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Il faut s’attendre à des vagues de chaleur « hors du commun » partout dans le monde

Lorène LAVOCAT

« Les vagues de chaleur augmentent en intensité et en fréquence à cause du dérèglement climatique », selon un rapport scientifique. Et leur force, notamment aux États-Unis, surprend même les chercheurs. Qui préviennent qu’aucune zone géographique ne sera épargnée.

Après que l’Amérique du Nord s’est embrasée sous un dôme de chaleur inédit, le Maghreb et bientôt l’Espagne suffoquent. Dans le Sahara algérien, à Béni Abbès, il a fait 48,6 °C le 1er juillet, puis 48,7 °C le 2 juillet. Des vagues caniculaires ont également balayé la Russie, le Pakistan ou l’Inde. Autant de tristes records auraient-ils été battus dans un monde moins carboné ? Non, répondent sans hésitation les scientifiques du World Weather Attribution (WWA) (1).

Il leur aura fallu moins d’une semaine pour le prouver, statistiques et modèles à l’appui. « Les records de température observés au Canada et aux États-Unis auraient été presque impossibles sans le changement climatique », ont conclu les chercheurs, mercredi 7 juillet. Reporterre revient en détail sur l’état des connaissances actuel quant aux liens entre dérèglement du climat et chaleur extrême.

1. Quel rôle joue le changement climatique dans les vagues de chaleur ?

« Les vagues de chaleur augmentent en intensité et en fréquence, à cause du dérèglement climatique, dit à Reporterre Robert Vautard, directeur de l’Institut Pierre-Simon Laplace et coauteur de l’analyse du WWA. Il n’y a aucun doute là-dessus. » Plus précisément, dans le cas de l’épisode ouest-américain, « le changement climatique d’origine humaine a rendu cette vague de chaleur 150 fois plus probable », ont calculé les chercheurs. À l’inverse, sans gaz à effet de serre additionnel dans notre atmosphère, de tels pics ne se produisent qu’une fois tous les mille ans. Voilà pour la fréquence.

Côté intensité, « ces canicules se sont réchauffées de 4 °C depuis le début du XXe siècle », expliquait M. Vautard dès 2019. Ainsi, précisait-il, « on assiste à un décrochage entre, d’un côté, la température moyenne de l’atmosphère, qui a augmenté de 1,5 °C en cent ans, et celle des événements extrêmes, dont l’augmentation est beaucoup plus forte et plus imprévisible ».

De fait, les chercheurs ont été particulièrement surpris par les records atteints dans l’ouest de l’Amérique du Nord la semaine dernière : même les modèles climatiques les plus avancés n’avaient pas « prévu » une hausse du mercure de cette amplitude. « De tels niveaux de chaleur dans cette région sont tout simplement extraordinaires, a déclaré Geert Jan van Oldenborgh, membre du WWA et de l’Institut royal météorologique des Pays-Bas, lors d’une conférence de presse le 7 juillet. Cela soulève de sérieuses questions quant à savoir si nous comprenons vraiment comment le changement climatique rend les vagues de chaleur plus chaudes et plus meurtrières. »

« On n’est pas censés battre des records de température de 4 ou 5 °C, a aussi souligné Friederike Otto, chercheuse à l’université d’Oxford. Il s’agit d’un événement tellement exceptionnel que nous ne pouvons pas exclure la possibilité que nous connaissions déjà aujourd’hui des extrêmes de chaleur qu’on avait prévus uniquement pour des étapes plus avancées du réchauffement climatique. »

Le lien entre dérèglement du climat et chaleur extrême est donc irréfutable. Néanmoins, les chercheurs peinent encore à en comprendre les mécanismes. « La sécheresse préexistante et les conditions inhabituelles de la circulation atmosphérique, connues sous le nom de “dôme de chaleur”, se sont combinées au réchauffement climatique pour créer ces températures très élevées », ont avancé les chercheurs. Autrement dit, ce qui s’est passé au Canada relèverait d’un « événement rare qui s’est produit en grande partie par hasard », accentué par la hausse du thermomètre.

« Les plantes ferment leurs stomates pour conserver leur eau, et limitent ainsi fortement leur évapotranspiration. » Pixabay/CC/_Zan_

Les experts avancent une autre hypothèse. « Il se peut que nous ayons franchi un seuil dans le système climatique où une petite quantité de réchauffement supplémentaire fait augmenter de manière importante les températures extrêmes », selon Dim Coumou, membre du WWA et chercheur à l’Institut royal météorologique des Pays-Bas. En clair : passé une certaine température, de nouveaux processus pourraient se produire, qui aggraveraient la canicule. « Lors de chaleurs extrêmes, les plantes ferment leurs stomates pour conserver leur eau, et limitent ainsi fortement leur évapotranspiration, illustre M. Vautard. Le problème, c’est que l’évapotranspiration “rafraîchit” l’atmosphère... Sans elle, toute l’énergie du soleil est retransmise sous forme de chaleur. » Le système climatique s’emballerait donc dans un cercle vicieux délétère. Ces mécanismes sont encore peu connus et font l’objet de recherches approfondies.

2. Les « dômes de chaleur » sont-ils liés au réchauffement climatique ?

On a beaucoup parlé du « dôme de chaleur » qui a étouffé le nord-ouest du continent américain. Il s’agit en fait d’une masse d’air chaud stagnante, comme l’a expliqué le climatologue d’Environnement Canada David Phillips : « Un dôme thermique de haute pression au-dessus de certaines parties de l’ouest crée un effet comparable à celui d’un couvercle qu’on poserait sur de l’eau bouillante. » Ce phénomène, aussi appelé anticyclone de blocage, « n’est pas inhabituel » dans cette partie du monde, ont rappelé les experts du WWA.

Le changement climatique ne serait donc pas à l’origine de tels événements, mais il les amplifierait, à la manière d’un produit dopant. « Le changement climatique agit comme des stéroïdes sur la météo. Si un sportif fait de bonnes performances et qu’il se met à prendre des stéroïdes, alors ses performances seront accrues par rapport à ce qu’il faisait auparavant », a déclaré le climatologue anglais Zeke Hausfather à l’AFP.

Là encore, il se pourrait que le dérèglement climatique joue un rôle plus important que supposé : « Des recherches récentes suggèrent que le changement climatique augmente les chances de voir apparaître de tels systèmes de haute pression stagnants en été, en raison de l’affaiblissement du courant-jet estival », ont avancé les chercheurs du WWA. Le courant-jet ou jet stream est un courant d’air très puissant qui, à la manière du Gulf Stream océanique, influence la météo. Et ce « fleuve aérien » serait affaibli, « ralenti » en d’autres termes, à cause de l’augmentation rapide des températures au pôle Nord. D’où des masses d’air plus stagnantes.

3. L’Europe pourrait-elle connaître de telles vagues caniculaires ?

« Le phénomène qui a touché l’ouest du Canada nous montre qu’il est possible d’atteindre 50 °C à 50° de latitude Nord, avertit Robert Vautard. 50° Nord, c’est la latitude de Lille. » Pour tous les chercheurs, il faut désormais s’attendre à subir des vagues de chaleur « hors du commun », partout dans le monde. « Aucune zone géographique ne semble épargnée, a rappelé Mme Otto. Seulement, on parle plus des records de chaleur quand ils concernent l’Amérique du Nord que quand ils frappent le Pakistan, l’Iran ou certains pays africains. »

Dans leur étude, les scientifiques du WWA estiment aussi que « si la planète se réchauffe de 2 °C, un événement comparable sera en moyenne 1 °C plus chaud que la vague de chaleur observée en juin ». Et même si le réchauffement climatique était limité à 2 °C, une telle vague de chaleur pourrait se reproduire tous les cinq à dix ans.

« Les canicules sont arrivées en tête du palmarès mondial des catastrophes les plus meurtrières en 2019 et 2020 », a prévenu Maarten van Aalst, du Centre climatique de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, et partenaire du WWA. Au Canada, au moins 134 personnes sont mortes entre vendredi 25 juin et mercredi 30 juin et des incendies ont éclaté dans la région. Publiée fin mai 2021 dans la revue Nature Climate Change, une étude a montré que le changement climatique a été responsable d’une mort sur trois liée à la chaleur, entre 1991 et 2018. En France, cela représente 215 décès chaque année dans dix-huit villes françaises pendant la période estivale.

C’est pourquoi, tout en exhortant les gouvernants à réduire les émissions de gaz à effet de serre, les chercheurs du WWA ont souligné l’importance de l’adaptation. « Il faut des plans locaux de prévention et d’action face aux vagues de chaleur, car beaucoup de gens ne savent pas comment se comporter quand le mercure grimpe, a précisé M. van Aalst. Il faudrait notamment augmenter le nombre d’espaces verts. Une meilleure sensibilisation, des systèmes d’alerte précoces, mais aussi la disponibilité de centres de refroidissement (“cooling centres” )(2) sont également essentiels. »

Notes

[1] Ce groupement de chercheurs international cherche à faire le lien entre événements climatiques extrêmes et changement climatique. Si chaque événement séparément ne peut pas être lié directement au changement climatique, il est possible de montrer qu’il augmente leur fréquence.

[2] Les centres de refroidissement sont des lieux d’accueil au frais, éventuellement climatisés.

Lorène Lavocat (REPORTERRE)

 https://reporterre.net/Il-faut-s-attendre-a-des-vagues-de-chaleur-hors-du-commun-partout-dans-le-monde

COMMENTAIRES  

17/07/2021 09:20 par Dominique

Nous avons donc les meilleurs experts de la planète qui nous disent que leurs modèles ne sont pas fiables et qui usent le conditionnel pour faire des prédictions qui reposent sur des modèles pas fiables... Plus sérieusement, le réchauffement climatique est indéniable, tout comme le fait que le massacre du vivant continue d’accélérer avec chaque nouvelle technologie capitalo-industrielle, même celles faussement qualifiées de durables. Nous avons aussi un gaz à effet de serre mineur, le CO2, qui serait la cause principale du réchauffement climatique. Très pratique pour nous cacher les vraies raisons et doper le green washing bassement mercantile dont les nouvelles technologies contribuent toutes à accélérer les problèmes environnementaux.

Cela fait depuis Gilgamesh, ce tyran sumérien, que pour construire la civilisation, nous ne trouvons rien de mieux à faire que de raser la forêt. Aujourd’hui, la seule infrastructure de la civilisation techno-industrielle est la cause principale de l’extermination du vivant. Un arbre pousse, le génie civil terrasse. Un arbre fait de l’ombre, une construction, comme le soleil est de très loin la plus grosse source de chaleur sur cette planète, hé bien une construction fait du chaud. Un arbre abrite une multitude de formes de vie, il paraît que même l’homme en descend c’est tout dire...

Ce mode de vie qui consiste à raser la forêt a été globalisé de force lors des colonisations pour ensuite être industrialisé de force. Aujourd’hui, ça donne ça : https://www.partage-le.com/2021/06/13/contre-technomonde-vegan-decarbone-par-philippe-oberle/ une société où les meilleures initiatives de lutte contre la course au suicide du techno-capitalisme sont tellement bien récupérées et travesties par le système qu’elles ne font que contribuer au désastre.

« Nous sommes en l’an 10 000, à peu près, après l’a­vè­ne­ment de la civi­li­sa­tion, il fait 50°C au Cana­da, bien­tôt 20°C au pôle sud, lacs, mers et océans sont inexo­ra­ble­ment rem­plis de plas­tiques, de métaux lourds et de sub­stances chi­miques toxiques en tous genres, tout comme les sols de la pla­nète et les corps des êtres vivants (humains y com­pris), les der­nières forêts conti­nuent d’être abat­tues, l’at­mo­sphère d’être enri­chi de gaz à effet de serre et de pol­luants en tous genres, les espèces vivantes d’être exter­mi­nées, des ani­maux non-humains d’être repro­duits et mas­sa­crés en masse, les inéga­li­tés sociales de croître furieu­se­ment, le patriar­cat d’op­pri­mer femmes, enfants et – dans une moindre mesure – hommes, la béto­ni­sa­tion de s’é­tendre en étouf­fant la pla­nète, les der­niers peuples autoch­tones d’être détruits, l’a­gri­cul­ture indus­trielle de rava­ger les terres, et les imbé­ciles de croire qu’une autre civi­li­sa­tion tech­no-indus­trielle, bio, durable et équi­table (démo­cra­tique) pour­rait exis­ter, que par le vote (seul et der­nier ersatz d’in­fluence, de pos­si­bi­li­té de par­ti­ci­per à (un peu) orien­ter le fonc­tion­ne­ment de la socié­té à la dis­po­si­tion des citoyens) un monde meilleur pour­rait adve­nir.Nous sommes en l’an 10 000, à peu près, après l’a­vè­ne­ment de la civi­li­sa­tion, il fait 50°C au Cana­da, bien­tôt 20°C au pôle sud, lacs, mers et océans sont inexo­ra­ble­ment rem­plis de plas­tiques, de métaux lourds et de sub­stances chi­miques toxiques en tous genres, tout comme les sols de la pla­nète et les corps des êtres vivants (humains y com­pris), les der­nières forêts conti­nuent d’être abat­tues, l’at­mo­sphère d’être enri­chi de gaz à effet de serre et de pol­luants en tous genres, les espèces vivantes d’être exter­mi­nées, des ani­maux non-humains d’être repro­duits et mas­sa­crés en masse, les inéga­li­tés sociales de croître furieu­se­ment, le patriar­cat d’op­pri­mer femmes, enfants et – dans une moindre mesure – hommes, la béto­ni­sa­tion de s’é­tendre en étouf­fant la pla­nète, les der­niers peuples autoch­tones d’être détruits, l’a­gri­cul­ture indus­trielle de rava­ger les terres, et les imbé­ciles de croire qu’une autre civi­li­sa­tion tech­no-indus­trielle, bio, durable et équi­table (démo­cra­tique) pour­rait exis­ter, que par le vote (seul et der­nier ersatz d’in­fluence, de pos­si­bi­li­té de par­ti­ci­per à (un peu) orien­ter le fonc­tion­ne­ment de la socié­té à la dis­po­si­tion des citoyens) un monde meilleur pour­rait adve­nir. » Nicolas Casaux sur https://www.partage-le.com/2021/07/07/pourquoi-il-faut-tout-critiquer-par-nicolas-casaux/

17/07/2021 10:07 par Xiao Pignouf

Ah bah, merdouille ! Nous, on se caille les miches en Aveyron, en plein mois de juillet !

17/07/2021 10:12 par Xiao Pignouf

C’est pourquoi, tout en exhortant les gouvernants à réduire les émissions de gaz à effet de serre, les chercheurs du WWA ont souligné l’importance de l’adaptation. « Il faut des plans locaux de prévention et d’action face aux vagues de chaleur, car beaucoup de gens ne savent pas comment se comporter quand le mercure grimpe, a précisé M. van Aalst. Il faudrait notamment augmenter le nombre d’espaces verts. Une meilleure sensibilisation, des systèmes d’alerte précoces, mais aussi la disponibilité de centres de refroidissement (“cooling centres” )(2) sont également essentiels. »

(...)

[2] Les centres de refroidissement sont des lieux d’accueil au frais, éventuellement climatisés.

Je me demande si l’auteure se rend bien compte de la dichotomie (restons courtois !) entre le propos de son article et le fait de promouvoir la multiplication d’espaces climatisés...

17/07/2021 13:16 par xav

« Les canicules sont arrivées en tête du palmarès mondial des catastrophes les plus meurtrières en 2019 et 2020 »

Et moi à qui on a suggéré de croire que le virus couronné était la pire des catastrophes, me revoilà désinformé...

Il serait intéressant de savoir qui finance tout les groupes cités dans cet article.
Sont-ils fortement soutenus financièrement par l’oligarchie à l’instar de greanpeace international ?
Y aurait-il des conflits d’intérêts, une collusion idéologique ?

"Ce que les citoyens sains d’esprit ont du mal à comprendre dans ce « Fit for 55 » de l’UE, dans la « Grande Réinitialisation » de Davos ou dans l’Agenda 2030 de l’ONU, c’est qu’il s’agit d’un plan technocratique délibéré pour la désintégration de l’économie, sous l’excuse frauduleuse d’un danger de réchauffement climatique non prouvé, qui prétend – sur la base de modèles informatiques douteux qui ignorent l’influence de notre soleil sur les cycles climatiques de la Terre – que nous verrons une catastrophe d’ici 2030 si le monde ne réduit pas les émissions de CO2 inoffensives et essentielles à la vie." F. William Enghdal

https://m.journal-neo.org/2021/07/12/fit-for-55-eu-green-deal-and-the-industrial-collapse-of-europe/

17/07/2021 18:07 par vagabond

Merci pour ce texte dans une période liliputienne où une bataille rangée ridicule entre pro et anti-vaccins enflamme les médias.
"Il faudrait notamment augmenter le nombre d’espaces verts." Oui, c’est essentiel. Comment en sommes-nous arrivés à devenir de simples data. Nous sommes si loin aujourd’hui de h. Sapiens.

20/07/2021 10:02 par hassinus

Chaude écologie :
1 - Depuis la nuit des temps la planète se réchauffe. A dose infinitésimale. Sans ce réchauffement, on ne serait pas devenus "des roseaux pensant."
2- C’est la nature qui domine l’homme pas l’inverse. C’est une prétention sans nom que de croire que l’HOMME peut dicter quoi que ce soit à la nature sans que la chose soit une commande de sa transformation. .
3-La TERRE est un grain dans la galaxie. Les écolophiles qui sont légions, ne parlent jamais de l’influence de la galaxie sur le réchauffement. Pourtant il doit bien en avoir une selon la loi que veut que le super grand et puissant modèle le super petit.
4- Les écolophiles ne reconnaissent pas la loi de l’évolution de Darwin. Hurlements sur la disparition de certaines espèces mais motus sur les nouvelles espèces.
5- Ni la loi de Darwin sur l’adaptation. Les Touaregs se sont bien adaptés au climat chaud.
6- Les technologies humaines aideront à cette adaptation. Après tout l’homme n’est qu’un instrument de la nature.
7- Avez-vous jamais entendu les idéologues de l’écologie condamner le nucléaire militaire, employé souvent sous sa forme dite "appauvrie" , utilisé en Irak et sous d’autres cieux avec des conséquences affreuses sur des bébés.Il n’ y a que le nucléaire civile qui en prend sur la gueule !
8- Greta Thunberg 16 ans qui fait la leçon aux chefs d’Etat, Voilà une belle farce.
9 L’écologie est représentée par une armada de menteurs, tricheurs qui s’en mettent plein les poches et squattent les chaines TV.
10 : ? à vous de trouver. Il reste au moins six autres arguments.
ET merci....

20/07/2021 11:47 par Assimbonanga

@Hassinus, tu dis « 6- Les technologies humaines aideront à cette adaptation. Après tout, l’homme n’est qu’un instrument de la nature. »
Chaque technologe humaine vient détraquer un équilibre acquis naturellement sur plusieurs milliers d’années. Alors pour pallier à ce détraquement, on rajoute une nouvelle technologie qui vient encore perturber le fonctionnement naturel.
Avec la puissance des machines, il devient de plus en plus faisable de déplacer une montagne, construire un barrage, forer des puits, construire des mastodontes de béton avec du sable ôté au sol ce qui, à chaque étape, aggrave le déséquilibre.
Bien sûr que oui que l’Homme agit sur l’environnement et on s’en fout de Greta Thunberg. Elle n’a rien inventé. Heureusement qu’avant elle il y a eu des gens pour comprendre ce qui se passait. Greta Thunberg n’est qu’un phénomène médiatique. Ne lui donnez pas trop d’importance ! Elle n’est qu’un marqueur de l’existant, une voix qui s’entend davantage, rien de plus.
L’être humain est un produit de la nature parmi toutes les espèces mais contient dans sa nature industrieuse et cupide de quoi annihiler toutes les espèces, ce qu’il n’a pas manqué de faire. Sous la poussée économique, les espèces anéanties augmentent chaque jour. Toutes les machines du monde auront du mal à remplacer les insectes pollinisateurs et celles qui transportent les graines. C’est une course en avant technologique, gourmande en énergie et transformation industrielle.
Mais je conçois que l’esprit refuse l’idée du désastre et que vous vous réfugiiez dans un optimiste 19ème siècle. Accepter le réel est trop douloureux, effrayant, effarant, terrible. L’avenir est un film d’horreur, mieux vaut le nier, pourvotre confort psychique.

20/07/2021 18:59 par hassinus

++Chaque technologie humaine vient détraquer un équilibre acquis naturellement"
Tout donne à penser que la pensée humaine a pour but l’appropriation des lois de la Nature. Depuis son premier outil- une pierre taillées, l’homme n’ a cessé et ne peut cesser d’inventer de nouveaux outils, complexes et incroyablement performants. L’utilisation de ces outils appartient à une dialectique que la raison ne saurait expliquer. Malgré tout notre savoir, nous restons de pauvres créatures portant pile et face, d’un côté nous faisons des guerres de l’autre nous bâtissons. Avec les écolos, qu’il vente, qu’il pleuve, que les bananes deviennent bleues ou les chiens deviennent bipèdes, c’est la faute au réchauffement. Mais malgré ce réchauffement, l’humanité globalement vit mieux, se multiplie, allonge son temps de vie, fait reculer des maladies... Et ... fait des révolutions

21/07/2021 14:45 par Assimbonanga

En tout cas, les images aériennes des inondations en Allemagne montrent assez clairement que les dégâts et pertes en vies humaines sont dus aux mauvaises décisions humaines.
Dans un cas, on a construit tout le village dans le lit majeur de la rivière et dans l’autre cas c’est une gravière (carrière de gravier) qui a entamé l’ancien cours d’eau. Du coup, tout est parti au moment de l’afflux d’eau.
On peut incriminer le changement climatique qui engendre des "gouttes froides" mais on peut aussi rajouter l’exploitation économique des richesses du sol.
Dans le même registre, on peut constater que, pour faire du ciment, les bâtisseurs viennent piller des tonnes de sable qui affaiblissent les côtes. Il ne reste plus à la mer que d’ avancer pour faire reculer les côtes maritimes.
Et ainsi de suite ! Tout est à l’avenant. Il ne s’agit que d’une succession de causes et conséquences. Qui rendra vierge les sols pollués au chlordécone ? @Hassinus, vous qui êtes optimiste, connaissez-vous le remède à cette action humaine ? Et les rivières polluées au mercure pour extraire l’or ? Quel est le remède ? Les enfants morts ou mal formés, les malades du cancer, l’eau impropre à la consommation pour les populations locales, c’est « l’humanité globalement qui vit mieux, se multiplie, allonge son temps de vie, fait reculer des maladies ? » Bien sûr que non !

22/07/2021 10:57 par hassinus

++@Hassinus, vous qui êtes optimiste
Pour un mal la nature oppose deux bien, l’humanité avance au moyen de cette règle. La nature a sans doute un plan pour la terre sur des millions d’années. Malheureusement nous ne pouvons en savoir le développement. Darwin comme notre expérience nous apprennent que tout a une fin et que le noir finit par enfanter le blanc et inversement. Pourquoi la nature a laissé perduré un système aussi haïssable que le capitalisme et un système qui donne une si grande force à l’argent ? Cynisme de l’Histoire ? Peut-être. Mais la saleté de ce système va nous aider à comprendre les qualités du socialisme. Je l’espère.... Merci

23/07/2021 10:20 par Assimbonanga

@hassinus, vous vous êtes forgé une certitude en béton armé et c’est tant mieux pour votre moral.
Je pourrais bien me décarcasser à vous fournir des développements, ce serait peine perdue...
Le problème dans la nature, c’est une espèce envahissante qui s’y est sur-développée et qui s’appelle l’espèce humaine, avec ses caractères particuliers, dont ceux de la cupidité et de l’accaparement. L’Homme amasse, entasse, empile, stocke, n’en a jamais assez et a découvert la spéculation. Le capitalisme n’est qu’un phénomène humain.
Vous avez de la chance de ne pas voir les catastrophes journalières venues du monde entier et de chez nous.
Je vis en pleine cambrousse au milieu des bois, mais nous constatons une régression incroyable des insectes nocturnes. Dans le même temps, les abatteuses continuent leur travail acharné pour cueillir les douglas des plantations, mettant tout à bas, perforant les sols, créant des chemins d’exploitation tout autour de nous et abandonnant tous les arbres de petites dimension en un chaos effroyable d’enchevêtrement. Ces "résidus" ne seront pas transformés en granules de bois, ils pourriront sur place. Personne ne viendra les chercher, le terrain est d’ailleurs trop escarpé. Les pluies emportent les sols décapés. La roche devient nue, le peu de terre végétale est emportée qui avait mis tant d’années à se constituer. En vous écrivant, j’entends le ronflement du moteur à quelques distances. Ça va durer encore toute la journée. Le gars fait des heures, c’est un vaillant. (Pas besoin de nombreux travailleurs, les machines remplacent.)
Hommage à Nicolas Sarkozy pour son soutien à la filière bois, à l’exploitation "rentable" des forêts, à la dilapidation. Hommage à son digne émule Laurent Wauquiez. Et à tous les complices innocents, scieurs, abatteurs, transporteurs, btp et consommateurs. L’espèce humaine.

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