« Informer n'est pas une liberté pour la presse mais un devoir »
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Auteur : Robert FISK
Bahrein : « Ils n’ont pas fui. Ils ont fait face aux balles »
Robert FISK
« C'est un massacre - un massacre, » criaient les médecins. Trois morts. Quatre morts. Un homme a été transporté sur une civière dans la salle des urgences, du sang giclant sur le plancher d'une grosse blessure par balle dans la cuisse. A quelques pas de là , six infirmières tentaient de sauver la vie d'un homme au visage pâle et barbu avec du sang suintant de sa poitrine. « Je dois l'emmener au bloc maintenant, » a crié un docteur. « Il n'y a pas de temps à perdre - il est en train de mourir ! » D'autres étaient plus proches de la mort. Un pauvre gamin - 18, 19 ans, peut-être - avait une blessure terrible, un trou par balle dans la jambe et une plaie sanglante sur la poitrine. Le docteur près de lui s'est tourné vers moi en pleurant, ses larmes éclaboussant sa blouse tachée de sang. « Une balle a (...) Lire la suite »
 
Une nouvelle vérité émerge du monde arabe
Robert FISK
Les Palestinian Papers sont aussi stupéfiants que la Déclaration de Balfour. L' « Autorité » palestinienne - on se doit de mettre des guillemets - était prête, et l'est encore, à abandonner le « droit au retour » de peut-être sept millions de réfugiés vers ce qui est actuellement Israël en échange d'un « état » qui ne couvrirait plus que 10% (au mieux) du territoire Palestinien sous mandat britannique. Au moment même de la publication de ces terribles documents, le peuple Égyptien demande le départ du Président Moubarak, et les Libanais sont en tain de désigner un Premier Ministre qui soutiendra le Hezbollah. Il se passe quelque chose d'exceptionnel dans le monde arabe. En ce qui concerne les Palestinian Papers, il est clair que les représentants du peuple palestinien étaient prêts à briser tout espoir de (...) Lire la suite »
 
L’Amérique a laissé sa marque : Torture. Corruption. Guerre Civile.
L’armée US dit adieu à l’Irak (The Independent)
Robert FISK
Lorsqu'on envahit un pays, il y a toujours un premier soldat - tout comme il y a toujours un dernier. Le premier homme à la tête de la première unité de la première colonne de l'armée d'invasion américaine à fouler la place Fardous dans le centre de Bagdad en 2003 fut le caporal David Breeze du 3ème bataillon, 4ème régiment des Marines. Pour cela, évidemment, il me fit remarquer qu'il n'était pas du tout un soldat. Les Marines ne sont pas des soldats. Ce sont des Marines. Mais ça faisait deux mois qu'il n'avait pas parlé à sa maman alors - inévitablement - je lui ai proposé mon téléphone par satellite pour appeler chez lui dans le Michigan. Tous les journalistes savent qu'on obtient une bonne histoire à raconter si on prête son téléphone à un soldat en guerre. « Salut ! » a hurlé le caporal Breeze. « (...) Lire la suite »
 
Le pouvoir de changer. (The Independent)
Robert FISK

Si l’Amérique ne réussit pas à assurer la paix au Moyen Orient, faut-il que les Russes prennent le relais ? Ils ont une longue histoire avec la région et ne sont pas handicapés par un lobby israélien.

J'ai toujours dit que quelque part de l'autre côté de l'Atlantique - ou peut-être de la Méditerranée - il y a une ligne de fracture géologique, ou une sorte d'écran ou de voile à travers lequel ce cher vieil Occident (autrefois appelé la Chrétienté) voit le Moyen Orient de sorte qu'il interprète de travers tout ce qu'il voit. Une offre iranienne de solution nucléaire pacifique devient une menace et donne lieu à des sanctions. De prochaines élections en Egypte sont considérées comme un pas vers la démocratie plutôt que la prolongation du règne du parti unique d'un dictateur de 81 ans. Le début - un de plus- de pourparlers "indirects" entre les Palestiniens et les Israéliens devient une autre succès partiel du processus de paix américain au lieu du symbole éhonté de l'absence de tout espoir pour les (...) Lire la suite »
 
Des procès injustes
Canada : Bâillonnés pour avoir dit la vérité sur Guantanamo (The Independent)
Robert FISK
J'ai commencé ma chronique de la semaine dernière par ces mots :"Nous savons tout ce qui s'est passé à Guantanamo". J'avais tort. Grâce aux journalistes de Toronto - jusqu'à ce qu'on leur interdise l'accès de la Cour Martiale de Campagne qui tient lieu de "justice" à cet endroit exécrable - j'en ai appris beaucoup plus. Etant donné qu'il s'agit d'un citoyen canadien et que le gouvernement canadien ne fait rien pour son ressortissant prisonnier, le cas a été très médiatisé de notre côté de l'Atlantique. Et c'est très bien. Omar Khadr avait 15 ans quand il a soi-disant (je vais devoir utiliser "soi-disant" tout au long de cet article car il ne s'agit pas d'un procès équitable) tué par balles un soldat des Forces Spéciales Américaines dans l'est de l'Afghanistan en juillet 2002. La semaine dernière, un (...) Lire la suite »
 
Ces gens s’expriment avec une grande colère aussi profonde que justifiée.
Le Monde de Robert Fisk : J’écoute un peuple perdu me raconter ses souffrances dans une sorte de transe.
Robert FISK
Dehors se déchaînait une tempête tropicale, les palmiers se tordaient et, avec les éclairs et le tonnerre, on se serait cru dans un bombardement. On pourrait penser - assis là devant les croissants pas frais le café insipide du bar "réservé aux décideurs" et les journaux locaux pleins d'alarme, que les Malaysiens se sont habitués aux milles nuances de vert des arbres couchés, aux petits temples chinois, aux vieilles mosquées et aux villas dégoulinants d'eau où vivaient autrefois les planteurs de caoutchouc de Godalming et Guildford, des hommes qui croyaient que les Japonais ne réussiraient jamais à traverser la Malaisie pour atteindre Singapour à cause de la difficulté des conditions naturelles. Et donc ici à Kuala Lumpur, il y avait quelque chose de profondément contre nature dans ce rendez-vous avec (...) Lire la suite »
 
Le bon sens d’Obama sera bientôt mis à l’épreuve...
Comment peut-on croire en un "progrès" quelconque au Moyen-Orient ?
Robert FISK
Si le journalisme est, comme je le soupçonne, une compilation des folies de l'Homme, alors la fin de 2008 prouve que j'ai raison. Commençons avec l'homme qui ne va rien changer au Moyen-Orient, Barack Obama, qui la semaine dernière, avec une prévisibilité absolue, est devenu la "personnalité de l'année" du Time. Complètement enfoui à l'intérieur du magazine dans un long et profondément insipide entretien, Obama n'a consacré qu'une seule phrase au conflit arabo-israélien :"Et voir si nous pouvons construire à partir des progrès en cours autour du conflit Israélo-palestinien, au moins dans les conversations, sera notre priorité." A quoi pense cet homme ? "Construire sur les progrès" ? Quels progrès ? Au bord d'une autre guerre civile entre le Hamas et l'Autorité (...) Lire la suite »
 
Exécutions sommaires dans les prisons de haute sécurité du gouvernement.
Les Secrets des Chambres de la mort en Irak
Robert FISK

Comme pour toutes les guerres, les sombres histoires secrètes du conflit irakien s’écoulent de ce paysage de désolation comme les eaux sales du Tigre. Un flot incessant.

Le journal The Independent a appris que des exécutions secrètes se déroulaient dans les prisons dirigées par le gouvernement « démocratique » de Nouri al-Maliki. Les pendaisons sont régulièrement effectuées - sur un échafaud en bois dans une toute petite cellule - à l'ancien siège des services de sécurité de Saddam Hussein à Kazimiya. Il n'existe aucune trace officielle de ces mises à mort dans ce qu'on appelle désormais le « centre de détention de haute sécurité » de Bagdad mais la majorité des victimes - il y en a eu des centaines depuis que les Etats-Unis ont introduit la « démocratie » en Irak - seraient des insurgés, à qui est appliquée la même justice expéditive qu'eux mêmes dispensent à leurs propres prisonniers. Les secrets des chambres de la mort irakiennes sont pratiquement inconnus à l'étranger mais (...) Lire la suite »
 
Une Interview de Robert Fisk par Dan Glazebrook
"Tout comme un mur est qualifié de barrière, les mercenaires sont appelés des sous-traitants."
Robert FISK

Robert Fisk a la réputation bien méritée d’être un des correspondants étrangers les plus honnêtes et pugnaces parmi les medias britanniques. Il a travaillé en Irlande du Nord où il révéla la présence des SAS (forces spéciales - NDT) au milieu des années 70, ainsi qu’en Bosnie, Palestine, Irak et Liban. C’est ici, comme témoin au lendemain du massacre de 2000 réfugiés palestiniens organisé par Israël à Sabra et Chatila que son journalisme prit sa forme actuelle : coléreux, passionné, et comme il le dit lui-même « partial du côté des victimes » - un style de journalisme qui, malheureusement, n’est pas très répandu dans la profession. Au milieu des flots de mensonges et propagande émis par les médias au sujet de la politique Britannique et Etats-unienne au Moyen Orient, les écrits de Fisk constituent une bouffée d’air frais - même si la réalité sordide qu’il décrit n’en fait pas une lecture agréable.

Lorsque j'ai rencontré Fisk au Christchurch College, entre une conférence à Bristol et une autre au Festival Littéraire d'Oxford - apparemment sans un moment de répit - nous avons commencé à parler du rôle du journalisme en temps de guerre. Je lui ai d'abord demandé si le journalisme, en aseptisant ou en justifiant la guerre, ne jouait pas un rôle dans son déclenchement. Robert Fisk : Il y a plusieurs choses. Avant tout, il y a l'incapacité chez de nombreux journalistes aux Etats-Unis à dire la vérité sur la situation Israelo-palestinienne. Ainsi, des territoires occupés sont appelés des territoires disputés, un mur est qualifié de barrière de sécurité, une colonie est appelée un quartier ou un campement. Ce qui signifie que si vous voyez un Palestinien jeter une pierre, et s'il s'agit d'une occupation, là (...) Lire la suite »
 
Guerre du Liban : Avertissement à Israël. (Counterpunch)
Robert FISK
La bataille de Bint Jbeil envoie des signaux de fumée Counterpunch, Qlaya, Sud-Liban, 28 juillet 2006. Est-il possible - est-il concevable qu'Israël soit en train de perdre sa guerre au Liban ? De ce village sur les collines au sud du pays je regarde des nuages de fumée ocre et noire s'élever de l'endroit où Israël a subi son récent désastre dans la ville libanaise de Bint Jbeil : 13 soldats israéliens ou davantage y ont été tués et d'autres se sont retrouvés encerclés après une embuscade meurtrière tendue par les combattants du Hezbollah là où les Israéliens avaient prévu de remporter une victoire militaire contre un « centre terroriste ». A ma gauche, de la fumée s'élève également de la ville de Khiam où seules les ruines d'un poste de l'ONU commémorent la mort des quatre casques bleus tués par (...) Lire la suite »
 
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