Caravane pour le droit bloquée au pont Allenby, par UJFP.

COMMUNIQUÉ DE PRESSE n°63 de l’UJFP

LA PROTESTATION DE L’UNION JUIVE FRANCAISE POUR LA PAIX CONTRE LE BLOCAGE PAR ISRAEL DE LA CARAVANE POUR LE DROIT


ISRAEL SE DESHONORE EN INTERDISANT TOUT ACCES A LA CARAVANE DE LA PAIX


A nouveau, nous réprouvons vivement l’attitude des autorités israéliennes face à toute action qui conteste l’occupation militaire des territoires palestiniens.

L’Etat d’Israël fait preuve d’une obstination honteuse en refusant l’entrée en Cisjordanie, territoire qu’il occupe, à la « Caravane du Droit, Caravane pour la Palestine », partie du parvis du Parlement Européen à Strasbourg le 4 juillet. Ainsi se résume l’attitude de Tel-Aviv face à toute action menée contre le Mur, où Israéliens, Palestiniens et volontaires internationaux manifestent contre la destruction de la société palestinienne et contre la liquidation des perspectives d’un Etat palestinien viable. En guise d’argument politique, le gouvernement Sharon-Pérès répond par l’arrogance militaro-policière, comportement classique de toute domination coloniale. Comme tout régime que nie les droits des peuples colonisés, le pouvoir israélien étale sa force, sans comprendre que cette oppression n’a pas de lendemain, même pour les oppresseurs.

Nous condamnons le refus d’Israël de laisser passer la caravane, et plus généralement nous exigeons qu’il respecte le droit international, dont la 4ème convention de Genève. Ceci implique le retrait complet des territoires occupés. En effet, il n’y a pas que Gaza (dont nous ne nous faisons d’ailleurs pas d’illusion sur la nature du retrait) : il reste à évacuer la Cisjordanie et Jérusalem-Est. Sans oublier de rapatrier les colons, de démanteler le Mur et de mettre fin à toute entrave à la constitution d’un Etat palestinien viable, indépendant et souverain sur l’ensemble des territoires occupés depuis 1967.

Nous saluons la lutte commune des Israéliens, des Palestiniens et des volontaires internationaux en faveur du droit à l’autodétermination du peuple palestinien. Nous exhortons l’Etat d’Israël à respecter l’avis de la Cour Internationale de Justice en démantelant le Mur, en arrêtant toute nouvelle construction en territoire occupé et en dédommageant les nombreux habitants palestiniens qui ont subi un préjudice.

Nous sommes favorables à l’envoi d’une force internationale pour la protection du peuple palestinien et à l’application des sanctions contre l’occupation israélienne, et notamment un embargo sur tout investissement servant l’appareil de répression coloniale.


COMMENTAIRES  

10/08/2005 22:59 par Anonyme

Oui à l’autodétermination du peuple palestinien ! Mais...

les querelles internes font rage entre l’Autorité Palestinienne et le Hamas radical :

"Farouk Qaddoumi, président du Comité central du Fatah et représentant de la
tendance "dure" opposée à Mahmoud Abbas, a déclaré au quotidien libanais
Daily Star depuis Tunis où il réside : "je crois à la résistance, pas à la
négociation". Qaddoumi, qui compte s’installer à Gaza après le retrait
israélien, cherche à constituer une "armée populaire" du Fatah. Pour
certains représentants de l’Autorité palestinienne, "il y a déjà trop de
groupes palestiniens armés". Pour eux, il s’agirait surtout pour Qaddoumi de
former un groupe armé opposé à la politique de Mahmoud Abbas (Daily Star, 30 juillet)

Extrait d’un article paru dans Haaretz :

"Nasser Youssouf, ministre de l’Intérieur palestinien, recevait l’ordre de mobiliser ses services contre quiconque violerait le cessez-le-feu. Le bilan de l’opération (échanges de tirs avec les brigades du Hamas, tirs de roquettes contre des véhicules blindés de l’Autorité palestinienne, 3 jeunes gens tués, 45 blessés dont 15 des services de sécurité palestiniens) n’est pas particulièrement glorieux. Mais du point de vue de Mahmoud Abbas, l’objectif de l’opération était de montrer aux Américains qu’ils ont affaire à un dirigeant sérieux, courageux et déterminé.

article de Haaretz en anglais

traduction en français LPM

L’UJFP devrait se pencher activement sur ce qu’il se passe sur le terrain, notamment à Gaza et décider qui soutenir pour que la paix soit instaurée et l’état palestinien reconnu. On ne peut pas continuer à écrire LES palestiniens, comme LES israéliens. Il y a les jusqu’auxboutistes, le Hamas, les colons,... et les partisans de la paix, d’un côté et de l’autre.

15/08/2005 23:06 par Allo

Il est intéressant de lire le site officiel de la Caravane, par exemple ce CR-ci :

http://caravane.palestine.free.fr/article.php3?id_article=72

Y a-t-il eu dès le départ intention israélienne de refouler les 130 caravaniers ? Non. Extraits :

"le car qui transporte environ 60 personnes passe et se trouve isole de l’autre cote. Reste les voitures et camping cars sur le pont"

"1ere proposition des Israeliens : les voitures passeront une a une et seront fouillees (duree annoncee : 1h par vehicule). Il nous aurait fallu au moins 3 jours pour tous passer. Refus de notre part car nous voulons rester tous ensemble"

"2eme proposition : "Israel veut vous aider, laissez vos vehicules en Jordanie et monter dans un bus pour passer tous ensemble ou alors vous passez au goutte a goutte avec les voitures". Cacophonie et AG jusqu’a midi (...)"

"Israel profite du cafouillage general et nous pose un ultimatum de 5 min : soit vous passer en bus en laissant vos voitures en Jordanie soit personne ne passe"

"De plus, il faut gerer les passagers du car qui refusent le controle des passeports tant que toute la caravane n’est pas au complet"

***

CMI Marseille a ouvert son site à d’autres témoignages qui montrent une Caravane divisée, pas très cohérente, et a priori plutôt agressive envers le "poste frontière illégal", extraits :

http://marseille.indymedia.org/

"Arrive une info depuis le pont : Il a été décidé à l’unanimité sur le pont que nous devions passer, certains laissent leurs voitures et nous rejoignent. Bien que trouvant cette unanimité suspecte et en trainant des pieds au maximum pour certains, nous remettons nos passeports. Une série d’interrogatoires commence. Plusieurs caravaniers turques sont refoulés d’office car n’ayant pas de visa, de même que plus tard deux caravaniers bulgares"

"le groupe du pont est resté très divisé, certains sont restés sur le pont avec les voitures et il n’y a eu aucune unanimité pour nous dire de passer. J’ai encore plus les nerfs"

"Une caravanière espagnole prend l’initiative : elle s’asseoit et clame qu’elle ne bougera pas, qu’elle n’obéit pas aux hors la loi"

"L’espagnole qui a lancé la chaine reste couchée au sol. Elle est emmenée par des caravaniers"

"Arrivée de l’armée ; très nombreux, très jeunes, non-armés. Il commencent à nous refouler vers le bus"

Ces CR donnent (involontairement !) une image un peu moins "blanc-noir" de la situation.

Ajoutons que, selon un CR paru sur CMI Marseille, 13 caravaniers au moins sont ensuite entrés en Israël et dans les territoires.

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