« Informer n'est pas une liberté pour la presse mais un devoir »
RSS Syndication Twitter FACEBOOK MA TUER FeedBurner Google Reader Wikio
ATTAC

Algérie. Non à la misère !

Par Adel Abderreza et Chouicha Kaddour (syndicalistes du CNES)


L’année 2002 s’annonce une année pleine d’incertitudes aussi bien sur le plan politique qu’économique. L’oeuvre destructrice de la mondialisation libérale continue mais sur fond de récession économique, car la croissance de l’économie mondiale marque le pas avec son lot de chômage, de précarité et de violence sociale. En plus, la situation politique marquée par les évènements tragiques du 11 septembre 2001 est l’occasion pour l’occident capitaliste et les Etats-Unis en particulier, d’asseoir leur hégémonie sur l’ économie-monde et la géopolitique mondiale en usant de guerres, "d’ opérations chirurgicales" et de chantages économiques.

L’option néo-libérale inaugurée par Thatcher en Grande-Bretagne et Reagan aux Etats-Unis à la fin des années 80, sera adoptée par toute l ’Europe et généralisée à l’Asie et à tous les pays du Tiers-monde dont l’Algérie. Il en résulte des politiques économiques fondées sur le primat des critères monétaires et financiers tournant le dos aux besoins sociaux et à toute perspective de développement durable pour les pays sous-développés. Les conséquences de ce processus de "mondialisation libérale" sont connues : chômage massif, désindustrialisation, baisse très nette des salaires réels, élargissement des inégalités sociales, augmentations des surprofits capitalistes, résurgences des formes de dépendances néo-coloniales, de la malnutrtion et de la pauvreté de masse, etc.

L’Algérie n’échappe pas à ce processus. Depuis la fin des années 80, elle subit les programmes draconiens imposés par le FMI et la Banque Mondiale. Après l’intifah rampant de l’ère Chadli, les gouvernements de Hamrouche, de Reda Malek et d’Ouyahia ont mis en ouvre des politiques d’ajustements structurels qui ont enterré un secteur industriel public en crise, qui ont poussé au délabrement des services publics (santé, éducation, protection sociale,...) et réduit au chômage et à la pauvreté plus de 15 millions de citoyens algériens.
Ces effets, même si ils ont été longtemps occultés par les évènements de ces dix dernières années où la violence intégriste et la tout sécuritaire du pouvoir ont été un concentré de tragédies, ne cessent de travailler au démenbrement de la société et à la dislocation du tissu industriel et social. Ce contexte tragique a inévitablement anesthésié le mouvement social et laissé le terrain libre à la libéralisation économique à outrance et à a privatisation des biens publics au dinar symbolique. Les tenants des appareils d’Etat, les prédateurs du secteur public et les arrivistes de l’ère affairiste se sont inscrits dans le tout-marchand et le laisser-faire, laisser-aller, accumulant, sans aucun scrupule, richesses matérielles et arrogance sociale face à une majorité de la population largement pauprisée et marginalisée. La société algérienne a essayé tant bien que mal de résister aux coups que lui assénaient les "chargés de mission" de l’option néo-libérale que ce soit dans leur version "moderniste" ou leur version "islamiste". Le mouvement social, désarconné par l’alignement de la majorité des partis politiques sur les choix libéraux du pouvoir, par une UGTA réduite à un rôle d’ auxiliaire de ce dernier et par un contexte de violence politique peu favorable à l’action sociale, n’a pas cédé à la résignation. Des velléités de résistace au "tout libéral" se sont exprimées aussi bien à travers le mouvement syndical (des secteurs combattifs de l’UGTA, des syndicats autonomes,...) que dans la rue à travers des mouvements de protestation et des émeutes populaires dont le dernier en date et le plus radical st le mouvement populaire en Kabilie.

On ne peut indéfiniment fermer les horizons sociaux à toute une jeunesse sans voir cette même jeunesse s’exprimer à travers les seuls moyens qui lui restent, c’est-à-dire l’émeute dans la rue. On ne peut indéfiniment licencier des centaines de milliers de travailleurs, installer dans la précarité des millions d’algériens et noircir leur devenir social sans créer des situations de désespoir social propices aux idéologies irrationnelles at aux populismes régressifs.

Actuellement, le gouvernement algérien tente de parachever cette mise à mort du tissu industriel algérien et de l’économie publique en concrétisant la signature de l’accord d’association avec l’Union européenne (UE) et en préparant l’adhésion de l’Algérie à l’ Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Sans aucun débat de fond et public, les autorités algériennes veulent nous entraîner, à travers leur politique, dans l’aggravation de la crise que nous traversons et faire de l’Algérie un segment du marché mondial pour les marchandises des pays développés et une chasse gardée des multinationales en ce qui concerne l’approvisionnement en pétrole de ces même pays. L’insertion de notre pays dans la globalisation capitaliste nous enferme dans une logique de marchandisation destructrice. Le peuple argentin des bindonvilles et des usines privatisées nous montre le chemin, lui qui, par sa détermination, a fait fuir le président de la République en occupant les rues pour protester contre la misère sociale générée par la politique néo-libérale du gouvernement et le diktat des institutions internationales.

Nous ne pouvons subir sans réagir. Nous ne pouvons cautionner cette convergence libérale où, islamistes et démocrates, aparatchiks de l’ Etat et trabendistes font consensus sur le choix libéral derrière le pouvoir politique sur le dos de la société. Notre position n’est ni celle des nostalgiques du socialisme spécifique algérien, ni celle de ceux qui, logés dans la bureaucratie politique, adminsitrative (holdings, ministère) ou syndicale, essaient de faire perdurer leur situation de prédateurs et de rentiers du monde du travail. Nous sommes clairement opposés aux chantres du libéralisme, de l’économie de marché et de la mondialisation sous son aspect le plus hideux, c’ est-à-dire la misère pour la majorité et l’essentiel des richesses pour la minorité sociale.

Le mouvement alter-mondialiste qui se bat contre le modèle néo-libéral et la transformation du monde en marchandise et qui a su créer un pôle de résistance international à la mondialisation libérale participe activement et efficacement à esquisser par ses actions et sa réflexion une alternative à la mondialisation libérale. Notre position ne peut que rejoindre celles et ceux qui se battent au niveau international pour une mondialisation sociale, c’est-à-dire qui place comme première préoccupation la prise en charge des besoins de la population à travers des modes de développement qui échappent au despotisme de la marchandise et du profit.

Notre objectif est de construire ensemble une association qui aura à cour de débattre et de vulgariser ces questions qui restent accaparées par les pseudo-experts et de se battre pour exiger une autre politique économique. Elle sera un cadre de réflexion et d’action où universitaires, syndicalistes, acteurs associatifs et citoyens conjugueront leurs efforts pour construire ensemble un courant d’ opposition à ce libéralisme débridé porté par la mondialisation libérale, au sein de l’opinion publique, dans les médias, dans le mouvement syndical et social, ...

Ce texte trace les bases programmatiques élémentaires d’une telle action et n’est qu’un projet qu’il faudra discuter et enrichir afin que tous ceux qui veulent se battre sur ce terrain puissent se regrouper et s’organiser dans une association dont il faudra définir les contours ensemble.

cet article a été diffusé par ATTAC Contact pour cet article : Adel Abderrezak


URL de cet article 108
http://www.legrandsoir.info/Algerie-Non-a-la-misere.html
 
Déposséder les possédants - La grève générale aux « temps héroïques » du syndicalisme révolutionnaire (1895-1906)
Miguel CHUECA
Textes de Édouard Berth, Henri Girard, Jean Jaurès, Hubert Lagardelle, Paul Louis, Fernand Pelloutier, Émile Pouget, Georges Sorel et Henri Van Kol Réunis & présentés par Miguel Chueca La grève générale exprime, d’une manière infiniment claire, que le temps des révolutions de politiciens est fini. Elle ne sait rien des droits de l’homme, de la justice absolue, des constitutions politiques, des parlements ; elle nie le gouvernement de la bourgeoisie capitaliste. Les partisans de la grève générale (...) Lire la suite »
LA PUBLICITE POUR AMAZON.COM QUI FIGURAIT ICI A ETE SUPPRIMEE PAR NOS SOINS
SUITE A LEUR CENSURE CONTRE WIKILEAKS
 
 
Les Nouveaux Chiens de Garde
 
img_mini_5_internationale (3K) img_mini_boycott_israel (3K) img_mini_free_for_five (3K)
Jolie-môme

Aussi longtemps qu’on ne le prend pas au sérieux, celui qui dit la vérité peut survivre dans une démocratie.

Nicolás Gómez Dávila

#246
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l’équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir
 
suivez le Grand Soir sur :
RSS Syndication  |  Twitter FACEBOOK MA TUER FeedBurner NetVibes Google Reader Wikio