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Auteur : Robert FISK

Les rapports sur l’utilisation d’armes chimiques en Syrie ? Un air de déjà vu... (The Independent)

Robert FISK

Les rapports sur l’utilisation d’armes chimiques par le régime Assad, font partie d’un récit à répétition rempli de manipulations.

Y a-t-il un moyen d’échapper au théâtre des armes chimiques ? Tout d’abord, « les services militaires de renseignement » israéliens affirment que les forces de Bachar al-Assad ont utilisé / ont probablement utilisé / auraient pu utiliser / pourraient utiliser, des armes chimiques. Puis Chuck Hagel, le secrétaire américain à la Défense, déboule en Israël, pour promettre encore plus de puissance de feu aux militaires israéliens déjà sur-armés - en évitant toute mention de leur plus de 200 ogives nucléaires - et ensuite imbiber comme une éponge tous les « rapports » israéliens sur l’utilisation avérée/probable /possible, d’armes chimiques par la Syrie. Alors le bon vieux Chuck retourne à Washington et dit au monde que « c’est une affaire sérieuse. Nous avons besoin de tous les faits ». La Maison Blanche dit au Congrès que les agences américaines de renseignement, probablement les mêmes que les agences de renseignement israéliennes depuis que les deux côtés fonctionnent habituellement en tandem, ont des « degrés de (...) Lire la suite »
Robert Fisk rapporte depuis l’intérieur de la Syrie.

Ils se battent peut-être pour la Syrie et pas pour Assad. Ils sont peut-être même en train de gagner. (The Independent)

Robert FISK

La mort guette le régime syrien comme elle le fait pour les rebelles. Mais sur la ligne de front de la guerre, l’armée du régime n’est pas d’humeur à se rendre - et affirme n’avoir pas besoin d’armes chimiques.

Des nuages bas pèsent lourdement sur le sommet montagneux de la ligne front de l'armée syrienne à l'extrême nord de la Syrie. La pluie vient juste de remplacer la neige, transformant cette forteresse lourdement protégée en un marécage de boue et de mares stagnantes où les soldats assurent leurs postes de guet avec le vent dans le visage, leurs vieux chars T-55 - les vieux chevaux de bataille du Pacte de Varsovie des années 1950 - gouttent sous les averses, leurs traces dans la boue, maintenant seulement utilisés comme des pièces d'artillerie. Ce sont des "tanks pourris" - debeba Khurda - dis-je au colonel Mohamed, commandant de l'unité des forces spéciales de l'armée syrienne à travers ce paysage morne, et il me sourit. "Nous les utilisons pour la défense statique", dit-il franchement. "Ils ne se déplacent pas." Avant la guerre - ou "la crise" tel que les soldats du président Bachar al-Assad sont convenus de l'appeler - Jebel al-Kawaniah était une station de transmission de télévision. Mais quand (...) Lire la suite »

Syrie : l’Occident retire ses billes (The Independent)

Robert FISK

On sent de la trahison dans l’air. Parce que - soyons francs à ce propos - quelque chose va très mal avec le récit de la guerre de Syrie. Nos seigneurs et maîtres occidentaux - aussi indignes de confiance aujourd’hui qu’ils l’étaient, quand ils ont vendu la Pologne à Staline, à Yalta - ont commencé à parler un peu moins de leur désir de faire disparaître Bachar al-Assad et beaucoup plus de leur crainte d’une présence corrosive d’al-Qaïda, au sein des forces rebelles.

La tragédie syrienne s'aggravant, notre politique occidentale si morale, à l'égard des damnés de cette guerre atroce, s'est transformée en trahison. Oubliez Rome cette semaine et notre « promesse » - j'adore ce terme honteusement utilisé par les agences de presse - « de rendre plus fort (sic) le peuple syrien » et de soutenir le « commandement militaire suprême » (qui n'existe pas) de l'Armée syrienne libre avec des pansements et des postes de radio. Toute l'histoire a commencé, je pense, il y a, exactement, un an, lorsque la Clinton - heureusement maintenant absente dans l'élaboration des politiques américaines, au moins jusqu'aux prochaines élections présidentielles - fit une étonnante déclaration à la télévision CBS à Rabat. Parlant du refus des Syriens de Damas et d'Alep de se joindre à l'insurrection contre Assad, elle a demandé (faisant apparemment allusion à une récente déclaration d'Ayman al-Zawahiri, le successeur de Ben Laden dans al-Qaïda, où il disait soutenir l'opposition syrienne) : « (...) Lire la suite »

La guerre contre le terrorisme, la nouvelle religion de l’Occident (The Independent)

Robert FISK
Mohamed al-Zawahiri, frère cadet du successeur d'Oussama Ben Laden, Ayman, a fait une déclaration particulièrement étonnante au Caire le mois dernier. S'adressant à propos du Mali à cette merveilleuse institution française qu'est le Journal du Dimanche, il a demandé au journal d'avertir la France « et d'appeler le peuple français raisonnable et les ages à ne pas tomber dans le même piège que les Américains. La France est tenue pour responsable de l'occupation d'un pays musulman. Elle a déclaré la guerre à l'Islam. » La France n'aurait pas pu recevoir d'avertissement plus clair. Et sans surprise, le lendemain, un attentat suicide eut lieu dans la ville occupée de Goa, tandis que, dix jours plus tard très exactement, la France perdait son deuxième soldat au Mali, abattu par des rebelles au cours d'une bataille dans les monts Ifoghas. C'est là , selon la vieille rhétorique usée du Président Hollande, que s'était déroulée une bataille avec des « terroristes » qui étaient « piégés » dans la zone au cours (...) Lire la suite »

MALI : Une intervention indécente (The Independent)

Robert FISK

Nous sommes indignés non pas par le massacre d’innocents, mais parce que les otages qui ont été tués étaient principalement des gars blancs aux yeux bleus plutôt que des gars aux yeux bruns sombres.

Etonnant non, à quel point nos "dommages collatéraux" diffèrent de leurs "dommages collatéraux" ? Discutant hier avec un vieil ami algérien qui travaille dans l'aviation, je lui ai demandé ce qu'il pensait de l'assaut lancé par les autorités de son pays contre le site gazier d'In Amenas. "Une superbe opération, Robert", s'est-il exclamé à l'autre bout du fil. "Nous avons détruit les terroristes !" Et les otages innocents, alors ? Ils sont morts, tout de même, ai-je fait remarquer. "Les pauvres, a-t-il concédé. Nos femmes et nos enfants sont morts par milliers pendant notre guerre [dans les années 1990], c'est une tragédie terrible - mais c'est le terrorisme que nous combattons." Voilà . Nos morts ne lui ont fait ni chaud ni froid. Et il n'a pas tout à fait tort au fond, n'est-ce pas ? Car si nous nous indignons aujourd'hui, ce n'est pas devant le massacre d'innocents, mais parce que les otages tués par l'armée algérienne (aux côtés de certains de leurs ravisseurs) étaient plus souvent des gars aux (...) Lire la suite »

Les provocateurs savent que la politique et la religion ne font pas bon ménage (The Independent)

Robert FISK
Et voilà , un autre petit malin vient d'enflammer le Moyen Orient : on a diffusé des caricatures du Prophète puis on a brûlé un exemplaire du Coran et maintenant on sort une vidéo sur des "terroristes" dépouillés de leurs biens et un faux désert. Les auteurs de la vidéo, des chrétiens occidentaux, se cachent quelque part (ce qui est indispensable pour une bonne publicité) pendant que des innocents sont asphyxiés, ont la tête tranchée et sont tués d'une manière ou d'une autre- la vengeance des Musulmans outragés venant par la même "prouver" que les colporteurs d'ordures racistes ont raison quand ils disent que l'Islam est une religion violente. Les provocateurs savent bien que la politique et la religion ne font pas bon ménage au Moyen-Orient. Ils sont pareil. Christopher Stevens, ses collègues diplomates de Benghazi, les prêtres d'Afrique et de Turquie, le personnel de l'ONU en Afghanistan ; Ils ont tous payé à la place de ces "prêtres chrétiens", ces "caricaturistes" ces "cinéastes" et ces "auteurs" (...) Lire la suite »
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Syrie, la guerre des mensonges et de l’hypocrisie (The Independent)

Robert FISK
A-t-on déjà vu une guerre aussi hypocrite au Moyen-Orient ? Une guerre aussi lâche et dépourvue de morale, avec autant de fausses rhétoriques et d'humiliations publiques ? Et je ne parle pas des victimes physiques de la tragédie syrienne. Je me réfère aux immondes mensonges et à la fausseté de ceux qui nous gouvernent, et à notre opinion publique - à l'Est comme à l'Ouest. La réponse au massacre fut une vaste pantomime plus digne de Jonathan Swift que de Tolstoï ou Shakespeare. Pendant que le Qatar et l'Arabie Saoudite arment et financent les rebelles en Syrie pour renverser la dictature alaouito-chiito-baasiste de Bachar el-Assad [très bien documenté par Der Spiegel le 26 juillet - NdT], Washington n'émet pas une seule critique vis-à -vis d'eux. Le Président Obama et son secrétaire d'État, Hillary Clinton, disent vouloir la démocratie en Syrie, mais le Qatar est une autocratie et l'Arabie Saoudite est parmi les pires exemples de califats autoritaires de tout le monde arabe. Les dirigeants de ces deux (...) Lire la suite »

Irak : Les enfants de Fallujah - l’hôpital des horreurs (The Independent)

Robert FISK

Reportage spécial : Deuxième jour : Mort-nés, invalidités, difformités trop bouleversantes pour être décrites - ce qui se cache derrière la souffrance à l’Hôpital Général de Fallujah.

Les images s'affichent sur l'écran du premier étage de l'Hôpital Général de Fallujah. Et aussitôt le bureau de l'administrateur Nadhem Shokr al-Hadidi devient l'antichambre des horreurs. Un bébé avec une énorme bouche difforme. Un enfant dont une partie de la colonne vertébrale jaillit hors du corps. Un bébé qui a un énorme et horrible oeil de Cyclope. Un autre bébé qui n'a qu'une demi-tête, mort-né comme les autres, le 12 juin 2009. Encore une autre image apparaît sur l'écran : date de naissance 6 juin 2009, c'est un tout petit bébé qui n'a que la moitié d'un bras, pas de jambe gauche et pas de parties génitales. "Il y en a tout le temps désormais" dit Al-Hadidi et une doctoresse entre dans la pièce et jette un coup d'oeil à l'écran. Elle a mis au monde certains de ces bébés mort-nés. "Je n'ai jamais rien vu de pareil dans toutes mes années de pratique" dit-elle à voix basse. Al-Hadidi parle au téléphone, accueille de nouveaux visiteurs dans son bureau, nous offre du thé et des biscuits pendant que les (...) Lire la suite »

Le mythe héroïque et la vérité incommodante sur les reportages de guerre (The Independent)

Robert FISK
Il a fallu beaucoup de courage pour entrer dans la ville de Homs : Sky News, puis la BBC, puis quelques hommes et femmes courageux qui sont allés raconter au monde les angoisses de la ville et qui, pour au moins deux d'entre eux, ont été blessés. Cependant, je n'arrêtais pas de penser cette semaine à quel point nous connaissions le nom de l'indomptable photographe britannique Paul Conroy, et le peu que nous savions des 13 volontaires syriens qui ont été apparemment tués par des snipers ou des éclats d'obus pendant qu'ils procédaient à son sauvetage. Ce n'est pas la faute de Conroy, bien sûr. Mais je me demandais si quelqu'un connaissait les noms de ces martyrs - ou si quelqu'un avait l'intention de les connaître ? Il y a là quelque chose de vaguement colonialiste. Nous sommes tellement habitués aux gestes héroïques de la version cinématographique des correspondants de « guerre » que d'une certaine manière ils sont devenus plus importants que les sujets de leur reportage. Hemingway est censé avoir (...) Lire la suite »

Les sanctions ne sont seulement qu’une petite part de l’histoire qui amène les Iraniens à détester le Royaume-Uni (The Independent)

Robert FISK
C'est une étrange ironie, que les Iraniens connaissent mieux l'histoire des relations anglo-perses que les Britanniques. Lorsque le ministère nouvellement installé du guide islamique demanda à Harvey Morris, l'homme de Reuters dans l'Iran postrévolutionnaire, un historique de son agence de presse, celui-ci demanda à son bureau de Londres de lui envoyer une biographie du baron von Reuter - il fut consterné de découvrir que les fondateurs de la plus grande agence de presse au monde avaient construit les chemins de fer perses en en retirant un immense profit. « Comment puis-je montrer cela au ministère ? » s'écria-t-il. « Il s'avère que le baron était pire que ce putain de Shah ! » Ce dont, bien sûr, le ministère était bien conscient. La Grande Bretagne monta une invasion conjointe de l'Iran avec les forces soviétiques, lorsque le prédécesseur du Shah se rapprocha un peu trop des nazis pendant la Seconde Guerre mondiale et aida ensuite les Américains à renverser le gouvernement démocratiquement élu de (...) Lire la suite »
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