Mémoire & Histoire26 décembre 2011
Michael PARENTI
Il n’est guère de figure parmi les restaurateurs capitalistes à l’Est qui n’ait été plus adulée parmi les politiciens, les experts médiatiques et les universitaires américains que Vaclav Havel, dramaturge devenu le premier président de la Tchécoslovaquie post-communiste puis le président de la République tchèque. Tous les gens de gauche qui admirent Havel semblent ne pas vouloir voir certaines choses à propos de lui : son obscurantisme religieux réactionnaire, sa répression anti-démocratique de ses opposants de gauche et son profond dévouement à un système capitaliste débridé, creusant les inégalités économiques.
Élevé avec gouvernantes et chauffeurs au sein d'une famille richissime et farouchement anti-communiste, Havel dénonçait dans la démocratie « le culte de l'objectivité et de la moyenne statistique » et cette idée que l'on puisse réaliser des efforts sociaux rationnels et collectifs pour résoudre la crise environmentale. Il a lancé des appels à l'émergence d'une nouvelle race de dirigeants politiques qui s’appuieraient moins sur « une pensée rationnelle, cognitive », démontreraient « de l'humilité face à (...) Lire la suite »
2 20 décembre 2011
Comment un faux document de la CIA sur la « nationalisation » des enfants par l’Etat cubain a provoqué l’exode juvénile du siècle et brisé des milliers de familles.
Saul LANDAU, Nelson P. VALDES
Où est le Capitaine Cook dans le conte de fée de NPR ? “Los niños nacen para ser felices*.” – José Martí
Le 19 novembre 2011, la chaîne NPR a diffusé un reportage intitulé : "Les enfants de Cuba se souviennent : Leur voyage en avion pour l'Amérique." Le reporter Greg Allen affirme que le départ de 14000 enfants cubains pour l'Amérique en 1960-62 "a pu se faire grâce à un accord entre un prêtre du diocèse de Miami [le père Bryan Walsh] …et le Département d'Etat des Etats-Unis. L'accord lui permettait de signer des dispenses de visa pour les enfants de 16 ans et en dessous." Allen a ensuite invité plusieurs Cubains américains de centre-droit à commenter "objectivement" le déroulement de l'Opération Peter Pan.
Bizarrement Allen a oublié de mentionner la CIA dans son reportage, bien qu'il soit amplement prouvé que l'Agence a conspiré avec l'Eglise au début des (...) Lire la suite »
3 19 décembre 2011
Jorge Gómez Barata
Même si Cuba considère le fait comme ridicule et sans importance, la conduite de la chaine hôtelière qui a pris prétexte du blocus imposé par les États‐Unis pour empêcher le président Raoul Castro et toute la délégation cubaine de loger à l’Hôtel Hilton de la capitale de Trinidad y Tobago a été un affront fait au gouvernement local qui s’est vu obligé de déplacer les assises du IVº Sommet Cuba-Caricom.
À ce propos, je me suis souvenu d’une anecdote que m’avait racontée un compatriote et ami. Il travaillait au ministère du Tourisme à Cuba. C’était en 1959. Joe Louis, le champion mondial des poids lourds, se trouvait à La Havane où il était reçu avec tous les égards réservés aux hôtes officiels. Et comme le plus célèbre des boxeurs nord‐américains avait exprimé le souhait de jouer une partie de golf, les (...) Lire la suite »
1 17 décembre 2011
Brahim SENOUCI
Lundi 5 décembre 2011, la police allemande procède à des perquisitions chez six citoyens. Il s'agit d'une enquête sur l'extrême droite qui vient de se distinguer en commettant des crimes ouvertement racistes, pensez-vous. Pas du tout. Il s'agit d'un crime commis le... 10 juin 1944, en terre française, à une époque où la France était soumise à l'Occupation allemande. Les six hommes, âgés de 85 à 86 ans, sont soupçonnés d'avoir pris une part active dans le massacre d'Oradour-Sur-Glane, qui s'est soldé par la mort d'au moins 642 villageois dont 247 enfants. Les policiers appartiennent à l'Office Fédéral chargé de l’élucidation des crimes nazis. Un des deux survivants du carnage, Robert Hébréas, 86 ans, s'est félicité de cette opération de police et espère un jugement pour crimes de guerre.
Deux choses sont à (...) Lire la suite »
8 21 novembre 2011
Pour gouverner, il faut avoir Manteaux ou rubans en sautoir. Nous en tissons pour vous grands de la terre Et nous, pauvres canuts, sans drap on nous enterre...
Jean-Pierre DUBOIS
Les Trois glorieuses de juillet 1830 avaient marqué la victoire de la bourgeoisie sur la monarchie absolue : institution d’un « roi des Français » et du drapeau tricolore, triomphe de la propriété mobilière et arrivée au pouvoir du banquier Laffitte. Autant de « conquêtes » qui ne concernaient en rien le peuple lequel avait pourtant prêté généreusement son concours aux évènements. Mais, à Lyon, seize mois plus tard et durant trois journées, survient une tout autre révolution : l’insurrection des ouvriers de la soierie - les canuts. Ce sont les Trois glorieuses prolétariennes. Ce soulèvement « constitue un tournant dans l’histoire de la classe ouvrière, non seulement en France, mais dans le monde entier ».
C’est la première grande bataille ouvrière.
UNE EXPLOITATION FEROCE
Les 400 négociants de la soie imposent aux 30.000 compagnons et chefs d’atelier tisserands des conditions de travail et de rémunération sordides. Les journées de travail durent quinze heures, parfois plus. Pour diminuer les salaires, les fabricants prétextent la concurrence étrangère. De plus, les canuts et leur famille vivent le plus souvent dans des réduits étroits et insalubres où la tuberculose fait des ravages.
Pour Auguste Blanqui, « le devoir du travailleur lyonnais, l’homme-machine, c’est de pleurer de faim, en créant jour et nuit, pour les plaisirs du riche, des tissus d’or, de soie et de larmes (...) Lire la suite »
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