Bernard GENSANE


La sécurité dans les lycées new-yorkais
par Bernard GENSANE
Je viens de revoir Manhattan de Woody Allen. Ce grand film date de 1979. Il met en scène des intellectuels, dont des enseignants qui, peut-être parce qu'ils sont submergés par leur névrose personnelle, n'évoquent guère les problèmes qu'ils peuvent rencontrer dans leur travail. Aux deux-tiers du film, Woody Allen se rue sur son ami qui est en train de lui subtiliser la personne avec qui il vit depuis peu, et qui n'est autre que son ancienne maîtresse. Il est en effet marié. Ah, les (...) Lire la suite »
 
L’aliénation linguistique (suite)
par Bernard GENSANE
Le mythe hégémonique d'homogénéisation est fallacieux. Il suppose la supériorité des uns et rejette comme illégitime la contestation des autres. Ce mythe fonde une forme de racisme : qui est écarté ou s'écarte du creuset est tenu pour un être de seconde zone. L'homogénéisation est aux antipodes du respect de l'autre, de l'égalité, de la solidarité entre les individus et les communautés dans leurs différences. Elle cautionne et conforte le rapport de forces. Dans leur lutte contre la (...) Lire la suite »
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Pierre Lemaitre. Cadres noirs.
par Bernard GENSANE
Contrairement à Zola qui s'imposait des efforts cognitifs démentiels dans la préparation de ses romans, Pierre Lemaitre n'est pas un adepte compulsif de la consultation d'internet. Si ses œuvres nous donnent un rendu de la société aussi saisissant c'est que, chez lui, le vraisemblable est plus puissant que le vrai. Comme aurait dit Flaubert, il ne s'écrit pas, pas plus qu'il n'écrit la société. Mais si on ne voit pas, à proprement parler, la (...) Lire la suite »
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Le Monde Diplomatique, mars 2010
par Bernard GENSANE
Dans la livraison de mars 2010 du Monde Diplomatique, Serge Halimi revient sur les méfaits des banques et de la BCE (“ Bien mal acquis profite toujours ”) « Les États ont sauvé les banques sans exiger de contrepartie. Les banques retournent leur force retrouvée contre les Etats. Et les rançonnent en tirant profit de la révélation des turpitudes qu'elles leur ont recommandées. Car, quand le crédit public diminue, les taux d'intérêt des prêts augmentent... Goldman Sachs a donc aidé la Grèce à (...) Lire la suite »
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Jacques Marseille
par Bernard GENSANE
Depuis la mort de Jacques Marseille, les plateaux de télévision et leurs célèbres débats contradictoires sont orphelins. Il y a une quinzaine d'années, je dirigeais une thèse dont l'un des volets était économique. La thésarde avait exprimé le souhait de voir figurer Marseille dans le jury. Je n'étais pas très chaud, m'étant toujours méfié de ceux qui pouvaient passer, sans états d'âme, regrets ou remords, du communisme au libéralisme le plus échevelé. Ces intellectuels sont les pires (...) Lire la suite »
 
Daniel Baud. Alfred Nakache, le nageur d’Auschwitz.
par Bernard GENSANE
Tous les Toulousains connaissent la piscine Alfred Nakache, un bâtiment classé qui date de quatre-vingts ans. De 1937 à 1946, Nakache fut l'un des meilleurs nageurs mondiaux. Son destin de juif persécuté, déporté à Auschwitz méritait amplement une biographie, tâche à laquelle s'est attelé l'historien Daniel Baud. Comme il m'a été donné de rencontrer de vieux Toulousains qui ont personnellement connu le champion, je puis dire que l'auteur rend fort bien compte (...) Lire la suite »
 
Angélique del Rey. À l’école des compétences. De l’éducation à la fabrique de l’élève performant. Paris, La Découverte,
par Bernard GENSANE
Professeur de philosophie dans un centre de post-cure pour adolescents, Angélique del Rey réfléchit longuement et puissamment à la notion et la pratique de l'évaluation des compétences dans divers systèmes éducatifs, dont le nôtre. Que signifie cette révolution copernicienne qui a consisté à remplacer les compétences par le savoir ? L'auteur replace la question dans son contexte politico-économique. Aujourd'hui, les ressources s'épuisent, nous produisons plus de (...) Lire la suite »
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L’aliénation linguistique (suite)
par Bernard GENSANE
On peut s'aliéner, linguistiquement parlant, dans sa propre langue. Avec 99 mots et expressions à foutre à la poubelle (Paris : Le Seuil, 2009), Jean-Loup Chiflet nous en offre une brillante et drôle démonstration. Que pointe-t-il “ au niveau du vécu ” ? Justement (“ tout à fait ”, Thierry), ce type même d'expressions, en général peu précises, creuses que nous utilisons à satiété, aux dépens d'autres qui passent à la trappe. Le résultat est un appauvrissement de la langue, une déperdition (...) Lire la suite »
 
Claude Lanzmann. Le Lièvre de Patagonie. Paris : Gallimard, 2009.
par Bernard GENSANE
Il n'est pas facile de rendre compte d'un livre considérable, écrit par une personnalité culturelle considérable, auteur d'un film, non seulement considérable, mais unique. Remarquablement bien écrit (les 550 pages ont été dictées face à un écran d'ordinateur), cet ouvrage nous livre les mémoires d'un homme de poids, de fortes convictions qui, malgré son grand âge, ne parvient que très rarement à prendre le recul nécessaire à la hiérarchisation de ses actes, à (...) Lire la suite »
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L’aliénation linguistique (suite)
par Bernard GENSANE
Les problèmes culturels ne sont pas secondaires par rapport aux problèmes politiques ou économiques. Tout se tient et les langues, les moyens de communication de masse sont des armes ou des moyens de pression au même titre que le cours des matières premières ou les transnationales. C'est pourquoi l'affirmation d'une identité linguistique, le maintien des cultures locales sont, on l'a dit, « aussi peu négociables que le maintien d'une défense nationale ». Et cette identité linguistique ne (...) Lire la suite »
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