Frederic LORDON29 août 2011
Frederic LORDON
Résumé
Pour l’auteur, directeur de recherches au CNRS, la certitude de la catastrophe finale commence à se profiler. Le néolibéralisme, en effet, est un régime d’endettement généralisé : ménages, institutions financières, États. La crise menace de mettre à bas tout le système des institutions financières, car si la puissance publique a pu sauver les banques de la crise de la dette privée, il n’est pas certain qu’elle puisse y parvenir pour les dettes publiques.
Les agences de notation font de la politique. Car ce que l’agence Standard & Poor’s a noté, ce n’est pas la solvabilité des États-Unis dont chacun sait qu’ils règleront leurs dettes. Ce que cette agence a noté, c’est le dissensus politique aux États-Unis sur la question de la dette. Autrement dit, le fait de ne pas être d’accord politiquement, entre (...) Lire la suite »
1er avril 2010
Frederic LORDON
La proposition allemande d’exclure la Grèce de l’Union monétaire européenne n’est finalement que le couronnement logique d’une longue suite de manifestations de mépris, entamée dans les années 90 avec le thème du « Club Med », alias les pays du Sud de l’Europe, incapables de se tenir à des règles de gestion macroéconomique rigoureuses (« allemandes »), poursuivies avec la proposition, entourée de rires gras, de vendre quelques îles grecques, et maintenant arrivées à leur terme avec la perspective finale de l’exclusion pure et simple. Mais l’Allemagne perçoit-elle exactement jusqu’où aller trop loin ? Même Christine Lagarde, piquée par on ne sait quel insecte, se met à dénoncer tout ce qu’elle a pourtant toujours adoré et fustige la stratégie non coopérative de désinflation compétitive allemande, celle-là même (...) Lire la suite »
3 23 avril 2009
Les interviews radio de Pascale Fourier (Frédéric Lordon, 6 mars 2009)
Frederic LORDON, Pascale FOURIER
[Transcription] Pascale Fourier : J'ai toute une série de petites questions bêtes...
Frédéric Lordon : En général, ce sont les meilleures... Quand ca commence comme ça d'ailleurs, c'est là que je m'inquiète : question bête égal question qui tue...
Pascale Fourier : A un moment, on nous a dit que le nombre de milliards qui circulaient dans la sphère financière était beaucoup plus important que ceux qui circulaient dans l'économie réelle. Je n'arrive pas à comprendre... D'où viennent ces milliards ? D'où viennent les milliards de la sphère financière ?
Frédéric Lordon : C'est très simple : ils viennent de deux origines.
La première, ce sont le cumul des épargnes. C'est ça le truc, j'allais dire le truc drôle - le truc ignoble en fait...., c'est que la moitié du carburant de la finance, c'est le salariat qui (...) Lire la suite »
1 22 avril 2009
Les interviews radio de Pascale Fourier (Frédéric Lordon, 6 mars 2009)
Frederic LORDON, Pascale FOURIER
[Transcription] Pascale Fourier : Vous voulez mettre fin à la concurrence internationale ?....
Frédéric Lordon : Ah, la filoute !! « Est-ce que vous seriez pas un peu protectionniste, espèce de monstre, va ! ». Alors oui, oui, je pense que de toute manière on n'échappera pas à ce débat... « Protectionniste » : plus qu'une insulte, une imputation de monstruosité
Je me refuse absolument à rentrer dans le débat protectionnisme versus autre chose. C'est la pire question du monde ! Elle est tellement mal construite que c'en est une catastrophe ! D'ailleurs on voit bien que ça ne fonctionne dans le débat public que comme une insulte... Ce n'est même pas une insulte d'ailleurs, c'est une imputation de monstruosité. Je ne sais plus si c'est Todd qui a dit il n'y a pas longtemps que soutenir une position (...) Lire la suite »
21 avril 2009
Les interviews radio de Pascale Fourier (Frédéric Lordon, 6 mars 2009)
Frederic LORDON, Pascale FOURIER
[Transcription] Pascale Fourier : Vous voyez la nationalisation des banques comme la condition suffisante ou seulement nécessaire ?
Frédéric Lordon : La réponse à cette question commence par préciser l'horizon temporel auquel on peut la poser : on va dire qu'il y a le court-moyen terme, et puis il y a plus long. A court-moyen terme, la nationalisation des banques est quasi-suffisante pour enrayer la crise.
A court-moyen terme, je pense que la nationalisation bancaire, la nationalisation intégrale je le répète, est une condition à elle seule presque suffisante de l'enraiement de la récession, de la reprise d'une croissance qui pourrait être positive. Je mets du côté des détails techniques qui auraient trait au fait qu'il faudra peut-être inventer des modes de traitement particulier de tous les (...) Lire la suite »
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