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Sans casque, ni bouclier : témoignage d’un ex-officier de police, par Regarde à vue.










Regarde à vue, mai 2006.


Parce que la répression syndicale touche tous les milieux et qu’il convient tout particulièrement de museler ceux qui occupent des postes clés comme dans la police, un témoignage contre les catégorisations faciles, les analyses simplificatrices qui s’adressent à toutes et à tous.

Un témoignage qui éclaire aussi sur une des réalités de l’application des politiques sécuritaires mises en oeuvre par les derniers gouvernements.

Ce témoignage a été tourné à la suite d’une rencontre. Lors d’une de ces conférences sur la politique sécuritaire et ses dérives. Vers la fin, un homme s’est levé. Il a déclaré qu’il venait de quitter la police, que la plupart des dérives que l’on venait d’évoquer n’était pas le fruit du hasard mais bien le résultat d’une politique élaborée au plus au niveau et transmise, ensuite, de manière pyramidale à travers la hiérarchie policière. Il avait réussi à s’en sortir, au prix d’un changement de carrière complet, là où la plupart de ses collègues avait fini par plier l’échine ou par « craquer ». Des mois, des années de lutte, pour ne pas se faire broyer administrativement et humainement par un système d’autant plus puissant qu’il a quasiment éliminé toutes formes de contestation en son sein. (...)



Question : Quelle est l’action des politiques ?

Ex-officier de police : Il y a un effet de surenchère permanente, de langage de guerre, de reconquête, ce sont des mots qu’on entend : « pacification », « reconquête », « nettoyage », donc on est dans un langage d’occupation, de guerre, en permanence. Il y a toute une terminologie que je n’ai jamais entendue avant qu’on entend depuis quelques années. Maintenant, ils disent les crapauds quand ils parlent des interpellés, même dans les écoles de police : « Quand vous interpellez un crapaud, quand vous demandez les papiers au crapaud... » Alors là, les bras m’en tombent. Avant il y avait un argot policier qui était différent mais pas ce genre de terme : « crapaud », avec toute une image qui est derrière. « Crapaud » c’est le jeune, pas forcément bien conforme... Alors effectivement ils ne le sont pas tous, mais pour survolter des pans entiers de population il n’y a pas mieux que ce genre de terminologie. Je crois qu’on est dans une politique de maintien de l’ordre permanent, de régulation sociale par la police. (...)


Question : A qui profite vraiment cette politique ?

Ex-officier de police : Je pense, ça c’est une opinion qui m’est personnelle, qu’il y a de gros problèmes sociaux, on a besoin d’un ennemi comme dans toutes les sociétés, il n’y a pas de guerre, là on a trouvé un ennemi de l’intérieur, le vilain, le méchant. Alors le problème c’est que les vrais délits, les vrais crimes, on ne peut pas en claquant des doigts augmenter d’un seul coup le taux d’élucidation, alors on crée ce sentiment, cette panique qui consiste à dire : « Vous vivez au Bronx, tous, votre vie est en permanence en danger, on va vous dépouiller, vous égorger... » Et donc, on met du bleu partout. Et pour justifier qu’il y a des hommes providentiels, des gouvernements providentiels, on interpelle. Ça rassure les gens et les esprits sont quand même bien préparés je trouve. Parce que je crois que quand je suis rentré dans la police c’était l’excès inverse, on ne pouvait pratiquement rien faire, même dans les cas très difficiles. Maintenant les gens sont près, à ma grande surprise, à accepter d’être fouillés, à être contrôlés, à mettre leurs mains partout, (allusion aux prises d’empreintes ADN) à être photographiés. Je suis assez scandalisé, entre le pas assez et le trop... là je crois qu’on est vraiment dans le trop, parce qu’avec les moyens actuels on ne pourra peut-être plus revenir en arrière, sur les fichages, l’atteinte aux libertés. (...)


- Lire le texte complet de l’ interview + vidéo http://regardeavue.com




Strasbourg : Etrange république où nous vivons... par B.D.


Proposition de loi visant à encadrer la dispersion et les débordements lors des manifestations et attroupements, par M. Eric Raoult.

Sarkozy et les juges : une rupture consommée, par Evelyne Sire-Marin.




URL de cet article 4487
http://www.legrandsoir.info/Sans-casque-ni-bouclier-temoignage-d-un-ex-officier-de-police.html
 
Pourquoi la crise ?
Jean-Loup IZAMBERT
Ils détournent des milliards d’euros des entreprises et vident les caisses de l’État… Plus ils s’enrichissent, avec la complicité des gouvernements occidentaux et des banques, plus les pays et les peuples s’appauvrissent. Leur système est en faillite. Ils cherchent une nouvelle guerre totale. Un document essentiel pour la réflexion et l’action de ceux qui souhaitent changer l’état des choses. Avec cet ouvrage Jean-Loup Izambert démonte, dans un style direct et facile à lire, les mécanismes de la (...) Lire la suite »
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> Sans casque, ni bouclier : témoignage d’un ex-officier de police, par Regarde à vue.
21/12/2006 à 22:56, par Anonyme

Bah je suis désolé mais l’insécurité elle est bien réelle, je ne sais pas où vous habitez mais moi je la vois et je la subit tous les jours !

#14128 
> Sans casque, ni bouclier : témoignage d’un ex-officier de police, par Regarde à vue.
22/12/2006 à 16:10, à-nos-amis

Oui, on la subit et.. on la fabrique. On la fabrique et on la subit. Mais une chose est certaine : il n’y a pas de génération spontanée, pas de gène non plus de la délinquance (à moins de se rendre justiciable d’une incitation à la haine raciale, donc délinquant, "l’anneau" circulaire est impitoyable). Il y a UNE CULTURE DE LA VIOLENCE. A la "télé" la violence n’est jamais trop belle, trop juste ni justifiée, trop propice aux visées stratégiques des uns et des autres. Sur le petit-écran, à l’instar de sa "mère nourricière", elle n’est jamais trop donneuse de leçon, éducatrice, idéalisée, magnifiée comme l’essentiel du réel et parfois du nécessaire. Toutes ces choses sont humaines, mais la marque là de cette modernité est qu’il n’y a pas de distance, de relativisation. Il n’y a pas à l’ordinaire pour le sujet de lattitude de s’échapper de ce nouveau discours sacré, tombé de l’absolu d’une sphère bi-dimensionnelle. Alors, pas de pensée propre, personnelle ni éthique.

#14165 
> Sans casque, ni bouclier : témoignage d’un ex-officier de police, par Regarde à vue.
31/01/2007 à 21:15, le grincheux

comment terminer un message , par ses mots,
"pas de pensée personnelle".....

La seule chose qui nous différencie des animaux est cette capacité et cette possibilité d’avoir une pensée,

" En cet âge métallique de Barbares, il nous faut prendre un soin méthodiquement exagéré de notre capacité à réver, captiver et analyser si nous voulons sauver notre personnalité et éviter qu’elle ne dégénère soit en s’annulant soit en s’identifiant à celle des autres"Pessoa,

#17281 
> Sans casque, ni bouclier : témoignage d’un ex-officier de police, par Regarde à vue.
25/01/2007 à 16:40, Anonyme

Tu peux préciser ce que tu as voulu dire par "je le subis tous les jours" ?

#16927 
> Sans casque, ni bouclier : témoignage d’un ex-officier de police, par Regarde à vue.
09/08/2007 à 15:51, Anonyme

peux tu nous dire ou tu habites ?je suis une mamie de 67 ans et je dois avoir vraiment de la chance car je peux encore me promener en ville sans etre agressée
j’estime que ce policier est dans le vrai : c’est la police et l’etat qui creent volontairement l’insecurité .pourquoi ? pour se donner de bonnes raisons de faire de nouvelles lois qui ne favorisent que , devinez qui ?

#30076 
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