Michael HUDSON7 décembre 2011
Hammourabi était plus avisé
Michael HUDSON
Le livre V de La Politique d'Aristote décrit l'éternel cycle des oligarchies qui se transforment en aristocraties héréditaires —pour finalement être renversées par des tyrans ou se déchirer entre elles quand certaines familles décident de "mettre la multitude dans leur camp" et de réinstaurer la démocratie dont émerge à nouveau une oligarchie, suivie d'une aristocratie et ainsi de suite tout au long de l'histoire.
La dette a été la force motrice de ces évolutions —seules les stratégies changent. La dette clive la richesse en créant une classe de créanciers dont le pouvoir oligarchique est renversé par de nouveaux leaders ("tyrans" dans le vocabulaire d'Aristote) qui obtiennent le soutien populaire en supprimant la dette et en redistribuant les biens ou en gardant les profits que génèrent ces biens pour (...) Lire la suite »
4 19 mars 2009
Oubliez les primes versées aux cadres...
Michael HUDSON
Cela peut paraitre étrange mais le scandale des 135 millions de dollars de primes versées par AIG est un cadeau du ciel pour Wall Street, et pour les voyous d’AIG aussi. Comment les média peuvent-ils s’étonner de découvrir que la rapacité régne dans le secteur financier ? Ces deux derniers jours, ces primes on fait la une de toutes les chaines de télévision et tous les journaux du pays, de droite comme de gauche. Qu’est-ce qui cloche dans cette histoire ? N’y a-t-il pas quelque chose de forcé dans les vociférations du Sénateur Charles Schumer et du Représentant Barney Frank, les principaux meneurs de cette fronde contre les banques ? Est-ce que cette histoire ne tombe pas à pic pour le président Obama qui peut enfin critiquer Wall Street ? Même le Wall Street Journal s’y est mis. La prise de contrôle d’AIG par le gouvernement, écrit ce journal, “sert de filière pour renflouer d’autres compagnies.” Ainsi donc, la rapacité ne se limiterait pas aux seuls employés d’AIG. Cette société devait beaucoup plus à d’autres compagnies – à l’étranger comme à Wall Street – une dette supérieure au montant total de ses actifs. C’est ça qui a provoqué sa faillite. Et une opposition populaire monte de plus en plus contre la manière (...) Lire la suite »
5 19 mars 2009
Michael HUDSON
Le 15 mars, dans l’émission « 60 minutes » de la chaine américaine CBS, le président de la Réserve Fédérale, Ben Bernanke, a eu recours à une fausse analogie, déjà utilisée par le Président Obama dans son quasi-discours sur l’Union. Il a comparé le secteur financier à une maison en train de brûler – pourquoi pas, étant donné que des valeurs immobilières partent en fumée, provoquant faillites, abandons, pillages (du cuivre des câbles électriques et de tout ce qui est récupérable) et évidemment un effondrement de leur valeur. Le problème avec cette analogie est l’emplacement de la maison et son interaction avec les « autres maisons », c’est-à-dire le reste de l’économie. M. Barnanke a demandé ce qu’il fallait faire lorsqu’un fumeur irresponsable mettait le feu à son lit et provoquait l’incendie de sa maison. Le voisin devrait-il se dire « c’est de sa faute, que la maison brûle » ? Une telle attitude représenterait une menace pour tout le quartier, a expliqué M. Barnanke. En conséquence, a-t-il expliqué, l’économie avait besoin d’un système bancaire et financier solide. Et voici ce qu’il a dit : l’économie ne pourrait sortir de la crise qu’avec encore plus de crédits et de dettes. Pour cela, il faut encore plus de milliards de milliards de dollars fournis par « les voisins » à l’irresponsable qui a mis le feu à sa propre maison. C’est ici que l’analogie présente de sérieuses limites.
En regardant l’émission « 60 minutes », mon épouse m’a dit « C’est exactement ce qu’Obama a dit (...) Lire la suite »
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