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1 commentaire
20 août 2007
Crise des crédits immobiliers "subprime" et turbulences financières mondialisées, par Michel Lasserre.
En moins d’une semaine, la BCE a accordé aux banques européennes plus de 220 milliards d’Euros de prêts d’urgence. La dernière opération similaire datait du 12 septembre 2001, et ne s’élevait qu’à 69,3 milliards d’Euros. Les sommes avancées ce mois d’août sont énormes, et leur ampleur ne peut se justifier que par des risques très importants pour les marchés financiers. On entend parler de "crise du crédit", de prêts immobiliers dits "subprime", de faillites de fonds états-uniens spécialisés dans l’immobilier, de baisses des bourses. Des banques de divers pays, dont la France, sont touchés. Que se passe-t-il exactement ? quels sont les mécanismes en oeuvre ? les risques possibles ?
18 août 2007.
Faits et mécanismes en action
a) Crédits "subprimes" et défauts de paiements des emprunteurs.
L’immobilier est un secteur important de l’économie, et plus particulièrement aux Etats-Unis où les prêts hypotécaires sont très développés. En effet, il est courant pour les ménages états-uniens d’emprunter en hypothèquant leur maison, ce qui augmente leurs possibilités de consommation et alimente la croissance nationale. Pour la bonne santé de l’économie américaine, il importe alors de faciliter l’accès à la propriété à des couches de plus en plus larges de la population. Depuis quelques années se sont donc développés des crédits dits "subprimes", adaptés à des ménages modestes
Ces crédits sont accordés par des institutions financières de moins en moins regardantes sur le profil de l’emprunteur. Ils ont un taux d’intérêt très élevé, de 4 à 5 points supérieur au taux normal (prime de risque), et variable en fonction de l’évolution des taux de la FED. Leur remboursement se fait souvent suivant la règle du 2‑28 : deux ans de remboursements très faibles, puis 28 ans à pleine charge. Les montages financiers permettent parfois de prêter jusqu’à 110 % de l’acquisition.
Ces prêts ont connu un grand succès, d’autant plus que les taux d’intérêts de la FED étaient très faibles (inférieurs à 2 % de 2002 à 2004). En 2006, les crédits subprimes représentaient pas moins de 600 milliards de dollars, soit environ 20 % de tous les prêts immobiliers accordés aux Etats-Unis.
A partir de 2005, les taux de la Fed sont montés rapidement pour atteindre 5,25 % à la mi-2006. Les remboursement des crédits ont alors subi d’importantes augmentations, plusieurs centaines de dollars mensuels, et de nombreux ménages emprunteurs ont connu des difficultés de paiements. Près de 1,2 million de prêts immobiliers ont fait défaut en 2006 aux Etats-Unis, soit une augmentation de 42 % par rapport à 2005. Ces défauts de paiements entraînent des mises en vente de logements, et on estime aujourd’hui que plus de 2 millions de foyers américains vont ainsi perdre le leur.
b) Conséquences directes de la crise des crédits subprimes sur l’économie américaine.
Les ventes de logements consécutives à des défauts de paiements ont pour premier effet de saturer le marché de l’immobilier, entraînant une baisse des prix pour la première fois depuis dix ans.
La construction de nouveaux logements ralentit, et les reventes baissent. (en juillet 2007, les mises en chantier ont reculé de 20,9 % sur un an, et les permis de construire de 22,6 %.)
La baisse des prix du marché immobilier diminue les possibilités d’emprunt des ménages voulant hypothéquer leur logement, possibilités déjà altérées depuis deux ans par la hausse des taux.
c) Conséquences sur les marchés financiers.
Les défauts de paiements des crédits subprime retombent en premier lieu sur les établissements financiers spécialisés dans l’immobilier, et dont plusieurs ont déjà fait faillite depuis le début 2007. Seulement, beaucoup de ces titres de crédits ont servi de support pour émettre des obligations [1]qui ont été diffusées dans l’ensemble de la finance américaine et même mondiale. De très nombreux établissements financiers de tous pays possèdent donc une quantité plus ou moins importantes de ces titres. Ils en ont même parfois placés auprès de leurs clients. Cette méthode permet certes de répartir les risques, mais aussi de les généraliser en cas de coup dur.
L’effondrement de la valeur de ces créances engendre des pertes pour les banques, qu’elles sont obligés de provisionner. Ce qui réduit leur possibilités d’offre de crédits.
Comme il est difficile de savoir quelles banques et fonds divers sont concernés, et de quelle importance, la méfiance s’installe et les établissements financiers rechignent à se prêter mutuellement de la monnaie. Le système entre dans une crise du crédit.
Pour trouver des liquidités de plus en plus rares, et dont ils ont de plus en plus besoin, les établissements financiers n’ont guère d’autre choix que de vendre des titres sur les marchés d’actions. La crise du crédit se transmet alors aux bourses internationales. De nombreux fonds ont ainsi vendu des titres sur les bourses mondiales, entraînant une baisse rapide des cours.
d) L’intervention des Banques Centrales.
Une crise du crédit est sans issue si personne ne peut refinancer les banques, c’est à dire leur apporter la monnaie nécessaire à leurs opérations ordinaires. Les Banques Centrales jouent alors le rôle de prêteur en dernier recours, elles se doivent de fournir les liquidités nécessaires pour éviter la paralysie du système financier. C’est ce qu’elles viennent de faire à plusieurs reprises, et recommenceront certainement tant que la situation le justifiera.
Le risque d’une récession.
Les défauts de paiements consécutifs aux crédits subprime ne concernent directement qu’un secteur très limité de la finance mondiale, et même états-unienne. Il y a déjà eu des faillites de fonds, il y en aura peut-être d’autres, des pertes financières seront bien réellement subies par l’ensemble des intervenants sur ce marché du crédit, mais les turbulences de ce mois d’aout finiront bien par s’apaiser moyennant une petite purge des marchés financiers.
La situation est plus délicate au niveau de l’économie états-unienne. La crise des crédits subprimes a porté un coup à l’ensemble du marché immobilier. La baisse des mises en chantiers, la baisse des prix des logements ainsi que la baisse simultanée des possibilités d’emprunts hypothécaires des ménages, ont un impact sur la consommation des ménages et la croissance. Certains analystes n’hésitent pas à parler d’une récession, laquelle pourrait bien évidemment se transmettre à l’ensemble de l’économie mondiale.
L’incohérence d’un système reposant sur la croissance de l’endettement.
Le capital financier dégage des profits dont une partie s’accumule aux capitaux déjà existants. Cette logique d’accumulation est incontournable dans ce système, car si le capital ne peut plus s’accumuler, le système économique et financier entre dans une crise grave. Un rôle essentiel des dirigeants de l’économie capitaliste est donc précisément de permettre au capital de toujours trouver de nouveaux débouchés pour pouvoir rendre possible cette accumulation. Recherche d’autant plus difficile que, depuis une bonne décennie, le capital financier est devenu surabondant par rapport aux besoins de l’économie productive. Un débouché, qui a pris une ampleur importante depuis quelques décennies, est le crédit, et surtout le crédit aux ménages (immobilier et consommation). Ce dernier est particulièrement développé aux Etats-Unis, et Sarkozy souhaiterait qu’il en soit de même en France. La très importante offre de crédit, et la concurrence entre prêteurs qui en découle, pousse ces derniers à être de moins en moins regardant sur les capacités de remboursement des emprunteurs, ceci avec l’aval implicite des autorités publiques.
La montée des crédits aux ménages s’appuie sur une logique économique qui pose question. Les ménages emprunteurs consomment immédiatement, mais les remboursements des emprunts réduisent leurs capacités de consommation future. Le crédit à la consommation favorise donc la croissance économique immédiate, au détriment de la consommation à venir. Comme l’endettement à des limites, le débouché des crédits aux ménages risque de se tarir, laissant place à des défauts de paiements et à un ralentissement de la consommation.
En fixant le niveau des taux d’intérêts, les Banques Centrales ont une lourde responsabilité dans l’extension du crédit. Les taux descendus très bas après septembre 2001 ont certes permis la relance espérée, mais aussi la montée rapide d’une bulle d’endettement dont les crédits subprimes ne sont qu’une partie. C’est précisément pour ralentir cette croissance du crédit, génératrice d’inflation et d’instabilité, que les taux ont été relevés à partir de 2005, avec pour effet pervers d’augmenter les remboursements des crédits déjà attribués. Face à l’essouflement constaté de la croissance, et à la montée des défauts de paiements, on peut penser que les Banques Centrales vont baisser leurs taux dans la période à venir, et favoriser ainsi la croissance des marchés financiers, et le gonflement des bulles de crédit ...
La question qui se pose alors n’est pas seulement celle de la double contrainte que doivent assumer les Banques Centrales, mais surtout celle de la cohérence d’un système économique qui ne doit sa perpétuation qu’au prix d’un endettement toujours croissant.
Michel Lasserre
www.m-lasserre.com
Reproduit avec l’ autorisation de l’ auteur.
A LIRE : Note sur l’éclatement de la bulle immobilière américaine, par Isaac Johsua.
Perspectives pour l’économie mondiale, par Alan Woods.
Immobilier, subprime, crise financière : ce qui avait marché en 1998 semble ne plus marcher ! par Vincent Présumey.
[1] Un établissement de crédit regroupe ses titres de créances immobilières dans un même "panier", et en tire un nombre d’obligations qu’il place sur le marché. D’un total de 50 millions de dollars de créances qui rapportent 9 % d’intérêt, il tirera 250 000 obligations à 200 dollars qu’il pourra placer à 5 %. Il récupèrera alors ses fonds tout en conservant 4 % d’intérêt sur les créances ainsi revendues.
URL de cet article http://www.legrandsoir.info/Crise-des-credits-immobiliers-subprime-et-turbulences.html
5368

> Crise des crédits immobiliers "subprime" et turbulences financières mondialisées, par Michel Lasserre.
21/08/2007 à 17:12, par vladimir
Dans cette crise financiere on ne peut que s’interroger sur l’arrogance ,l’irresponsablité ou la perversité de Greespan (2002/2004) d’avoir instauré et propagé une industrie financiere aussi deregulée que Trichet par esprit de corps et mimetisme n’a jamais remis en cause ;et dont les effets boomerangs n’ont pas fini de nous etonner ?
Jean-Pierre Roth, president de la Banque Nationale Suisse juge "incroyable" le peu de qualité des emprunts immobiliers US.,quand a son collegue de la FED, il risque de porter seul le chapeau :
20/8 : Bernanke sur la sellette
La Fed est mise en cause après avoir effectué une volte-face sous pression. Début août, elle refusait de céder à la panique montante des marchés et réaffirmait que l’inflation restait sa préoccupation première en refusant de baisser son taux directeur.
Dix jours plus tard, elle a fait marche arrière en diminuant de 0,5% le taux des prêts de dernier ressort aux banques, et considère désormais que c’est la récession qui constitue la menace majeure.
Les milieux financiers voient dans ce virage la preuve de l’incompétence de Bernanke qui connait là sa première épreuve du feu.
***
Les crédits accordés par les banques centrales manifestent leur volonté de maitriser la crise, mais de nombreux observateurs doutent de la pertinence de l’outil mis en oeuvre.
Les banques se sont en effet débarassées du risque lié aux défaillances des emprunteurs via la titrisation - les fameux CDO - qui leur ont permis de se mettre à l’abri des aléas des emprunts hypothèquaires qu’elles avaient initiés, en les cédant sous forme de titres dont la valeur est basée sur les remboursements attendus.
Ce ne sont donc plus les banques qui sont les plus exposées, et les facilités de crédit qui leur sont accordées par les banques centrales, si elles rassurent les marchés et ont provoqué un rebond des bourses, ne produisent pas d’effet réel là ou le stress est le plus fort.
En effet, les dérégulations de ces dernières années ont permis à de nombreux établissements financiers de jouer le rôle des banques sans être pour autant soumis à leurs réglementations et obligations.
Les firmes qui interviennent sur le marché monétaire en s’engageant à court terme pour investir à long terme en jouant sur la différence des taux, reçoivent en placement les liquidités des entreprises et les investisseurs. elles jouent de fait le rôle d’établissements bancaires.
Mais ces établissements, jusqu’alors réputés très fiables, ne sont pas soumis à une obligation de dépot auprès des banques centrales, pas plus qu’aux assurances garantissant les déposants en cas de faillite.
Ce sont eux qui, ayant parfois abandonné leurs règles prudentielle qui leur faisait choisir les valeurs sûres des bons du trésor pour investir dans les CDO - bénéficiant d’appréciations imméritées de la part des agences de notation - constituent aujourd’hui l’un des plus grand facteurs d’incertitude et de volatilité de la crise.
Et ceci à deux titres. D’une part à cause de la méfiance qui entoure aujourd’hui les valeurs basées sur les emprunts immobiliers. Et d’autre part, parce que leur structure de fonctionnement, couvrant du long terme par du court terme, les rend structurellement demandeurs d’argent frais, de nouveaux dépots, de nouveaux emprunts en permanence, au fur et à mesure que les précédents dépots à court terme parviennent à échéance - à maturité.
En période normale, ce roulement perpétuel s’effectue sans à-coup. Mais lorsque la peur s’installe, les sources de renouvellement - les liquidités - se tarissent, et ces fonds doivent procéder à des ventes au plus mauvais moment, lorsque personne ne veut acheter autre chose que de la sécurité : entendre des bons du Trésor.
Ces établissements qui ont en ce moment grand besoin de refinancement n’en trouvent pas et sont contraints de vendre dans un marché atone.
Voilà pourquoi, en résumé, l’argent mis sur la table par la Fed à disposition des banques, s’il a un effet psychologique certain, en ne parvenant pas pour autant aux acteurs les plus fragilisés par la crise du crédit à laquelle nous assistons, ne garantit pas la fin des turbulences.
http://contreinfo.info/
L’intervention mediatiquement contreversée de la BCE,n’arrangera rien :
21 août 2007,10:00 La BCE sert 275 milliards d’euros au taux marginal de 4,08%
FRANCFORT (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) a servi mardi 275,0 milliards d’euros de liquidités en résultat de son appel d’offres hebdomadaires, soit 46,0 milliards de plus que le montant qu’elle jugeait nécessaire pour le système bancaire.
Ces fonds ont été alloués au taux marginal de 4,08%, inchangés par rapport à la semaine dernière.
Le taux moyen pondéré de l’opération est ressorti à 4,09% contre 4,10% la semaine passée.
http://www.boursorama.com/
ECO - La BCE retire 35 milliards d’euros du circuit monétaire de la zone euro FRANCFORT (Allemagne), 21 août 2007 (AFP)
21/08/07 - 11:46
La Banque centrale européenne (BCE) a retiré mardi 35 milliards d’euros du circuit monétaire de la zone euro via une opération de refinancement hebdomadaire, après avoir injecté massivement des liquidités ces deux dernières semaines.
La BCE a mis au total 275 milliards d’euros à la disposition des banques, au taux marginal de 4,08% et au taux moyen pondéré de 4,09%. La nouvelle opération prend le relais d’une adjudication de 310 milliards d’euros aux taux marginal de 4,08% et au taux moyen pondéré de 4,10%.
La banque centrale avait annoncé lundi qu’elle allait commencer à retirer progressivement des liquidités pour éponger le surplus engendré par ses récentes injections de liquidités.
La BCE avait mis au cours des deux dernières semaines plus de 200 milliards d’euros sur le marché, alors que les banques commerciales, effrayées par la crise du crédit immobilier à risque aux Etats-Unis, refusaient de se prêter de l’argent entre elles, ce qui avait créé de fortes tensions.
A l’issue de la dernière injection mardi dernier, le président de l’institut, Jean-Claude Trichet, avait estimé que le marché monétaire revenait peu à peu à la normale.
http://www.agefi.ch/
82.***.151.*** #31071
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Si j’étais le président, je pourrais arrêter le terrorisme contre les Etats-Unis en quelques jours. Définitivement. D’abord je demanderais pardon - très publiquement et très sincèrement - à tous les veuves et orphelins, les victimes de tortures et les pauvres, et les millions et millions d’autres victimes de l’Impérialisme Américain. Puis j’annoncerais la fin des interventions des Etats-Unis à travers le monde et j’informerais Israël qu’il n’est plus le 51ème Etat de l’Union mais - bizarrement - un pays étranger. Je réduirais alors le budget militaire d’au moins 90% et consacrerais les économies réalisées à indemniser nos victimes et à réparer les dégâts provoqués par nos bombardements. Il y aurait suffisamment d’argent. Savez-vous à combien s’élève le budget militaire pour une année ? Une seule année. A plus de 20.000 dollars par heure depuis la naissance de Jésus Christ.
Voilà ce que je ferais au cours de mes trois premiers jours à la Maison Blanche.
Le quatrième jour, je serais assassiné.
William Blum #198
Gérard FILOCHE
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