« Informer n'est pas une liberté pour la presse mais un devoir »
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Auteur : Robert FISK
Le mythe héroïque et la vérité incommodante sur les reportages de guerre (The Independent)
Robert FISK
Il a fallu beaucoup de courage pour entrer dans la ville de Homs : Sky News, puis la BBC, puis quelques hommes et femmes courageux qui sont allés raconter au monde les angoisses de la ville et qui, pour au moins deux d'entre eux, ont été blessés. Cependant, je n'arrêtais pas de penser cette semaine à quel point nous connaissions le nom de l'indomptable photographe britannique Paul Conroy, et le peu que nous savions des 13 volontaires syriens qui ont été apparemment tués par des snipers ou des éclats d'obus pendant qu'ils procédaient à son sauvetage. Ce n'est pas la faute de Conroy, bien sûr. Mais je me demandais si quelqu'un connaissait les noms de ces martyrs - ou si quelqu'un avait l'intention de les connaître ? Il y a là quelque chose de vaguement colonialiste. Nous sommes tellement habitués (...) Lire la suite »
 
Les sanctions ne sont seulement qu’une petite part de l’histoire qui amène les Iraniens à détester le Royaume-Uni (The Independent)
Robert FISK
C'est une étrange ironie, que les Iraniens connaissent mieux l'histoire des relations anglo-perses que les Britanniques. Lorsque le ministère nouvellement installé du guide islamique demanda à Harvey Morris, l'homme de Reuters dans l'Iran postrévolutionnaire, un historique de son agence de presse, celui-ci demanda à son bureau de Londres de lui envoyer une biographie du baron von Reuter - il fut consterné de découvrir que les fondateurs de la plus grande agence de presse au monde avaient construit les chemins de fer perses en en retirant un immense profit. « Comment puis-je montrer cela au ministère ? » s'écria-t-il. « Il s'avère que le baron était pire que ce putain de Shah ! » Ce dont, bien sûr, le ministère était bien conscient. La Grande Bretagne monta une invasion conjointe de l'Iran avec les (...) Lire la suite »
 
Les "˜rugissements’ de la Ligue arabe face à la Syrie montrent comment le minuscule Qatar commence à faire jouer ses muscles (The Independent)
Robert FISK

Le groupe jusqu’alors pathétique a maintenant obtenu le poids nécessaire pour affronter Damas.

Ainsi le « printemps arabe » a-t-il fini par infecter la Ligue arabe ce week-end - ou n'était-il question que des ambitions de style Empire Britannique, du minuscule et riche Qatar ? La Ligue arabe - l'une des organisations les plus stupides, les plus impuissantes et absurdes dans l'histoire du monde arabe - s'est soudainement transformée de souris en lion, rugissant que la Syrie serait suspendue ce mercredi à moins qu'elle ne mette fin à la violence contre les manifestants, ne retire l'armée des villes, ne libère les prisonniers politiques et ne commence à discuter avec l'opposition. Damas a rugi en retour que la Syrie avait déjà mis en oeuvre le plan de paix de la Ligue - on peut en douter - que la décision était « illégale et une violation de la Charte de la Ligue » (peut-être exact) et que la (...) Lire la suite »
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Syrie : « L’armée a eu pour instruction de ne pas tirer sur les manifestants » (The Independent)
Robert FISK

Robert Fisk a questionné la conseillère d’Assad à propos de la violente bataille où se joue l’avenir de la Syrie.

Bouthaina Shaaban fait partie de la liste des six Syriens inscrits sur la liste américaine pour l'application de sanctions individuelles contre le régime Assad. C'est la conseillère politique du président. Une mère d'un âge moyen et femme écrivain parlant un anglais parfait, se sentant chez elle à Paris comme au Caire... Et tous ses actifs aux Etats-Unis sont gelés. Impressionnant. Après avoir pris place dans son bureau à Damas, je lui ai posé la question qui allait de soi : quelle impression cela fait-il d'être sur la liste des sanctions de la nation la plus puissante sur terre ? « Rien en réalité », répondit-elle, rapide comme un éclair. « Je n'ai pas d'actifs - à l'exception des actifs de l'amour pour mon peuple. Les Américains comprennent dans le mot 'actifs' uniquement les dollars, et je n'ai de (...) Lire la suite »
29 
 
L’Occident peut célébrer sa mort, mais il s’agit juste d’un accident de timing.
On ne peut blâmer Kadhafi de penser qu’il faisait partie des braves types. (The Independent)
Robert FISK
Nous l'avons aimé. Nous l'avons détesté. Ensuite, nous l'avons aimé à nouveau. Anthony Blair a bavé sur lui. Ensuite, nous l'avons détesté à nouveau. Puis La Clinton a bavé sur son BlackBerry et nous l'avons vraiment détesté encore plus à nouveau. Prions tous pour qu'il n'ait pas été assassiné. « A succombé à des blessures subies lors de la capture. » Qu'est-ce que cela signifie ? Il était une combinaison folle de Don Corleone et de Donald Duck - le seul moment de vérité de Tom Friedman à propos de Saddam Hussein - et nous qui avons dû regarder ses marches militaires martiales ridicules, et ses discours à pouffer de rire et avons écrit sur les tanks, les fusiliers marins et les missiles libyens et qui étions censés prendre tout ça au sérieux. Ses hommes-grenouilles claudiquaient en palmes à travers la Place (...) Lire la suite »
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Assad, ses raids au Liban, et le lent glissement de la Syrie vers la guerre civile (The Independent)
Robert FISK

A Damas, le régime présente un portrait de manifestations de vaste soutien. Mais alors que les tensions montent aux frontières de la nation, des fissures apparaissent. A Beyrouth, Robert Fisk jette un coup d’oeil derrière la propagande.

Des incursions transfrontalière de chars ; quatre adversaires syriens du régime de Damas kidnappés au Liban, soi-disant dans un véhicule appartenant à l'ambassade syrienne à Beyrouth, un camion de munitions et de lance-roquettes destinées aux opposants au président Bachar al-Assad de l'autre côté de la frontière libanaise saisis par l'armée libanaise - pour ne pas mentionner le rassemblement de masse en faveur de Bachar à Damas la semaine dernière, dont des Syriens arrivant au Liban dirent que vraiment - vraiment - il compta un million de personnes dans les rues. Chaque tragédie possède son mystère, je suppose, mais celui-ci prend les proportions du film épique « Autant en Emporte le Vent ». Au dessus de l'énorme masse de supporters de Bachar volaient des hélicoptères militaires syriens trainant (...) Lire la suite »
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Bahrein : « Ils n’ont pas fui. Ils ont fait face aux balles »
Robert FISK
« C'est un massacre - un massacre, » criaient les médecins. Trois morts. Quatre morts. Un homme a été transporté sur une civière dans la salle des urgences, du sang giclant sur le plancher d'une grosse blessure par balle dans la cuisse. A quelques pas de là , six infirmières tentaient de sauver la vie d'un homme au visage pâle et barbu avec du sang suintant de sa poitrine. « Je dois l'emmener au bloc maintenant, » a crié un docteur. « Il n'y a pas de temps à perdre - il est en train de mourir ! » D'autres étaient plus proches de la mort. Un pauvre gamin - 18, 19 ans, peut-être - avait une blessure terrible, un trou par balle dans la jambe et une plaie sanglante sur la poitrine. Le docteur près de lui s'est tourné vers moi en pleurant, ses larmes éclaboussant sa blouse tachée de sang. « Une balle a (...) Lire la suite »
 
Une nouvelle vérité émerge du monde arabe
Robert FISK
Les Palestinian Papers sont aussi stupéfiants que la Déclaration de Balfour. L' « Autorité » palestinienne - on se doit de mettre des guillemets - était prête, et l'est encore, à abandonner le « droit au retour » de peut-être sept millions de réfugiés vers ce qui est actuellement Israël en échange d'un « état » qui ne couvrirait plus que 10% (au mieux) du territoire Palestinien sous mandat britannique. Au moment même de la publication de ces terribles documents, le peuple Égyptien demande le départ du Président Moubarak, et les Libanais sont en tain de désigner un Premier Ministre qui soutiendra le Hezbollah. Il se passe quelque chose d'exceptionnel dans le monde arabe. En ce qui concerne les Palestinian Papers, il est clair que les représentants du peuple palestinien étaient prêts à briser tout espoir de (...) Lire la suite »
 
L’Amérique a laissé sa marque : Torture. Corruption. Guerre Civile.
L’armée US dit adieu à l’Irak (The Independent)
Robert FISK
Lorsqu'on envahit un pays, il y a toujours un premier soldat - tout comme il y a toujours un dernier. Le premier homme à la tête de la première unité de la première colonne de l'armée d'invasion américaine à fouler la place Fardous dans le centre de Bagdad en 2003 fut le caporal David Breeze du 3ème bataillon, 4ème régiment des Marines. Pour cela, évidemment, il me fit remarquer qu'il n'était pas du tout un soldat. Les Marines ne sont pas des soldats. Ce sont des Marines. Mais ça faisait deux mois qu'il n'avait pas parlé à sa maman alors - inévitablement - je lui ai proposé mon téléphone par satellite pour appeler chez lui dans le Michigan. Tous les journalistes savent qu'on obtient une bonne histoire à raconter si on prête son téléphone à un soldat en guerre. « Salut ! » a hurlé le caporal Breeze. « (...) Lire la suite »
 
Le pouvoir de changer. (The Independent)
Robert FISK

Si l’Amérique ne réussit pas à assurer la paix au Moyen Orient, faut-il que les Russes prennent le relais ? Ils ont une longue histoire avec la région et ne sont pas handicapés par un lobby israélien.

J'ai toujours dit que quelque part de l'autre côté de l'Atlantique - ou peut-être de la Méditerranée - il y a une ligne de fracture géologique, ou une sorte d'écran ou de voile à travers lequel ce cher vieil Occident (autrefois appelé la Chrétienté) voit le Moyen Orient de sorte qu'il interprète de travers tout ce qu'il voit. Une offre iranienne de solution nucléaire pacifique devient une menace et donne lieu à des sanctions. De prochaines élections en Egypte sont considérées comme un pas vers la démocratie plutôt que la prolongation du règne du parti unique d'un dictateur de 81 ans. Le début - un de plus- de pourparlers "indirects" entre les Palestiniens et les Israéliens devient une autre succès partiel du processus de paix américain au lieu du symbole éhonté de l'absence de tout espoir pour les (...) Lire la suite »
 
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