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Référendum : Les leçons d’un scrutin

Danielle BLEITRACH



30 mai 2005


Comme prévu, le peuple français vient de flanquer une claque gigantesque mais à qui ? D’abord à ceux qui n’ont cessé de faire pression sur son jugement en le menaçant de la catastrophe, en le menaçant également du mépris des autres peuples européens et l’accusant de ne pas avoir compris de quoi il était question.


Ils ont compris et ils n’ en veulent pas ...

Déjà en 95, Juppé disait "Vous n’avez pas compris, on va vous expliquer !" Ce à quoi Bourdieu répondait "Les Français ont parfaitement compris ils n’en veulent pas".

Vous êtes leur a-t-on répété une coalition hétéroclite, en admettant de ce fait que les deux partis majoritaires, le PS et la droite, ne présentaient aucune alternative crédible. Que nous avions depuis plus de vingt ans affaire à deux marchands de saucisse, l’un disait je met de la moutarde, l’autre disait je met du ketchup, mais ils vendent la même saucisse. Le peuple français a dit l’alternance entre ces deux partis ne change rien.

Autre caractéristique de la période, alors que les problèmes sont nationaux mais aussi internationaux, les politiques tentent d’isoler les peuples dans des espace concurrentiels. La nation est niée et l’Europe est simplement un espace de participation du pillage du sud intégrée, vassalisé aux États-Unis. Il n’y aura de réponse aux interrogations, au refus des peuples que dans une recomposition de l’ensemble en fonction du progrès social, de la paix et des coopérations. À cela on nous répond en terme de choc des civilisations, à travers la grande peur de la Chine et des pays sous développés. Il faut en finir avec cette vision paranoïaque de la planète, de l’Europe et de la France.

Ainsi on nous a dit, les autres peuples ont ratifié la Constitution, vous êtes isolés. Oui, les assemblées représentatives comme le Bundestag en Allemagne ont voté à 90% pour la Constitution. Mais L’Assemblée Nationale française avait voté à 92% pour la transformation de notre Constitution en vue de l’adapter au Traité. Si elle avait du ratifier le dit traité, elle l’aurait fait dans les mêmes proportions. Autre conclusion l’Assemblée nationale ne le représente pas plus le peuple français que le Bundestag ne représente le peuple Allemand.

Le fond en est la politique centré sur le profit, la concurrence débouchant à terme sur le pillage, les aventures guerrières, et sur une crise économique pour les peuples européens. Plus les entreprises se développent à l’étranger, moins elles ont besoin de soutenir la consommation en payant bien les salariés dans leur pays d’origine. Certains économistes, face à la baisse des salaires en particulier les moins qualifiés dans les pays du nord, affirment que les salaires ne peuvent baisser indéfiniment même sous la pression du chômage, " Si l’on veut traire la vache, il faut la nourrir ", la vache étant le consommateur salarié, mais selon d’autres économistes, il suffit comme les entreprises allemandes de favoriser la croissance à l’extérieur pour être moins vulnérables aux aléas de la consommation intérieure. Ainsi l’Allemagne a ravi aux États-Unis la palme du premier exportateur mondial en 2004. Certes l’économie allemande s’est contractée de 0,2%, les salaires corrigés de l’inflation ont baissé de 1,5 % l’an dernier et le chômage touche un nombre record : 5,2 millions au total mais des entreprises comme Siemens, la Deutsch Bank, ont des liquidités en masse croissantes, leurs actionnaires touchent des dividendes de plus en plus coquets. Elles ont misé sur l’étranger.

Aucun peuple ne peut approuver cette situation. Oui ils ont compris que la politique appliquée au niveau national est la même que celle impulsée par l’Union européenne et que tous les peuples quand on leur demande réellement leur avis, quand le débat a lieu sur le fond comme en France la refusent.Ce refus est un refus de classe : les ouvriers, les employés, mais plus largement ceux qui ne bénéficient pas de cette mondialisation, ne sont pas en état d’imposer dans le marché du travail la défense de leur pouvoir d’achat. Ainsi d’un côté ceux qui ont bénéficié de la période et ceux infiniment plus nombreux qui voient leurs conditions se dégrader (par exemple les enseignants et la plupart des gens des services publics).

C’est pourquoi cette élection référendaire est à la fois un grand espoir et une crise majeure de la démocratie face à laquelle il est urgent de construire une véritable alternative politique.


Crise de la démocratie :

Au delà de la joie du sursaut du peuple français, il faut bien mesurer les dangers de la période. Nous sommes en pleine crise de la démocratie occidentale qui fait que dans le sillage des véritables décideurs, les multinationales, les autorités supranationationales qui leur sont intégrées, les "élites" politico-médiatiques ne représentent plus les peuples, une véritable rupture est intervenue. C’est un espoir mais aussi un danger.

Les décideurs politiques contournent systématiquement l’électorat et même les assemblées élues qui sont censées le représenter. La décision est prise et nul n’a le pouvoir en fait d’y revenir, n’en a le moyen, l’opinion publique se trouve devant le fait accompli. Le traité constitutionnel était en quelque sorte la caricature de cette situation d’irreversibilité.

L’homme politique dans le même temps vit en permanence sous l’influence des sondages, d’une presse qui prétend représenter la dite opinion publique mais qui témoigne d’un mépris cynique à son encontre. En fait cette presse pratique à l’égard du peuple,d’une manière consciente ou inconsciente, la même stratégie d’évitement que les politiciens, en faisant porter le débat sur une caricature des enjeux, les personnalise à outrance, entretient l’émotion pour mieux évacuer les questions de solidarité collectives. La "représentativité politique" traditionnelle, celle des assemblées élues et celle des gouvernants est prise dans une apparente dictature de l’opinion qui veut qu’aucun homme politique ne puisse déplaire en énonçant des vérités et dans le même temps se conforme à une ligne décidée ailleurs parfaitement impopulaire. Cette politique directrice est favorable à l’orthodoxie du marché, à l’entreprise privée et au libre échange, si pendant une vingtaine d’années elle a pu paraître marquée du sceau d’une rationalité technique incontournable, elle se heurte de plus en plus à ses conséquences pour non seulement la majorité de la planète mais pour les populations occidentales qui sont censées en bénéficier par rapport au Sud.

Résultat on tend en France, en Allemagne, vers une structure de la consommation propre aux pays du Tiers Monde avec un dualisme marqué de la consommation, une partie de la population jouit du luxe, maisons, grosses voitures, tourisme, bons restaurants... L’autre partie s’enfonce dans la précarité... Et sert la première... Pour le moment la grande différence réside encore dans la taille de la population susceptible de se sentir protégée à la fois de la concurrence et du coût de la vie, donc de bénéficier de fait de la précarité accrue des autres. Mais déjà les salariés diplômés de la fonction publique vivent des phénomènes que d’autres diplômés ne connaissent pas. La rupture entre Paris et la province, entre les élites politiques, médiatiques, a aussi cette dimension de l’écart croissant entre ceux qui bénéficient de la mondialisation concurrentielle et ceux qui en sont les victimes. L’atlantisme des uns et la protestation censurée des autres a aussi cette dimension, cette base matérielles. Pauvre bertrand Delannoe qui est venu hier soir nous expliquer que Paris intra-muros avait voté OUI : il n’a pas compris que ce Paris intra-muros était celui des bourgeois et que le PS qu’il représentait, comme la "gauche" médiatique n’avait plus rien à voir avec le peuple accablé et traité avec mépris.

Le consensus politique est miné par cette crise de la représentativité politique, par l’absence de confiance en la capacité d’un quelconque pouvoir politique de vraiment influer sur les problèmes rencontrés par les couches populaires . La corruption des hommes politiques est souvent amplifiée, parce qu’elle est plus structurelle qu’individuelle. Le fond en est "l’irresponsabilité" des élites. Les gouvernés ont conscience d’être tenus dans le mépris. "Ils se noient dans la vase de la vie vulgaire, d’où ils remontent incessamment à la surface comme font les grenouilles" [1] Cette vision de la pensée despotique est assez proche de celle qui paraît dominer les élites politico-médiatique, une ignorance totale de la masse indistincte, de ses problèmes, de sa vie et la remontée à la surface le temps d’une élection de ce peuple que l’on nie le reste du temps. Et sitôt oublié après l’élection. Hier soir à la télé, on avait le sentiment que certains dirigeants politiques étaient incapables de tirer la leçon du séisme, ils n’attendaient que de voir disparaître les grenouilles pour mieux retourner à leurs délices politiciens, à leurs réglements de compte : l’intervention de Sarkozy contre Chirac et celle stupide de Hollande, en étaient l’illustration.


Mais cela ne suffit pas :

La crise du politique ne débouche pas naturellement sur une conscience de l’intérêt général, qu’il soit celui d’un changement de politique à imposer à des décideurs réels qui sont hors de portée ou celui des nécessaires solidarités entre exploités. Partis, syndicats, associations mêmes ont été démantelés, la bête sauvage, la société civile déchirée par des intérêts corporatistes selon le mot d’Hegel, est certes en état de rupture avec les élites, mais ne paraît pas encore en état de produire de nouvelles directions. Nous ne sommes pas si éloignés de la situation argentine, où on a vu du jour au lendemain la société la plus développée du continent sud américain glisser dans le sous développement et un peuple exaspéré crier "Qu’il s’en aillent tous".

La grande question aujourd’hui est de savoir si un tel mouvement populaire trouvera une expression politique digne de lui. La gauche s’est rassemblée à travers le NON, a amorcé un début de recomposition. Les communistes, au premier chef le PCF mais aussi la LCR, après quelques errances ont su être un début de facteur de rassemblement. Mais nous sommes encore loin d’avoir à notre disposition la force politique qui correspondrait à la force du refus français.

L’enjeu est donc désormais dans la construction d’une telle force. Cela devrait se jouer non pas à travers des cartels d’organisation, mais en approfondissant le débat sur quelques grandes questions qui doivent être posées dans leur dimension de classe, dans la défense de la paix, de l’environnement, donc dans la défense de l’humanité.

Est-ce que la construction d’une autre Europe qui correspondrait à ces enjeux est la meilleure manière d’apporter des solutions, des perspectives  ? Si on ne peut négliger cette question de l’espace européen, je crains qu’un enfermement dans cet objectif dans l’état de faiblesse politique dans lequel nous sommes nous interdise de comprendre :

a) que le lieu privilégié des résistances est la nation. Non pas une nation chauvine fermée sur elle-même mais une nation ouverte sur des coopérations vers le progrès social, sur des protections, des solidarités et sur la rencontre avec les autres peuples.

b) le sort des peuples européens ne se joue déjà plus en Europe mais dans un internationalisme, une mondialisation et c’est elle à laquelle nous sommes confrontés. Suivant comment on prend la question d’une autre construction européenne, on ne voit pas ce qui est la grande nouveauté de la période, la montée des résistances des peuples du sud dans lequelles nous devons prendre toute notre place parce que le temps du compromis colonial, à travers lequel la classe ouvrière européenne pouvait bénéficier du pillage, est révolu.

Danielle Bleitrach, sociologue.


Le NON n’ est pas un vote de gauche, c’ est un vote de classe ... par Danielle Bleitrach. 6 mai 2005


Quand le PS a rendez-vous avec l’histoire... il le rate. G.Filoche, J.Généreux, M.Dolez. 6 mai 2005

François Hollande n’a strictement rien à faire de la Constitution Européenne ... « si Chirac avait mis en jeu son mandat, le PS aurait naturellement appelé à voter NON, comme pour De Gaulle en 69 »... 26 mai 2005


- Du même auteur

À un ami qui s’inquiète de la corruption des dirigeants de "gauche"...

L’Europe et sa vassalisation aux États-Unis.

Constitution Européenne : Un référendum ou un plebiscite ?

Ils y tiennent vraiment à leur Constitution ...

L’europe serait non politique.... et la direction du PS casse la gauche.

Faites l’effort de vous informer.... Plaidoyer pour le "NON"


- Et aussi :

Censure et Empire, Dieudonné et l’usage de l’"antisémitisme", par Diana Johnstone et réponse de Danielle Bleitrach..


[1] K.Marx. Lettre à Ruge. La pleiade.TIII. p.339. "La seule honte, la seule gêne c’est la perte du trône. Aussi longtemps que le caprice reste en place, il a raison".


URL de cet article 2390
http://www.legrandsoir.info/Referendum-Les-lecons-d-un-scrutin.html
 
Cuba est une île
Danielle BLEITRACH, Jacques-François BONALDI, Viktor DEDAJ
Présentation de l’éditeur " Cuba est une île. Comment l’aborder ? S’agit-il de procéder à des sondages dans ses eaux alentours de La Havane, là où gisent toujours les épaves des galions naufragés ? Ou encore, aux côtés de l’apôtre José Marti, tirerons-nous une barque sur la petite plage d’Oriente, et de là le suivrons -nous dans la guerre d’indépendance ? Alors, est-ce qu’il l’a gagnée ? C’est compliqué ! L’écriture hésite, se veut pédagogique pour exposer les conséquences de la nomenclature sucrière. L’épopée (...) Lire la suite »
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SUITE A LEUR CENSURE CONTRE WIKILEAKS
> Référendum : Les leçons d’un srutin, par Danielle Bleitrach.
01/06/2005 à 13:43, par vb

bonjour,
un grand merci au grand soir qui, comme d’autres, m’ont permis d’argumenter mon vote qui,je l’avoue, au début était plutôt instactif.

J’ai eu la chance de participer au forum social européen (st denis) et ça fait donc deux ans que j’y réfléchissais. Mais je ne pensais pas me faire insulter à ce point (raciste,débile,ringarde, antieuropéenne etc..).

Les visites sur votre site (et d’autres) m’ont fait un bien fou !
bon, ben maintenant au boulot, encore MERCI à tous
veronique

#2895 
> Référendum : Les leçons d’un srutin, par Danielle Bleitrach.
01/06/2005 à 19:56, par Alberto

je partage complètement quand vous dites :

"Si on ne peut négliger cette question de l’espace européen, je crains qu’un enfermement dans cet objectif ... nous interdise de comprendre :
a) que le lieu privilégié des résistances est la nation. Non pas une nation chauvine fermée sur elle-même mais une nation ouverte sur des coopérations vers le progrès social, sur des protections, des solidarités et sur la rencontre avec les autres peuples."

#2903 
> Référendum : Les leçons d’un srutin, par Danielle Bleitrach.
01/06/2005 à 23:25, wapasha

bonjour,

j’aimerais vous faire part de cet article sur "les 7 leçons d’une victoire historique, en images..." :

vous pouvez vous approprier les images à fin de large diffusion, c’est du copyleft !

cordialement
wapasha

#2907 
> Référendum : Les leçons d’un srutin, par Danielle Bleitrach.
02/06/2005 à 01:11, par cedric

j’ai apprecié la finesse de votre analyse.

surtout quand vous dites que la societe civile ne paraît pas encore en état de produire de nouvelles directions, c’est a dire une alternative a la politique actuelle.

faudra t il attendre un nouveau "vote sanction", en 2007, par exemple l’extreme droite encore au second tour des presidentielles, opposée a nicolas sarkozy ? j en ai peur
le peuple n est peut etre pas encore assz resigné pour utiliser sa derniere cartouche du desespoir, la rébellion populaire, genre greve generale.

il faut peut etre attendre que le fossé, deja grand, entre les elites et le peuple, croisse davantage, pour qu il implose.

et par rapport aux medias, ils vont encore une fois dans l sens des politiques, puisque comme eux, depuis dimanche soir, plus un mot sur le texte du traité, mais que des consequences de politique interieure. au contraire, si les medias ecoutaient un peu le peuple, ils essaiereit de comprendre les raisons europeennes de ce vote negatif.

encore une fois, le peuple est pris pour un imbecile. et par les medias et par les politiques. quand il en aura vraiment ras le bol, on peut esperer que sa reaction sera proportionnelle a la facon dont il est traité aujourd hui.

#2908 
> Référendum : Les leçons d’un srutin, comment reagir ?
02/06/2005 à 14:11, antoine

Bonjour,

Vu que notre non n’est ni compris ni relayé par les medias. Que la presse ecrite, qui nous avait habitué a plus de bon sens se ligue elle aussi pour nous denigrer,

Vu qu’il n’y aura jamais d’assemblée constituante pour elaborer une constitution,

Afin de montrer au monde que nous ne sommes pas des anti européens frileux et irresponsables,

Je propose de rediger une nouvelle constitution a l’aide de l’outil wiki qui permet d’ecrire un site en commun.

J’ai mis en place un site a cette fin , avec une ebauche, peut être naive et incomplete , mais qui a le merite de ne pas vous laisser devant une page blanche comme ce fut mon cas .

Voici l’adresse :
http://jah.river.in.babylon.free.fr/wikini/wakka.php?wiki=Pa...

Si ce projet vous semble une bonne idée, merci d’en faire la promotion autour de vous auprés des gens interessés et motivés.

En vous remerciant de votre attention,
Antoine Menant

#2911 
Politique-friction
03/06/2005 à 14:01, cedangereuxmonsieurbéni-oui-oui

Nous sommes au printemps 2007 et l’élection présidentielle approche. Chaque parti (et c’est son droit) veut entrer dans la lice et présenter son champion... et il y a du monde !

1PT ;2LO;3LCR ;4PC;5MRC ;6PRG;7les verts(ouiste,noniste ?) ;8PS(ouiste,noniste ?) ;
9UDF ;10UMPchiraquie,Sarkozy ?) ;11MPF;12FN

Au PS depuis le congrès de l’automne 2005, les nonistes l’ont emporté,mais qui... ? :
- une coalition des nonistes ne peut tourner qu’à l’avantage d’un Fabius ayant plus de poids que l’aile gauche du parti (Emmanuelli, Mélanchon)dont la sincérité de la position ne peut être remise en cause
- les ouistes voulant barrer la route à la Fabiusie font alliance avec le NPS et élisant Montebourg...

A ma "gauche" la force tranquille du vieux sage rassembleur Fabius ou à ma "droite" l’ardeur impatiente du jeune fringant franc-tireur Montebourg :
les électeurs ouistes sympathisants PS (et leur nombre ne doit pas être négliger) peuvent-ils tous se reconnaître dans cette double approche opportuniste du débat européen ?
NON, l’électeur ouiste PS peut ne pas se sentir représenter par l’un ou par l’autre, et souhaiter et même oeuvrer (et c’est son droit) à la renaissance d’une autre branche du PS le défunt PSU (le u d’unifié serait assez cocasse vu les circonstances), ou à la naissance d’un de ses rejetons... ayant pourquoi pas SFIO comme nom de baptême(Socialistes Français Imbécilement du Oui). Depuis le temps qu’on lui rabâche que la gauche gouvernementale ou la droite gouvernementale c’est du pareil au même ou presque, le ouiste peut lui aussi choisir d’être déraisonnable et décider que lui aussi aura son candidat.

Il peut fort bien être conscient que la division de la gauche ne peut faire que le jeu de la droite et vouloir malgré tout que sa position soit défendue dans la course élyséenne. Prenons par exemple, un "bobo parisien" (suprême insulte car c’est désormais une lutte des castes), il pourrait avoir l’inconscience politique de soutenir un candidat homosexuel, mais c’est son droit !

A droite, le roi vieillissant pourrait lui, et c’est son droit, adouber son fidèle troubadour pour contrer son fils illégitime et félon mais pourtant préféré de son bon peuple.

Dans ce jeu de massacre à 12-13-14-15 participants, il ne restera que deux têtes pour le 2ème tour. Pour être élu président il vaut mieux être un tueur, et il en reste 1 de vieux samouraï présent déjà au 2ème tour en 2002. Ce vieux coq sait tuer dans l’oeuf, et c’est son droit, toute vélléité de rébellion dans son poulailler, et garder ses 18% comme la poule aux oeufs d’or.

Alors qui, avec un score ridicule, sera en face de Le Pen, cette fois en tête à l’issu du 1er tour 2007 ?
- un ouiste comme Sarkozy, Villepin, ou Bayrou ?
- un noniste de la grande gauche comme, comme, comme... Chevènement ? Non je blague ! La gauche déjà naturellement dispersée en multiples chapelles esst désormais divisée entre ouistes intégristes et noniste moralisateurs.

En politique nul ne peut jouer à la pythie, car heureusement en démocratie l’électeur reste toujours libre de son choix. Toutefois raconter ses délires reste le meilleur moyen de retrouver la raison... alors spécial,
ps : pour le congrès socialiste de l’automne 2005, vous, militant du non soyez "raisonnables", soutenez un ouiste modéré et sincère qui défendra aussi vos intérêts... mais lequel ? et bien à vous de trancher, vous avez les cartes en main ! De grâce, un peu de clémence pour éviter un nouveau scrutin présidentiel avec un score insensé de plébiscite

Bon c’est dit, ça fait du bien... c’est un forum alors maintenant tout le monde peut se lâcher et faire la chasse à celui qui se prend pour "renard" ; mais êtes vous sûr que c’est le bon gibier ?
Les lignes bougent, ne cultivons pas nos certitudes, mais soyons TOUS prêts à faire un pas.

Propos sirupeux certes mais vu les circonstances, je les trouve de bon aloi.

"Consensuellement" vôtre mes chers camarades !

cedangereuxmonsieurbéni-oui-oui

#2944 
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Jolie-môme

Cette démocratie si parfaite fabrique elle-même son inconcevable ennemi, le terrorisme. Elle veut, en effet, être jugée sur ses ennemis plutôt que sur ses résultats. L’histoire du terrorisme est écrite par l’État ; elle est donc éducative. Les populations spectatrices ne peuvent certes pas tout savoir du terrorisme, mais elles peuvent toujours en savoir assez pour être persuadées que, par rapport à ce terrorisme, tout le reste devra leur sembler plutôt acceptable, en tout cas plus rationnel et plus démocratique.

Guy DEBORD

#329
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