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Auteur : Robert FISK
« Les hommes politiques du monde entier discutent de la guerre avec le même langage insipide et bourré de clichés. »

Syrie : un bombardement de clichés !

Robert FISK
Peut-être enverrons-nous des missiles... Mais le bombardement de clichés est lui, bien réel - d’assez mauvaise qualité pour ne faire de mal à personne, sauf à ceux qui les envoient. Vraiment, qui donc prépare d’aussi mauvais scripts pour Kerry ? Il était question « d’isolationnisme dans un fauteuil » . Pourquoi un fauteuil ? Et qui donc était la cible de cette étrange référence à l’isolationnisme américain post-première guerre mondiale ? Kerry essayait-il de présenter Obama comme un Roosevelt après le « jour d’infamie » de 1941 ( là, un véritable non-cliché de ce vieux Franklin D) ? Puis - rappelé par le chef de la majorité Eric Cantor - nous avons eu notre vieil ami « l’État qui sponsor le terrorisme » de l’époque de Saddam. Pas étonnant qu’un ministre britannique ait confondu Assad avec le dictateur irakien assassiné. Et il suffit d’écouter ce qui vient de Kerry : « Ce n’est pas le moment d’être spectateurs d’un massacre. Ni notre pays ni notre conscience ne peuvent se permettre le coût de silence. » Ouais, quel (...) Lire la suite »

John Kerry devrait être traité pour ce qu’il est : un escroc ! (The Independent)

Robert FISK

Kerry n’est pas simplement de leur côté. Il va tout faire pour la « paix » aux conditions du gouvernement israélien.

John Kerry n’a-t-il pas de honte ? D’abord, il câline les Palestiniens et les Israéliens jusqu’à pouvoir annoncer la reprise d’un « processus de paix » auquel les Palestiniens n’accordent aucune confiance et dont les Israéliens ne veulent pas. Alors qu’Israël annonce qu’il va construire 1200 nouveaux logements pour les Juifs - et les Juifs seulement - sur la terre palestinienne occupée, Kerry explique maintenant aux Palestiniens - ceux qui sont occupés et en position de faiblesse - que le temps jouent contre eux s’ils veulent un État à eux. Toute autre « homme d’État » impliqué dans tout autre conflit, qui dirait à un peuple occupé que s’il ne fait pas la paix avec ses occupants, il se ferait encore voler encore plus de sa terre, serait considéré comme un paria, un escroc, un criminel. Mais non. John Kerry annonce que les colonies juives illégales - ou « implantations » comme il aime à les appeler et comme le fait la presse complaisante avec Israël - sont « illégitimes ». Je crois qu’il voulait dire dans sa (...) Lire la suite »

Égypte : Al-Sisi osera-t-il commettre le massacre de l’Aïd ? (The Independent)

Robert FISK
La Fraternité musulmane refuse de jouer le script mis au point par l’armée. Aucun général musulman ne voudra entrer dans l’histoire comme l’auteur du massacre de l’Aïd. C’est pourquoi beaucoup d’Égyptiens la nuit dernière soupçonnaient que l’échec autoproclamé de leur soi-disant gouvernement « provisoire » pour mettre fin à la crise avec leurs ennemis des Frères musulmans, pourrait ne pas encore signifier l’effondrement ultime. Abdul Fatah al-Sisi peut être un générale très satisfait de lui-même, en effet - après tout, il a créé cette merveilleuse administration, avec lui-même comme vice-Premier ministre - mais l’envoi de ses hommes contre des centaines de milliers de fidèles musulmans à la veille de la fête marquant le dernier jour du Ramadan n’est pas susceptible de plaire aux Égyptiens, et encore moins aux Américains qui approvisionnent l’armée avec 1,5 milliard de dollars chaque année. Bien sûr, cela peut être un peu naïf. Armé - comme il pense l’être - d’un mandat « populaire », le général Al-Sisi pense (...) Lire la suite »

Pour Abdel-Fatah al-Sisi, les intérêts d’Israël valent bien un coup d’état (The Independent)

Robert FISK

Ce qui se passe en Égypte, c’est un vulgaire massacre, et cela n’a rien à voir avec une quelconque « transition révolutionnaire », écrit Robert Fisk.

u’est-il arrivé à l’Égypte ? Les morts sont appelés des « terroristes », le mot que les Israéliens utilisent pour leurs ennemis. Le mot que les Américains utilisent. La presse égyptienne parle « d’affrontements », comme si des Frères musulmans en armes avaient combattu la police. Hier matin, j’ai rencontré un vieil ami égyptien qui m’a dit qu’il avoir regardé le drapeau de son pays pui s’être mis à pleurer. Je peux comprendre pourquoi. Pourquoi tant de morts ? Qui les a tués ? Il y a beaucoup d’Égyptiens aujourd’hui, des personnes anti-Morsi, bien sûr, qui m’ont dit hier ne pas croire que les partisans des Frères étaient tous avec des fusils, comme celui de la veille, tenant une kalachnikov près de l’hôpital - un homme que j’ai aperçu - car la vérité est que la police a abattu des hommes désarmés et pas un seul policier n’a été tué. Ce fut un massacre. Ce fut un véritable massacre. Il n’y a pas d’autre mot. Et nous entendons les paroles de nos ministres bien-aimés. Prenez William Hague, qui a demandé aux autorités (...) Lire la suite »

Egypte : vers un avenir de plus en plus sanglant

Robert FISK
Alors que la foule des pauvres se rassemble en soutien de Mohamed Morsi, les bien-nantis marchent derrière les images de leur général. Des centaines de milliers soutiennent le coup d’Etat – et il y en a autant qui ne le font pas. Des centaines de milliers de personnes se sont rendus hier autour de la mosquée de Rabaa au Caire pour protester contre le coup d’Etat en Egypte, tandis que des centaines de milliers d’autres se déversaient dans la place Tahrir pour soutenir leur général favori , Abdel Fattah El-Sisi, qui a organisé le ‘’coup-d’état-que-nous-ne-devons-surtout-pas-appeler-coup-d’état’’. Grotesque, sans précédent, bizarre. Appelez ça comme vous voulez. Mais, d’un côté, les hélicoptères plongeant joyeusement au-dessus Tahrir, et de l’autre, la ligne de la police anti-émeute avec leurs casques à visière et les troupes debout en face des barricades des Frères Musulmans, deux histoires différentes. Les journalistes ne devraient pas être des marchands de malheur, mais les choses n’avaient pas l’air trop (...) Lire la suite »

Quand cela arrive en Égypte, on ne parle pas de putsch... (The Independent)

Robert FISK

Tous ces potentats occidentaux qui nous disent que l’Égypte est toujours sur le chemin de la « démocratie » devraient se souvenir que Morsi a tout de même été élu dans des élections sur lesquelles ils avaient apposé leur tampon.

Pour la première fois dans l’histoire du monde, un coup de force n’est pas un coup de force. L’armée se soulève, dépose et emprisonne un Président démocratiquement élu, suspend la Constitution, arrête les habituels suspects, boucle la télévision et amasse ses blindés dans les rues de la capitale. Mais l’expression « coup d’État », ne doit pas - et ne peut pas - franchir les lèvres de ce faux-cul d’Obama. L’inconsistant secrétaire général des Nations-Unies, Ban Ki-Moon, n’a pas plus été capable de prononcer des mots aussi outrageants. Difficile d’imaginer qu’Obama ne soit pas au courant de ce qui se passe. Au Caire, des tireurs isolés ont abattu 15 manifestants cette semaine depuis les toits de la même université où il avait prononcé son « fameux » discours de 2009 à l’adresse au monde musulman. Cette réticence vient-elle du fait que des millions d’Égyptiens réclamaient ce genre de putsch - ils ne le nommaient pas ainsi, bien sûr - et sont ainsi devenus le premier peuple à se mobiliser pour demander que le coup de (...) Lire la suite »

Les 3 constantes qui accompagnent toutes les occupations (The independent)

Robert FISK

Trois choses accompagnent toujours l’occupation : l’usage de la torture par des maîtres qui prétendent être supérieurs moralement, les déclarations qu’ils ont gagné leur guerre en dépit de leur retraite, et l’insistance sur une sortie digne après négociations.

Le 20 novembre 2001, à l’ambassade d’Afghanistan à Islamabad, les Talibans tamponnèrent sur mon passeport leur tout dernier numéro de visa, le 001518, valable uniquement pour Kandahar et imprimé sur un papier avec plusieurs nuances de vert. En tête étaient imprimés en anglais et en Dari (variété de Persan parlée en Afghanistan), les mots : « Émirat islamique d’Afghanistan ». Moins d’un an plus tard, le nouveau gouvernement afghan pro-américain de Karzaï, me délivrera un visa à la même ambassade. Cette fois, c’était le visa n ° 010937, imprimé sur papier vert identique, mais avec les mots « Émirat islamique d’Afghanistan » tronqués et remplacés par un tampon portant la mention « Ambassade d’Afghanistan, Islamabad ». Un coup de paire de ciseaux avait supprimé la mention de « l’émirat ». Puis, la semaine dernière, le tout nouveau bureau des Talibans à Doha - d’un blanc aveuglant - a ouvert avec ce label si critique « d’émirat » réinséré sur le fronton. Et les Américains ne voulaient pas parler aux Talibans parce que (...) Lire la suite »

Liban : Tripoli transformé en champ de bataille,

Robert FISK
De violents combats entre alaouites et sunnites ont transformé Tripoli en champ de bataille, et amené la guerre syrienne à domicile. Il est sous le choc, sanglé sur son lit à l’hôpital Nini, enveloppé dans des bandages, avec deux bouteilles d’analgésiques qu’on lui injecte dans le corps. Il conduisait sa moto, jeudi soir, depuis Badawi après la rue de la Syrie - une artère bien nommée qui sépare les deux quartiers belligérants de Tripoli : Bab el-Tebbaneh et Jabal Mohsen - d’où est venu le coup tiré par un tireur isolé.« Il m’a touché dans la fesse et sur le côté, mais j’ai continué de conduire pour me mettre à l’abri, à 200 mètres. La douleur était terrible, mais j’ai tenu le coup jusqu’à la porte d’une boutique où je me suis effondré. »La balle venait de Jabal Mohsen, le ghetto alaouite de Tripoli. Zred a 27 ans. Il est musulman sunnite et travailleur intérimaire dans le même hôpital où il s’est retrouvé hier, parlant lentement et péniblement de la façon dont la guerre en Syrie l’avait rejoint au Liban. Mais il est (...) Lire la suite »
Si l’UE et les États-Unis ne disent rien au sujet de ces attaques, cela vaut approbation.

La vérité c’est qu’après les frappes aériennes israéliennes, nous sommes impliqués (The Independent)

Robert FISK
Des lumières apparaissent dans le ciel de Damas. Un autre raid israélien - "audacieux" bien sûr, selon les partisans d'Israël. C’est le deuxième raid en deux jours contre des dépôts d’armes et des installations militaires de Bachar al-Assad. L'histoire est déjà connue : les Israéliens auraient voulu empêcher une cargaison d’armes de fabrication iranienne - comprenant des missiles Fateh-110 - de parvenir dans les mains du Hezbollah au Liban. Ces missiles auraient été envoyés par le gouvernement syrien, selon tout au moins une "source d’agence de renseignements occidentale", anonyme bien sûr. Ceci nous amène de nouveau à poser la même question : pourquoi, au moment où le régime syrien se bat pour sa survie, pourrait-il envoyer des missiles avancés hors de Syrie ? Mais les Syriens eux-mêmes ont officiellement confirmé que des installations militaires ont été touchées par les Israéliens, et ce n'est pas pour la première fois qu’elles l’ont été depuis le début de la rébellion. Le missile Fateh-110 - sa nouvelle (...) Lire la suite »

Les rapports sur l’utilisation d’armes chimiques en Syrie ? Un air de déjà vu... (The Independent)

Robert FISK

Les rapports sur l’utilisation d’armes chimiques par le régime Assad, font partie d’un récit à répétition rempli de manipulations.

Y a-t-il un moyen d’échapper au théâtre des armes chimiques ? Tout d’abord, « les services militaires de renseignement » israéliens affirment que les forces de Bachar al-Assad ont utilisé / ont probablement utilisé / auraient pu utiliser / pourraient utiliser, des armes chimiques. Puis Chuck Hagel, le secrétaire américain à la Défense, déboule en Israël, pour promettre encore plus de puissance de feu aux militaires israéliens déjà sur-armés - en évitant toute mention de leur plus de 200 ogives nucléaires - et ensuite imbiber comme une éponge tous les « rapports » israéliens sur l’utilisation avérée/probable /possible, d’armes chimiques par la Syrie. Alors le bon vieux Chuck retourne à Washington et dit au monde que « c’est une affaire sérieuse. Nous avons besoin de tous les faits ». La Maison Blanche dit au Congrès que les agences américaines de renseignement, probablement les mêmes que les agences de renseignement israéliennes depuis que les deux côtés fonctionnent habituellement en tandem, ont des « degrés de (...) Lire la suite »
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