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Discours d’ Hugo Chavez à Porto Alegre le 30 janvier 2005.




[Le texte original nous a semblé assez confus en plusieurs endroits. Nous avons essayé de le rendre plus clair en modifiant la ponctuation et en mettant entre parenthèses certaines digressions qui rendaient les phrases difficiles à comprendre. Nous avons cependant tenu à rester au plus près du texte pour restituer le style parlé extrêmement personnel d’Hugo Chavez.
Nous nous excusons par avance pour les imperfections... Françoise et Gaston Lopez.]



Quelle joie, quelle jeunesse, quelle émotion, on sent ici à Gigantinho ! Une accolade de mon âme pour toutes et tous, une accolade profonde de mon cour pour vous tous, hommes, femmes, filles et garçons du Brésil, d’Amérique Latine, des Caraïbes, d’Amérique du Nord, d’Asie, d’Afrique, d’Europe.

D’ici, avec le cri de tous ceux qui sont ici, rêvant et luttant pour un monde meilleur, possible et nécessaire, je demande que nous envoyions un salut fracassant aux peuples de la terre, aux peuples qui luttent, aux peuples qui rêvent comme nous et avec nous. Bien, Ignacio Ramonet , mon grand ami, est-ce que vous m’entendez ?

Je vais essayer de parler lentement pour que tous puissent comprendre mes paroles. Je n’ai pas encore appris le portunol et encore moins l’english, c’est lamantable.

Bien sûr , en parlant lentement, mon discours sera plus long, mais non, je ne vais pas abuser de votre temps, il est déjà 8h ¼ du soir sur cette belle terre magique du Rio Grande do Sur, de Porto Alegre, du Brésil. Nous transmettons au Vénézuela en direct, nous transmettons aussi en Amérique Centrale, en Amérique du Sud et je vous assure qu’un type qui s’appelle Fidel Castro nous voit à Cuba , j’en suis tout à fait sûr. Comment vas-tu, Fidel ? Est-ce que tu vas bien ? Est-ce que tu es en forme ? [.]

Donc, salut à tous. Comme cette terre est belle ! Ce matin nous sommes arrivés , d’abord nous avons vu le lever du soleil sur l’immense terre du Brésil. Vive le Brésil !

Nous sommes partis de Caracas vers minuit pour atterrir ici vers 7 h du matin, le soleil à l’horizon, un soleil brillant et un ciel bleu à Porto Alegre et après nous avons continué une heure et demie par la route, parcourant la savane, la vallée, regardant les champs et les gens et même le siège paysan du « Mouvement des Sans Terre », là-bas, à Tapes. Nous y sommes restés jusqu’à midi partageant [1] avec tous les dirigeants paysans et ces communautés et cette agriculture familiale, et cette patrie en germe. Comme on apprend des choses sur ces chemins ! Comme on se remplit d’une plus grande force dans ces immensités ! Ensuite, nous sommes revenus pour un déjeuner qui fut un débat très intéressant avec un groupe d’intellectuels et de penseurs du Brésil, d’Amérique et du monde, dialoguant , échangeant des idées avec les dirigeants du Forum Social Mondial de Porto Alegre et ensuite il y eut une revue de presse un peu tonitruante.

Joao Pedro me disait , dans un couloir de l’hôtel, que marcher avec moi , c’est un tourbillon où l’on se noie. Pourquoi a-t-il dit cela ? Que c’était plus compliqué que de réquisitionner la terre. Voyez ce qu’il a dit, que marcher avec moi, c’est plus compliqué que de réquisitionner la terre.

Bon, et maintenant nous sommes ici, dans le Gigantinho , le Gigantinho est célèbre, c’est un Gigantinho de vérité et vous êtes les Gigantinhos d’ici, les géants de cette terre, les peuples, les peuples et surtout les jeunes .
Un salut aux jeunes qui lèvent la main. Vive la jeunesse !

Le Che disait « Le présent, c’est la lutte, le futur nous appartient ». Le futur vous appartient, filles et garçons, allons vers lui, le futur est à vous et parlant du futur, je remercie les organisateurs : Candido, Joao, tous, ce visage si beau, voyez, qui m’a conduit par la main , une paysanne brésilienne, travailleuse des champs, du « Mouvement des Sans Terre », prête à accoucher avec un ventre, un beau ventre, de sept mois, elle s’appelle Sonia, merci Sonia, merci pour ce visage, car en outre elle porte dans son ventre le futur de cette terre, le futur de son rêve, ses fils, cette semence qui est en train de pousser et ce poème qui touche aussi l’âme, déclamé par cette autre leader travailleuses, Ana Manuela, qui nous a amenés et invités à conspirer. Bon, conspirons donc, entrons dans la conspiration, je me joins à Ana Manuela pour que cette conspiration devienne mondiale, nous allons faire une vraie conspiration mondiale, une vraie conspiration, anti-impérialiste, anti-néolibérale, anti-hégémonique.

Donc, Ignacio Ramonet, mon bon ami, comme je l’ai déjà dit, m’a honoré et de plus m’a compromis avec tout ce qu’il a dit, mais quand il disait que Hugo Chavez. est un dirigeant d’un nouveau type , il a dit d’un nouveau type, je l’accepte, Ignacio, et surtout dans la mesure où ça vient d’un esprit aussi lucide que le tien. Bien sûr, Ignacio Ramonet pensait que j’étais un dirigeant d’un nouveau type de toutes les façons possibles mais inspiré par les anciens. On peut être inspiré par des valeurs anciennes comme par exemple le Christ.

Un vieux modèle, si vieux qu’il a vingt siècles. Le Christ, un des plus grands combattants anti-impérialistes de l’histoire du monde, le vrai Christ, le rédempteur des pauvres.

Un des plus grands révolutionnaires de l’histoire du monde, Jésus de Nazareth. On s’inspire de ce vieux modèle, on peut aussi s’inspirer d’autres modèles qui ne sont pas aussi vieux que le Christ mais de vieux modèles comme celui qu’Ana Manuela mentionnait dans son beau poème. Où est Ana Manuela ? Par ici. Elle avance avec cette énergie, cette force, cet amour.
Pour cela on est compromis. Que peut-il nous rester de plus ? Ana Manuela, tu es comme une fille, comme ma fille qui est ici la Rose Virginie et comme ce petit-fils qui est resté endormi, Manuelito, qui est resté endormi à l’hôtel, fatigué par le voyage. Il a un an, le petit, il est resté endormi, moi je suis un double grand-père. Les enfants ont cette passion, avec ce verbe, cette poésie, tu parlais d’un vieux type, Simon Bolivar, un type qui a parcouru ces terres.

Un peuple plein d’illusions, un peuple qui partit avec lui, un peuple qui le fit libérateur et lui rendit ce peuple libérateur, ils devinrent libérateurs On est aussi inspiré par Ignacio, en un autre vieux type né ici, au Brésil, révolutionnaire infini, à qui il a toujours rendu justice, grand compagnon d’un autre type, Bolivar : José Ignacio Abreu de Lima, insigne brésilien, pernamboucain, révolutionnaire, socialiste, bolivarien.

On est inspiré aussi par d’autres types, types anciens, comme ce médecin argentin, asthmatique, ce garçon qui parcourut un continent, notre continent, à bicyclette, à motocyclette et après arriva en Amérique Centrale et assista à l’invasion du Guatemala par les gringos en 1955, une des nombreuses invasions, une des nombreuses attaques que l’impérialisme nord-américain a déchaînées sur ce continent.

Il eût raison, ce président mexicain qui, dit-on, prit deux téquilas , sortit son pistolet , tira trois fois en l’air et dit : « Pauvre Mexique, si loin de Dieu et si près des Etats-Unis ».

Bon, et ce type, ce vieux type, qui alla à la Sierra Maestra, et ensuite s’en alla et revint et resta semé pour toujours, comme dit cette chanson d’un chanteur vénézuelien : « Commandante Che, ils t’ont tué mais en nous ils laissèrent pour toujours ta mémoire figé dans un moule de gloire.
Cheminant par monts et par vaux, pour toujours, ton image de guerrier et ton sang, court encore dans nos veines et vit encore dans les peuples latino-américains. »

Le Che Guevara est ce type, continuons à être inspirés par le Che Guevara, continuons à être inspirés par ces vieux types, ces bons vieux types, de civils et de soldats, le Che fut à la fois civil et militaire, vieux type militaire comme mon général Omar Torrijos, ce nationaliste, président de Panama, révolutionnaire, mon général Juan Vélasco Alvarado, ce président du Pérou, leader du Plan Inca et de la Révolution Nationale Péruvienne, inspirés par ces vieux types comme Luis Carlos Prestes, le chevalier de l’espérance. Vive Prestes !

Inspiré aussi par ces vieilles typesses, parce qu’il y a des types là aussi, une typesse comme celle que Bolivar aima infiniment et il en vint à l’appeler la Libératrice du Libérateur. Belle, elle était belle et elle était magnifiquement révolutionnaire, ma colonelle Manuela Saenz, la Libératrice du Libérateur, qui combattit à la bataille d’Ayacucho, voici 180 ans, sur le Pic Condorcunca, dans le coin des morts. Son amour de la patrie amena Manuela jusque là, jusqu’à la révolution et jusqu’à Bolivar.
Manuela était si grande patriote, elle aima tellement Bolivar, que, mariée, elle laissa son mari et lui écrivit une lettre : « Je te dis adieu, mon amour, je m’en vais avec cet homme, c’est un ouragan. » Et elle partit, elle partit à la guerre, c’était une révolutionnaire, mais elle écrivait des lettres à Bolivar, les femmes sont comme ça. Vivent les femmes !

Un baiser pour toutes, il y a un proverbe anglais qui dit : « Si ta femme te demande de sauter par la fenêtre, déménage au rez-de-chaussée. » Les femmes ont du courage, la Manuela écrivait à Bolivar et, savez-vous ce qu’elle lui demandait dans ses lettres ? Lui, il lui écrivait sur une feuille avec de grandes lettres, gêné, le pauvre, de bataille en bataille et elle lui écrivait en lui demandant de lui écrire avec des lettres toutes petites, qu’elle n’accepterait plus de lettres avec des lettres trop grandes et Bolivar finit par lui écrire avec des lettres toutes petites.

Bon, on est inspiré aussi par ces vieilles typesses, par de nombreux vieux types et vieilles typesses, quelques-uns sont morts et d’autres non, il y a un vieux type qui nous a inspirés voilà plusieurs années, un barbu, il a de la barbe, il y a peu de temps, croyant qu’il avait encore vingt ans, il se lança la tête en avant et se fractura un genou en huit morceaux , mais il marche toujours comme avant quoiqu’il m’ait dit qu’il est resté en meilleure santé, on est toujours inspirés par ce vieux type qui s’appelle Fidel Castro.

Parmi ces vieux types, Abreu de Lima, Artigas, San Martin, O’Higgins, Emiliano Zapata, Pancho Villa, Augusto Cesar Sandino, Morazan. Nous sommes inspirés par tous ces gens-là, par ces vieux types, qui surent assumer les difficultés et maintenant , maintenant moi, d’ici, de mon coeur, je les entends, parce que nous avons assumé cette difficulté, oui, tous : Tupac Amaru, Guicaipuro, tous, tous ces vieux types.

Maintenant ces vieux types sont revenus ici, un de ces vieux types, quand il était en train de mourir, qu’on était en train de l’assassiner, qu’on le mettait en morceaux ( les impérialismes ont toujours été bestiaux, il n’y a pas de bons impérialismes ni de mauvais impérialismes , tous les impérialismes son aberrants, bestiaux et pervers qu’ils s’habillent ou qu’ils parlent d’une façon ou d’une autre) , ils avaient attaché l’indien, un cheval le tirait d’un côté, un autre le tirait de l’autre, jusqu’à ce que les bras se détachent et les jambes ; lorsqu’il sentit qu’il allait mourir, il lança un avertissement, il dit : « Aujourd’hui je meurs, dit-il aux impérialistes qui le tuaient, aujourd’hui je meurs mais un jour je reviendrai et je serai des millions. » Atahualpa est revenu, devenu millions, Tupac Amaru est revenu, devenu millions, Bolivar est revenu, devenu millions , Sucre et Zapata sont revenus, devenus millions. Et nous autres nous sommes ici, ils sont revenus avec nous.

Bon, maintenant, dans ce Gigantinho bondé, je voulais dire.d’abord remercier pour l’invitation qu’on m’a adressée et ensuite, dire aussi pourquoi je suis ici. Je suis ici parce que, comme je l’ai dit il y a deux ans ici même, à Porto Alegre, à la 3° édition du Forum Social Mondial ( ce Forum Social Monsial est l’événement politique le plus important de ce qui arrive dans le monde dans l’année, il n’y en a pas d’autre de cette envergure), je suis ici parce que, avec mes compagnons et camarades de la délégation vénézuelienne qui est avec moi, nous venons apprendre, nous pénétrer de plus de passion, de plus d’amour et de plus de connaissances.

Nous sommes en demande car, au Vénézuela, ce que nous faisons modestement n’est qu’un essai et comme tout essai, il demande de la vigilance , et des conseils. Il faut voir comment évolue l’essai, c’est comme lorsqu’on fait des expériences chimiques avec une éprouvette .
C’est un essai, une expérimentation et ouvert à toutes les expériences merveilleuses qui arrivent dans le monde, quel meilleur théâtre que celui-là, je suis ici parce que ce Forum Social Mondial de Porto Alegre, pendant ces cinq ans, est devenu une solide plate-forme de débats, de discussions, une plate-forme solide, vaste, variée et riche, où la plus grande partie des exclus, de ceux qui n’ont pas de voix ailleurs, dans les sphères du pouvoir, viennent s’exprimer et protester, viennent chanter, viennent dire ce qu’ils sont, ce qu’ils veulent, viennent dire leurs poèmes, leurs chansons, leur espérance, viennent chercher un consensus. Je suis ici pour ces choses-là et pour beaucoup plus, je suis ici pour remercier, au nom du peuple vénézuelien, pour la solidarité, pour les gestes d’appui, de solidarité, qui depuis ce temps-là , sont arrivés au Vénézuela , blessé par l’impérialisme des dernières années, le Vénézuela bolivarien, et aussi beaucoup de remerciements pour cela. Je suis ici pour remercier au nom de notre peuple.

D’autre part, compagnons et compagnes, comment suis-je ici ? Croyez qu’en aucune façon je ne me sens président. Je ne suis pas ici en tant que président, je ne suis pas président, je suis Hugo, je ne suis pas président.
J’accomplis mon rôle comme un rôle dans une équipe, gardien de buts, avant-centre, lanceur, attrapeur ou le soldat qui va à l’avant-garde ou celui qui est à l’arrière-garde ou le travailleur qui laboure la terre ou celui qui met de l’engrais ou celui qui ramasse la récolte. Enfin ! j’ai un rôle mais je suis un paysan, je suis un soldat, je suis un homme engagé dans ce projet alternatif d’un monde meilleur et possible nécessaire pour sauver la terre. C’est ainsi que je viens à Porto Alegre, un militant de plus, militant de la cause révolutionnaire, Ignacio Ramonet a raison, je suis un révolutionnaire et chaque jour je suis davantage révolutionnaire parce que chaque jour je suis davantage convaincu que l’unique chemin par lequel nous pouvons briser l’hégémonie capitaliste, par lequel nous pouvons briser l’hégémonie des oligarchies de cette terre, c’est le chemin de la révolution, il n’y a pas d’autre chemin.

Et maintenant, voyez, chaque processus a son propre rythme, savez-vous ? Hier, nous étions en plein travail à Caracas, attendant une très importante visite du vice-président de la république chinoise et une haute délégation et nous avons signé hier 19 accords. Je disais que les relations entre la révolution bolivarienne et la révolution chinoise sont projetées du sous-sol jusqu’à la stratosphère, c’est certain, parce que nous avons eu des accords et nous sommes en train d’explorer pour chercher du pétrole et du gaz au Vénézuela et nous signons aussi un accord pour construire en Chine un satellite que nous lancerons du territoire chinois, mais ce sera un satellite vénézuelien. Le Vénézuela aura enfin son satellite, c’est ainsi qu’on monte du sous-sol à la stratosphère. Et maintenant, je vous demande votre plus grande attention pour ce que je vais dire, à bon entendeur peu de paroles suffisent : le vice-président chinois m’a apporté un cadeau, je suis maoiste, depuis tout petit, depuis que je suis entré à l’Académie Militaire j’ai commencé à lire Mao Tsé Tung , les écrits militaires, les écrits philosophiques, les thèses politiques, le livre rouge. J’ai commencé à lire le Che, le livre vert olive, Bolivar, ses discours et ses lettres. Enfin, je devins maoiste, bolivarien, un mélange de tout cela et le vice-président m’a apporté la collection des écrits complets de Mao Tsé Toung, le Grand Timonier.

C’est pourquoi, je suis venu dans l’avion en lisant le premier tome, relisant, tout cela je l’ai lu il y a des années et dans le premier tome et dans le premier chapitre, Mao Tsé Tung traite un thème qui est vital pour toute révolution et pour tout révolutionnaire : « Il est indispensable de bien préciser quels sont les amis et quels sont les ennemis. » Et ensuite, il ajoute plusieurs détails, il dit que toutes les révolutions dans l’histoire chinoise, en effet, il parle de la Chine, n’est-ce pas ? qui échouèrent, échouèrent entre autres choses fondamentales pour celle-là : parce que les révolutionnaires, souvent troublés par les passions du moment, de l’heure vécue, des contradictions qu’on trouve partout (et en plus il y a des gens qui se chargent de les accentuer de l’intérieur et de l’extérieur), alors, en de nombreuses occasions, on perd de vue les véritables amis et les authentiques ennemis. Il est important qu’en Amérique Latine nous précisions bien qui sont les vrais amis et qui sont les authentiques ennemis.

Je suis convaincu que nous pourrons sortir du bourbier historique dans lequel nous sommes depuis des siècles, 500 ans, 200 ans, seulement par le chemin de la révolution et quand je viens ici, à Rio Grande del Sur, on peut dire aussi par extension les grandes terres du sud, les grandes vallées du sud, les grandes mers du sud, les grands songes du sud, et surtout cela, les grands peuples du sud. Vivent les grands peuples du sud ! Le sud, le sud, le sud, le sud. Do sul, do sul, do sul. J’apprends un peu de portonol. J’ai appris un peu de chinois, apprendre le chinois est un peu plus difficile qu’apprendre le portonol, j’ai appris deux mots en chinois « nijao, nijao ».
savez-vous ce que c’est ? Nijao est « salut ! », « comment allez-vous » et ensuite « tsie tsie » qui veut dire « merci ». Je connais ces deux mots, j’ai un peu progressé depuis quatre ans que je vais en Chine j’ai appris ces deux mots. Bon, comme dit Benedetti, le sud aussi existe. Le sud aussi existe. Et maintenant, avec tout le respect que je vous dois, ceux du Nord : Ignacio est du Nord, il y a ici beaucoup de monde du nord de l’Amérique, il y a aussi des révolutionnaires dans le nord de l’Amérique, c’est clair, et beaucoup de révolutionnaires dans le nord en Europe. En Amérique du nord, je le crois, je pourrais m’être trompé mais je crois que là où il y a le plus de conscience dans le monde sur la nécessité de changements urgents rapides et profonds, c’est dans le sud. On déambule dans les rues du nord, en été, sous le soleil brillant, on marche dans les rues des cités du nord, au printemps, avec des fleurs et la brise fraîche, ou, comme nous l’avons fait récemment, en plein hiver à Pékin, mais Pékin est là-bas à l’est. Madrid, Moscou, blanches de neige où nous vîmes des images de New-York sous une tourmente de neige.

[.] Cependant, là où il y a la plus grande conscience et la plus grande force libérée, c’est dans le sud. Je crois qu’il en est visiblement ainsi, le sud a reçu durant des siècles les blessures du nord, les blessures non des peuples du nord, mais des empires du nord, il n’y a pas eu d’empire dans le sud.

Ici au Brésil, il y a eu un empire, mais ce fut un essai d’empire, un empire qui ensuite fut transformé en république. Et voici cette grande république fédérative, soeur, chérie, fraternelle, profonde, mais les empires, pas au Brésil ( au-delà de quelques guerres par ici ou par là, jamais le Brésil n’a monté d’expéditions au-delà de l’Atlantique vers l’Afrique, pour envahir les peuples et les rendre esclaves) , nous pourrions dire que le Brésil fut un empire doux, si doux que Simon Bolivar accepta de nouer des relations avec l’empire du Brésil et quand en 1830, il reçut le 1° ambassadeur à Bogota, il dit : « L’empire du brésil est la plus grande garantie que la providence nous ait envoyée à nous, Sud-américains, pour garantir la continuité de nos républiques naissantes. ». Bon, enfin, je disais que le sud, être ici dans le sud, me permet de me rappeler , compagnons, de me rappeler, compagnes, que cette année, en avril, il y aura 50 ans qu’un fait très important est arrivé en Indonésie, en 1955, le sommet de Bandung duquel est né le Mouvement des Non-Alignés et il est bon de se le rappeler parce que ça ne fait qu’un demi-siècle. Il y a 200 ans Simon Bolivar a convoqué le sommet de Panama en 1826 , l’année prochaine il faudra commémorer les 180 du congrès Anfictionico de Panama, qui fut balayé par l’impérialisme nord-américain.

Simon Bolivar fut, sinon le premier, du moins un des premiers anti-impérialistes de cette terre, Simon Bolivar avait prévu la menace impérialiste de l’Amérique du Nord, Simon Bolivar écrivit cette phrase à un bon ami en 1828 : « Les Etats-Unis d’Amérique du Nord paraissent destinés par la Providence à remplir l’Amérique de misère au nom de la liberté » Cela a été écrit de sa main en 1828. Mais le sommet d’Indonésie en 1955, ce sommet convoqué par Tito, Nehru et Sukarno, fut un sommet destiné à faire l’unité des pays et des peuples d’Asie et d’Afrique surtout et de ce sommet est né le groupe des « non-alignés », de là est née la conscience du sud, de là est née la commission du sud, dirigée par ce grand leader africain que fut Julius Nyéréré. Cela s’est produit il y a peu, Nyéréré est mort il y a peu, il y a très peu, à 90 ans et la commission du sud fut désignée et elle commença à faire des propositions, mais à ce moment-là arriva l’écroulement de l’Union Soviétique, la chute du Mur de Berlin et comme dit Joseph Stiglitz vinrent ensuite les heureuses années 90, dans les années 90, nous fûmes tous heureux , la fin de l’histoire, le dernier homme, l’ère technotronique fut congelée, la conscience du sud tomba dans les profondeurs des glaces de l’Antarctique et nous reçûmes comme une avalanche la proposition de Consensus de Washington, le néo-colonialisme déguisé en thèse trompeuse pour quelques uns, le néo-libéralisme et toutes ces politiques du Fonds Monétaire International, lesquelles injectèrent une surdose spécialement aux pays de l’Amérique Latine.

Aujourd’hui, il est opportun de vous dire depuis Rio Grande del Sur, au Forum Social Mondial, aucun espace n’est plus indiqué pour vous le dire, que pour sauver le monde nous avons besoin de plusieurs choses, une des premières, c’est la conscience du sud, il est possible que dans le nord certains ne s’en rendent pas compte, mais le futur du nord dépend du sud parce que si nous ne faisons pas ce que nous devons faire, si nous ne le faisons pas, véritablement notre possible, cet autre monde meilleur échouera et ce sera le monde des baïonnettes, des marins nord-américains, des bombes assassines de Mr. Bush.

S’il n’y avait pas de force, de conscience et d’organisation dans le sud pour résister aux attaques du néo-impérialisme et à la doctrine Bush, en effet le monde irait directement à la destruction, dans combien d’années je ne sais, il y a quelques informations scientifiques qui disent qu’au rythme où nous allons, si la planète continue à se réchauffer au même rythme, dans 100 ans, la température aura produit une forte fonte des glaces aux pôles sur les calottes glaciaires et le terrible tsunami qui a frappé les côtes d’Asie voilà une semaine et qui a causé 200 et quelques 1000 morts, serait peu de choses devant la montée des eaux des océans qui raseraient des villages et des pays entiers qui seraient submergés ; si la couche d’ozone continue de s’ouvrir, continue à être mise en pièces et que le soleil continue de frapper la croûte terrestre, les incendies, les températures et le ( .) universel viendraient à bout d’une bonne partie de la vie sur la planète. Cela seulement pour envisager le problème du point de vue, disons géographique, physique et naturel, mais peut-être bien avant, bien avant que la fonte des glaces arrive sur notre planète on verrait s’allumer des révoltes violentes car en effet les peuples ne vont pas attendre passivement qu’on leur impose un modèle comme le néo-libéralisme et le colonialisme.

Ainsi l’a bien dit un leader indigène dans un certain pays de ce continent il y a quelques années après une rébellion aborigène, quand les indiens prirent les armes et s’en allèrent dans les montagnes , un journaliste demandait à un indien : « Pourquoi avez-vous fait cela ? Qu’est-ce qui vous a poussé à prendre les armes ? », l’indien répondit très clairement : «  Parce que je préfère mourir en luttant que mourir de faim ». Ainsi, je propose cette idée depuis le sommet des présidents. A Caracas, il y a un an, il y eut le sommet du groupe des 15, il y a des sommets de tous les côtés.
Et en une occasion, j’ai dit que les présidents allaient de sommets en sommets alors que les peuples allaient d’abîme en abîme.

Il y a un an nous avons commencé à lancer l’idée, la nécessité de redonner la conscience du sud, les espaces du sud et les propositions du sud. Je pourrais vous dire, compagnons, que déjà, Ignacio Ramonet a commencé à nous poser des questions et à nous répondre, je pourrais aussi me demander devant vous pourquoi je suis venu. Je me demandais hier à Caracas et dans l’avion cette nuit et ce matin quel devrait être mon objectif central, pourquoi je suis venu essentiellement .

Pour une part je suis venu exprimer en brèves paroles ce qui s’est passé au Vénézuela surtout depuis ma dernière visite à Porto Alègre, ce janvier de 2003 quand nous étions encore en pleine bataille contre les forces impérialistes qui se déchaînaient contre notre peuple lorsque l’entreprise pétrolière vénézuélienne était encore quasi paralysée en janvier : ils nous ont saboté des raffineries, des bateaux, des puits de pétroles, des systèmes électriques, des systèmes informatiques On a cru que la faim pousserait le peuple vénézuélien à se rendre, on a cru faire imploser le pays pour que le gouvernement s’en aille et que le président renonce, depuis le coup d’état militaire, depuis le terrorisme, depuis l’agression impérialiste, depuis l’agression économique pétrolière, depuis la fuite des capitaux. Je me rappelle que lorsque je vins à Porto Alegre ce janvier 2003, nous étions en train de prendre la décision du contrôle des changes, nous l’avions prise la nuit précédente, avant de venir, nous avions suspendu la vente de dollars pour deux semaines pour pendant ces deux semaines établir un système rigide de contrôle des changes qui fut installé deux ans après, il est installé et rien n’indique que nous allons le supprimer.

On continuera à établir un contrôle des changes sur la monnaie vénézuélienne pour protéger le pays de la spéculation financière et des capitaux déserteurs qui ont mis à mal les banques de plus d’un pays.
Produit du contrôle des changes, les réserves internationales ont battu des records et nous en sommes à environ 25 000 millions de dollars. Rien n’indiquait que nous allions gagner la bataille mais nous avions foi en notre victoire à cause de la réponse populaire, de la réponse des forces armées, de la réponse des travailleurs pétroliers qui prirent en charge l’entreprise pétrolière et nous permirent de la récupérer et le peuple alla occuper les raffineries, les champs pétroliers, les oléoducs, avec les soldats démontrant à l’oligarchie vénézuélienne que le peuple vénézuélien ne se rend pas et qu’il ne se rendra jamais.

Il s’est passé tant de choses pendant ces deux ans qui me permettent de réfléchir sur la justesse de cette expression de Trotski, qu’il faut à toute révolution le fouet de la contre-révolution, la contre-révolution se dressa contrenous à coups de fouet,les yankees à coup defouet, sabotage économique, sabotage médiatique, sabotage social, terrorisme, bombes, violence, sang et morts, coup d’état, manipulation des institutions, pressions internationales. On voulut mettre le Vénézuéla sous tutelle par l’entremise de l’Organisation des Etats Américains, on prétendit installer au Vénézuela un proconsul qui faisait tous les jours des revues de presse prétendant installer un pouvoir supranational au-dessus de nos lois, de nos institutions, de notre constitution. Nous avons résisté à tout cela en étant sur la défensive pour résister à l’agression et nous avons résisté jusqu’au moment de passer à la contre-offensive, ainsi nous pouvons dire que le Vénézuéla a récupéré en 2003 son entreprise pétrolière qui fut toujours entre les mains de l’oligarchie vénézuélienne et de l’empire nord-américain  : ce fut une véritable bataille, une guerre économique, sociale, de communication, technologique, populaire et même militaire, ce furent les jours de la Place Altamira et des appels à la rébellion militaire, et à l’intervention militaire des Etats-Unis.

Pour donner un exemple, compagnons, de la façon dont la révolution s’est fortifiée grâce à l’attaque de la contre-révolution et à la contre-offensive révolutionnaire, je vous donne seulement cette date, l’année passée, en 2004, du propre budget des pétroles du Vénézuela, non du budget national, du budget de PDVSA, nous injectons presque 4 000 millions de dollars au redressement social, à l’éducation, à la santé, aux micro crédits, à la nourriture, tout cela attribué surtout aux plus pauvres, comme dirait Victor Hugo « aux misérables ». Seulement un exemple. Nous avons établi, (bien sûr les néo_libéraux disent que Chavez gaspille l’argent, mais eux le donnaient aux gringos ou se le partageaient dans leurs juteuses affaires), nous avons instauré un système extraordinaire de bourses qui profite à tous, presque tout le monde peut étudier, la grand-mère, le grand-père, le fils et le petit-fils .

Alphabétisation, ceux qui n’ont pas terminé l’école primaire sont en train de la terminer, ceux qui n’ont pas terminé l’école secondaire, et l’on trouve des hommes et des femmes de 50, 40,20,80,90 ans (quelques-uns) étudiant avec un téléviseur et quelques vidéos, c’est la méthode cubaine et toutes les vidéos sont éditées à Cuba grâce à l’appui de la révolution cubaine et grâce à la participation du peuple vénézuélien. Mais que se passe-t-il ? Nous nous rendons compte que la plus grande partie de ceux qui continuèrent leurs études de 1° ou de second cycle depuis 30 ou 20 ans sont entrés dans l’éducation supérieure depuis 5 ou 10 ans.Un de mes compagnons obtint le bac, nous avons réussi ensemble la 5° année, moi, je suis allé à l’Académie Militaire mais lui ne put continuer d’étudier. Il se maria, il a des petits-enfants et je l’ai vu en train d’étudier. D’abord, je ne l’ai pas reconnu, mais il m’a dit : « Hugo, ne te rappelles-tu pas de moi, de mon village paysan ? » et après que je me sois rappelé, il me dit : « Je n’ai pas pu aller à l’Université et après trente ans, Hugo, je suis ici, je veux étudier les mathématiques. »

Une femme, déjà grand-mère, qui obtint ses examens, apprit à lire et à écrire et maintenant, elle ne s’arrête pas là, elle va à l’école primaire et après, elle ira à la secondaire. Quand elle reçut son diplôme, à Caracas, elle dit : « Je n’ai pas pu aider mes enfants dans leurs études car je ne savais ni lire ni écrire, mais maintenant, j’aide mes petits-enfants à faire leurs devoirs. » 99% de ces personnes sont pauvres ou très pauvres, plusieurs vivent dans la misère, c’est pourquoi nous avons mis en place un système de bourses, nous donnons ½ million de bourses de 100$ mensuels, ce qui fait 50 millions de $ par mois et 600 millions dans l’année. Les néo-libéraux disent que c’est gaspiller l’argent mais cet argent, avant, ils le volaient. Aujourd’hui nous le redistribuons aux pauvres pour qu’ils mettent en déroute leur pauvreté.



C’est seulement un exemple de tout ce qui est arrivé à cause de la contre-offensive révolutionnaire en 2003. Suscitées par l’agression impérialiste vinrent les missions et aujourd’hui nous avons en marche la mission « Barrio adentro » par exemple, la mission est une espèce de croisade nationale de tous contre un problème : civils, militaires, vieux, jeunes, communautés, gouvernement national, gouvernements locaux, organisations communautaires de base. La mission « barrio adentro » est une mission médicale appuyée par Cuba révolutionnaire. Aujourd’hui au Vénézuéla, il y a près de 20 000 médecins cubains et odontologues cubains vivant avec les plus pauvres et des infirmières et infirmiers vénézuéliens et des comités de santé dans les quartiers. Maintenant, la plus grande partie du budget de la mission « barrio adentro » pour payer les médicaments, car on ne demande pas un sou aux gens, pour aider les médecins, les systèmes de transport, de communications, la construction d’ambulances, les consultations, les équipements, l’équipe, tout cela, la plus grande partie de ce budget vient des entrées pétrolières qui avant restaient à l’extérieur. Il y avait un cercle vicieux et c’étaient les transnationales et l’oligarchie vénézuélienne qui profitaient des richesses du pétrole qui n’arrivaient jamais au peuple.

Cette mission « barrio adentro », est étendue maintenant à tout le pays, voyez les chiffres, en 2004 plus de 50 millions de cas traités et de consultations totalement gratuites avec médicaments gratuits inclus.
Souvenez-vous que le Vénézuéla n’est pas le Brésil et que nous n’avons que 26 millions d’habitants. C’est-à-dire que la mission « barrio adentro », en un an, a vu un nombre de cas équivalent à deux fois la population du Vénézuéla et ce chiffre est supérieur à toutes les consultations médicales et odontologiques qui ont été données au Vénézuéla dans les hôpitaux et en médecine ambulatoire ces derniers cinq ans. Les mathématiques sont vitales pour comprendre le monde. Je crois que Pythagore disait que « Dieu parle mathématiques ».

La mission « sucre », nous avons là le ministre de l’éducation supérieure Samuel Moncada, à la tête de la mission de l’éducation supérieure, voici le ministre Francisco Armada, à la tête de la mission de santé, voici le ministre des sciences et technologies Yadira Cordoba, à la tête de la mission « semences », voici mes compagnons, le chancelier vénézuélien Ali Rodriguez qui était président des pétroles vénézuéliens, qui fut président de l’OPEP et qui est maintenant notre chancelier. Voici le ministre de l’agriculture et des Terres, Antonio Albaran, ce sont mes compagnons de travail, tous tenaces. Et maintenant, voici les garçons de l’Université Bolivarienne du Vénézuéla. Comment allez-vous, garçons, comment allez-vous senor general, professeurs de l’Université ? Voici un exemple de la révolution au Vénézuéla, cette université qui a à peine un an, ils sont ici, salut, garçons, en avant, continuez, le futur vous appartient.

Maintenant écoutez ces chiffres, garçons et compagnons, compagnes, l’année 2004 la révolution, parmi beaucoup d’autres choses, est une accélération des processus, accélération et approfondissement vers une société d’égalité où il n’y ait pas d’exclus. La plus grande partie de ces garçons ne pouvaient entrer à l’Université, les universités avaient été privatisées selon le plan impérialiste néo-libéral, la santé avait été privatisée, on ne peut pas faire ça, c’est un droit humain fondamental, santé, éducation, eau, énergie électrique, services publics, on ne peut pas donner cela à la voracité du capital privé. Nier ces droits au peuple, c’est le chemin de la sauvagerie, le capitalisme est une sauvagerie, je m’en convins chaque jour plus, capitalisme et socialisme, je n’ai pas le moindre doute. Il est nécessaire, disons-nous et disent de nombreux intellectuels dans le monde, de dépasser le capitalisme mais j’ajoute, moi, le capitalisme ne va pas se dépasser par l’intérieur du même capitalisme, non, il faut dépasser le capitalisme par la voie du socialisme, c’est par cette voie qu’il faut dépasser le modèle capitaliste, le véritable socialisme, la vérité et la justice.

En outre, je suis aussi convaincu, comme le disait Ignacio Ramonet, qu’il est possible de dépasser le capitalisme par la voie du socialisme et au-delà en démocratie. En quel type de démocratie ? Ce n’est pas la démocratie que monsieur superman veut nous imposer de Washington, cela ce n’est pas la démocratie, c’est certain, il y a peu miss Condoleeza, moi je dis mieux condoléances, condoléances Rice a dit , voyez d’où vient l’impérialisme actuellement, comme ils savent qu’au Vénézuela il n’y a aucune force à qui nous ne ferions mordre la poussière si elle nous envahissait, au Vénézuéla, sur les côtes des Caraïbes, dans les eaux de l’Orénoque, dans les héroïques savanes du Vénézuela où chevauchèrent les centaures de Bolivar, de Abreu de Lima, libérateur de ces terres, c’est un peuple héroïque que celui du Vénézuéla comme celui du Brésil et tous les peuples de notre Amérique, quand ces peuples veulent la liberté, il n’y a pas de force capable de les arrêter.

J’admire beaucoup le Che, je le chante, le lis et m’en souviens mais la thèse du Che ne pouvait pas être suivie à ce moment-là, cent hommes dans une montagne, cela a pu être bon à Cuba mais les conditions étaient très différentes et à cause de cela, le Che est mort en Bolivie, il est mort comme Don quichotte, lui-même l’a dit « Je sens entre mes jambes les flancs de Rossinante », disant au revoir à ses parents, à ses enfants, Aleida est sûrement là-bas. Où peut bien être Aleida, une des filles du Che, Aleida Guevara marche par là-bas, je l’ai vue ce matin couverte de poussière, suivant les chemins de son père. Vive le Che Guévara, merde !

Mais l’histoire ou la réalité encore mieux a montré que cette thèse d’un Vietnam, deux Vietnam, trois Vietnam en Amérique Latine ne convenait pas au Vénézuéla. Ali Rodriguez fut un chef guérillero et il m’est arrivé une fois de le poursuivre, mais il était très rapide et je ne l’ai jamais rattrapé. Plus tard, je l’ai rattrapé et nous nous sommes mis à conspirer, Ana Manuela, et nous sommes ici, lui chancelier et moi Président, mais lui c’est Ali et moi je suis Hugo et il y a 30 ans que nous suivons ce chemin.
Aujourd’hui, la situation est différente, ce n’est pas la guérilla qui peut être encerclée par les rangers ou las marins dans une montagne comme ils encerclèrent le Che et le massacrèrent un à un. Oui, c’était un escadron, 50 hommes contre 500 avec des armes très anciennes. Maintenant, ce n’est plus le cas, nous sommes des millions. Où et comment vont-ils nous encercler ? Attention, ils pourraient bien finir par être eux-mêmes encerclés. Nous sommes tant que nous pourrions les encercler, pas encore mais peu à peu.
Les empires ne peuvent pas être encerclés, ce sont des empires, mais ils pourrissent par l’intérieur. Tous les empires pourrissent de l’intérieur et le jour arrive où ils tombent en morceaux comme l’empire romain et tous les empires de l’Europe des siècles passés. Un jour, la pourriture que l’impérialisme nord-américain a en lui le fera tomber, achèvera de le faire tomber et le grand peuple de Martin Luther King en sortira libre. Le grand peuple nord-américain est un peuple frère. D’ici j’envoie mon salut et nos salutations aux peuples des Etats-Unis, du Canada, aux peuples de l’Europe et à tous les peuples du monde.

Donc, j’en suis arrivé là, à dire ces choses avec la même force que vous le dites à quelqu’un, avec la même passion que vous montrez depuis longtemps.
De ces types, vieux types et de vous qui êtes de nouveaux types, types et typesses, nous sommes des types qui marchons par ici et des typesses qui marchent par ici.

Maintenant, voyez, en vérité je ne veux pas abuser, j’ai un peu abusé, je ne veux pas abuser complètement de votre patience mais en plus de ces choses qui se sont passées au Vénézuela et qui nous ont permis de nous fortifier socialement, économiquement, politiquement, nationalement et internationalement, aujourd’hui, le Vénézuela est plus fort qu’il ne l’a jamais été dans les cent dernières années, à l’intérieur et face au monde entier. C’est une patrie fortifiée, un peuple fortifié, une révolution fortifiée et en train de se fortifier. Nous ne chantons pas victoire mais la réalité de ce processus est visible, mais il faut y veiller tous les jours.
C’est ce que je crie chaque jour à mes compagnons et mes compagnes. Le Che disait que la révolution n’était pas fâchée avec l’efficacité. Nous avons besoin d’efficacité révolutionnaire, d’être plus efficace chaque jour, de lutter contre les vieux vices, contre la corruption, l’absence de valeurs qui sont des menaces toujours présentes ici, inefficacité et corruption, deux grandes menaces, la bureaucratie, disait aussi le Che, la lutte contre la bureaucratie, c’est une lutte de tous les jours pour tout révolutionnaire, pour que la bureaucratie ne nous enchaîne pas .

En 2004, ce fut la grande victoire, la grande victoire politique, celle du référendum révocatoire. On disait que je faisais tout mon possible pour l’éviter parce que j’avais peur du peuple, comme disent les néo-libéraux.
Mensonge ! Je n’ai rien fait pour l’éviter mais ils devaient remplir les demandes constitutionnelles, c’est-à-dire ramasser les signatures dans le délai imposé, ils devaient faire ce que disent les institutions. Ce n’était pas l’OEA ni le gouvernement nord-américain qui allait présenter ces signatures, ils devaient les ramasser dans la rue et en plus devant témoins.
Au bout du compte, ils les recueillirent bien qu’il y ait en beaucoup de doutes, des centaines de milliers de signatures fausses ou répétées, des milliers et des milliers de personnes mortes depuis longtemps, qui vinrent signer.

Cependant, en fin de compte, le Conseil Electoral dit que oui, il y avait les 20% requis et j’ai été le premier à dire : « Allons au référendum  ! » et j’ai dit : « Nous allons les battre ! » et nous les avons battus le 15 août avec 60% des votes, beaucoup plus que cinq ans avant. Ensuite il y eut les élections régionales du 31 octobre, sur les 24 provinces nous en avons gagné 22 et les deux que nous n’avons pas gagnées, nous les avons perdues par hasard. Vingt-deux provinces, plus de 80% des mairies, plus de 80% des députés régionaux, c’est-à-dire une avancée socialement parlant, dans le modèle social d’inclusion, une avancée en politique, le renforcement institutionnel, c’est une chose très importante, et le renforcement du pouvoir judiciaire.

Au Vénézuéla il y a eu un coup d’état, ils m’emprisonnèrent, ils me séquestrèrent dans une île et les juges du tribunal suprême dirent qu’il n’y avait pas eu de coup d’état, que j’étais gardé par quelques militaires pétris de bonnes intentions, qu’une carence du pouvoir s’était produite : la thèse de Washington. Maintenant, non, maintenant le pouvoir judiciaire s’est fortifié, et le pouvoir citoyen. L’assemblée nationale ne pouvait légiférer pour cause de sabotage. Même, en une occasion, les députés révolutionnaires durent tenir leur cession à l’extérieur de l’édifice législatif. Au contraire en 2004, surtout à la fin, ils finirent par approuver les lois fondamentales comme la loi de Responsabilité Sociale de la Radio et la Télévision parce qu’on ne peut accepter cet abus illimité. Cet abus illimité, cette blessure médiatique des moyens privés de télévision. Beaucoup d’autres lois, la loi du Tribunal Suprême de Justice, qui nous permet d’assainir le pouvoir judiciaire toujours infiltré. C’est l’une des difficultés des révolutions en démocratie, la lenteur des processus.

J’insiste et je souligne que personne ne désespère. Simon Bolivar l’a dit très clairement et j’emprunte sa voix pour vous le répéter : « Si nous voulons avoir une patrie, ayons de la patience, encore plus de patience, de la constance, encore plus de constance, du travail, encore plus de travail, que personne ne désespère » , je dis toujours cela au peuple vénézuélien. Patience, constance et beaucoup de travail, beaucoup de conscience, les changements vont arriver mais bien sûr, ils ne vont pas arriver tout seuls, il faut leur donner une impulsion.

Enfin, 2003 et 2004, renforcement de l’économie, la croissance économique vénézuélienne, l’année passée, fut de 20% et le chômage baissa de 20 à 11% ; l’inflation produite par le sabotage économique était montée à plus de 30%, elle se situe de nouveau autour de 20%. Elle est encore très forte mais elle baisse substantiellement. Les réserves internationales ont battu un record historique, la production pétrolière est pleinement récupérée, nous produisons 3 millions de barils chaque jour. Enfin, l’économie croît ainsi que l’industrie et l’agriculture. Le Vénézuéla, pour la première fois depuis très longtemps, peut dire qu’il n’a pas besoin d’importer du riz, il est autosuffisant en riz, en maïs et nous continuerons de récupérer l’agriculture avec la guerre contre le latifundio et nous prenons exemple sur le Mouvement des Sans terre qui a été un exemple pour nous et tous les paysans de ce continent, de la lutte pour la terre, pour la justice dans la campagne et la souveraineté alimentaire. J’en reste là en ce qui concerne les avancées de la révolution du point de vue social, politique, économique, national et international. Le Vénézuéla est entré dans le MERCOSUR en 2004, la communauté sud-américaine des nations est née malgré les critiques du profil qui lui a été donné au début.

Mais nous sommes tous ici car voilà cinq ans quelques uns me critiquaient pour être allé au Sommet des Amériques, là-bas, au Canada et c’était pour parler surtout de l’ALCA et en fin de compte, je fus l’unique président qui s’opposait au projet de l’ALCA. En 2000 et depuis lors, nous avons commencé notre campagne anti ALCA car l’ALCA n’est qu’un projet colonialiste et nous ne pouvons pas dire que nous ayons triomphé, non. Nous sommes loin de l’objectif, du but de créer un modèle d’intégration alternative que nous appelons « Alternative Bolivarienne pour l’Amérique Latine », l’ALBA. Ce projet avance, quelques uns voudraient que ce soit plus rapide mais il y a des réalités et des moments. Remarquez bien, elle est née le 1° janvier 2005 et l’ALCA est parti au diable. Where is the ALCA, mister ? The ALCA is dead. L’ALCA n’existe pas, ce qui existe, ce sont les alquistes mais l’impérialisme nord-américain n’a pas eu la force, malgré tant de chantage et de pressions pour imposer aux peuples de ce continent le modèle néo-colonial et impérialiste de l’ALCA. Je ne veux pas surestimer les faiblesses de l’empire, il serait fatal de sous-estimer l’adversaire et encore plus cet adversaire-là mais cependant, il faut reconnaître objectivement les faiblesses de l’adversaire car si l’on croit l’adversaire invincible, il est invincible.

L’impérialisme nord-américain n’est pas invincible, voyez l’histoire du Vietnam, voyez le peuple d’Irak résistant à la blessure de l’invasion. Voyez Cuba révolutionnaire, résistant 40 ans à l’impérialisme nord-américain, voyez le Vénézuela bolivarien résistant depuis 6 ans à l’impérialisme nord-américain.
C’est important de le savoir. Savez-vous pourquoi ? Parce qu’il y a des gens qui, de bonne foi, pensent qu’il est invincible et qu’on ne peut pas le frapper même avec un pétale de rose, qu’on ne peut non plus rien dire parce qu’ils peuvent nous frapper.

Bon, en une occasion, alors que j’allais à Bagdad, nous étions à Téhéran et de là nous allions à Bagdad, dans les années 90. Ali et moi étant à Téhéran, ce monsieur qui sort tous les jours, comment s’appelle-t-il ? Le crieur de journaux, sort disant que Chavez ne devrait pas aller à Bagdad et qu’ils sont très irrités à Washington.
Ensuite,des journalistes me demandent : « Que pensez-vous de cette irritation ? » et j’ai répondu : « S’ils sont irrités, je vais leur envoyer un chargement gigantesque de Cooppertone ». Est-ce qu’on n’appelle pas ainsi ce que les femmes se mettent pour que leur peau ne soit pas irritée ? Moi, je m’en fiche, qu’ils soient irrités à Washington. Qu’est-ce que ça peut me faire ? Simon Bolivar le disait en 1811 à Caracas quand quelques craintifs et quelques novices ne voulaient pas déclarer l’indépendance face à l’empire espagnol. Simon Bolivar fit un discours incendiaire, ce garçon de 27 ans dit  : « Que nous importe que l’Espagne vende ses esclaves à Bonaparte si nous voulons être libres ? » Ou, comme le dit le général San Martin, le grand libérateur du sud « Soyons libres, rien d’autre n’importe. » Rien n’est important, nous sommes libres et nous voulons être définitivement libres à n’importe quel prix. Goliath n’est pas invincible, l’impérialisme non plus.

Cela le rend plus dangereux, en effet, comme l’impérialisme commence à sentir ses faiblesses, il commence aussi à recourir à la force brutale contre le Vénézuéla. Cela est un signe de faiblesse idéologique qui est l’une des plus grandes faiblesses. Maintenant, presque personne n’ose défendre le néo-libéralisme, alors qu’il y a 3 ans, nous étions seuls, Fidel et moi, dans ces réunions de présidents, c’était comme un choeur néo-libéral et on se sentait là comme infiltrés, conspirant. Aujourd’hui, non. Presque plus personne n’ose défendre le modèle néo-libéral, le néo-libéralisme est nu, les faiblesses idéologiques et économiques sont évidentes et tout indique qu’elles vont s’accentuer. Il suffit de voir la répression interne aux Etats-Unis, la loi appelée « Patriot » qui est une loi répressive contre les citoyens étasuniens. Ils parlent de liberté d’expression et ils la violent tous les jours. Ils ont un groupe de journalistes emprisonnés, en procès, parce qu’ils ne révèlent pas leurs sources d’information, ils poursuivent les journalistes, n’autorisent pas de prendre des photos des cadavres des soldats étasuniens, latins pour plusieurs d’entre eux, qui reviennent d’Irak. Ils les enterrent en secret. Tous ces signes sont des signes de faiblesse de Goliath. De même, par ailleurs, à un niveau universel, se lèvent d’anciens et de nouveaux acteurs sur la carte géopolitique planétaire qu’il faut connaître et qui ont une influence sur les côtés fort et faible de l’hégémonie impérialiste nord-américaine. Je ne suis pas en train de parler des faiblesses internes de l’impérialisme d’un point de vue objectif ou subjectif, la Russie, par exemple, se lève, ce n’est plus la Russie agenouillée devant les ordres de Washington, il y a un nouveau nationalisme russe, je l’ai vu, j’en ai été témoin dans les rues de Moscou. Jusqu’à il y a peu, presque personne n’osait parler de Marx dans les rues de Moscou, presque personne n’osait parler de Vladimir Illitch Oulianov à Moscou ou dans les villages russes. Lors de ce dernier voyage, on m’invita à un débat à l’Institut de Philosophie de Moscou. Là, on parla de Karl Marx, de Lénine. Il y a un courant de révision surtout du point de vue idéologique. La Russie s’est mise debout, ce n’est plus la Russie agenouillée qui donnait tristesse et regret, elle est dirigée par un bon président, Vladimir Poutine. La Chine, de même, avance, croît, se fortifie.

Nous étions à Pékin voilà quelques jours, à Noël, la Chine est une puissance mondiale. Economiquement, la Chine a vingt ans et elle croît à un rythme de 20% en moyenne, une croissance technologique, du point de vue de l’autonomie et de la souveraineté alimentaire. L’Europe est unie et maintenant avec un nouveau gouvernement socialiste en Espagne qui n’est plus le gouvernement de Aznar, à genoux devant les ordres de l’impérialisme. En Asie et en Afrique, il y a peu, j’ai rendu visite à cet autre type qui s’appelle Mohammar Al Khaddaffi. Nous fumes à Tripoli, parlant un moment avec Ahmed Ben, ce leader algérien et africain qui lutte depuis des siècles pour leurs croyances, pour leurs dieux, pour leurs rêves et Khaddaffi me disait qu’il voyait avec beaucoup d’optimisme le processus de l’unité africaine et ce bon ami Bouteflika me dit la même chose. L’Iran aussi se fortifie, j’y étais en novembre avec le président Ratami et avec le leader Ramenei. Les nord-américains voulurent faire arrêter à l’Iran leurs recherches nucléaires, l’Iran résista et finalement, la thèse des iraniens s’imposa.
L’impérialisme nord-américain ne put rien contre eux, il n’eut pas l’appui des Nations-Unies, ni l’appui de l’Europe, et de même en Amérique Latine.

Nous en sommes là. L’Amérique Latine d’aujourd’hui n’est pas la même qu’il y a cinq ans, je ne peux pas, par respect pour vous tous, faire de commentaires sur la situation interne d’aucun pays mais, croyez-moi et je le dis avec mon coeur, au Vénézuéla, surtout les deux premières années de mon gouvernement, plusieurs de mes partisans me critiquaient, me demandaient d’être plus rapide, plus radical. Moi, je considérais que ce n’était pas le moment et ce n’était pas le moment parce qu’il y a des phases dans le processus. Il y a des phases, il y a des rythmes, qui ne sont pas seulement en rapport avec la situation interne de chaque pays, mais avec la situation internationale. Moi, maintenant, avec le risque que quelques uns d’entre vous protestent fortement, cela ne m’importe pas, j’aime Lula, je l’apprécie, Lula est un brave homme, un grand coeur, un frère, un compagnon.
Je lui donne mon affection de frère et de compagnon et je suis sûr que, avec Lula et le peuple du Brésil, avec Nestor Kirchner et le peuple argentin, avec Tabaré Vasquez et le peuple uruguayen, nous ouvrirons un chemin vers le songe d’une Amérique Latine unie. Baisers. Je vous aime tous beaucoup. Mille mercis.

Hugo Chavez


- Traduction rapide de Gaston Lopez


PDF - 74 ko
Discours d’ Hugo Chavez
( espagol )


- Transmis par Cuba Solidarity Project




Discours du Président Hugo Chavez à l’ONU le 15 septembre 2005. « Nous proposons que le siège des Nations Unies quitte un pays qui ne respecte par les résolutions de l’Assemblée »


* * * Discours du Président Hugo Chavez à l’ONU - 20 septembre 2006.



Porto Alegre : Chávez appelle à l’unité, par Aram Aharonian.






- Photo : Frédéric Lévêque


[1] NDLR : Voir le reportage photo : Rencontre d’Hugo Chavez avec le Mouvement des paysans sans terre en marge du Forum social mondial 2005
Dimanche 31 janvier 2005, en marge du Forum social mondial de Porto Alegre et avant le meeting qu’il allait donner devant 11 000 personnes le même jour dans la capitale de l’"altermondialisme", le président vénézuélien Hugo Chavez Frias s’est rendu sur un asentamiento du Mouvement des paysans sans terre du Brésil pour un acte de solidarité au contenu symbolique très fort.
Cet événement a permis au président vénézuélien de rappeler l’application, dans son pays, d’une réforme agraire et le lancement récent d’une nouvelle campagne contre la grande propriété foncière improductive. Reportage photo : Frédéric Lévêque (RISAL / CADTM). www.cadtm.org/.


URL de cet article 2108
http://www.legrandsoir.info/Discours-d-Hugo-Chavez-a-Porto-Alegre-le-30-janvier-2005.html
 
La poudrière du Moyen-Orient, de Gilbert Achcar et Noam Chomsky.
Noam CHOMSKY, Gilbert ACHCAR
L’aut’journal, 8 juin 2007 Les éditions Écosociété viennent de publier (2e trimestre 2007) La poudrière du Moyen-Orient, Washington joue avec le feu de Gilbert Achcar et Noam Chomsky. Voici un extrait qui montre l’importance de cet ouvrage. Chomsky : Un Réseau asiatique pour la sécurité énergétique est actuellement en formation. Il s’articule essentiellement autour de la Chine et de la Russie ; l’Inde et la Corée du Sud vont vraisemblablement s’y joindre et peut-être le Japon, bien que ce dernier soit (...) Lire la suite »
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SUITE A LEUR CENSURE CONTRE WIKILEAKS
 
 
Les Nouveaux Chiens de Garde
 
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Jolie-môme

Quand le pillage devient une manière de vie pour un groupe d’hommes vivant en société, ils se fabriquent avec le temps un système légal qui l’autorise et un code moral qui le glorifie.

Frederic Bastiat (1801 - 1850)

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