Abelardo de la Espriella et la menace d’une Colombie subordonnée

David López (Telesur)

Abelardo de la Espriella se présente aux Colombiens comme un patriote absolu. Il porte des symboles nationaux, invoque la patrie, parle d’ordre, promet la sécurité et se proclame défenseur de la nation. Pourtant, derrière cette mise en scène apparaît une question politique inévitable : quel type de patriotisme représente un candidat dont le parcours, les alliances, les soutiens internationaux, les relations professionnelles et les propositions de gouvernement semblent bien plus connectés à l’ancien bloc oligarchique, paramilitaire, corporatiste et pro-américain qu’à une véritable souveraineté populaire colombienne ?

La question n’est pas uniquement juridique. La double nationalité, à elle seule, n’empêche pas de briguer la présidence de la Colombie. Le problème est politique, éthique et géopolitique. De la Espriella n’est pas simplement un Colombien ayant des liens internationaux. C’est un candidat qui a célébré le soutien de Donald Trump, qui se présente comme un allié naturel des États-Unis, qui revendique des modèles de sécurité extrême et qui projette une Colombie subordonnée à l’axe Washington-Tel-Aviv au nom de la « lutte contre le crime ».

Le patriotisme qu’il invoque mérite donc d’être examiné. Car il ne suffit pas de s’envelopper dans le drapeau national. Un candidat qui aspire à diriger l’État doit expliquer clairement quels intérêts il défend, quels pouvoirs l’entourent, de quels réseaux il provient et envers qui il se sent politiquement obligé.

I. Le nationalisme d’exportation : la patrie dans le discours, Washington à l’horizon

Le soutien public de Donald Trump à Abelardo de la Espriella n’est pas un détail mineur. En pleine second tour de l’élection présidentielle, le président américain a utilisé Truth Social pour promouvoir sa figure, le qualifiant de dirigeant fort, intelligent et déterminé. Il l’a présenté comme un garant du commerce, un combattant du narcotrafic et une pièce maîtresse pour le « rétablissement de l’ordre ». Cette intervention ne peut être lue comme une simple opinion étrangère. C’est un signal politique dans une région historiquement traversée par l’ingérence américaine. C’est la mise en œuvre de ce que le locataire de la Maison-Blanche a appelé la « doctrine Donroe ».

Iván Cepeda a dénoncé ce soutien comme une ingérence. Et à juste titre. La Colombie n’est pas un protectorat. Aucune puissance étrangère n’a le droit d’intervenir, de suggérer, d’orienter ou de conditionner le vote d’un peuple souverain.

Ce qui est préoccupant, c’est que De la Espriella n’a pas rejeté ce soutien. Au contraire, il l’a célébré. Là se révèle la contradiction centrale de sa campagne : il se présente comme nationaliste, mais accepte sans gêne l’étreinte politique du président de la puissance qui, pendant des décennies, a conditionné la politique antidrogue, militaire et sécuritaire de la Colombie. Il faut également garder à l’esprit qu’il a déclaré publiquement qu’il « ne va pas sacrifier sa famille pour un pays (la Colombie) d’ingrats, de déloyaux et de rustres » et que l’un des plats nationaux colombiens (l’ajiaco) est un potage pour détenus, ce qui prouve qu’il manque de la classe au peuple colombien.

Cette contradiction est encore plus profonde si l’on considère que De la Espriella a acquis la citoyenneté américaine en 2023, après avoir vécu et travaillé pendant des années dans ce pays. Le problème n’est pas de savoir si cela l’invalide légalement. Le problème est de savoir si un candidat qui se présente comme le défenseur absolu de la patrie peut garder le silence face aux questions essentielles : renoncerait-il à cette citoyenneté s’il accède à la présidence ? Où paie-t-il ses impôts ? Où est située sa richesse ? Quels engagements financiers, politiques ou personnels conserve-t-il en dehors de la Colombie ? Rappelons que celui qui prête serment en tant que citoyen américain doit jurer fidélité et loyauté aux États-Unis d’Amérique par-dessus toute autre nationalité qu’il pourrait avoir par ailleurs.

Une démocratie mature a le droit de poser ces questions. Et un candidat à la présidence a le devoir d’y répondre. Jusqu’à présent, il les a éludées.

II. La « manière forte » comme programme : la sécurité sans droits humains

La candidature de De la Espriella repose sur une promesse : restaurer l’ordre par la force, la punition et l’autorité. Son discours offre une solution simple à une crise complexe. Face à des décennies de conflit armé, d’inégalité, de narcotrafic, d’abandon territorial et de violence politique, il propose une solution punitive : plus de militarisation, plus de prisons, plus de confrontation, moins de négociation.

Dans ses déclarations publiques, De la Espriella a utilisé des formules d’une gravité politique extrême, comme celle selon laquelle « tout bandit qui ne se soumettra pas sera abattu ». Cette phrase n’est pas une anecdote de campagne. C’est une conception de l’État : elle transforme la sécurité publique en une promesse d’annihilation physique, comme cela s’est produit sous les gouvernements d’Álvaro Uribe Vélez, Juan Manuel Santos et Iván Duque, lorsque l’exécution de civils innocents (les faux positifs) — souvent issus des secteurs les plus vulnérables — par l’armée nationale a été utilisée pour convaincre la population que la guerre était le chemin vers la paix et ainsi soutenir les intérêts bellicistes des États-Unis en Colombie.

Ce langage est incompatible avec une démocratie constitutionnelle. La Colombie connaît trop bien les conséquences de cette doctrine : faux positifs, paramilitarisme, exécutions extrajudiciaires, déplacement forcé, stigmatisation des leaders sociaux et des défenseurs des droits humains, ainsi que la criminalisation de l’opposition.

La sécurité est une obligation légitime de l’État. Mais sans droits humains ni droits économiques, sociaux et culturels, elle cesse d’être une sécurité et devient autoritarisme. Une démocratie ne combat pas le crime en reproduisant la logique d’une guerre interne permanente. Elle le fait avec justice, intelligence, présence de l’État, investissement social, réforme rurale, éducation, emploi et le démantèlement réel des structures économiques qui alimentent la violence, dont beaucoup ont été représentées par De la Espriella dans son exercice professionnel. Un État de droit ne confronte pas l’injustice en exaltant la cruauté ni en promouvant des pratiques comme la fracturation hydraulique, dont les conséquences environnementales sont particulièrement graves pour un pays à la biodiversité exceptionnelle.

III. De la Espriella et le passé sombre du pouvoir armé en Colombie

Le profil public de De la Espriella ne peut être séparé de sa trajectoire professionnelle. Divers médias ont rappelé qu’il a été l’avocat de personnes impliquées dans des cas à très fort impact national : David Murcia Guzmán, fondateur de DMG et escroc de plus de 350 000 personnes ; d’anciens congressistes condamnés pour parapolitique ; des paramilitaires condamnés pour crimes contre l’humanité ; les Nule (protagonistes du « Carrousel de la Contratación », considéré comme le plus grand scandale de corruption de l’histoire récente de Bogota et de la Colombie) ; et Jorge Pretelt, ancien magistrat condamné pour corruption.

Il est vrai que tout avocat a le droit de défendre des clients impopulaires. La défense technique est une garantie de l’État de droit. Mais lorsqu’un candidat à la présidence construit son image publique sur la promesse de nettoyer le pays de la corruption, du narcotrafic et du crime organisé, sa trajectoire professionnelle cesse d’être une affaire privée. Elle devient une question d’examen démocratique.

La Silla Vacía a documenté la liste des anciens clients de De la Espriella et a souligné qu’il a défendu des figures condamnées ou enquêtées dans des scandales de parapolitique, de corruption, de blanchiment d’argent et de fraude. Le journaliste Gonzalo Guillén a quant à lui dénoncé une fraude transnationale en 2012 visant à empêcher une extradition en Colombie au moyen de faux signatures d’autorités équatoriennes. La justice de ce pays a condamné les complices locaux et l’avocat Fabián Terán, mais n’a pas rendu de sentence directe contre Abelardo de la Espriella en raison de limitations de juridiction territoriale. En ce sens, la Cour suprême de Colombie a ordonné d’enquêter sur de la Espriella pour fraude procédurale, mais le parquet colombien n’a pas agi contre le candidat présidentiel Abelardo de la Espriella en raison d’un présumé réseau de corruption interne, d’omission institutionnelle et de protection politique. Selon Guillén, l’action pénale est toujours en vigueur car les délits commis à l’étranger prolongent les délais de prescription.

Ce n’est pas un détail mineur. Le candidat qui promet aujourd’hui la « manière forte » contre le crime a construit une partie de son prestige professionnel en représentant des personnages situés au cœur des réseaux de pouvoir économique, politique et judiciaire les plus contestés du pays. Cette contradiction ne se résout pas par le spectacle, les chapeaux, les maillots de l’équipe nationale ou la rhétorique patriotique. Elle se résout par la transparence.

IV. Le problème de la transparence patrimoniale

Le récit de De la Espriella s’appuie sur une image d’indépendance que les médias d’entreprise l’aident à vendre : l’homme d’affaires, soi-disant prospère, qui ne dépendrait d’aucune machine ni d’aucun intérêt caché. Cependant, plusieurs enquêtes ont mis en doute la solidité de ce récit.

La Silla Vacía a retracé l’univers entrepreneurial du candidat et a trouvé un réseau d’entreprises, d’associés, de biens immobiliers et de résultats financiers qui obligent à examiner avec soin l’idée d’une fortune transparente et incontestable. Il a également souligné qu’en Colombie, plusieurs de ses entreprises enregistraient des pertes, malgré le poids médiatique de sa marque personnelle.

La question est simple : si De la Espriella aspire à administrer l’État colombien, à diriger la politique économique, à intervenir dans la relation entre les banques, les entreprises et les citoyens, et à décider des impôts, de la sécurité et des marchés publics, il doit dire au pays avec une absolue clarté ce qu’il possède, où il paie ses impôts, quelles dettes il a, quelles garanties il a offertes et quels intérêts pourraient entourer son gouvernement.

Il ne s’agit pas d’attaquer la richesse privée ; il s’agit plutôt d’exiger la transparence démocratique. L’opacité patrimoniale d’un candidat d’extrême droite qui promet de gouverner avec la manière forte n’est pas une question mineure : elle constitue un risque institutionnel, d’autant plus qu’il propose de réduire le salaire minimum, de fermer des ministères comme celui de l’Égalité et d’augmenter l’âge de la retraite pour maintenir les personnes âgées comme une force de travail « productive », comme le soutient son colistier à la vice-présidence.

V. La violence symbolique comme méthode politique

La campagne de De la Espriella a normalisé une esthétique de confrontation extrême. Iván Cepeda a dénoncé la violence politique en raison de l’utilisation de panneaux d’affichage sur lesquels De la Espriella apparaît en train d’appuyer avec son genou sur le cou de son rival. Cette image, au-delà de l’intention de propagande, reproduit une logique d’humiliation physique de l’adversaire.

Dans un pays avec l’histoire de la Colombie, où la violence politique a coûté des milliers de vies, ce type de symboles ne peut être relativisé. L’extrême droite commence souvent par dégrader le langage démocratique. Ensuite, elle transforme l’adversaire en ennemi. Puis elle transforme l’ennemi en menace. Enfin, elle justifie son élimination symbolique, juridique ou physique.

C’est la pédagogie du fascisme : fabriquer la peur, construire des ennemis intérieurs, militariser la politique et présenter la violence comme une purification nationale.

De la Espriella n’incarne pas seulement une droite conservatrice, mais une droite du spectacle, de la punition, du ressentiment et de la pulsion autoritaire. Sa campagne n’appelle pas à délibérer, mais à obéir. Elle ne propose pas une réconciliation nationale, mais une victoire totale sur ceux qu’il définit comme des ennemis et présente comme des référents Javier Milei qui a appauvri l’Argentine comme jamais auparavant dans l’histoire du pays, Nayib Bukele reconnu comme l’un des dirigeants qui respecte le moins les droits humains en Amérique centrale, Donald Trump — pour qui il a voté lors des dernières élections présidentielles américaines — et Benjamin Netanyahu, désigné par de larges secteurs de la communauté internationale et par des instances judiciaires internationales comme criminel de guerre et génocidaire.

VI. Israël, les États-Unis et l’importation de doctrines de guerre

De la Espriella a proposé le rétablissement des relations avec Israël et a défendu des modèles de sécurité qui s’alignent sur la doctrine de Washington et de Tel-Aviv. Plusieurs médias ont souligné que son programme imite Bukele, Milei et Trump, comme mentionné précédemment, et le présente comme une menace de retour au pire du passé colombien : paramilitarisme, essor du narcotrafic, militarisation et extrême droite.

L’admiration pour ces modèles n’est pas accidentelle. Elle fait partie d’une vague continentale : des droites qui se présentent comme des outsiders, mais qui articulent en réalité des intérêts commerciaux, un fondamentalisme de marché, un punitivisme pénal, l’anticommunisme, des alliances avec Washington et le mépris pour les organismes internationaux des droits humains.

Lorsqu’un candidat propose de retirer la Colombie des espaces multilatéraux ou d’affaiblir le système interaméricain des droits humains, il ne défend pas la souveraineté. Il affaiblit les mécanismes qui protègent les victimes contre les abus de l’État, plaçant la Colombie dans un contexte géopolitique de plus en plus préoccupant dans la région et dans le monde.

Il est important que la Colombie ne se subordonne ni à Washington ni à Tel-Aviv, ni à Bruxelles ni aux entreprises qui, aujourd’hui en crise, propagent leur désespoir violent partout. Elle doit avoir une politique étrangère indépendante, latino-américaniste, multipolaire et engagée envers le droit international. La sécurité nationale ne peut devenir une excuse pour importer des doctrines d’occupation, de surveillance, de répression et de guerre permanente.

VII. Le candidat de l’extrême droite continentale

De la Espriella n’est pas un phénomène isolé. Il fait partie d’une famille politique latino-américaine qui inclut le fascisme corrompu et les droites punitives qui grandissent, alimentées par la peur sociale, la crise économique et la méfiance institutionnelle.

Son discours ressemble trop au scénario continental de l’extrême droite : réduire l’État social, exalter la propriété privée comme dogme absolu, attaquer le féminisme, rejeter les droits sexuels et reproductifs, criminaliser la protestation, promettre prison et balle, mépriser la négociation politique, glorifier la force et transformer la démocratie en une guerre morale.

Ce n’est pas un hasard si sa candidature reçoit des sympathies de l’univers républicain américain. La Colombie est stratégique pour Washington et pour sa confrontation à long terme contre la Russie et la Chine : frontière avec le Venezuela, accès aux Caraïbes et au Pacifique, plateforme amazonienne, partenaire militaire historique où il possède 9 bases militaires et pièce maîtresse de la politique antidrogue. Un gouvernement de De la Espriella ramènerait la Colombie au rôle de fer de lance régional de la politique impériale américaine aujourd’hui gouvernée par des entreprises et des secteurs du fascisme qui inquiètent. Il mènerait le pays à se redéfinir à moyen et long terme dans un conflit géopolitique qui confronte aujourd’hui le néocolonialisme nazi à la multipolarité et à la justice si longtemps réclamée par le Sud global.

VIII. La contradiction finale : la patrie pour le discours, le privilège pour la vie

Le problème de De la Espriella n’est pas d’avoir des passeports étrangers. Le problème est de construire une campagne nationaliste alors que son parcours exprime un privilège transnational, une opacité patrimoniale, des liens avec des élites contestées, une proximité avec la droite américaine et une politique de sécurité qui menace de ramener la Colombie à la logique de l’ennemi intérieur.

Un véritable patriotisme ne se mesure pas au volume de la voix ni au nombre de symboles patriotiques dans une campagne. Il se mesure à l’engagement envers le peuple réel : les travailleurs, les paysans, les étudiants, les peuples autochtones, les communautés afro-descendantes, les femmes, les victimes du conflit, les jeunes précarisés et les familles expulsées par la violence et l’inégalité.

La Colombie n’a pas besoin d’un président qui promet de la sauver par l’autoritarisme. Elle a besoin d’un État qui garantisse la vie, la paix, la justice sociale, la souveraineté économique et la dignité.

Avant de confier le pouvoir à De la Espriella, la Colombie a le droit d’exiger des réponses claires :

Renoncerait-il à sa citoyenneté américaine s’il accède à la présidence ?

À quel pays prêterait-il allégeance : la Colombie ou les États-Unis d’Amérique ?

Où paie-t-il ses impôts ?

Quels intérêts économiques entourent sa candidature ?

Quelle relation réelle entretient-il avec le trumpisme ?

Quelles garanties offre-t-il de ne pas transformer la sécurité en violence d’État ?

Quelle explication politique donne-t-il de son parcours de défense de figures liées à la parapolitique, à la corruption, au blanchiment d’argent, aux crimes de guerre et aux grands scandales nationaux ?

Acceptera-t-il un examen public complet de son patrimoine, de ses entreprises, de ses associés et de son financement ?

La démocratie n’exige pas des candidats parfaits. Elle exige des candidats transparents. Et lorsqu’un aspirant présidentiel s’enveloppe dans le drapeau pour demander le pouvoir absolu, le peuple a le droit de lui demander à quel drapeau il obéit d’abord.

David López}

 https://www.telesurtv.net/opinion/abelardo-de-la-espriella-y-la-amenaza-de-una-colombia-subordinada/

COMMENTAIRES  

11/06/2026 04:32 par Carlos Ducasse

La Colombie est déjà soumise, c’est le seul Pais de la région associé global de l’Otan et compte 8 bases Américaines sur son territoires ce qui lui a valu le titre d’Israel d’Amérique Latine... Petro le premier President de "Gauche" de son histoire a toujours qualifié Maduro de Dictateur, et bien que pour sa prise de possession IL ait brandi l’Epée de Bolivar, ses politiques sont simplement l’equivalent de la socialdemocratie européenne : les guerrilleros revolutionnaires ne sont pas ses amis, même s’il fut membre du M19 dans sa jeunesse, on se souviendra que lors de de sa dernière visite à la Maison Blanche Trump Lui a donné une casquette Maga à laquelle Petro ajouta un (s) a "Make America(s) great Again"... Abelardo est le pire que l’on puisse imaginer : le seul point que NE mentionne pas l’article est qu’Il fut aussi avocat d’Alex Saab (ce qui tend à prouver qu’Il était Lui aussi agent de la CIA)...
Surtout IL est important de rappeller que si Abelardo avait déjà 10 points d’avance au premier tour, on NE voit pas comment avec un système electoral corrompu jusqu’à la moelle, Cepeda eût pu inverser la tendance... Ce que nous prevoit le futur ? IL suffit de regarder le Salvador, car Abelardo est un clone de Bukele, les escadrons de la Mort au pouvoir ou plutôt Sosa, le fournisseur monopolistique de Marco Montana, Kaiser de la Grande Colombie (Venezuela-Ecuateur-Colombie)...

12/06/2026 22:30 par Vania

La phrase de Ducasse :"Surtout IL est important de rappeller que si Abelardo avait déjà 10 points d’avance au premier tour " est FAUSSE. Au 1è tour A.de la Espriella a obtenu 43,7% et Cépeda 41 %. cela ne fait pas 10 points d’avance ! L’exactitude des informations et des données fournis doit être un principe directeur de tout participant à ce forum.Sachant que la guerre médiatique/cognitive de la cia/mossad est immense, il faut faire très attention à ce qu’on écrit ou on peut perdre Toute crédibilité !
Bien sûr qu’en Colombie l’extrême droite narco paramilitaire contrôle le pays, et de la Espriella est le candidat choisi /formé par les eeuu/mossad.Les alliés des eeuu sont presque toujours les tordus, les narcotrafiquants, les fascistes, les menteurs."On ne tape Jamais sur un clou tordu, mais sur un clou droit" est leur devise.
Il faut également Vérifier la Fiabilité des sources ! Dans un autre post sur le Venezuela, Ducasse pour parler de Cuba,a mis une soit disant source russe, qui citait le miami herald ??(avec la traditionnelle phrase mensongère de "la capture de Maduro"" !! )C’est quoi cette salade ??
Ce qui est Vrai est que le psychopathe secrétaire de la guerre du régime étasunien est allé à guantanamo pour menacer les Cubains
https://francais.rt.com/international/135030-washington-envisage-ouvertement-capture-ou-elimination-du-president-cubain
Voici les dernières déclarations du président Diaz Canel
https://www.telesurtv.net/cuba-amplia-politicas-economicas-sociales/
https://www.youtube.com/watch?v=ePL10F6UYs8&t=2s
P.S. Désolée de la digression mais je ne veux pas envoyer plusieurs messages

13/06/2026 18:22 par Carlos Ducasse

Tout a fait exact Vania, IL est important de le souligner... Si bien les sondages annoncent une difference de 10 points la realité est de seulement 3 points... Je crois fermement que toute critique surtout si elle est négative booste l’effet de la cause si elle est juste... On a vu au Perou que si la marge est petite le système electoral electronique favorisera toujours la droite... Soyons realistes seulement en cas de Vote massif la gauche peut passer, exigeons l’impossible !

19/06/2026 00:47 par Carlos Ducasse

Plus de 50 entreprises privées ont été dénoncées pour avoir fait pression sur leurs employés afin qu’ils votent pour De la Espriella.

RAYA a obtenu un document interne du ministère du Travail recensant 59 entreprises privées dont les dirigeants sont accusés par des employés de les avoir contraints à voter pour le candidat d’extrême droite Abelardo de la Espriella, sous peine de licenciement. Parmi les tactiques employées pour forcer le vote figurent la diffusion de propagande politique, les licenciements abusifs et les promesses de primes. La vérification du vote se fait même par la prise de photos dans l’isoloir le jour du scrutin, comme ce fut le cas lors du premier tour.

Par la rédaction du magazine RAYA

Un document interne du ministère du Travail, obtenu par le magazine RAYA, révèle ce qui pourrait être la plus importante tentative de coercition électorale de ces dernières années. Il implique la participation ouverte et directe de chefs d’entreprise qui propagent l’idée que si le candidat Iván Cepeda remporte l’élection, leurs entreprises seront expropriées et leurs emplois supprimés. Cette menace, à la fois sociale et politique, s’intensifierait à l’approche du scrutin, selon les informations recueillies. Mais les travailleurs, déterminés à défendre leurs droits, ont déposé des plaintes et fourni des preuves au ministère pour démontrer que, dans certains lieux de travail, un climat est instauré afin de les empêcher de voter librement. Le document recense au moins 59 entreprises dans 16 départements du pays, et les plaintes examinées font état, pour la plupart, de pressions exercées en faveur de la candidature d’Abelardo de la Espriella.

D’après le document, plusieurs méthodes sont utilisées par les prétendus « employeurs », c’est-à-dire les responsables, les chefs ou les personnes en position d’autorité au sein de ces entreprises, pour exercer une pression électorale sur leurs employés, autrement dit, pour les contraindre. Ces méthodes incluent notamment la diffusion de propagande politique dans les espaces communs, les licenciements abusifs pour soutien à d’autres candidats, l’obligation d’assister à des événements publics de la campagne politique de De la Espriella et les promesses de primes.

L’un des détails les plus frappants du document est que les professionnels de santé sont les plus fréquemment mentionnés, avec 18 cas. Par exemple, à la clinique Bonnadona Prevenir de Barranquilla, plusieurs employés ont signalé que les locaux avaient été utilisés pour des activités de campagne d’Abelardo de la Espriella. Un incident de ce type s’est produit le 3 juin, lorsque le candidat à la vice-présidence, José Manuel Restrepo, y a enregistré une vidéo avec des patients pour dénoncer le système de santé.

Restrepo a affirmé que la crise du système de santé était imputable à l’administration Petro, puis a conclu la vidéo par des interventions de plusieurs patients de la clinique déclarant : « Nous restons unis pour la nation. » Concernant la clinique Bonnadona Prevenir, ce magazine a publié une enquête en 2024 révélant qu’elle figurait en tête d’une affaire de fraude présumée au système, impliquant la facturation illégale de médicaments complexes. L’article s’appuyait sur un rapport du bureau du procureur général détaillant que la clinique aurait demandé 5,384 milliards de pesos au système de santé via Nueva EPS, en utilisant de fausses informations.

Selon le parquet, plus de 5 milliards de pesos ont été alloués pour couvrir les dépenses de patients qui n’ont jamais été soignés. La clinique Bonnadona Prevenir a été fondée à Barranquilla en 1993 par l’oncologue Carlos Alberto Osorio Chacón, qui en est actuellement le représentant légal. D’après les éléments de preuve en possession du parquet, il figure parmi les professionnels de santé ayant demandé des médicaments onéreux et prescrit pour un montant supplémentaire de 432 millions de pesos, mais Nueva EPS (l’organisme d’assurance maladie) n’a pas autorisé leur délivrance. Osorio Chacón et sa famille détiennent 72 % des parts de la clinique, où l’équipe de campagne de De la Espriella a tourné des supports de communication.

Une autre clinique mentionnée dans le document du ministère du Travail, accusée d’utiliser ses locaux pour diffuser des messages politiques, est la Clínica Internacional de Alta Tecnología (Clinaltec), située à Ibagué. Selon des témoignages d’employés et de patients, des messages de propagande haineuse sont apparus sur les écrans du centre médical, utilisés pour afficher les plannings de rendez-vous : « Tous contre Petro ». Sur les réseaux sociaux et dans les plaintes déposées auprès du ministère, utilisateurs et employés ont exigé des éclaircissements : qui avait autorisé la diffusion de ce message ? S’agissait-il d’une position institutionnelle ou d’une action individuelle ? Clinaltec n’a pour l’instant fait aucune déclaration.

Outre l’autorisation de faire campagne politique dans les centres médicaux, une autre forme de coercition a consisté à distribuer de l’argent aux employés pour qu’ils votent pour Abelardo de la Espriella. Un exemple de ce phénomène se serait produit à la clinique Clinizad de Pasto, spécialisée dans les analyses médicales et de laboratoire. RAYA a obtenu une série de conversations que la directrice du centre, Graciela Socorro Zamudio, aurait envoyées à ses employés. Dans ces messages, elle les avertit que leur salaire de mai inclura 50 000 pesos destinés à couvrir leurs frais de déplacement et ceux de leurs accompagnateurs pour aller voter pour le Dr Abelardo.

Par ailleurs, le 31 mai, lors du premier tour des élections, le Dr Zamudio a envoyé une photo à ses employés montrant qu’elle avait voté pour le « Dr Abelardo ». Son message était immédiatement suivi de ce message : « J’espère que Clinizad votera beaucoup comme moi. Merci à tous ceux qui me sont fidèles. » Selon la directrice, l’entreprise s’est fixée une orientation claire et, par conséquent, elle attendait de ses collaborateurs constance et engagement. « Ceux qui partagent cette vision auront toujours notre soutien ; ceux qui ont des opinions différentes sont libres de décider si c’est ici qu’ils souhaitent poursuivre leur carrière. »

Un autre cas notable dans le secteur de la santé est celui de Keralty, multinationale espagnole anciennement connue sous le nom de Sanitas Internacional, qui regroupe assurances, services médicaux, services sociaux et éducation. Selon des documents du ministère du Travail, des employés ont rapporté que lors de réunions internes, on leur avait dit qu’ils devaient voter pour Abelardo de la Espriella « sous peine de licenciements ».

Bien que le même document indique que le ministère a effectué une visite d’inspection chez Keralty suite à la plainte, il n’en précise pas les résultats. Cependant, des médias ont fait état de réunions entre des dirigeants et des employés de l’entreprise. Le journaliste Julián Martínez a publié une vidéo le 19 mai, quelques jours avant le premier tour de l’élection présidentielle, détaillant l’une de ces réunions entre des cadres de Keralty et leurs subordonnés. Selon la vidéo, la réunion s’est tenue à l’hôtel Grand Hyatt de Bogotá, situé rue 26, dans la capitale.

D’après les témoignages cités par Martínez, parmi les personnes présentes à la réunion figuraient José Basaguren, propriétaire de Keralty ; Juan Pablo Rueda, président de la filiale colombienne ; et Fabián Cardona, président d’EPS Sanitas, ainsi que d’autres membres de la direction. Il aurait été avancé lors de cette réunion qu’une éventuelle présidence d’Iván Cepeda entraînerait l’expropriation de l’entreprise et le licenciement massif de ses employés. De plus, ces derniers auraient été incités à obtenir cinq votes pour le candidat Abelardo de la Espriella et à diffuser sur leurs réseaux sociaux une image portant le slogan « Solidaires pour Keralty ».

trino keraltyw

Un autre cas documenté par le ministère du Travail concerne Supergiros, un réseau de transfert d’argent, de paiement et de paris comptant plus de 20 000 points de vente à travers le pays. Dans ce cas précis, des employés de l’agence de Pasto ont déclaré s’être vu offrir une prime de 100 000 pesos pour s’inscrire sur une plateforme de campagne politique de De la Espriella, en fournissant leurs informations personnelles ainsi que celles de dix autres personnes. L’avocat Miguel Ángel del Río a également commenté cet incident. Selon lui, « un coordinateur de Supergiros a contraint plus de 24 membres de son équipe à obtenir du soutien pour "El Tigre" (le surnom de De la Espriella) dans la région ». Les conclusions du ministère du Travail concernant ces allégations de coercition au sein de la société de paris sont toujours en cours d’examen.

Sur les 59 cas recensés, le ministère dispose de confirmations et de preuves de coercition électorale présumée dans 37 d’entre eux, tandis que 22 autres sont en cours de vérification. Parmi ces cas figure la plainte d’un utilisateur de X, qui a signalé sur les réseaux sociaux que le personnel de l’hôpital civil de Pasto subissait des pressions pour voter pour Abelardo. Selon cet utilisateur, un superviseur convoquait plusieurs employés, notamment des aides-soignants, des médecins et des dentistes, employés par le biais de contrats de sous-traitance, pour les avertir que leurs contrats seraient résiliés s’ils ne votaient pas pour Abelardo de la Espriella. Une situation similaire se produirait à l’Institut des neurosciences de la même ville.

À cet égard, il est également important de souligner le cas de Newrest, une entreprise sous-traitante de Cerrejón pour la remise en état du matériel minier. Certains employés de cette entreprise ont affirmé « avec certitude » avoir reçu des menaces de licenciement s’ils votaient pour Iván Cepeda. « Il existe des informations selon lesquelles Cerrejón elle-même aurait menacé ses employés non syndiqués de la même manière, les avertissant qu’ils seraient licenciés s’ils ne votaient pas pour Abelardo de la Espriella », peut-on lire dans le document obtenu par RAYA.

La même plainte allègue que Jorge Figueroa, député élu du parti U, surnommé « Nenón », était à la tête d’une opération présumée d’achat de votes. Il aurait offert 150 000 pesos par vote, avec un acompte de 50 000 pesos et la confiscation de la carte d’identité nationale de l’électeur. « La plainte ajoute que, selon les plaignants, la Police nationale n’intervenait pas car elle aurait reçu de l’argent le jour du scrutin en échange de son silence », précise le document.

Au total, entre les cas avérés et ceux faisant l’objet d’une enquête, le ministère du Travail a recensé 59 cas présumés de coercition électorale au sein d’entreprises privées, répartis dans 16 départements du pays. Cette pratique, devenue un abus de pouvoir, transforme le droit de vote en monnaie d’échange pour obtenir un emploi. Ce chantage, qui a débuté dès le premier tour de l’élection présidentielle, a profité au candidat De la Espriella, mais des plaintes internes révèlent des divisions au sein des entreprises, où les salariés luttent désormais pour leurs droits.

https://revistaraya.com/mas-de-50-empresas-privadas-fueron-denunciadas-por-presionar-a-sus-empleados-para-votar-por-de-la-espriella.html

22/06/2026 01:52 par Alain Harrison

Un texte très révélateur.

Extrait :
« « Enfin, elle justifie son élimination symbolique, juridique ou physique.

C’est la pédagogie du fascisme : fabriquer la peur, construire des ennemis intérieurs, militariser la politique et présenter la violence comme une purification nationale.

De la Espriella n’incarne pas seulement une droite conservatrice, mais une droite du spectacle, de la punition, du ressentiment et de la pulsion autoritaire. » »

Je conseille la lecture (et la diffusion) de :

Tous manipulés tous manipulateurs (chapitre 1 et sur le génocide rwandais) de J.-M. Abgrall.

Psychologie transpersonnelle ( l’épilogue __pile sur le sujet : pulsion autoritaire) de Stanislav Grof.

Mais les connaissances actuelles sur la condition humaine peuvent faire la différence sur le cycle infernal que le texte (l’ultime retour des barbares de Fethi Gharbi) fait ressortir. Lénine soulignait le fait que le monde n’était pas assez civilisé pour le socialisme (?). Alors que notre éducation qui avait connu un bon virage dans les années 60, depuis la dérèglementation des années 80 (Thatcher-reagan), le mode finance se répend au détriment de l’humanisme. Trump est le nouveau réactiveur (l’ultime retour des barbares) N’est-ce pas ! Bien sûr , il y a toujours un prétexte......

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