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Auteur : Robert FISK

Pour Abdel-Fatah al-Sisi, les intérêts d’Israël valent bien un coup d’état (The Independent)

Robert FISK

Ce qui se passe en Égypte, c’est un vulgaire massacre, et cela n’a rien à voir avec une quelconque « transition révolutionnaire », écrit Robert Fisk.

u’est-il arrivé à l’Égypte ? Les morts sont appelés des « terroristes », le mot que les Israéliens utilisent pour leurs ennemis. Le mot que les Américains utilisent. La presse égyptienne parle « d’affrontements », comme si des Frères musulmans en armes avaient combattu la police. Hier matin, j’ai rencontré un vieil ami égyptien qui m’a dit qu’il avoir regardé le drapeau de son pays pui s’être mis à pleurer. Je peux comprendre pourquoi. Pourquoi tant de morts ? Qui les a tués ? Il y a beaucoup d’Égyptiens aujourd’hui, des personnes anti-Morsi, bien sûr, qui m’ont dit hier ne pas croire que les partisans des Frères étaient tous avec des fusils, comme celui de la veille, tenant une kalachnikov près de l’hôpital - un homme que j’ai aperçu - car la vérité est que la police a abattu des hommes désarmés et pas un seul policier n’a été tué. Ce fut un massacre. Ce fut un véritable massacre. Il n’y a pas d’autre mot. Et nous entendons les paroles de nos ministres bien-aimés. Prenez William Hague, qui a demandé aux autorités (...) Lire la suite »

Egypte : vers un avenir de plus en plus sanglant

Robert FISK
Alors que la foule des pauvres se rassemble en soutien de Mohamed Morsi, les bien-nantis marchent derrière les images de leur général. Des centaines de milliers soutiennent le coup d’Etat – et il y en a autant qui ne le font pas. Des centaines de milliers de personnes se sont rendus hier autour de la mosquée de Rabaa au Caire pour protester contre le coup d’Etat en Egypte, tandis que des centaines de milliers d’autres se déversaient dans la place Tahrir pour soutenir leur général favori , Abdel Fattah El-Sisi, qui a organisé le ‘’coup-d’état-que-nous-ne-devons-surtout-pas-appeler-coup-d’état’’. Grotesque, sans précédent, bizarre. Appelez ça comme vous voulez. Mais, d’un côté, les hélicoptères plongeant joyeusement au-dessus Tahrir, et de l’autre, la ligne de la police anti-émeute avec leurs casques à visière et les troupes debout en face des barricades des Frères Musulmans, deux histoires différentes. Les journalistes ne devraient pas être des marchands de malheur, mais les choses n’avaient pas l’air trop (...) Lire la suite »

Quand cela arrive en Égypte, on ne parle pas de putsch... (The Independent)

Robert FISK

Tous ces potentats occidentaux qui nous disent que l’Égypte est toujours sur le chemin de la « démocratie » devraient se souvenir que Morsi a tout de même été élu dans des élections sur lesquelles ils avaient apposé leur tampon.

Pour la première fois dans l’histoire du monde, un coup de force n’est pas un coup de force. L’armée se soulève, dépose et emprisonne un Président démocratiquement élu, suspend la Constitution, arrête les habituels suspects, boucle la télévision et amasse ses blindés dans les rues de la capitale. Mais l’expression « coup d’État », ne doit pas - et ne peut pas - franchir les lèvres de ce faux-cul d’Obama. L’inconsistant secrétaire général des Nations-Unies, Ban Ki-Moon, n’a pas plus été capable de prononcer des mots aussi outrageants. Difficile d’imaginer qu’Obama ne soit pas au courant de ce qui se passe. Au Caire, des tireurs isolés ont abattu 15 manifestants cette semaine depuis les toits de la même université où il avait prononcé son « fameux » discours de 2009 à l’adresse au monde musulman. Cette réticence vient-elle du fait que des millions d’Égyptiens réclamaient ce genre de putsch - ils ne le nommaient pas ainsi, bien sûr - et sont ainsi devenus le premier peuple à se mobiliser pour demander que le coup de (...) Lire la suite »

Les 3 constantes qui accompagnent toutes les occupations (The independent)

Robert FISK

Trois choses accompagnent toujours l’occupation : l’usage de la torture par des maîtres qui prétendent être supérieurs moralement, les déclarations qu’ils ont gagné leur guerre en dépit de leur retraite, et l’insistance sur une sortie digne après négociations.

Le 20 novembre 2001, à l’ambassade d’Afghanistan à Islamabad, les Talibans tamponnèrent sur mon passeport leur tout dernier numéro de visa, le 001518, valable uniquement pour Kandahar et imprimé sur un papier avec plusieurs nuances de vert. En tête étaient imprimés en anglais et en Dari (variété de Persan parlée en Afghanistan), les mots : « Émirat islamique d’Afghanistan ». Moins d’un an plus tard, le nouveau gouvernement afghan pro-américain de Karzaï, me délivrera un visa à la même ambassade. Cette fois, c’était le visa n ° 010937, imprimé sur papier vert identique, mais avec les mots « Émirat islamique d’Afghanistan » tronqués et remplacés par un tampon portant la mention « Ambassade d’Afghanistan, Islamabad ». Un coup de paire de ciseaux avait supprimé la mention de « l’émirat ». Puis, la semaine dernière, le tout nouveau bureau des Talibans à Doha - d’un blanc aveuglant - a ouvert avec ce label si critique « d’émirat » réinséré sur le fronton. Et les Américains ne voulaient pas parler aux Talibans parce que (...) Lire la suite »

Liban : Tripoli transformé en champ de bataille,

Robert FISK
De violents combats entre alaouites et sunnites ont transformé Tripoli en champ de bataille, et amené la guerre syrienne à domicile. Il est sous le choc, sanglé sur son lit à l’hôpital Nini, enveloppé dans des bandages, avec deux bouteilles d’analgésiques qu’on lui injecte dans le corps. Il conduisait sa moto, jeudi soir, depuis Badawi après la rue de la Syrie - une artère bien nommée qui sépare les deux quartiers belligérants de Tripoli : Bab el-Tebbaneh et Jabal Mohsen - d’où est venu le coup tiré par un tireur isolé.« Il m’a touché dans la fesse et sur le côté, mais j’ai continué de conduire pour me mettre à l’abri, à 200 mètres. La douleur était terrible, mais j’ai tenu le coup jusqu’à la porte d’une boutique où je me suis effondré. »La balle venait de Jabal Mohsen, le ghetto alaouite de Tripoli. Zred a 27 ans. Il est musulman sunnite et travailleur intérimaire dans le même hôpital où il s’est retrouvé hier, parlant lentement et péniblement de la façon dont la guerre en Syrie l’avait rejoint au Liban. Mais il est (...) Lire la suite »
Si l’UE et les États-Unis ne disent rien au sujet de ces attaques, cela vaut approbation.

La vérité c’est qu’après les frappes aériennes israéliennes, nous sommes impliqués (The Independent)

Robert FISK
Des lumières apparaissent dans le ciel de Damas. Un autre raid israélien - "audacieux" bien sûr, selon les partisans d'Israël. C’est le deuxième raid en deux jours contre des dépôts d’armes et des installations militaires de Bachar al-Assad. L'histoire est déjà connue : les Israéliens auraient voulu empêcher une cargaison d’armes de fabrication iranienne - comprenant des missiles Fateh-110 - de parvenir dans les mains du Hezbollah au Liban. Ces missiles auraient été envoyés par le gouvernement syrien, selon tout au moins une "source d’agence de renseignements occidentale", anonyme bien sûr. Ceci nous amène de nouveau à poser la même question : pourquoi, au moment où le régime syrien se bat pour sa survie, pourrait-il envoyer des missiles avancés hors de Syrie ? Mais les Syriens eux-mêmes ont officiellement confirmé que des installations militaires ont été touchées par les Israéliens, et ce n'est pas pour la première fois qu’elles l’ont été depuis le début de la rébellion. Le missile Fateh-110 - sa nouvelle (...) Lire la suite »

Les rapports sur l’utilisation d’armes chimiques en Syrie ? Un air de déjà vu... (The Independent)

Robert FISK

Les rapports sur l’utilisation d’armes chimiques par le régime Assad, font partie d’un récit à répétition rempli de manipulations.

Y a-t-il un moyen d’échapper au théâtre des armes chimiques ? Tout d’abord, « les services militaires de renseignement » israéliens affirment que les forces de Bachar al-Assad ont utilisé / ont probablement utilisé / auraient pu utiliser / pourraient utiliser, des armes chimiques. Puis Chuck Hagel, le secrétaire américain à la Défense, déboule en Israël, pour promettre encore plus de puissance de feu aux militaires israéliens déjà sur-armés - en évitant toute mention de leur plus de 200 ogives nucléaires - et ensuite imbiber comme une éponge tous les « rapports » israéliens sur l’utilisation avérée/probable /possible, d’armes chimiques par la Syrie. Alors le bon vieux Chuck retourne à Washington et dit au monde que « c’est une affaire sérieuse. Nous avons besoin de tous les faits ». La Maison Blanche dit au Congrès que les agences américaines de renseignement, probablement les mêmes que les agences de renseignement israéliennes depuis que les deux côtés fonctionnent habituellement en tandem, ont des « degrés de (...) Lire la suite »
Robert Fisk rapporte depuis l’intérieur de la Syrie.

Ils se battent peut-être pour la Syrie et pas pour Assad. Ils sont peut-être même en train de gagner. (The Independent)

Robert FISK

La mort guette le régime syrien comme elle le fait pour les rebelles. Mais sur la ligne de front de la guerre, l’armée du régime n’est pas d’humeur à se rendre - et affirme n’avoir pas besoin d’armes chimiques.

Des nuages bas pèsent lourdement sur le sommet montagneux de la ligne front de l'armée syrienne à l'extrême nord de la Syrie. La pluie vient juste de remplacer la neige, transformant cette forteresse lourdement protégée en un marécage de boue et de mares stagnantes où les soldats assurent leurs postes de guet avec le vent dans le visage, leurs vieux chars T-55 - les vieux chevaux de bataille du Pacte de Varsovie des années 1950 - gouttent sous les averses, leurs traces dans la boue, maintenant seulement utilisés comme des pièces d'artillerie. Ce sont des "tanks pourris" - debeba Khurda - dis-je au colonel Mohamed, commandant de l'unité des forces spéciales de l'armée syrienne à travers ce paysage morne, et il me sourit. "Nous les utilisons pour la défense statique", dit-il franchement. "Ils ne se déplacent pas." Avant la guerre - ou "la crise" tel que les soldats du président Bachar al-Assad sont convenus de l'appeler - Jebel al-Kawaniah était une station de transmission de télévision. Mais quand (...) Lire la suite »

Syrie : l’Occident retire ses billes (The Independent)

Robert FISK

On sent de la trahison dans l’air. Parce que - soyons francs à ce propos - quelque chose va très mal avec le récit de la guerre de Syrie. Nos seigneurs et maîtres occidentaux - aussi indignes de confiance aujourd’hui qu’ils l’étaient, quand ils ont vendu la Pologne à Staline, à Yalta - ont commencé à parler un peu moins de leur désir de faire disparaître Bachar al-Assad et beaucoup plus de leur crainte d’une présence corrosive d’al-Qaïda, au sein des forces rebelles.

La tragédie syrienne s'aggravant, notre politique occidentale si morale, à l'égard des damnés de cette guerre atroce, s'est transformée en trahison. Oubliez Rome cette semaine et notre « promesse » - j'adore ce terme honteusement utilisé par les agences de presse - « de rendre plus fort (sic) le peuple syrien » et de soutenir le « commandement militaire suprême » (qui n'existe pas) de l'Armée syrienne libre avec des pansements et des postes de radio. Toute l'histoire a commencé, je pense, il y a, exactement, un an, lorsque la Clinton - heureusement maintenant absente dans l'élaboration des politiques américaines, au moins jusqu'aux prochaines élections présidentielles - fit une étonnante déclaration à la télévision CBS à Rabat. Parlant du refus des Syriens de Damas et d'Alep de se joindre à l'insurrection contre Assad, elle a demandé (faisant apparemment allusion à une récente déclaration d'Ayman al-Zawahiri, le successeur de Ben Laden dans al-Qaïda, où il disait soutenir l'opposition syrienne) : « (...) Lire la suite »

La guerre contre le terrorisme, la nouvelle religion de l’Occident (The Independent)

Robert FISK
Mohamed al-Zawahiri, frère cadet du successeur d'Oussama Ben Laden, Ayman, a fait une déclaration particulièrement étonnante au Caire le mois dernier. S'adressant à propos du Mali à cette merveilleuse institution française qu'est le Journal du Dimanche, il a demandé au journal d'avertir la France « et d'appeler le peuple français raisonnable et les ages à ne pas tomber dans le même piège que les Américains. La France est tenue pour responsable de l'occupation d'un pays musulman. Elle a déclaré la guerre à l'Islam. » La France n'aurait pas pu recevoir d'avertissement plus clair. Et sans surprise, le lendemain, un attentat suicide eut lieu dans la ville occupée de Goa, tandis que, dix jours plus tard très exactement, la France perdait son deuxième soldat au Mali, abattu par des rebelles au cours d'une bataille dans les monts Ifoghas. C'est là , selon la vieille rhétorique usée du Président Hollande, que s'était déroulée une bataille avec des « terroristes » qui étaient « piégés » dans la zone au cours (...) Lire la suite »
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