En défense du Rojava

Ces jours-ci, le Rojava — cœur du Kurdistan-Syrien — et son projet politique progressiste subissent une offensive militaire brutale menée par les gouvernements de la Turquie d’Erdogan et du gouvernement de transition syrien. Ce conflit n’est pas une guerre communautaire, mais l’affrontement de deux visions politiques : d’un côté, des régimes autoritaires, centralisateurs et répressifs ; de l’autre, une alternative démocratique, décentralisée, féministe et inclusive, portée par l’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie (AANES).

Depuis plus de dix ans, le Rojava incarne une révolution sociale et politique unique au Moyen-Orient, un modèle de résistance et de laïcité. Les Kurdes y ont construit une société où la laïcité n’est pas un simple principe, mais une pratique quotidienne : égalité entre les genres, cogestion des institutions, respect des minorités ethniques et religieuses, et éducation libérée des dogmes. Ce modèle, né de décennies de Résistance, propose une société où tous, Arabes, Kurdes, Chrétiens, Yézidis, Alaouites et Druzes,... vivraient ensemble, libres et égaux.

Depuis janvier 2026, les forces des gouvernements syrien et turc, soutenues par des milices islamistes, ciblent délibérément les zones kurdes : Alep (quartiers de Cheikh-Maqsoud et Achrafieh), Kobané et la région de Djézireh. Les attaques visent les civils, les infrastructures essentielles (eau, électricité), et s’accompagnent de risques de nettoyage ethnique.

Pendant ce temps, les puissances occidentales, en quête d’intérêts économiques et géostratégiques, ferment les yeux : l’Union européenne verse des centaines de millions d’euros à Damas, tandis que les États-Unis abandonnent les Forces démocratiques syriennes (FDS), pourtant hier alliées dans la lutte contre Daech.

Le silence international est complice. En légitimant un régime qui intègre des djihadistes dans son armée et réprime les minorités, en fermant les yeux sur les crimes du régime d’Erdogan, l’Occident sacrifie les droits humains sur l’autel du réalisme. Pourtant, la laïcité défendue par les Kurdes — cette Séparation entre religion et pouvoir politique — est précisément ce qui garantit la coexistence pacifique. C’est aussi ce qui menace les régimes théocratiques et les dictatures de la région qui, ici, s’allient contre le Rojova.

La Fédération Nationale de la Libre Pensée réaffirme son soutien à la lutte menée au Rojava, demande que la solidarité internationale s’engage pour la protection des civils, le rétablissement des services vitaux à Kobané, et un corridor humanitaire. Nous dénonçons le soutien à des régimes criminels.

Le Rojava n’est pas seulement une cause kurde : c’est un espoir pour tous ceux qui croient en une société plurielle, laïque et démocratique.

En France, en Europe, partout où la liberté a un sens,
Mobilisons-nous !

 https://fnlp.fr/2026/02/contre-la-guerre-le-colonialisme-et-loppression/

COMMENTAIRES  

07/02/2026 12:56 par Viktor Dedaj

Sans être un spécialiste... Leur communication ressemble étrangement à celle de Forces armées israéliennes (mise en avant de femmes combattantes...) et leurs alliances semblent très fluctuantes. Fausse impression ?

07/02/2026 18:14 par act

Un peu court cher camarade Dedaj : le PYD et le PKK, dont des mouvements communistes, en lutte armée depuis des plombes contre la Turquie d’Erdogan et ses prédécesseurs, puis/et par période contre la Syrie de Bachar (avec qui ils ont régulièrement trouvé des accords) mais surtout contre les islamistes de daech, etc. Ils ont effectivement et provisoirement bénéficié d’un soutien limité des US, qui y voyaient un moyen de nuire à Bachar, puis une manière de contenir leurs frankenstein islamistes partis en free-style, là aussi très provisoirement. Chaque fois que j’ai pu demander à un ou une Kurde où était la cohérence entre leur communisme conseilliste et un soutien de l’empire la réponse était la même : "Ils nous ont proposé des armes, sans conditions, nous les avons acceptés. Tu as un autre fournisseur à nous proposer ou une autres solution pour nous protéger des attaques turques et/ou islamistes ?"
Dans l’absolu la détermination et le courage des militants communistes Kurdes sont impressionnants, particulièrement quand on connait le sort que leur réserve leurs ennemis, ce même quand ils et elles sont réfugiés dans nos pays où ils se font régulièrement assassiner ou enlever.
Et ce n’est pas qu’ils mettent les femmes combattantes en avant, ce sont nos médias officiels et alternatifs qui le font (voir leur propre communication) mais c’est juste un fait objectif et visible, plus qu’ailleurs, les femmes kurdes prennent les armes, c’est presque devenu une tradition, le fait qu’elles sont souvent les survivantes d’une famille complète ou d’une fratrie et le sort que leur réserve les islamistes et/ou les turques n’y sont pas étranger.

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