Interview avec Jean Bricmont : Les mouvements pro-palestiniens doivent lutter pour libérer la parole sur les crimes d’Israël

Cindy ZAHND

Lutter pour la justice en Palestine en dénonçant les politiques racistes de l’État d’Israël, c’est s’exposer à de nombreuses attaques et tentatives d’intimidations. La peur de telles attaques entraine une réticence de la part des militants à dénoncer les crimes des supporters d’Israël et la déradicalisation des collectifs.

Alors que la colonisation des terres palestiniennes continue de progresser, Jean Bricmont analyse le rôle des différents mouvements de solidarité avec la Palestine et partage ses réflexions sur les stratégies à adopter pour une lutte plus efficace.

Le Collectif Urgence Palestine Vaud à invité Jean Bricmont en Suisse pour une conférence intitulée « Qui à Peur de Critiquer Israël ». Nous avons profité de l’occasion pour lui poser quelques questions.

Certains militants pro-palestiniens condamnent Dieudonné qui selon eux, porte préjudice à la cause palestinienne en tenant des propos antisémites. Qu’en pensez-vous ?

Oui, l’AFPS par exemple a fait un communiqué pour dire qu’il n’était pas le bienvenu lorsqu’il est venu jouer à Besançon (1). Le problème est que les pièces que Dieudonné joue sont légales, il les joue régulièrement dans son propre théâtre à Paris. Donc, aucune décision de justice ne l’empêche de jouer, mais, quand il se déplace, on cherche à lui interdire certaines salles. Est-on d’accord avec cette façon procéder ? En principe, on pourrait interdire sa pièce (je n’y suis pas favorable évidemment), mais, si on l’interdit, il faut le faire dans les règles, faire un procès public et comparer les plaisanteries qu’il fait avec d’autres plaisanteries qu’on voit au théâtre ou à la télévision. Le problème dans cette affaire est que le droit n’est pas respecté.

L’article 19 de la Déclaration Universelle des droits de l’homme énonce que « Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions ». Il n’est pas spécifié que ces opinions ne doivent pas être considérées comme racistes ou antisémites par des organisations qui s’auto-proclament gardiennes de la pureté de la pensée. En France, la loi de 1972 dite loi Pleven, du nom du garde des Sceaux de l’époque, autorise les organisations qui se donnent pour mission de combattre le racisme de se constituer partie civile quand elle estiment que certains propos « incitent à la haine raciale ». C’est ainsi que pas mal de gens ont été poursuivis, Dieudonné bien sûr (qui a néanmoins gagné la plupart de ses procès) mais aussi Daniel Mermet, Siné ou Edgard Morin, ou même une militante française qui a été condamnée pour incitation à la haine raciale après avoir mis des autocollants appelant au boycott des produits israéliens dans un supermarché (2).

Finalement, la dernière tournée de Dieudonné en France a été un énorme succès. Les censeurs devraient peut être se demander si leur méthode est efficace, indépendamment des questions de principe.

Un des problèmes des groupes pro-palestiniens c’est qu’ils évitent trop souvent de défendre les droits de leurs propres concitoyens contre l’action des groupes de pression. On peut détester les spectacles de Dieudonné, là n’est pas la question. Mais les attaques qu’il subit de la part des groupes de pression pro-israéliens démontrent la force de frappe de ces groupes et ces démonstrations amènent la plupart des hommes politiques, des journalistes et des intellectuels à se taire. Si on veut être efficace, il faudrait en premier lieu défendre les droits de ses propres concitoyens.

En effet, il faut se rendre compte que presque plus personne ne soutient Israël pour des raisons de réalisme politique (autre que d’éviter les foudres des groupes de pression). La realpolitik dans le cas d’Israël serait de dire aux Israéliens : « vous ne nous servez à rien et vous nous faites haïr par beaucoup de gens dans le monde musulman ; débrouillez-vous avec vos voisins et ne nous demandez plus de vous soutenir (alors que vous ne faites rien quand on vous demande de faire preuve de bonne volonté) ».

Que pensez-vous des nombreuses initiatives visant à créer le dialogue en organisant des rencontres entre Palestiniens et Israéliens ?

Le problème c’est que l’on fait comme s’il y avait une incompréhension entre les uns et les autres, qu’il faudrait lever. Mais les Palestiniens comprennent très bien que les Israéliens veulent avoir un maximum de territoires et un minimum de Palestiniens sur ces territoires. Les Israéliens quant à eux se rendent bien compte que les Palestiniens estiment que leur terre – dans son entièreté – leur a été volée, qu’ils ont le droit au retour et que cela revient à la destruction d’Israël en tant qu’État juif. Le problème est que ces positions sont inconciliables. Ce n’est pas une question de dialogue, mais de rapport de force.

Notre stand (Collectif Urgence Palestine-Vaud) se retrouve parfois côte à côte avec le stand de militants pro-Tibet au marché le samedi matin. Plusieurs fois, des militants pro-Tibet ont souligné que “nous menons le même combat pour la justice”. Palestine-Tibet, même combat ?

Non. La différence vient de l’attitude par rapport à nos gouvernements et à leurs positions en politique étrangère. Demander que nos États soient plus agressifs dans leur politique étrangère n’est pas la même chose que de demander qu’ils soient moins agressifs ou qu’ils soutiennent moins un État qui est agressif (comme Israël ou les États-Unis). Si on proteste, on proteste toujours contre son propre gouvernement. Les militants pro-tibétains trouvent que les gouvernements occidentaux n’en font pas assez contre la Chine. Mais nos gouvernements, s’ils le pouvaient, exigeraient l’indépendance du Tibet et l’utiliseraient pour contrôler la Chine. Il y a une longue histoire de rapports entre la Chine et l’Occident qui sont des rapports coloniaux. Toute manœuvre occidentale au Tibet sera reçue négativement en Chine parce que, pour presque tous les Chinois, le Tibet fait partie de la Chine comme l’Alsace Lorraine fait partie de la France. Or les Occidentaux n’ont plus le rapport de force pour imposer leur volonté à la Chine. Les hommes politiques occidentaux ont conscience de cela, ils ne vont pas déclencher une guerre nucléaire pour le Tibet et ils ont raison. En dehors de ça, ils ne peuvent rien faire, puisque aujourd’hui nous dépendons économiquement plus des Chinois que l’inverse. La « lutte pour le Tibet indépendant » est donc, au mieux, d’une totale inefficacité, au pire, une façon de mobiliser les esprits pour une sorte de guerre froide avec la Chine. À terme, même pour le Tibet, la meilleure politique serait une politique de détente avec la Chine.

Le soutien des États-Unis à Israël semble inconditionnel, on a du mal à comprendre pourquoi. Vous avez une explication ?

Dans ma jeunesse il y avait beaucoup de sympathie pour Israël, c’était soi-disant le rempart de l’Occident contre le communisme. Maintenant que le communisme a disparu, on dit que c’est un rempart contre l’islamisme, mais en fait Israël exacerbe l’islamisme avec sa politique (comme d’ailleurs, pendant la guerre froide, il poussait certains pays arabes à se rapprocher de l’URSS). Le principal facteur qui explique le soutien des États-Unis à Israël c’est l’action des groupes de pression. Quand Obama demande au gouvernement israélien d’arrêter la colonisation, je pense qu’il le demande sincèrement. Pourquoi Obama ne fait-il donc rien quand les dirigeants israéliens se moquent de lui ? Il prend des sanctions contre l’Iran, pourquoi pas contre Israël ? Rappelez-vous quand Bush – qui était le plus pro-israélien de tous les présidents américains – a demandé à Sharon de stopper immédiatement la réoccupation de Jenin. Le lendemain, il recevait une lettre signée par 80 sénateurs sur 100 lui disant de ne pas toucher à Israël. C’est comme ça tout le temps, chaque fois qu’un président américain – et ils ont tous essayé – prend une initiative qui tenterait de forcer Israël à faire des concessions, ils se prennent des claques du Congrès. Comment voulez-vous qu’ils fassent, un président américain ne peut pas prendre de décisions contre 80% du Congrès.

Pour conclure, un mot sur ce que vous pensez qu’on peut faire ici pour soutenir la lutte des Palestiniens ?

Je n’ai pas de solution au problème palestinien et, même si j’en avais une, je n’aurais pas les moyens militaires de l’imposer. Et la même chose vaut pour la plupart des gouvernements européens et, bien sûr, a fortiori, pour le mouvement de solidarité avec la Palestine. Mais on pourrait au moins essayer de résoudre un problème local, qui est de pouvoir parler librement de ce conflit. On peut dire tout ce que qu’on veut de la Chine, la Russie, la Syrie ou le Venezuela, y compris plein d’exagérations et de mensonges. Et je ne parle pas de ce qui se dit dans une arrière salle de café, mais de ce qu’on lit dans les grands médias. Par contre, je ne conseille à personne d’exagérer en ce qui concerne Israël.

Bien sûr, cela ne résoudrait pas le conflit israélo-palestinien ; mais, à court terme, rien ne le résoudra et libérer notre parole sur ce conflit serait au moins un pas dans la bonne direction : il permettrait à nos pays de se distancer d’Israël sur le plan diplomatique et, ainsi, d’avoir de meilleurs rapports avec le monde arabo-musulman, ainsi qu’avec les populations vivant ici et issues de cette partie du monde. Et, si Israël était plus isolé au plan international, ses dirigeants seraient peut-être obligés de réfléchir.

Il me semble que pas mal de gens qui militent pour la Palestine pensent que le soutien de nos gouvernements à Israël provient d’un calcul d’intérêt (économique ou géo-stratégique) ou d’un racisme anti-arabe ou d’une nostalgie coloniale. Mais si, comme je le pense, il vient principalement du terrorisme intellectuel exercé par les défenseurs d’Israël ici, alors c’est ce terrorisme qu’il faudrait combattre en premier lieu.

Jean Bricmont est professeur de physique et essayiste en Belgique. Il est l’auteur d’Impérialisme humanitaire, éditions Aden, Bruxelles, 2005.

(1) http://www.france-palestine.org/Dieudonne-n-est-pas-le-bienvenu-a

(2) http://www.lejdd.fr/Societe/Justice/Depeches/Condamnation-Sakina-Arnaud-La-LDH-sideree-171754

 http://www.urgencepalestine-vd.ch/

COMMENTAIRES  

23/11/2013 08:42 par BM

Les "groupes de pression", je n’y crois pas trop. C’est prêter trop d’influence à des "grandes gueules".

Si les "groupes de pression" (et les agents "infiltrés" à leur solde) sont efficaces, c’est d’abord et avant tout parce qu’ils s’adressent à un public en grande partie déjà convaincu. Si ce public est en grande partie déjà convaincu, c’est effectivement pour des raisons liées en grande partie au "racisme anti-arabe" et à la "nostalgie coloniale", n’en déplaise à M. Bricmont.

Il faut aussi décrire brièvement les liens idéologiques très profonds entre les Etats-Unis et Israël.

Les Etats-Unis ont été fondés, dans les faits, par les Puritains, des protestants extrémistes qui se voyaient comme le "Nouvel Israël", conquérant en Amérique du Nord une nouvelle "Terre promise", en exterminant les indigènes comme l’avait fait Josué.

Malgré le "melting-pot" tant vanté dû aux vagues d’immigration successives jusqu’à nos jours, la mentalité états-unienne reste, encore aujourd’hui, de type "nord-européenne-protestante". C’est tellement vrai que des sociologues ont décrit les catholiques états-uniens comme des "protestants qui vont à la messe", c’est-à-dire que même s’ils se disent catholiques, et qu’ils vont à la messe, les valeurs des catholiques états-uniens sont dans les faits celles de la culture protestante de leur pays.

Donc, forcément, le sionisme a eu un effet profond sur la mentalité états-unienne, bien au-delà du mouvement (déjà très nombreux et influent) des "sionistes chrétiens". Les Etats-uniens voient dans les Israéliens de nouveaux "Puritains", lesquels se voyaient déjà comme un "Nouvel Israël" (voir plus haut) : la boucle est bouclée.

En fait, l’histoire des Etats-Unis et d’Israël est très similaire : un peuple s’emparant de la terre d’un autre, en utilisant des justifications religieuses. La plupart des Etats-uniens et des Israéliens en sont conscients, et se considèrent liés par une "communauté de destin" ou "d’identité".

23/11/2013 10:13 par marie-ange patrizio

A « BM » :

Sur « Le principal facteur qui explique le soutien des États-Unis à Israël c’est l’action des groupes de pression », on pourra aussi se reporter à l’article du « professeur James Petras [qui] décrit ici la manière dont Israël impose ses objectifs au Législatif et à l’Exécutif états-uniens depuis une cinquantaine d’années ».

Extrait :
« "Les groupes politiques pro-Israël tels que le AIPAC travaillent avec un financement illimité à détourner la politique américaine dans la région (du Proche-Orient) ", Jack Straw, membre (travailliste) du Parlement et ancien ministre des Affaires étrangères du Royaume-Uni. »

http://www.voltairenet.org/article180887.html

Et si l’on veut s’intéresser plus que « brièvement [aux] liens idéologiques très profonds entre les Etats-Unis et Israël », je recommande l’ouvrage de Domenico Losurdo  :

Le langage de l’empire. Lexique de l’idéologie étasunienne

. (Delga, septembre 2013, 370 p., 19 euros
http://www.editionsdelga.fr/381-le-langage-de-l-empire-domenico-losurdo.html )
En particulier les chapitres : Antisémitisme, Antisionisme, et Pro-islamisme (avec l’invention de la tradition « gréco-romaine-judéo-chrétienne ») :

Extrait (p. 257) :
"[…] il ne s’agit pas de se laisser aller au jeu des analogies. La tragédie des Palestiniens ne peut être assimilée ni à celle des juifs (pour Hitler l’agent pathogène à exterminer de façon systématique pour sauver la civilisation), ni à celle des noirs (les esclaves par excellence pendant des siècles) ni à celle des Indiens (à exproprier de leurs terres et à refouler si ce n’est à décimer et à anéantir en tant que population superflue et en¬combrante). Certes, il n’est pas difficile de rencontrer certains points de contact avec les deux derniers épisodes auxquels j’ai fait référence : dans les cercles de la société israélienne où le poids du racisme se fait le plus sentir, on trouve une tendance évidente à traiter les Palestiniens d’une part à l’instar des Indiens (à exproprier de leur terre et à déporter), d’autre part à l’instar des noirs (à confiner dans les segments inférieurs du marché du travail). Et pourtant l’histoire n’est jamais la répétition de l’iden¬tique et, même avec des contradictions en tous genres et d’ef¬froyables temps d’arrêt et régressions, l’humanité se révèle en mesure d’apprendre de ses grandes tragédies historiques, fût-ce de façon partielle et contradictoire. »

m-a p.
(traductrice de l’ouvrage cité ci-dessus)

23/11/2013 19:59 par Zarathoustra

Pour mémoire le texte du courrier adressé par John F. Kennedy à David Ben Gourion le 18 mai 1963 lui demandant d’autoriser des inspections du réacteur nucléaire de Dimona :

Dear Mr. Prime Minister :

I welcome your letter of May 12 and am giving it careful study.

Meanwhile, I have received from Ambassador Barbour a report of his conversation with you on May 14 regarding the arrangements for visiting the Dimona reactor. I should like to add some personal comments on that subject.

I am sure you will agree that there is no more urgent business for the whole world than the control of nuclear weapons. We both recognized this when we talked together two years ago, and I emphasized it again when I met with Mrs. Meir just after Christmas. The dangers in the proliferation of national nuclear weapons systems are so obvious that I am sure I need not repeat them here.

It is because of our preoccupation with this problem that my Government has sought to arrange with you for periodic visits to Dimona. When we spoke together in May 1961 you said that we might make whatever use we wished of the information resulting from the first visit of American scientists to Dimona and that you would agree to further visits by neutrals as well. I had assumed from Mrs. Meir’s comment that there would be no problem between us on this.

We are concerned with the disturbing effects on world stability which would accompany the development of a nuclear weapons capability by Israel. I cannot imagine that the Arabs would refrain from turning to the Soviet Union for assistance if Israel were to develop a nuclear weapons capability–with all the consequences this would hold. But the problem is much larger than its impact on the Middle East. Development of a nuclear weapons capability by Israel would almost certainly lead other larger countries, that have so far refrained from such development, to feel that they must follow suit.

As I made clear in my press conference of May 8, we have a deep commitment to the security of Israel. In addition this country supports Israel in a wide variety of other ways which are well known to both of us.

[4-1/2 lines of source text not declassified]

I can well appreciate your concern for developments in the UAR. But I see no present or imminent nuclear threat to Israel from there. I am assured that our intelligence on this question is good and that the Egyptians do not presently have any installation comparable to Dimona, nor any facilities potentially capable of nuclear weapons production. But, of course, if you have information that would support a contrary conclusion, I should like to receive it from you through Ambassador Barbour. We have the capacity to check it.

I trust this message will convey the sense of urgency and the perspective in which I view your Government’s early assent to the proposal first put to you by Ambassador Barbour on April 2.

Sincerely,

John F. Kennedy

24/11/2013 08:47 par Zarathoustra

On comprend donc que le régime d’occupation sioniste et ses partisans aux USA ont fait partie des très nombreux groupes putrides qui ont eu à se réjouir de l’assassinat de John F. Kennedy à savoir :

- Les sionistes donc
- La droite anticommuniste
- L’extrême droite raciste et ségrégationniste
- La Mafia
- Les éléments néofascistes de la CIA, NSA & Co
- Les réfugiés cubains antirévolutionnaires
- Le lobby militaro-industriel, le lobby pétrolier et la NRA
- Les extrémistes religieux protestants

Même s’il ne fait aujourd’hui aucun doute qu’il a bien été assassiné par un seul tireur d’élite à savoir Lee Harvey Oswald, une seule arme : une carabine de précision 6.5 mm équipée d’une lunette, et deux balles sur trois tirées ayant touché leurs cibles, la thèse officielle d’un olibrius idéaliste prosoviétique est bien évidemment une plaisanterie mais nul ne peut dire quels ont été en réalité les commanditaires qui peuvent très bien avoir été multiples. L’assassinat 2 jours après le meurtre de Lee Harvey Oswald n’a lui aussi bien évidemment pas été non plus l’œuvre quasi fortuite d’un autre olibrius idéaliste mais a eu pour objet évident de protéger le ou les commanditaires.

Ceci étant John F. Kennedy n’a pas été le seul ni le premier président des USA à s’opposer aux ambitions démoniaques du régime colonial néofasciste sioniste et à son lobby aux USA, Dwight D. Eisenhower avait forcé les sionistes à quitter le Sinaï en 1956, dans une moindre mesure James E. alias Jimmy Carter a également sans succès tenté de leur tordre le bras, et même aussi Lyndon B. Johnson, Richard M. Nixon et même de manière assez surprenante George W. Bush junior en s’opposant (avec succès) à une attaque militaire aérienne de l’Iran.

Quoi qu’il en soit comme le souligne très pertinemment plus haut Marie-Ange Patrizio le pouvoir politique est aujourd’hui tellement corrompu par les lobbies, dont l’AIPAC, que l’on voit bien que même un président en 2ème mandat ayant décidé de privilégier l’intérêt national plutôt que la reptation habituelle devant les groupes de pression a le plus grand mal à parvenir à ses fins, il a réussi à le faire en ne se laissant pas entrainé dans une guerre contre la Syrie mais semble bien mal parti dans ses négociations avec l’Iran sabordées par les sionistes et leurs valets.

Tant qu’un président des USA ne choisira pas dès le début de son 1er mandat de mettre un grand coup de pied dans cette termitière en s’attaquant de manière drastique à la corruption de la classe politique, des élus et des médias, les mafieux sionistes, neocons, et autres continueront à faire la pluie et beau temps au grand damne de tous les peuples de la planète, étasuniens inclus. Mais celui-là aura à faire sacrément attention à rester en vie plus de quelques jours !

25/11/2013 10:24 par Zarathoustra

Contrairement à ce à quoi je m’attendais, le match Obama vs AIPAC est mené au score par 2-0 par ce premier, alléluia !

Bon, qu’on se rassure, cela ne fait pas pour autant et de très loin de moi un fan d’Obama, mais il remonte un chouia des abysses de mon classement personnel où je le situais jusqu’à présent.

S’il rompt les relations diplomatiques avec l’entité sioniste, leur stoppe toute aide financière et assistance militaire, les menace de frappes thermonucléaires pour les contraindre à évacuer de toute urgence les territoires occupés et démanteler leur arsenal nucléaire et chimique, fait interdire l’AIPAC et interner à vie ses membres et valets, je suis toutefois prêt à reconsidérer mon appréciation !

25/11/2013 11:00 par Dominique

Il ne faut pas oublier non plus que l’on retrouve de grandes sympathies pour Israël et sa politique d’épuration ethnique dans une bonne partie des partis politiques. Pour la droite, le sionisme fut d’abord un moyen de lutter contre l’Empire Ottoman puis contre le nationalisme arabe. Ensuite, avec la fondation d’Israël, c’est devenu le bastion de l’impérialisme occidental au Proche-Orient et au Moyen-Orient. Aujourd’hui, ce sont des sectes religieuses sionistes qui ont pris le relais. Ces sectes ont toujours été présentes, le sionisme chrétien, mélange de politique messianisme et de fondamentalisme religieux, ayant été inventé un siècle avant que Herzl et d’autres ne le reprennent pour le compte des juifs. Il faut aussi voir que le premier terrorisme intellectuel que firent les sionistes juifs fut par rapport aux autres juifs, lesquels étaient nombreux à se distancer du sionisme, une idéologie qu’ils considèrent comme contraire aux valeurs juives.

Pour la gauche, le sionisme fut idéalisé dés les premiers kibboutz, ces communautés anarcho-communistes qui s’installèrent dés 1920 en Palestine avec la bénédiction de Lénine. Plus tard, ce fut au tour de Staline, au lendemain de la deuxième guerre mondiale, de fournir conseiller militaires, armes et munitions aux sionistes dans la guerre de 1948, guerre qui permit de jeter les arabes à la mer et de fonder l’état d’Israël. A voir l’attitude vis-à-vis d’Israël de présidents français comme Miterrand et Hollande, il ne fait aucun doute que cette fascination pour la vie de colon existe toujours, ou tout au moins que les liens entre la gauche institutionnelle et le sionisme sont aussi forts que du temps des accords Balfour et de l’URSS, et que si l’on relis l’histoire, on est obligé de constater que la gauche institutionnelle, tous partis confondus, a toujours pris fait et cause pour Israël, encore plus que la droite. L’action de la droite est plus d’ordre économique. Les grands patrons sont de droite, et loin de la politique ce sont eux qui font marcher le commerce Israélien en important des jeans Lewis, des microprocesseurs Intel, des logiciels windows, des équipements militaires, des produits alimentaires, etc.

Même la Suisse n’est pas une exception, les socialistes ont toujours dans leurs rangs une certaine Ruth Dreifuss, véritable éminence sioniste au sein de ce parti, et à part quelques paroles de circonstances et vites oubliées de la part d’une autre conseillère fédérale socialiste pendant les massacres de Jenin, personne dans ce parti n’a oser critiquer publiquement Israël, et encore moins remettre en cause les achats de drones militaires israéliens que la confédération s’apprête à faire, ni la coopération industrielle dans tous les domaines y compris militaire de la Suisse et de l’entité sioniste. Ils ont même été capable de remettre la gestion du parc informatique de la confédération a une société US dont un des plus grands complexes industriels se trouve en Israël IBM. Grâce à l’affaire Snowden, nous savons maintenant que les secrets de la confédération sont bien gardés par la NSA, et grâce aux Spy Files 3 de wikileaks, nous savons que des sociétés israéliennes se taillent une part de géant dans ce marché de l’espionnite d’état payé par nos impôts. Cela n’émeut aucun parti, même pas les socialistes.

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