Daniel TANURO25 septembre 2010
Daniel TANURO
Daniel Tanuro vous êtes l’auteur de L’impossible capitalisme vert, paru aux éditions Les empêcheurs de penser en rond / La découverte. Vous êtes aussi le fondateur de l’ONG « Climat et justice sociale ». Qu’est-ce que le « capitalisme vert » ?
D.T. : L’expression « capitalisme vert » peut s’entendre dans deux sens différents. Un producteur d’éoliennes peut se targuer de faire du capitalisme vert. En ce sens - au sens que certains capitaux s’investissent dans un secteur « propre » de l’économie – une forme de capitalisme vert est évidemment possible et très rentable. Mais la vraie question est de savoir si le capitalisme dans son ensemble peut tourner au vert, autrement dit si l’action globale des capitaux nombreux et concurrents qui constituent le Capital peut respecter les cycles écologiques, leur rythmes, et (...) Lire la suite »
1 14 novembre 2008
Daniel TANURO
Le domaine énergie-climat est de ceux où la politique de Barack Obama pourrait se distinguer le plus radicalement de celle de George W. Bush. Sous la houlette du nouveau Président, en effet, les Etats-Unis devraient adopter rapidement un plan de réduction obligatoire des émissions de gaz à effet de serre, investir massivement dans les énergies renouvelables et jouer un rôle actif dans la négociation d’un nouveau traité international pour prendre le relais de Kyoto, en 2013. Le tournant est indéniable. Il convient de l’acter mais aussi d’en mesurer les limites... et les dangers. Depuis qu’elle a claqué la porte du Protocole de Kyoto, l’administration Bush refuse tout échéancier de réduction obligatoire des émissions de gaz à effet de serre. En contrepoint, elle plaide pour des engagements volontaires des entreprises et une politique de soutien à l’innovation technologique. Le moins qu’on puisse dire est que cette orientation n’a pas produit les effets escomptés : de 1993 à 2005, les émissions de CO2 du secteur énergétique étatsunien ont augmenté de plus de 15%. Obama renverse la vapeur en promettant une loi dont l’objectif serait de réduire les émissions de 80% en 2050, par rapport à 1990. Pour ce faire, son programme prévoit un système d’échange plafonné de droits d’émission (« cap-and-trade »), un taux annuel de réduction obligatoire, la mise en oeuvre accélérée de technologies « (...) Lire la suite »
4 juin 2008
Daniel TANURO
La révolte des marins-pêcheurs annonce d’autres turbulences dans un contexte combiné de crises sociales, environnementales et énergétiques. Seules des solutions rompant avec la logique de marché permettront d’y faire face. Cela fait plusieurs années que les pêcheurs sont confrontés à la baisse de leurs marges bénéficiaires. Ils ont d’abord voulu la compenser par une augmentation des prises qui a mis en danger la survie de nombreuses espèces de poissons. La politique de quotas imposée par la Commission Européenne trouve ici une justification scientifique incontestable dans son principe. Mais la manière dont elle est mise en oeuvre est dévastatrice. D’une part, comme dans l’agriculture, cette politique revient en pratique à étrangler les petites entreprises au profit des grandes. D’autre part, du point de vue écologique, les quotas sont insuffisamment restrictifs, parce que certains gouvernements, tout en n’ayant aucune solution de fond au problème social des pêcheurs, veulent ménager les petits patrons, pour des raisons (...) Lire la suite »
3 12 février 2008
Daniel TANURO
La région de Liège, en Belgique, est le théâtre d’un bras de fer entre la direction d’Arcelor Mittal, les organisations syndicales et le gouvernement de la Région wallonne. Enjeu du conflit : qui doit payer les quotas de CO2 nécessaires à la remise en activité du haut-fourneau 6 de Seraing ? Le patronat ou la collectivité ? L’affaire montre clairement que la stratégie climatique basée sur les mécanismes de marché fait le jeu des employeurs et pousse le mouvement syndical dans une position de défensive aggravée. 2 février 2008
Dernière minute : Cet article était déjà écrit lorsqu’un accord est finalement intervenu, le 1er février, entre la Région Wallonne et Arcelor Mittal. L’accord stipule que, sur les quelque 4 millions de tonnes de quotas de CO2, annuellement nécessaires à leur fonctionnement, le numéro 1 mondial de l’acier apportera finalement 1,4 million de tonnes ; l’Etat fédéral prendra 600 000 tonnes à sa charge, la Région wallonne, l’essentiel, avec 1,7 million de tonnes, plus une réserve de 600 000 tonnes par an. Le conflit dont il est question ci-dessous est donc clos. Il nous semble néanmoins intéressant d’y revenir, car la problématique est intéressante et pourrait se reproduire à l’avenir. Comme le disait un ouvrier : « C’est pourtant pas logique que ce soient les contribuables qui paient, alors que (...) Lire la suite »
1 18 janvier 2008
Daniel TANURO
Calentamiento global, Enrique Lacoste.
solidaritéS, 28 novembre 2007.
En ces temps d'écologisme mou, les propositions de taxation des activités produisant des gaz à effet de serre ou des émanations écologiquement nocives ont le vent en poupe. C'est même devenu la marque de fabrique de courants comme « écologie libérale » ou les Verts libéraux alémaniques. Les droits d'émissions ont moins bonne presse - les Verts les rejettent - tant leur efficacité paraît douteuse. C'est pourtant les deux mesures essentielles que propose le marché pour « sauver le climat ».
Une prétention largement injustifiée, comme le montre l'étude de Daniel Tanuro que nous publions ci-dessous. Ingénieur agronome, Daniel Tanuro publie régulièrement dans les colonnes de notre journal. En mars, nous avions publié du même auteur (...) Lire la suite »
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