Blade Runner et les poules

Certains Anglais ont du mal à se faire à l’idée que, dans les campagnes françaises, il y a des vaches, des cochons, des poules.

Même dans un village de 1300 habitants du Lubéron il peut subsister quelques spécimens de cette faune rare qu’on appelle les paysans. Pour eux, le Lubéron n’est pas une carte postale, un lieu de villégiature magnifique où l’on se pose trois fois par an en y invitant, autour d’une piscine privative, des amis aussi " people " que soi : c’est une terre âpre, où il faut lutter contre chaque mètre carré de cailloux, où le vent froid hivernal vous glace les os et où le soleil d’été vous assomme quand vous travaillez dans les champs.

Tout cela pour dire que le cinéaste Ridley Scott, qui s’opposait, dans le village d’Oppede, à ce que des paysans construisent un nouveau hangar destiné au stockage des oeufs au motif que les poules sentent mauvais et font cot-cot, a été débouté pour la sixième fois par le tribunal administratif et a été condamné à verser 4000 euros au village au titre des frais de justice.

COMMENTAIRES  

13/12/2009 20:19 par Anonyme

le hangar, c’est pour stocker des oeufs ou des poules dans des conditions industrielles, c’est-à -dire digne des nazis ? C’est des poules en liberté qui pondent ces oeufs ? Et ils ont besoin d’un hangar pour stocker des oeufs ? Où sont les poules alors ?

Attention de ne pas faire l’amalgame entre les paysans (pratiquement disparus) et les agriculteurs qui sont des pollueurs de la planète et ce foutent de la douleur animale. Ces mecs sont désormais des parasites de la planète comme n’importe quel salariés.

13/12/2009 20:34 par legrandsoir

digne des nazis

Hum... faut-il faire ce genre de comparaison, disons, "exagérée" ?

Ces mecs sont désormais des parasites de la planète comme n’importe quel salariés.

Agriculteurs et Salariés, premiers pollueurs de la planète ? N’y aurait-il pas quelques industriels sur la photo des coupables, ainsi qu’un système socio-économique qui encourage, favorise, présente comme "incontournable", le profit à n’importe quel prix ?

15/12/2009 20:45 par Anonyme

Je reviens sur mon commentaire précédent. Je viens de trouver un complément d’info sur CQFD, il semble que ce ne soit pas l’horreur pour les gallinacés mais bon... 1500 volailles, c’est pas rien... Il semble bien en tout cas qu’on ait pas affaire à ce qu’il y a de pire en matière agricole, loin de là même, donc ça répond à mon commentaire précédent. Heureusement pour les volailles !

Un mot quand même sur la réponse du Grand Soir.
En quoi la comparaison est-elle exagérée ? La méthode des camps de la mort nazis et des élevages industriels est la même (d’ailleurs, je me suis laissé dire que les allemands avaient constitué leur chaîne de la mort à partir des abattoirs industriels états-uniens). Ne pas comparer le devenir des humains et des animaux dans le système industriel revient à ne pas comprendre ce qu’est la modernité. Il est de bon ton de ne pas mettre sur le même plan la douleur humaine et animale. Pourtant, dans les deux cas, on a des êtres sensibles. Mais bien plus, ne pas mettre en parallèle ces deux destinées empêche de comprendre que ce qui est en jeu dans la modernité, n’est pas le devenir de la condition humaine mais bien plutôt celui de la vie. Cette dernière est menacée par le mouvement d’artificialisation que lui fait subir la modernité d’essence fasciste que nous vivons.

Comprendre l’actuel retour du fascisme (qui, en fait, n’est jamais parti), c’est aussi se pencher sur la condition animale.

Pour la deuxième remarque du Grand Soir, c’est vrai, tout à fait d’accord, bien sûr. C’est bien tout un système et l’élite qui va avec qui nous rendent inhumain. Nous (les peuples) sommes devenus les outils des parasites (les bourgeois).
Mais en observant les agriculteurs, il me vient une réflexion : les esclaves seront la première menace pour ceux qui s’attaqueront aux maîtres.

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