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Le scandale des 35 h enfin appliquées dans la restauration.

Gérard FILOCHE



31 octobre 2006.


Travailler plus, gagnez moins disent Ump et Medef !

L’Ump se mobilise pour tenter, par un "cavalier" parlementaire, par la loi, de s’en prendre aux salaires de 800 000 salariés de la restauration après une décision pourtant justifiée du Conseil d¹état.

Oh quel scandale : toute la presse en parle, les dossiers sérieux du Monde et moins sérieux des médias éphémères, se penchent sur la « menace » des 35 h dans la restauration.

En fait de quoi s’agit il ? Les 600 000 salariés de la restauration des entreprises de moins de 20 salariés qui travaillent, en fait, plus prés de 60 h par semaine que de 35 h, risquent, suite à une décision du conseil d’état de percevoir dorénavant des heures majorées de 10 % entre 35 et 39 h. Une toute petite hausse de salaire, si elle est respectée, égale à 24’ par semaine.

Pour ces petits salaires (généralement diminués d’avantages en nature, donc inférieurs au Smic) il s’agit d’une hausse minime, hyper méritée, pour eux, qui travaillent tant !

Insurrection, trompettes, clairon côté Medef, et Ump, Parisot, Breton, Booloo : ils veulent absolument empêcher cela et imposer que tous ces salariés travaillent plus en gagnant moins : 39 h payées 39 ! (sans parler des autres heures supplémentaires non payées, non déclarées, non recensées)

C’est l’obsession de la droite et du patronat qui se manifeste : n’est-ce pas M. Fillon qui avait repoussé du 1er janvier 2005 au 1er janvier 2008, lepassage prévu par la loi Aubry de la majoration de 10 % à 25 % des heures supplémentaires faites par les 5 millions de salariés des entreprises de moins de 20 ?
Ce faisant il avait assuré le possible et tranquille maintien à 39 h de 5 millions de salariés avec un salaire non majoré de l’équivalent de 36’ par semaine...

L’Ump a donc déposé un amendement au projet de budget de la sécurité sociale (sic) 2007 pour rétablir, "dans l’attente d’un nouvel accord de branche", l’accord de 2004 sur les 39 h dans la restauration annulé par le Conseil d’Etat. La commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale va l’examiner dans le cadre du projet de budget 2007 de la sécurité sociale.

Le Premier ministre Dominique de Villepin a donné son aval en estimant que le texte était "tout à fait en accord avec ce que souhaite le gouvernement".

Le président du groupe UMP Bernard Accoyer a précisé que cet amendement était déposé "dans l’attente d’un nouvel accord de branche" que les élus "appellent de leurs voeux le plus tôt possible". "Il était nécessaire de combler le vide juridique" auquel a conduit l’annulation la semaine dernière par le Conseil d’Etat de l’accord de 2004.

La présidente du Medef Laurence Parisot, en dautres temps partisane du contrat et non pas de la loi, a estimé qu’il fallait "passer par une voie législative" pour résoudre "l’imbroglio juridique" consécutif à l’annulation de l’accord par le Conseil d’Etat.

Mais tout cela n’est que facétie et mensonge : les 35 h doivent s’appliquer partout comme durée légale du travail - donc comme seuil de déclenchement des heures supplémentaires. Un accord avait été signé en décembre 2001, il était bon et planifiait ces 35 h pour 2005, il a été abrogé par François Fillon en décembre 2002, puis un accord dérogatoire mais illégal a été adopté en 2004, il vient légitimement d’être retoqué, appliquons donc la loi ! 35 h pour tous, et chaque heure en sus doit être majorée et contingentée.
G.F.


Le chef du syndicat patronal, André Daguin, menace sur toutes les chaînes de télé de retirer du salaire aux 800 000 salariés de la restauration qui font actuellement 60 h par semaine et à qui on ne paye pas les heures supplémentaires !

Que disait André Daguin en fin août 2004 devant ses pairs à l’université d’été du Medef le jour même où Chirac l’a nommé au Conseil économique et social et la veille de l’assassinat de deux inspecteurs du travail à Saussignac le 2 septembre 2004 ?

Lisez attentivement un éclairage de l’état d’esprit d’un chef du patronat restaurateur bien en cour à droite :

" Vous devez être ceux qui menacent, pas ceux qui sont menacés. Vos dents doivent rayer le parquet. L’indulgence est comme la pitié, elle vous déshonore et elle déshonore aussi ceux qui en bénéficient. La société a besoin de durs, pas de mous. L’ennui, c’est qu’il y en a beaucoup, des mous, beaucoup trop. Il faut arrêter de reculer le moment de l’effort. Ne soyez pas indulgents avec vos salariés. Il y a tout plein de "bacs + 12" qui sont infoutus de travailler, ils ne sont même pas capables de trouver un balai pour faire le ménage.

Quand on doit licencier quelqu’un, il ne faut pas cacher la vérité. Vous savez, c’est aussi difficile pour celui qui coupe que pour celui qui est coupé. Moi, je préfère les assassins aux escrocs : les escrocs, les gens les trouvent sympas. Les assassins, non, évidemment ; mais pourtant, ils ont un grand mérite, c’est de ne pas être hypocrites."


Gérard Filoche, pour Démocrtaie & Socialisme www.democratie-socialisme.org



Le contrat doit il se substituer à la loi ? par Gérard Filoche.


Pourquoi les 35 h ont elles eu une application inégalitaire ? Et comment y remédier ? par Gérard Filoche.

Libéralisme, social-libéralisme et postulats alternatifs, par Michel Husson.




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« Le droit du licenciement doit être assoupli », « les 35 heures n’ont pas profité aux salariés », « les charges sociales sont trop lourdes », « les fonctionnaires sont des privilégiés », « à terme, on ne pourra plus financer les retraites », etc. Telles sont quelques-unes des idées reçues qui dominent le débat public sur le travail en France. En dix réponses critiques, chiffres à l’appui, Gérard Filoche bat ici en brèche ces préjugés distillés par la vulgate néolibérale pour tenter de liquider un siècle de (...) Lire la suite »
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