Bernard GENSANE6 février 2012
Bernard GENSANE
Il est bien gentil, le Jean-Luc. La fortune d’Arnault est estimée à 33 milliards d’euros. Notons bien : « estimée ». Parce qu’il y a forcément, comme pour tous ces gens-là, ce qu’on ne sait pas, ce qui prospère discrètement aux Îles Caïman ou ailleurs. Pour moi, personnellement, vu mon âge, 33 milliards d’euros, ça ne veut rien dire. J’ai donc pris ma calculette pour convertir en francs. Cela équivaut à environ 220 milliards de francs. Ou mieux encore, pour un vieux de la vieille : 22000 milliards de centimes. Là, je visualise. Tenez, une maison à Toulouse (100 m2) vaut entre 150 et 180 millions de centimes (pas donné l'immobilier dans la cité des violettes !). Un autre exemple : le budget de l’enseignement supérieur est actuellement de 10 milliards d’euros, disons 65 milliards de francs, 6500 milliards de (...) Lire la suite »
1 6 février 2012
Bernard GENSANE
Dans Le Monde Diplomatique de février 2012, Serge Halimi se projette dans l’après Tobin : « En 1997, notre journal a popularisé l’idée d’une taxe sur les transactions financières. Celles-ci représentaient alors quinze fois la production annuelle mondiale. Aujourd’hui, c’est près de soixante-dix fois. Il y a quinze ans, on ne parlait guère de crédits subprime et nul n’imaginait une crise de la dette souveraine en Europe. La plupart des socialistes européens, envoûtés par le premier ministre britannique Anthony Blair, ne juraient que par l’« innovation financière ». Aux États-Unis, le président William Clinton se préparait à encourager les banques de dépôt à spéculer avec l’argent de leurs clients. Quant à M. Nicolas Sarkozy, il se pâmait devant le modèle américain et rêvait de crédits subprime à la française… ». (...) Lire la suite »
3 février 2012
Bernard GENSANE
Pour Paul Ariès, il faut évidemment battre Sarkozy, mais sans se faire trop d’illusions : « À ceux qui nous accusent de ne pas soutenir le Parti socialiste et de créer un risque d’éparpillement des voix et donc un nouveau 21 avril, à ceux qui nous reprochent de ne pas partir la fleur au fusil avec les candidats de la « vraie gauche » (oui, mais laquelle ?), nous répondrons que la responsabilité ultime leur en incombe. C’est à eux de donner envie de voter pour un projet. Ne reprochez pas au peuple sa lassitude. Tout le reste est, comme disait Marx, du Trade-Unionisme… »
Pour Jean Gadrey, il est possible de « faire payer les riches » : « En trente ans de rapport de forces en leur faveur, les dominants ont fait basculer de leur côté, sous des formes multiples, d’énormes montants de richesses économiques, (...) Lire la suite »
31 janvier 2012
Bernard GENSANE
Parce qu’il est aux abois, le kleiner Mann a décidé de mordre. Ce qui n’empêche pas un discours de contrition feinte comme quand il prétend regretter la nuit au Fouquet’s le soir de sa victoire à l’élection présidentielle. Le problème n’est pas le Fouquet’s. Cette célébration aurait très bien pu avoir lieu chez Gégène, à Joinville-le-Pont (Pon ! Pon !). Le problème, c’est la mise en coupe réglée du pays, l’organisation méthodique de l’appauvrissement du peuple au profit de quelques centaines de personnes, dont quelques dizaines eurent droit au champagne de la « brasserie populaire » chère au motodidacte Estrosi.
Pour faire pleurer Margot dont les yeux sont bien secs, Sarkozy a juré qu’il ne « laisserait pas tomber les gens de Lejaby ». Notons l’expression « les gens de ». Légèrement méprisante, à tout le moins (...) Lire la suite »
9 24 janvier 2012
Bernard GENSANE
À tout seigneur, tout honneur : “ L’Internationale ”. Mais avant – ne zappez pas – quelques brefs rappels contextualisants.
Paris est d’abord assiégé durant quatre mois d’un hiver épouvantable. Toutes les usines sont fermées, sauf celles qui travaillent pour la défense. Pour l’ouvrier, la solde de garde nationale est de 30 sous par jour. Le ravitaillement profite surtout aux riches : Blanqui parle de « rationnement par l’argent ». Les grands traiteurs, comme Brébant, croulent sous les victuailles. Dans les faubourgs, on mange du chien, du chat et du rat.
En 1871, les deux tiers des députés sont des monarchistes ou des bonapartistes. La révolte de la Commune est prolétarienne, anticléricale et jacobine. Antihausmanienne, elle marque une volonté de se réapproprier l’espace urbain. Alors qu’il était (...) Lire la suite »
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