Auteur Ahmed BENSAADA

Au temps béni des coalitions

Ahmed BENSAADA
Et, de coalition en coalition, ce monde s’enfonce un peu plus dans la régression, le chaos et la désolation. De coalition en coalition, ce monde n’a connu que les massacres, les viols, les exodes et les ruines. De coalition en coalition, le sang de centaines de milliers d’Arabes a coulé, abreuvant non seulement la haine des Arabes entre eux, mais aussi entre les Arabes et les Occidentaux. Pourtant, de coalition en coalition, ces mêmes Occidentaux nous avaient promis de semer, grâce à (…)

Gun TV : l’étrange réponse américaine à l’épidémie des armes à feu aux États-Unis

Ahmed BENSAADA
Dès le 20 janvier 2016, une chaîne de télévision spécialisée dans la vente des armes à feu verra le jour dans le paysage audiovisuel américain. Tout simplement baptisée « Gun TV », cette chaîne émettra, à terme, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Une sorte de « télé-achat » qui permettra aux Étasuniens, assis confortablement dans leurs fauteuils, de commander leurs fusils et pistolets comme on achète des ustensiles de cuisines ou d’inoffensifs appareils électroménagers. Le spot (…)

Et du « printemps » s’écoula un inutile flot de sang arabe…

Ahmed BENSAADA
« We came, we saw, he died » [1]. C’est ainsi que Hillary Clinton, alors secrétaire d’État, avait accueilli l’annonce du sauvage assassinat de Kadhafi. La tirade césarienne, théâtralement prononcée en appuyant chaque phrase avec un mouvement de l’avant-bras, était accompagnée d’un sourire fendu jusqu’aux oreilles, d’yeux pétillants de joie et d’un gloussement de plaisir que seul un profond bonheur peut procurer. La nature humaine est ainsi faite : il y a des sentiments qu’il est (…)

Liban 2005-2015 : d’une « révolution » colorée à l’autre

Ahmed BENSAADA
En 2011, en pleine effervescence sur la place Tahrir, on questionna Srdja Popovic sur les activités de formations révolutionnaires de centre CANVAS (Center for Applied Non Violent Action and Strategies) qu’il dirige à Belgrade. Il s’empressa de répondre, non sans une petite pointe de fierté : « Nous travaillons avec 37 pays. Après la révolution serbe, nous avons eu cinq succès : en Géorgie, en Ukraine, au Liban et aux Maldives ». Dans son empressement, il avait juste oublié de mentionner le (…)

Arabesque$ : L’implication des États-Unis dans les « révoltes arabes », l’exemple de la Syrie

Ahmed BENSAADA
Extrait du chapitre 5 du nouveau livre d’Ahmed Bensaada : Arabesque$ Bien qu’elle soit actuellement aux prises avec une sanglante et terrible guerre civile, tout avait commencé en Syrie, comme dans le reste des pays arabes, avec des appels à manifester lancés via les médias sociaux, en particulier Facebook. Ainsi, dès le début du mois de février 2011, un « Jour de la rage » fut déclaré mais n’a été aucunement suivi[1]. Les premières manifestations, qui ne débutèrent qu’à la mi-mars, (…)

L’Affaire Bugingo ou les dérives du journalisme « mainstream »

Ahmed BENSAADA
Alors que la bien-pensance s’acharne sur le journalisme alternatif, citoyen et engagé, que des listes de « dangereux sites complotistes » sont arbitrairement établies et que des gouvernements cherchent à museler les voix qui ne répètent pas à l’unisson des « vérités » suintant d’un unanimisme primaire, le journalisme « mainstream » connaît un scandale retentissant qui révèle une fois de plus ses dérives professionnelles, son manque de probité et ses carences déontologiques. En effet, (…)

Daech et la légende de Gilgamesh

Ahmed BENSAADA
« Je vais présenter au monde celui qui a tout vu, Connu la terre entière, pénétré toutes choses, Et partout exploré tout ce qui est caché » L’épopée de Gilgamesh Selon la légende, Gilgamesh était un roi terrible, sanguinaire et cruel. Mû par le désir de se mesurer au monde entier, il était impitoyable pour ses adversaires. Ce sadique souverain n’était qu’un vil tyran qui prenait plaisir à opprimer son peuple au point d’abuser de toute nouvelle mariée la nuit de ses noces. Se voulant (…)

La géopolitique selon « Arab Idol »

Ahmed BENSAADA
Le rôle proactif qu’ont joué certaines chaines de télévision satellitaires arabes dans les évènements qui ont secoué les pays arabes ˗ improprement baptisés « printemps » arabe ˗ a été longuement discuté par de nombreux observateurs. Il est actuellement de notoriété publique que des chaînes comme la Qatarie Al Jazira ou la Saoudienne Al Arabiya ne sont que de puissants instruments médiatiques au service d’agendas politiques concoctés par les pays qui les ont créées, financées et (…)

Hong Kong : un virus sous le parapluie

Ahmed BENSAADA
Le 3 février 2011, entre la chute de Ben Ali et l’imminence de celle de Moubarak, le sénateur américain John McCain fit une étonnante déclaration en pleine ébullition de la rue arabe : « Ce virus se répand à travers le Moyen-Orient » [1]. Il ne parlait pas du virus d’Ébola, ni d’une quelconque autre maladie hautement contagieuse, mais plutôt du fameux « printemps » arabe. Cette comparaison « épidémiologique » n’est, à vrai dire, aucunement fortuite de la part de ce spécialiste de l’« (…)

Tahar Ben Jelloun, l’écrivain de sable

Ahmed BENSAADA
« Je dois tourner la page. Chaque jour je tiens bon en me citant cette magnifique phrase de Tahar Ben Jelloun que je connais par cœur : "Le silence de l’être aimé est un crime tranquille" ». C’est ainsi que Valérie Trierweiler s’exprime dans son récent livre « Merci pour ce moment » en citant Tahar Ben Jelloun non seulement dans le texte mais aussi dans l’épigraphe de son ouvrage [1]. Certes, on doit convenir de la beauté de cet aphorisme tout « benjellounien », mais la présence de (…)

Y a-t-il eu un « printemps » en Arabie heureuse ?

Ahmed BENSAADA
Le printemps est une saison très prisée dans le monde arabe. Tous les monstres sacrés de la musique de cette région de la planète lui ont consacré de merveilleuses chansons qui sont, encore aujourd’hui, fredonnées « du Golfe à l’Atlantique ». Que ce soit les Égyptiens Mohamed Abdelwahab et Oum Kalsoum, le Syro-Égyptien Farid El-Atrach ou la Libanaise Fayrouz (et la liste est de loin non exhaustive) toutes et tous ont été inspirés par cette féérique saison. Cependant, mise à part la dernière (…)

Haftar : le « partenaire efficace » des États-Unis en Libye

Ahmed BENSAADA
Le discours prononcé par le président Obama le 28 mai 2014 à la prestigieuse académie militaire de West Point [1] semble marquer un ajustement majeur dans la politique étrangère américaine à l’égard du monde arabe. Fini le temps des envolées lyriques faisant l’éloge du « printemps » arabe : cette expression n’a pas été une seule fois prononcée durant toute son allocution. Elle a été remplacée par « upheavals of the Arab world », c’est-à-dire « soulèvement (ou bouleversement) du monde arabe (…)