Yann FIEVET23 janvier 2012
Yann FIEVET
Au commencement était le triple D. Pendant que le « triple A » occupe tant d’esprits conformistes et de discours convenus l’on oublie coupablement que ce « machin » si outrancier est la conséquence directe et fatale d’un autre triptyque conçu par les pouvoirs politiques du « monde développé » voilà trente ans déjà. Le triple A n’est rien d’autre qu’une note – au pouvoir certes démesuré – sanctionnant la capacité des instances politiques et économiques à bien faire vivre la croyance dans les bienfaits miraculeux du dieu Marché. Afin que le règne sans partage de ce dernier advint, des hommes à la fois suffisants et insuffisants inventèrent les trois D : déréglementation, décloisonnement, désintermédiation. Les trois verrous qui contenaient la finance dans des limites raisonnables sautèrent et l’on salua cet épisode, (...) Lire la suite »
2 15 janvier 2012
Yann FIEVET
"Pendant que l’élite poursuit son voyage vers une destination imaginaire, quelque part au sommet du monde, les pauvres sont pris dans la spirale du crime et du chaos" - Zygmunt Bauman, sociologue
L’heure n’est pas encore venue de dire si le sarkozysme n’aura été qu’une parenthèse dans l’histoire politique de la France. En revanche, nous pouvons d’ores et déjà affirmer que de tous les présidents de la cinquième République M. Nicolas Sarkozy est celui qui est allé le plus loin dans l’étroite imbrication de la vie politique et du monde des affaires. En guise de consolation facile nous pourrions constater que d’autres pays – la Russie de Poutine, l’Italie de Berlusconi – ont connu le même excessif mélange des genres. Nous pouvons même pousser jusqu’à la crainte d’avoir affaire là à une tendance lourde de (...) Lire la suite »
2 26 décembre 2011
Le monde politique est impuissant, otage de la dictature des marchés financiers.
Yann FIEVET
Nous acceptons difficilement de regarder la réalité en face. Nous préférons souvent nous persuader, sans en être totalement convaincus, que tout ce à quoi nous avons été attaché dans le passé est toujours présent et le sera encore demain. Ainsi, nous croyons que ce que nous nommons communément société existe encore. Bien sûr, nous entendons dire que nous sommes gouverné désormais par une oligarchie, que l’Etat partout se désengage de ses missions traditionnelles , que les citoyens ne sont pas consultés à propos des affaires sérieuses de la Cité. Mais, sous ces arguments pertinents nous espérons pouvoir encore distinguer une société attendant son heure pour redevenir pleinement elle-même. Affirmons-le enfin : cet espoir n’est plus de mise. La société est en voie de disparition. Le principal agent de cette disparition est l’abandon de l’intérêt général au profit de la satisfaction d’intérêts particuliers à la puissance chaque jour renforcé. Lutter contre la disparition de la société devrait être la seule préoccupation de la prochaine élection présidentielle.
La société est un corps éminemment complexe se dotant, tout au (...) Lire la suite »
5 24 octobre 2011
Yann FIEVET
Il est des déclarations de responsables politiques qui nous laissent pantois. Il en va ainsi d’une déclaration récente de M. Brice Hortefeux, désormais conseiller spécial du Président de la République. Quand les hommes importants ont un message important à asséner au peuple ils s’invitent au « 20 heures ». Le plus souvent c’est celui de TF1, la chaîne passée maîtresse dans l’art d’attaquer « les cerveaux disponibles ». Ce soir-là ce fut pourtant le JT de France 2. Le thème de l’intervention de l’homme du président ? Le climat des Affaires !
Il est sans doute temps pour le sommet de l’Etat mis en cause dans plusieurs affaires de corruption ou de financement occulte d’envoyer au feu ses fidèles lieutenants. L’heure étant à l’indignation il fallait bien que M. Hortefeux nous serve son petit couplet en cette (...) Lire la suite »
4 27 septembre 2011
Yann FIEVET
Il est un fait qui ne finit pas de nous étonner quand il ne nous agace pas profondément : le discours dominant des hommes et des femmes détenteurs du pouvoir politique ou économique est de plus en plus souvent primaire. Primaire dans le double sens où il est simpliste et manichéen. Cela contraste à l’évidence avec la réalité du monde à laquelle ces hommes et ces femmes sont confrontés quotidiennement, réalité qui a au contraire tendance à se complexifier. Alors qu’il conviendrait d’affronter la complexité du monde travaillé par de multiples crises, l’on préfère se réfugier dans le confort trompeur de vieux schémas de pensée et d’action ou caricaturer la réalité sociale pour en faire surgir des ennemis imaginaires sur lesquels il sera commode de rejeter la responsabilité des défaillances de toute une époque. (...) Lire la suite »
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