Leurs revendications interviennent alors que la hausse de l’inflation reprend de plus belle et que de nombreux gouvernements en Europe, à commencer par la France, appellent à la rigueur ou à l’austérité sociale. L’inquiétude quant aux répercussions de la récession annoncée aux Etats-Unis explique que la priorité des gouvernants soit la maîtrise de l’inflation.
Sans rougir, le président de la Banque centrale européenne (BCE) Jean-Claude Trichet, a réaffirmé que ce serait « une énorme erreur » de suivre l’exemple allemand d’une hausse des salaires. Dans ce pays, les employés du secteur public viennent d’obtenir une misérable augmentation de 5% pour 2008.
L’autre démagogue européen, Jean-Claude Juncker, président de l’Eurogroupe, a carrément invité les syndicats à rejoindre les dirigeants européens dans leur lutte contre l’inflation : « L’inflation devrait être aussi une source de préoccupation pour les syndicats, » a-t-il déclaré vendredi. « C’est un combat social. C’est ce que je dis aux syndicats ».
Forçant encore le trait du mépris, il n’a pas hésité à déclarer que « Les multimillionnaires peuvent s’accommoder sans aucun problème de la hausse des prix alimentaires, » mais que « Ceux qui vivent avec 300, 400, 500, 600, 700 euros ne peuvent pas vivre avec une inflation galopante. » !!
Pour les banques centrales réunies dans l’Eurogroupe, le seul moyen de lutter contre l’inflation est la modération salariale. C’est pourquoi ses membres condamnent une augmentation des salaires.
« Nous ne pouvons pas accepter des cours de morale, selon lesquels les travailleurs devraient rester modestes, » a répliqué le président de la CES John Monks en constatant que le nombre de working poor [travailleurs pauvres] en Europe se rapproche désormais des 19 millions.
Il estime qu’au contraire, un rattrapage des salaires pourrait permettre de soutenir la demande domestique, à l’heure où les exportations risquent de pâtir du ralentissement de l’économie mondiale, dans la foulée de la crise des crédits immobiliers à risque américains.
« Il est intolérable, scandaleux, de voir que la part des salaires a fondu de plus de 3% dans les revenus nationaux en douze ans », s’insurge John Monks, qui est entré en guerre contre la Banque centrale européenne à laquelle il demande « instamment de cesser ses appels récurrents à la modération salariale ».
Nouvelle Solidarité
