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Auteur : Robert FISK

MALI : Une intervention indécente (The Independent)

Robert FISK

Nous sommes indignés non pas par le massacre d’innocents, mais parce que les otages qui ont été tués étaient principalement des gars blancs aux yeux bleus plutôt que des gars aux yeux bruns sombres.

Etonnant non, à quel point nos "dommages collatéraux" diffèrent de leurs "dommages collatéraux" ? Discutant hier avec un vieil ami algérien qui travaille dans l'aviation, je lui ai demandé ce qu'il pensait de l'assaut lancé par les autorités de son pays contre le site gazier d'In Amenas. "Une superbe opération, Robert", s'est-il exclamé à l'autre bout du fil. "Nous avons détruit les terroristes !" Et les otages innocents, alors ? Ils sont morts, tout de même, ai-je fait remarquer. "Les pauvres, a-t-il concédé. Nos femmes et nos enfants sont morts par milliers pendant notre guerre [dans les années 1990], c'est une tragédie terrible - mais c'est le terrorisme que nous combattons." Voilà . Nos morts ne lui ont fait ni chaud ni froid. Et il n'a pas tout à fait tort au fond, n'est-ce pas ? Car si nous nous indignons aujourd'hui, ce n'est pas devant le massacre d'innocents, mais parce que les otages tués par l'armée algérienne (aux côtés de certains de leurs ravisseurs) étaient plus souvent des gars aux (...) Lire la suite »

Les provocateurs savent que la politique et la religion ne font pas bon ménage (The Independent)

Robert FISK
Et voilà , un autre petit malin vient d'enflammer le Moyen Orient : on a diffusé des caricatures du Prophète puis on a brûlé un exemplaire du Coran et maintenant on sort une vidéo sur des "terroristes" dépouillés de leurs biens et un faux désert. Les auteurs de la vidéo, des chrétiens occidentaux, se cachent quelque part (ce qui est indispensable pour une bonne publicité) pendant que des innocents sont asphyxiés, ont la tête tranchée et sont tués d'une manière ou d'une autre- la vengeance des Musulmans outragés venant par la même "prouver" que les colporteurs d'ordures racistes ont raison quand ils disent que l'Islam est une religion violente. Les provocateurs savent bien que la politique et la religion ne font pas bon ménage au Moyen-Orient. Ils sont pareil. Christopher Stevens, ses collègues diplomates de Benghazi, les prêtres d'Afrique et de Turquie, le personnel de l'ONU en Afghanistan ; Ils ont tous payé à la place de ces "prêtres chrétiens", ces "caricaturistes" ces "cinéastes" et ces "auteurs" (...) Lire la suite »
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Syrie, la guerre des mensonges et de l’hypocrisie (The Independent)

Robert FISK
A-t-on déjà vu une guerre aussi hypocrite au Moyen-Orient ? Une guerre aussi lâche et dépourvue de morale, avec autant de fausses rhétoriques et d'humiliations publiques ? Et je ne parle pas des victimes physiques de la tragédie syrienne. Je me réfère aux immondes mensonges et à la fausseté de ceux qui nous gouvernent, et à notre opinion publique - à l'Est comme à l'Ouest. La réponse au massacre fut une vaste pantomime plus digne de Jonathan Swift que de Tolstoï ou Shakespeare. Pendant que le Qatar et l'Arabie Saoudite arment et financent les rebelles en Syrie pour renverser la dictature alaouito-chiito-baasiste de Bachar el-Assad [très bien documenté par Der Spiegel le 26 juillet - NdT], Washington n'émet pas une seule critique vis-à -vis d'eux. Le Président Obama et son secrétaire d'État, Hillary Clinton, disent vouloir la démocratie en Syrie, mais le Qatar est une autocratie et l'Arabie Saoudite est parmi les pires exemples de califats autoritaires de tout le monde arabe. Les dirigeants de ces deux (...) Lire la suite »

Irak : Les enfants de Fallujah - l’hôpital des horreurs (The Independent)

Robert FISK

Reportage spécial : Deuxième jour : Mort-nés, invalidités, difformités trop bouleversantes pour être décrites - ce qui se cache derrière la souffrance à l’Hôpital Général de Fallujah.

Les images s'affichent sur l'écran du premier étage de l'Hôpital Général de Fallujah. Et aussitôt le bureau de l'administrateur Nadhem Shokr al-Hadidi devient l'antichambre des horreurs. Un bébé avec une énorme bouche difforme. Un enfant dont une partie de la colonne vertébrale jaillit hors du corps. Un bébé qui a un énorme et horrible oeil de Cyclope. Un autre bébé qui n'a qu'une demi-tête, mort-né comme les autres, le 12 juin 2009. Encore une autre image apparaît sur l'écran : date de naissance 6 juin 2009, c'est un tout petit bébé qui n'a que la moitié d'un bras, pas de jambe gauche et pas de parties génitales. "Il y en a tout le temps désormais" dit Al-Hadidi et une doctoresse entre dans la pièce et jette un coup d'oeil à l'écran. Elle a mis au monde certains de ces bébés mort-nés. "Je n'ai jamais rien vu de pareil dans toutes mes années de pratique" dit-elle à voix basse. Al-Hadidi parle au téléphone, accueille de nouveaux visiteurs dans son bureau, nous offre du thé et des biscuits pendant que les (...) Lire la suite »

Le mythe héroïque et la vérité incommodante sur les reportages de guerre (The Independent)

Robert FISK
Il a fallu beaucoup de courage pour entrer dans la ville de Homs : Sky News, puis la BBC, puis quelques hommes et femmes courageux qui sont allés raconter au monde les angoisses de la ville et qui, pour au moins deux d'entre eux, ont été blessés. Cependant, je n'arrêtais pas de penser cette semaine à quel point nous connaissions le nom de l'indomptable photographe britannique Paul Conroy, et le peu que nous savions des 13 volontaires syriens qui ont été apparemment tués par des snipers ou des éclats d'obus pendant qu'ils procédaient à son sauvetage. Ce n'est pas la faute de Conroy, bien sûr. Mais je me demandais si quelqu'un connaissait les noms de ces martyrs - ou si quelqu'un avait l'intention de les connaître ? Il y a là quelque chose de vaguement colonialiste. Nous sommes tellement habitués aux gestes héroïques de la version cinématographique des correspondants de « guerre » que d'une certaine manière ils sont devenus plus importants que les sujets de leur reportage. Hemingway est censé avoir (...) Lire la suite »

Les sanctions ne sont seulement qu’une petite part de l’histoire qui amène les Iraniens à détester le Royaume-Uni (The Independent)

Robert FISK
C'est une étrange ironie, que les Iraniens connaissent mieux l'histoire des relations anglo-perses que les Britanniques. Lorsque le ministère nouvellement installé du guide islamique demanda à Harvey Morris, l'homme de Reuters dans l'Iran postrévolutionnaire, un historique de son agence de presse, celui-ci demanda à son bureau de Londres de lui envoyer une biographie du baron von Reuter - il fut consterné de découvrir que les fondateurs de la plus grande agence de presse au monde avaient construit les chemins de fer perses en en retirant un immense profit. « Comment puis-je montrer cela au ministère ? » s'écria-t-il. « Il s'avère que le baron était pire que ce putain de Shah ! » Ce dont, bien sûr, le ministère était bien conscient. La Grande Bretagne monta une invasion conjointe de l'Iran avec les forces soviétiques, lorsque le prédécesseur du Shah se rapprocha un peu trop des nazis pendant la Seconde Guerre mondiale et aida ensuite les Américains à renverser le gouvernement démocratiquement élu de (...) Lire la suite »

Les "˜rugissements’ de la Ligue arabe face à la Syrie montrent comment le minuscule Qatar commence à faire jouer ses muscles (The Independent)

Robert FISK

Le groupe jusqu’alors pathétique a maintenant obtenu le poids nécessaire pour affronter Damas.

Ainsi le « printemps arabe » a-t-il fini par infecter la Ligue arabe ce week-end - ou n'était-il question que des ambitions de style Empire Britannique, du minuscule et riche Qatar ? La Ligue arabe - l'une des organisations les plus stupides, les plus impuissantes et absurdes dans l'histoire du monde arabe - s'est soudainement transformée de souris en lion, rugissant que la Syrie serait suspendue ce mercredi à moins qu'elle ne mette fin à la violence contre les manifestants, ne retire l'armée des villes, ne libère les prisonniers politiques et ne commence à discuter avec l'opposition. Damas a rugi en retour que la Syrie avait déjà mis en oeuvre le plan de paix de la Ligue - on peut en douter - que la décision était « illégale et une violation de la Charte de la Ligue » (peut-être exact) et que la suspension possible de la Syrie était une tentative de « provoquer une intervention étrangère en Syrie, comme cela a été fait pour la Libye ». Mais ce vote a été assez déprimant pour le régime d'Assad. (...) Lire la suite »
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Syrie : « L’armée a eu pour instruction de ne pas tirer sur les manifestants » (The Independent)

Robert FISK

Robert Fisk a questionné la conseillère d’Assad à propos de la violente bataille où se joue l’avenir de la Syrie.

Bouthaina Shaaban fait partie de la liste des six Syriens inscrits sur la liste américaine pour l'application de sanctions individuelles contre le régime Assad. C'est la conseillère politique du président. Une mère d'un âge moyen et femme écrivain parlant un anglais parfait, se sentant chez elle à Paris comme au Caire... Et tous ses actifs aux Etats-Unis sont gelés. Impressionnant. Après avoir pris place dans son bureau à Damas, je lui ai posé la question qui allait de soi : quelle impression cela fait-il d'être sur la liste des sanctions de la nation la plus puissante sur terre ? « Rien en réalité », répondit-elle, rapide comme un éclair. « Je n'ai pas d'actifs - à l'exception des actifs de l'amour pour mon peuple. Les Américains comprennent dans le mot 'actifs' uniquement les dollars, et je n'ai de dollars nulle part dans le monde... » Les « actifs de mon peuple » est un peu un cliché. Mais elle a touché juste. Elle n'est pas sur une liste européenne des sanctions - pas encore - et elle pense qu'elle (...) Lire la suite »
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L’Occident peut célébrer sa mort, mais il s’agit juste d’un accident de timing.

On ne peut blâmer Kadhafi de penser qu’il faisait partie des braves types. (The Independent)

Robert FISK
Nous l'avons aimé. Nous l'avons détesté. Ensuite, nous l'avons aimé à nouveau. Anthony Blair a bavé sur lui. Ensuite, nous l'avons détesté à nouveau. Puis La Clinton a bavé sur son BlackBerry et nous l'avons vraiment détesté encore plus à nouveau. Prions tous pour qu'il n'ait pas été assassiné. « A succombé à des blessures subies lors de la capture. » Qu'est-ce que cela signifie ? Il était une combinaison folle de Don Corleone et de Donald Duck - le seul moment de vérité de Tom Friedman à propos de Saddam Hussein - et nous qui avons dû regarder ses marches militaires martiales ridicules, et ses discours à pouffer de rire et avons écrit sur les tanks, les fusiliers marins et les missiles libyens et qui étions censés prendre tout ça au sérieux. Ses hommes-grenouilles claudiquaient en palmes à travers la Place Verte dans la chaleur et nous avons dû prendre ces bêtises pour argent comptant et prétendre qu'il s'agissait d'une menace réelle pour Israël, tout comme Anthony Blair a essayé de nous persuader (non sans (...) Lire la suite »
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Assad, ses raids au Liban, et le lent glissement de la Syrie vers la guerre civile (The Independent)

Robert FISK

A Damas, le régime présente un portrait de manifestations de vaste soutien. Mais alors que les tensions montent aux frontières de la nation, des fissures apparaissent. A Beyrouth, Robert Fisk jette un coup d’oeil derrière la propagande.

Des incursions transfrontalière de chars ; quatre adversaires syriens du régime de Damas kidnappés au Liban, soi-disant dans un véhicule appartenant à l'ambassade syrienne à Beyrouth, un camion de munitions et de lance-roquettes destinées aux opposants au président Bachar al-Assad de l'autre côté de la frontière libanaise saisis par l'armée libanaise - pour ne pas mentionner le rassemblement de masse en faveur de Bachar à Damas la semaine dernière, dont des Syriens arrivant au Liban dirent que vraiment - vraiment - il compta un million de personnes dans les rues. Chaque tragédie possède son mystère, je suppose, mais celui-ci prend les proportions du film épique « Autant en Emporte le Vent ». Au dessus de l'énorme masse de supporters de Bachar volaient des hélicoptères militaires syriens trainant d'immenses drapeaux nationaux de la Russie et de la Chine - les deux amis de la Syrie au Conseil de sécurité, qui ont opposé leur veto aux sanctions de l'ONU contre le gouvernement de Damas la semaine dernière. (...) Lire la suite »
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