénomène est purement et strictement local ! Quasi folklorique.

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