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Haïti : Toute honte bue !

Yvon Pierre


Dérive... Si nos chefs savaient... Pathétique… Pour ne pas perdre le nord... Demokrasi a nan dlo... : nos éditocrates se sont enflammés.

Véritable bousculade dans le poulailler pour le "qui dit mieux ?”. Ils peuvent donc s’enorgueillir d’avoir fait leur boulot.
Professionnalisme exige !

Dans cette danse macabre du cynisme orchestrée par le prezidan konpa, "danseurs de carrière", rat do kale, novices, yonn apre lòt, vin pouse yon son, vin rale de pa. De plein gré ! Pendant que le Titanic coule, les lavettes qu’ils sont, essaient donc de déplacer des chaises : eulogies, élucubrations ubuesques. Evans Paul (Alternative) qui supplie le prezidan de se ressaisir croit qu’une excuse (à qui ?) serait un bon moyen de désamorcer la crise. Victor Benoit (Fusion) confesse avoir cru un moment en Sweet Micky. Sauveur Pierre Étienne (OPL) n’est pas inquiet outre mesure ayant chargé Andris Riché, son « Sage » au Sénat, de faire avorter le vote de censure. Théodore Achille, yon potomitan « ressuscité » de la dictature duvaliériste, croit que le député Bélizaire et le président Martelly qu’il encense au passage se sont retrouvés dans une situation voisine d’un mutuus dissensus « dissentiment mutuel », d’où un tort réciproque. Lucien Jura porte-parole de la présidence avance que "ce qui est, c’est qu’il incombe au pouvoir judiciaire le droit de la poursuite et qu’il l’a exercé...". Le sénateur Joseph Lambert (Inite) s’oppose au démembrement (sic) du gouvernement. Kébreau Zamor, le substitut du commissaire du gouvernement près de la Cour d’Appel (boulgr... du ministre Josué Pierre-Louis), rappelle que l’acte que les sénateurs vont poser sera anticonstitutionnel. Et Daly Valet (Le Matin), qui "espérait avec Martelly une nouvelle phalange de dirigeants corrects, intègres et modernes..." a tranché : « incartade puérile et parlement insensé ! » Pathétique, non ? Il nous faut, Valet, non la lanterne de Diogène qui vous suffirait, mais bien Diogène lui-même.

Sweet Micky, avec son clan et sa classe, ne cesse de claironner sur tous les tons, sur tous les toits et toutes les tribunes sa nostalgie de l’ère duvaliériste qu’il s’entête/s’attèle à vouloir restaurer. Retour à une dictature que les pays dits amis ont soutenue 29 années durant sans aucun état d’âme.

Quand ils décidèrent de partir en catastrophe avec Jean-Claude Duvalier, leur protégé et complice, c’était tout simplement pour court-circuiter le mouvement populaire. La finalité : perpétuer le système, avec un duvaliérisme sans Duvalier. Ils tenteront par la suite différentes formes de gouvernement militaire, avant d’en arriver à leur parodie de la démocratie occidentale, une démocratie virtuelle.

‘‘La démocratie virtuelle a une base formelle dans le vote des citoyens, mais le processus de décision politique, au moins concernant les domaines importants, est isolé de la participation et du vote populaires. Il s’agit de maintenir une démocratie de façade, et de déplacer la réalité du pouvoir vers de nouveaux centres isolés de toute influence populaire. Amorcée de longue date, la dynamique de « virtualisation » démocratique s’opère à travers : l’effeuillage du pouvoir de l’État central vers le haut en direction d’instances supranationales et vers le bas par la décentralisation ; la prise en compte d’acteurs dits « apolitiques » complices ou simplement manipulés’’. [1]

L’on peut donc comprendre aisément pourquoi nos maudits ‘‘pays amis’’ et leurs restavèk locaux n’acceptent la ‘‘démocratie’’ que lorsque les électeurs votent comme ils le souhaitent. À ceux qui se sont imposé une dictature du silence et de l’oubli nous rappelons le 29 novembre 87 et le 30 septembre 91...

Hérold Jean-François rele ‘‘anmwe Demokrasi a nan dlo !’’. Ki demokrasi ? Li mande ‘‘kote fanm ak gason vanyan, òganizasyon peyizan, ti legliz yo... elatriye’’. N ap di li, -kòm li sanble bliye- : Gen plis pase 20.000 ladan yo FRAPH te touye, plis pase 90.000 ki te pran lanmè pou yo, plis toujou sila yo pyès moun serye nan peyi a pa janm konn kote yo pase yo... Se avèk yo Charlot Jacquelin, Antoine Izméry, Jean-Marie Vincent, Ti Jean Pierre-Louis, Jean Dominique.... ta p mennen lit la. E tousa, se san nou pa konte pil ak pakèt lòt viktim Jan Rabel, Pyat elatriye... Se tout gason ak fanm vanyan sa yo "Morally Repugnant Elite" la (elit mal pou wont la) te rele ‘‘la populace’’ la, se menm yo menm nan li rele ‘‘chimè’’ koulye a.

Ce peuple là devrait être la dernière chose dont cette ‘‘Elite’’ puisse avoir besoin aujourd’hui. Que ne fait-elle appel à ses alliés naturels (habituels) ? Sak te gen tan gen la a !...

Hérold Jean-François di : « Nou pa vle kwè nou ka rale yon bak prèske 26 lane »... Èske se pa jisteman kont bilan 26 ane sa a Sipèsta Micky te fè kanpay ! Kote ou te ye ? Kisa ou te kwè, zanmi ?

Apre dans tanbou lou. Quant à la « populace », elle en a vu bien d’autres. Li se wozo. Fèl konfyans, ti mal ! Tren Makdonal te di pase sa ; Labou Kwabosal te kase fe l.

Yvon Pierre.

[1] Bernard Conte : Pouvoir néolibéral et démocratie virtuelle

source : Haiti-Progrès 16-22 novembre 2011

URL de cet article 15233
http://www.legrandsoir.info/haiti-toute-honte-bue.html
 
LA TYRANNIE DU BIEN VIEILLIR
Martz Didier, Michel Billé
La tyrannie du Bien Vieillir, voilà bien un paradoxe ! Il faut être un peu iconoclaste pour aller s’en prendre à une si belle idée, qui fait si largement consensus : « bien vieillir ». Bien vieillir, qui pourrait être contre ? Qui ne le souhaiterait pas pour soi-même et pour autrui ? Qui oserait affirmer préférer vieillir mal ? C’est que le désir de bien vieillir de chacun sans trop d’inconvénients est devenu un slogan qui anime les cercles politiques, court dans les maisons de retraite, envahit les (...) Lire la suite »
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SUITE A LEUR CENSURE CONTRE WIKILEAKS


 
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Jolie-môme

« Si le Président se présente devant le Peuple drapé dans la bannière étoilée, il gagnera... surtout si l’opposition donne l’impression de brandir le drapeau blanc de la défaite. Le peuple américain ne savait même pas où se trouvait l’île de la Grenade - ce n’avait aucune importance. La raison que nous avons avancée pour l’invasion - protéger les citoyens américains se trouvant sur l’île - était complètement bidon. Mais la réaction du peuple Américain a été comme prévue. Ils n’avaient pas la moindre idée de ce qui se passait, mais ils ont suivi aveuglement le Président et le Drapeau. Ils le font toujours ! ».

Irving Kristol, conseiller présidentiel, en 1986 devant l’American Enterprise Institute

Le 25 octobre 1983, alors que les États-Unis sont encore sous le choc de l’attentat de Beyrouth, Ronald Reagan ordonne l’invasion de la Grenade dans les Caraïbes où le gouvernement de Maurice Bishop a noué des liens avec Cuba. Les États-Unis, qui sont parvenus à faire croire à la communauté internationale que l’île est devenue une base soviétique abritant plus de 200 avions de combat, débarquent sans rencontrer de résistance militaire et installent un protectorat. La manoeuvre permet de redorer le blason de la Maison-Blanche.

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