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L’Occident aime à penser que la "civilisation" vaincra l’État islamique, mais l’histoire suggère le contraire (The Independent)

Nous nous accrochons à notre conviction que la barbarie ne survivra jamais à la puissance des justes.

Hitler a donné le mauvais exemple. Il était le diable. Son régime était le diable. Son Reich a été détruit, les nazis vaincus, le Führer est mort de sa propre main dans les cendres du cauchemar européen. Les méchants perdent. Les bons gagnent. La moralité, les droits de l’Homme, la justice, la démocratie — même si, en parlant de celle-ci, nous devrions peut-être prendre des pincettes — prévalent toujours sur la méchanceté. Voilà ce que la Seconde Guerre mondiale nous a enseigné.

Nous avons grandi dans une société occidentale qui croit en ces si simples, si douteuses leçons historiques. Les grandes religions du monde nous enseignent que la bonté, l’humilité, la famille, l’amour, la foi triomphent toujours. Alors pourquoi ne accrocherions-nous pas — aussi libéraux, agnostiques et cyniques que soyons — à notre croyance fondamentale que la violence et la torture et la cruauté ne survivront jamais à la puissance et aux courage des justes ?

Massacres barbares contre massacres civilisés

L’État islamique (EI) est le diable. Il massacre ses adversaires, abat des civils, décapite l’innocent, viole les enfants et asservit les femmes. Il est “apocalyptique”, selon les Américains, et il est donc condamné. Mieux encore, Ash Carter — le secrétaire américain de la Défense qui a accusé les Irakiens de fuir l’EI — a fait la leçon au Premier ministre irakien la semaine dernière. Son message — j’avais peine à croire à une telle naïveté — était clairement hollywoodien : « La civilisation gagne toujours sur la barbarie. »

Mais est-ce aussi évident ? Il nous suffit de revenir au mensonge de la Seconde Guerre mondiale pour nous convaincre du contraire. Bien sûr, Hitler a perdu. Mais notre allié Staline a gagné. La Révolution russe de 1917 a donné lieu à l’une des pires Gorgones de notre époque : la dictature soviétique, la famine de masse conduisant à la mort de millions de personnes, la barbarie — selon l’échelle de Ash Carter — et le diable se sont incarnés en Russie et en Europe de l’Est pendant plus de 70 ans, dont 40 après la Seconde Guerre mondiale.

Les Romains ont gardé la “barbarie” à distance pendant près de mille ans, mais à la fin ce sont les Goths, les Wisigoths et les Ostrogoths — les islamistes de l’époque — qui gagnèrent. Et la “civilisation” romaine ne valait que si vous n’étiez pas opposé à Rome. Sinon c’était crucifixion, esclavage, torture, massacre (toute la gamme islamiste moins les bandes vidéo), pendant près de mille ans.

Attila le Hun, le Fléau de Dieu, détruisit presque tout entre la Perse et la Méditerranée. Gengis Khan, un acteur incontournable dans ce drame sordide, continua de même jusqu’à sa mort en 1227 — soit 30 ans de plus que l’EI au jour d’aujourd’hui. Son petit-fils Hulagu fut invoqué par le général Angus Maude quand il “libéra” Bagdad en 1917 et apporta la “civilisation” en Mésopotamie. Ash Carter devrait lire la déclaration de Maude à la population de Bagdad : « Depuis le règne de Hulagu, vos citoyens ont été soumis à la tyrannie des étrangers, vos palais sont tombés en ruines, vos jardins ont été plongés dans la désolation, vos ancêtres et vous-mêmes avaient gémi dans la servitude. » Un peu comme l’EI, en d’autres termes. Sauf que, selon les comptes de Maude, cette « tyrannie » dura environ 700 ans.

L’argent parle plus fort que la “civilisation”

Maintenant, voyons d’un peu plus près les années qui suivirent l’intervention de la “civilisation” — encore une fois — à Bagdad, après l’invasion illégale de l’Irak en 2003. Entre deux voyages quotidiens à la morgue de la ville et des visites à des tentes de deuil, les familles en colère nous diraient que la “liberté” que nous leur avons apportée a surtout entraîné l’anarchie. Ils haïssaient le dictateur Saddam qui a massacré ses adversaires — et qui a imposé 24 ans de “barbarie” à son peuple — mais au moins il leur assurait la sécurité. Si vous avez des enfants, nous diraient ces gens, vous voulez surtout qu’ils puissent rentrer de l’école sains et saufs. Vous ne voulez pas qu’ils soient assassinés. Alors, que devons nous préférer, nous demanderont-ils ? La liberté ou la sécurité ? La démocratie ou Saddam ?

Craignant le gouvernement irakien à dominante chiite, dont les milices les ont massacrés, et les dictatures arabes corrompues, qui les ont réprimées, plusieurs centaines de milliers de musulmans sunnites semblent avoir trouvé la sécurité avec l’EI. Pas les chiites, ni les chrétiens, ni les Yézidis. Il n’y a pas de “liberté” comme nous la concevons. Mais à Beyrouth, par exemple, les hommes sunnites irakiens qui transitent entre la capitale libanaise et la capitale syrienne de l’EI, Raqqa, rapportent — dès lors qu’ils ne fument pas, qu’ils ne boivent pas de l’alcool, que leurs femmes sont couvertes et qu’ils ne s’opposent pas à l’EI — qu’ils sont tout à fait libres de faire des affaires, de visiter leurs familles, de voyager en toute sécurité. (Idem sous le régime taliban en Afghanistan.)

Des cartes d’identité sont délivrées par les autorités de l’EI, la police fluviale a des bateaux fraîchement repeints, les impôts sont prélevés, et, oui, les punitions sont barbares. Mais cela ne signifie pas le “califat islamique” va être conquis par la “civilisation”.

Et comment pouvons-nous croire qu’il pourrait en être ainsi, quand notre propre patron en relations publiques délire sur les « valeurs britanniques » — tout en soutenant les hommes vénaux, hypocrites, immensément riches et dangereux qui ont contribué financièrement à la naissance de l’EI. Je veux parler, bien sûr, des Saoudiens dont le culte fou, sunnite wahhabite, a encouragé l’EI, dont le puritanisme grotesque les a amenés à adopter l’extrémisme de la décapitation, celle-là même qui est au cœur de la propre “barbarie” de l’EI. Bien sûr, l’État saoudien tente d’enrayer aujourd’hui la progression de l’EI. Mais ces mêmes Saoudiens sont maintenant en train de tuer des milliers de chiites Houthis au Yémen dans une campagne de bombardement soutenue par nos nations occidentales. Et que fit David Cameron lorsque le vieux roi desséchée de cet état bizarre mourut ? L’argent parle plus fort que la “civilisation”. Aussi ordonna-t-il que les drapeaux britanniques soient mis en berne. Voilà ce que j’appelle les valeurs britanniques !

Pauvre vieux Dave. Il déteste l’EI mais adore l’un de ses “géniteurs” âgés. Pourtant, n’ayez crainte, la “civilisation” peut encore l’emporter sur “la barbarie”. Je soupçonne très fort qu’Ash, Dave et les autres vont essayer d’acheter l’EI, de les diviser en factions et de choisir les plus “modérés” d’entre eux. Ensuite, nous aurons un nouvel État islamique, libéral celui-là — des gens avec qui nous pourrons faire des affaires et un bout de chemin ensemble, toutes fautes pardonnées. Nous pourrons alors établir avec eux des relations aussi bénéfiques que celles établies par les Américains avec les scientifiques de guerre allemands d’Hitler, juste après que la “civilisation” ait vaincu la “barbarie” nazie à l’issue de la Seconde Guerre mondiale.

Ainsi va la “civilisation”.

Robert Fisk

Original : http://www.independent.co.uk/voices/comment/the-west-likes-to-think-that-civilisation-will-defeat-isis-but-history-suggests-otherwise-10417105.html

Traduction et intertitres par Le Yéti

 http://yetiblog.org/index.php?post%2F1468

COMMENTAIRES  

09/09/2015 10:11 par Seintignan Claude

Curieux article dans le Grand Soir, une analyse de l’état du monde uniquement basée sur les critères quasi religieux du bien et du mal. Mais : « qui fait l’ange fait la bête. » Et « vérité en deçà des Pyrénées, mensonge au delà ». Décidément Marx est bien loin…

La main invisible qui arme, nourrit, équipe desh et Boko Haram nous fait en grand silence un magistral retour. Ce n’est plus la manne qui tombe du ciel, mais des chars, des wagons d’obus, et le plein de chargements de drogue.

Belle naïveté ! Tandis que nous continuons à disputer du sexe des anges, Soliman le Magnifique installe des troncs sciés sur les pentes de la Corne d’Or et s’apprête à prendre Constantinople à revers, par les terres sur ses bateaux.

Mais nous autres, gens civilisés, ne sommes-nous pas trop bien élevés pour nous abaisser à parler argent ?

09/09/2015 16:10 par depassage

Les grandes religions du monde nous enseignent que la bonté, l’humilité, la famille, l’amour, la foi triomphent toujours. Alors pourquoi n’accrocherions-nous pas — aussi libéraux, agnostiques et cyniques que soyons — à notre croyance fondamentale que la violence et la torture et la cruauté ne survivront jamais à la puissance et au courage des justes ?

C’est presque un appel à la guerre sainte ou c’en est un.
Et quand les mots dont on use, ne servent pas à traduire une réalité bien amère le plus souvent, on ne fait que l’accentuer dans ce qu’elle porte en elle de pire. Le préjugée s’est toujours interposé prémisse et prémices, et on attend d’un éclairé quel qu’il soit qui les dépasse sinon il ne vaut pas une panade ou un oignon pourri. Les mots Hitler, Staline, dictature, sont associé au mal et les mots démocratie qui lave toutes les tyrannies de leurs souillures, liberté qui autorise et justifie les agressions, richesse qu’on associe à l’intelligence et au travail, … sont associé au bien. Et comme on aime être du côté du bien, on continuera à répéter les mêmes bêtises.

09/09/2015 19:05 par Ange Lini

Article totalement binaire. A côté de ses pompes le Robert Fisk ...

09/09/2015 22:00 par Berry

Hallucinant ! Je croyais lire un texte écrit par un quidam du FN ou un des auteurs du livre noir du communisme ! Je sais bien que la mode est à la Novlangue et que la gauche est devenue la droite , mais que LGS publie les idées des pires fachos et autres larbins du capitalisme, ça m’en bouche un coin.
Quand je pense qu’on brulait ici-même un Sapir, sous prétexte qu’il n’écarterait pas l’idée d’un nouveau CNR pour sauver ce qui peut encore l’être.
On peut se demander parfois si la prétendue" vraie gauche" ne préfèrerait pas un entre-soi élitiste quitte à rester sous la trique capitaliste, plutôt que s’ouvrir à des gens moins bien lotis/éduqués/aisés.

09/09/2015 22:48 par legrandsoir

pires fachos et autres larbins du capitalisme

Robert Fisk ? Ah bon...

09/09/2015 22:38 par Taliondachille

... et pas mal d’approximations historiques. Une au hasard :

[...]relations aussi bénéfiques que celles établies par les Américains avec les scientifiques de guerre allemands d’Hitler, juste après que la “civilisation” ait vaincu la “barbarie” nazie à l’issue de la Seconde Guerre mondiale

Les E-U ont fourni jusqu’en 1941 pas mal de matériel à l’Allemagne, dont des moteurs d’avions et les machines IBM gérant les camps de concentration...
Les lieux communs sur les Wisigoths et Attila sont biens présents, mais bon, il n’est pas le seul, et les démonter nous mènerait trop loin. Et oui, la construction du « barbare » est un travail de longue haleine, et les historiens officiels sont à la tâche depuis des siècles. Rappelez-vous vos livres d’histoire, de la communale jusqu’à la FAC.

10/09/2015 00:19 par Adel

L’article est bon. Il pose de bonnes questions mais si le constat de départ était faux ? Si ce n’était pas la civilisation qui avait gagné mais une barbarie encore plus féroce que celle de l’allemagne nazie ? Je parle d’une barbarie qui supprime des centaines de milliers de vies sans distinctions de races, de religions d’orientation sexuelle (la bombe pour tous) en un claquement de doigt là où les nazis cherchaient à faire le tri parmi ceux qu’ils éliminaient. D’une barbarie face à un ennemi vivant à des milliers de km se terrant dans la jungle recourt au napalm, à l’agent orange et autres produits cosmétiques. D’une barbarie qui a donné au monde Pinochet, Uribe et autres obscurs tueurs de masse. D’une barbarie qui soutient aveuglément et même au détriment de ses intérêts et de ceux de son peuple un état qui pratique l’apartheid en prélude vraisemblable à un holocauste ( les mots peuvent choquer, seulement si on n’a pas été préparé à les entendre). Enfin d’une barbarie qui nous parle de ce qui est bien et de ce qui est mal. Il n’y a guère que les naïfs pour croire que nous vivons dans la civilisation, une cravate et une télécommande nous donne cette illusion. Les syriens qui traversent l’Europe vivaient dans le même confort. Où irons nous si cela nous arrive ? Nos maîtres de l’autre côté de l’océan voudront ils de nous ? La réponse est dans la question, "nos maîtres", ils n’accepteront pas de vivre avec des esclaves, les leurs leur causent assez de problèmes. Ils choisiront tout de même leurs plus zélés serviteurs, qui sont ils ? Allumez la télé, on ne voit qu’eux sur les chaines dites d’info.

10/09/2015 08:25 par depassage

@ Berry
Je crois que LGS doit publier des personnes comme Robert Fisk, Jacques Sapir et bien d’autres ne serait-ce que pour leurs auras et le fait de ne pas manquer d’intérêt. Il leur arrive plus que souvent de faire de très bonnes analyses. LGS n’est pas une secte pour ne favoriser que le discours qui lui plaît ou plaît à ses lecteurs qui ne sont pas membres d’une secte mais des personnes responsables que je sache. Il apporte un avis, un point de vue et libres aux lecteurs que nous sommes de l’accepter ou de le critiquer.
On peut se positionner dans une posture de défenseurs des classes et des peuples opprimés sans mépriser ses adversaires auprès desquels on peut beaucoup apprendre, ne serait-ce sur leurs manigances et état d’esprit pour au moins prévoir leurs coups et les dénoncer.
Robert Fisk déraille dans cet article par la comparaison qu’il fait entre l’ère roumaine et l’ère actuelle qui sont fondamentalement différentes. Nous vivons dans une civilisation mondiale, non déplaise à ses particularismes, ayant acquis une dimension jamais connue dans l’histoire humaine, déjà par le poids de sa population et de ses moyens de destruction. On est à se penser et à se voir autrement, ne l’étant pas on le doit, si on tient à ne pas nous voir disparaître en tant qu’espèce par quelques survivants. Dans quelques années ou dans quelques siècles, c’est une autre affaire. Je suis loin d’être de ceux qui projettent leur propre fin sur la fin du monde, je dis seulement que nous encourons des risques en ne changeant pas notre monde pour le bien de tout le monde. Et ce par la coopération entre peuples et non pas par la domination qui est devenu source de gaspillage énorme tout en témoignant de notre arriération abjecte de par les belles choses dont elle se targue. Comme on est les maîtres des excès et des inepties et que les situations nous font plus qu’on les fait, je méfie des mots engendrés par des situations du passé.

De surcroît, Robert Fisk ne donne pas l’impression de dédaigner le côté machiavélique de la politique de son pays dans cette région. Une politique qui remonte à très loin et ne date pas d’hier.

10/09/2015 08:30 par macno

Le ton de l’article de Robert Fisk est donné dès son introduction :
« Les méchants perdent. Les bons gagnent. La moralité, les droits de l’Homme, la justice, la démocratie — même si, en parlant de celle-ci, nous devrions peut-être prendre des pincettes — prévalent toujours sur la méchanceté. Voilà ce que la Seconde Guerre mondiale nous a enseigné. »
Et il est donné par sa conclusion :
« Ainsi va la “civilisation”. »
Nous sommes dans un texte où l’ironie prévaut. Il ne faut pas entrer dans le(s) détail(s) des différents pans d’histoire, ce n’est pas le sujet de son article, mais suivre (ou non) l’ensemble de sa démonstration implacable que je partage :
Qui sont donc réellement les civilisés et qui sont les barbares ?
Effectivement après les interventions de l’Occident au Moyen Orient (et ailleurs), va savoir...
Il est à noter un point extrêmement important de l’article de Fisk :
- il met toujours les termes de civilisation et de barbarie entre guillemets...
comme pour mieux souligner que la confusion est immense entre ces deux termes...
« Nous avons grandi dans une société occidentale qui croit en ces si simples, si douteuses leçons historiques »
Mais un enfant mort sur une plage fait plus de bruit qu’un enfant irakien né difforme à cause des tirs occidentaux à l’uranium appauvri, que pour "simplifier les comptes", les millions de morts en Irak, en Libye, en Afghanistan, en Syrie, et enfin que tous les dégâts causées par la "civilisation" à la "barbarie".

10/09/2015 14:20 par Seph

Article débile et anti-communiste.
Cet article est défaitiste face à daesh. D’ailleurs le but de l’Empire est de vider de son sang la Syrie et l’Irak d’où la mise en scène actuelle des vagues de réfugiés composés essentiellement de jeunes qui refusent de combattent daesh, laissant leurs parents sous la menace des terroristes. CECI EST TOUT BÉNÉFICE POUR DE DAESH ET L’OCCIDENT

10/09/2015 19:35 par depassage

Cher Macno,
Ce n’est pas tout le monde qui est rôdé à la subtilité anglaise ou qui a le temps à lui consacrer quoique vous ayez tout à fait raison.

10/09/2015 21:26 par macno

@ depassage, merci.
Je ne connais pas plus que cela l’humour anglais, mais je suis friand du second degré, voire plus...
J’avoue qu’à la première lecture j’ai trouvé ce texte par moment choquant, is’nt it, notamment le passage sur l’URSS que je n’ai pas bien compris. Je pense que l’auteur a voulu rester dans des clichés. J’ai passé outre.
Si on prend ce texte au premier degré ou trop rapidement, on passe à côté de moment très drôles et grinçants, notamment le dernier paragraphe, après le "Pauvre vieux Dave", quelle familiarité je vous jure !
Un autre passage est succulent :
« Les Romains ont gardé la “barbarie” à distance pendant près de mille ans, mais à la fin ce sont les Goths, les Wisigoths et les Ostrogoths — les islamistes de l’époque — qui gagnèrent. Et la “civilisation” romaine ne valait que si vous n’étiez pas opposé à Rome. Sinon c’était crucifixion, esclavage, torture, massacre (toute la gamme islamiste moins les bandes vidéo), pendant près de mille ans. »
Où se situent donc barbares et civilisés ?

10/09/2015 22:09 par mandrin

qu’est ce que c’est que se rata pour troufion, en plus y’ en a qui lève le doigt pour avoir du rab...tsss

quand une dite civilisation n’est plus en mesure de progresser elle est sur son déclin et ses bas instincts l’emportent qu’on peu identifier par de la barbarie...la preuve la dite civilisation occidental et daech ne faisant qu’ un.

Après l’auteur oubli sans doute qu’une civilisation cède à une autre qui émerge, sa s’ appel les émergents mais c’est un peu plus loin a l’est...
un peu nombriliste le monsieur.

11/09/2015 14:19 par Seph

L’auteur de l’article se garde bien de parler des millions de civils tués par les USA. En revêche il aligné des contre vérités sur l’URSS en reprenant des affirmations jetées en pâture aux journalistes par la diplomatie américaine.
De plus il ne remarque même pas que pour vaincre Sadam Hussen il n’a pas fallu plus d’une semaine aux USA. Alors qu’il faut des années pour vaincre Daesh aux forces de l’Empire !!!!
Quel hypocrisie de la part de l’auteur.

Pour vaincre Daesh, il suffit d’aider directement les gouvernements syrien et irakien et non pas faire des bombardements d’opérette et en laissant financer les terroristes par ses amis : les monarchies pétrolières.

Tout ceci est à vomir.

12/09/2015 18:58 par Byblos

Il faut bien regarder la réalité en face, loin de tout sectarisme. Oui, l’empire romain a apporté à l’Europe (Occident de cette époque) une certaine civilisation basée à tout le moins sur le respect de la Loi, sur un sens très méditerranéen de la mesure.
Les invasions barbares, celles des Wisigoths, des Ostrogoths mais aussi des Francs, des Angles, des Saxons et des Alémaniques que Fisk semble oublier ont démoli ce bel édifice romain. Nous tombons vite dans les massacres de type islamiste, des vengeances cruelles d’une Frédégonde qui fait attacher sa rivale Brunehaut par sa chevelure à la queue d’un cheval lancé ensuite au galop jusqu’à ce que mort s’en suive (celle de Brunehaut, pas du cheval). Après la conversion très politique de Clovis, le christianisme, probablement en dépit de l’Église dont les errements furent nombreux, a quelque peu atténué cette barbarie.
À l’époque contemporaine, l’idéologie marxiste, malgré certains errements, a donné une autre espérance aux faibles et aux opprimés.
Aujourd’hui, il faut bien constater la coïncidence de la mort de l’espérance chrétienne et celle de l’espérance communiste dans cet Occident post-URSS.

Conséquence : Un engagement manifeste dans l’individualisme enragé, le consumérisme à tout crin, l’absence totale de tout projet collectif, une confusion totale dans la morale (mot tabou auquel on a substitué « éthique » et les moeurs, un retour accéléré à la barbarie des temps mérovingiens.

Comment ne pas évoquer ce que Dante a cru lire aux portes de l’Enfer ?

Toi qui entres ici, abandonne toute espérance.

C’est là sans doute la devise de l’Occident d’aujourd’hui.

12/09/2015 19:13 par Byblos

Deux mots à Adel qui signe un commentaire ci-dessus : JUSTE ! MERCI !!!!!!!!!!!!!

14/09/2015 00:38 par depassage

Vous avez raison et vous avez tort au même temps. Si c’était l’Allemagne nazie qui avez gagné, rien, absolument rien, ne la prédisposait à être une civilisation différente. Les mêmes gens qui vous horripilent aujourd’hui, auraient été là à agir de la même façon qu’ils le font aujourd’hui. La réaction de l’allemande a été la réaction d’un pays qui émergeait face à deux puissances l’Angleterre et la France qui le narguaient et l’empêchaient d’avoir sa part de colonies, de marchés et autres. Voulant prendre sa revanche sur ses deux pays, tout en négligeant un troisième larron les U.S.A, qu’il prenait pour un pays lointain qui, s’il ne pouvait pas agir en ami, resterait neutre. Mais ce troisième larron a vu là une occasion pour se hisser à un autre niveau de sa puissance et surtout à contrecarrer la menace nippone dans l’océan Pacifique avec laquelle Hitler allait s’allier. L’URSS naissante voyait en Hitler un pantin du capitalisme et elle signa avec lui des accords de paix, pour se consacrer à sa propre construction et éviter un affrontement qui l’aurait fragilisée face à l’Angleterre et La France qui étaient devenu ses ennemis jurés par peur que sa révolution ne les contamine et par les pertes de leurs intérêts en ce pays. Mais Hitler attaqua la Russie, et par cet acte, il signa son arrêt de mort. Les alliés voyant cette remonter de l’URSS, préférèrent en faire un allier et ont négociée avec elle. Et la suite est dans l’état actuel. Comble du paradoxe, l’Allemagne avait fini par obtenir ce qu’elle voulait obtenir en partie mais sans Hitler.
Le vrai problème, il faut le dire c’est notre animalité qui se relâche en pire au moment même où on croit l’avoir maitrisée. Les situations de paix, de guerre, d’injustice ou de justice sont dans notre responsabilité collective. Bien sûr, avec des degrés et des status différents, car ceux qui assument des responsabilités en ont plus que le reste qui n’en assume pas. Il arrive aussi qu’on se décharge sur les boucs émissaires à défaut de le faire sur nous-mêmes et les véritables causes. Je connais beaucoup de personnes très critiques et dénonciatrices à tous crins du pouvoir et des injustices, mais ils en commettent de pire dès qu’ils ont mis un pied sur un piédestal.

15/09/2015 10:16 par macno

Les invasions barbares étaient elles aussi barbares qu’on le dit, voir le disque de Nebra :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Disque_de_Nebra
Des généraux romains avaient des origines "barbares" il me semble ( y a t-il un historien dans la "salle" ?).
@ depassage
« La réaction allemande a été la réaction d’un pays qui émergeait face à deux puissances l’Angleterre et la France qui le narguaient et l’empêchaient d’avoir sa part de colonies, de marchés et autres. »
Mais bien entendu !
Je suis d’accord sur presque tout à une nuance près : je pense que Staline a eu une mauvaise analyse du nazisme et surtout qu’il ne voulait pas en avoir une bonne. L’intérêt de la Russie, pour schématiser, était de ne pas se couper de son seul partenaire économique, l’Allemagne, et de leurs échanges matières premières (Russie) contre machines-outils (Allemagne). Il a vu en lui un allié contre effectivement les "barbares" capitalistes anglais et français qui ne rêvaient que de sa perte et de l’effondrement du Communisme...
La naissance des "barbares" de la SA de Röhm avait eu pour cause les sanctions imposées à l’Allemagne par les alliés lors du traité de Versailles. Les ennemis de l’Allemagne nazie étaient donc apparemment les mêmes que ceux de Staline et de l’URSS, enfin avant la nuit des longs couteaux qui a vu l’élimination de, si l’on peut dire, l’aile gauche des "barbares".
D’autres "barbares" en la nature du premier complexe militaro-industriel au monde, la Wehrmacht et les gros industriels notamment ceux de la Ruhr, vont prendre le pouvoir et ne vont plus jamais le lâcher, mais ce sera ailleurs, outre Atlantique.
C’est bien de rappeler que les barbares, les autres responsables de cette guerre furent la France et le Royaume Uni (mais dans quelle proportion ? Voir un éventuel historien au GS).

15/09/2015 20:57 par Autrement

Au sujet de la civilisation, je propose à votre libre sagacité le célèbre poème de Constantin Cavafy , "En attendant les barbares" (1904), traduit ici par M. Yourcenar et C. Dimaras :

"Qu’attendons-nous, rassemblés sur l’agora ?
On dit que les Barbares seront là aujourd’hui.

Pourquoi cette léthargie, au Sénat ?
Pourquoi les sénateurs restent-ils sans légiférer ?

Parce que les Barbares seront là aujourd’hui.
À quoi bon faire des lois à présent ?
Ce sont les Barbares qui bientôt les feront.

Pourquoi notre empereur s’est-il levé si tôt ?
Pourquoi se tient-il devant la plus grande porte de la ville,
solennel, assis sur son trône, coiffé de sa couronne ?

Parce que les Barbares seront là aujourd’hui
et que notre empereur attend d’accueillir
leur chef. Il a même préparé un parchemin
à lui remettre, où sont conférés
nombreux titres et nombreuses dignités.

Pourquoi nos deux consuls et nos préteurs sont-ils
sortis aujourd’hui, vêtus de leurs toges rouges et brodées ?
Pourquoi ces bracelets sertis d’améthystes,
ces bagues où étincellent des émeraudes polies ?
Pourquoi aujourd’hui ces cannes précieuses
finement ciselées d’or et d’argent ?

Parce que les Barbares seront là aujourd’hui
et que pareilles choses éblouissent les Barbares.

Pourquoi nos habiles rhéteurs ne viennent-ils pas à l’ordinaire prononcer leurs discours et dire leurs mots ?

Parce que les Barbares seront là aujourd’hui
et que l’éloquence et les harangues les ennuient.

Pourquoi ce trouble, cette subite
inquiétude ? - Comme les visages sont graves !
Pourquoi places et rues si vite désertées ?
Pourquoi chacun repart-il chez lui le visage soucieux ?

Parce que la nuit est tombée et que les Barbares ne sont pas venus
et certains qui arrivent des frontières
disent qu’il n’y a plus de Barbares.

Mais alors, qu’allons-nous devenir sans les Barbares ?
Ces gens étaient en somme une solution."

16/09/2015 10:21 par depassage

@ macno
On dit bien que c’est de la discussion que jaillit la lumière. Un débat et un lieu comme LGS servent justement à compléter ce qu’un autre a oublié ou négligé. À nous corriger mutuellement et à avancer de nouvelles interprétations et lectures. La vie malmène beaucoup de personnes pour qu’elles puissent se penser et penser leur monde et ceux qui sont payés pour cela, oublient leur vrai maître, le peuple pour se retourner vers les usurpateurs de son titre comme si c’est de leur confort que dépend le sort de l’humanité. Nous avons toujours avancé par la construction des langages en mesure d’éclairer notre chemin. Mais parfois, ces mêmes langages deviennent une obstruction, un obstacle à notre avancée qui nous déroute de notre but, celui de rejoindre et de rester en contact avec notre modeste humanité, ni plus ni moins. C’est plus complexe que ce que j’avance, mais pour le moment satisfaisons-nous de ça parce qu’il y a à dire et à redire.
Maintenant, il semble que vous vous intéressez aux personnages. Un personnage ne présente d’intérêt pour moi comme il doit l’être pour toute personne, que s’il personnifie une réalité qui ne peut être perçue qu’à travers lui. Ce type de personnage est plutôt rare, ou inventé de toutes pièces. S’il y a une question à se poser, c’est bien celle-ci : d’où nous vient cet engouement pour les personnages ? Brièvement, on peut dire qu’il nous vient de notre relation à l’autre et le besoin de le percer ou de le connaitre pour ou bien lui faire confiance ou s’en méfier. Cette relation et ce besoin de connaitre l’autre ne s’arrêtent pas seulement aux autres humains comme nous mais à tout ce qui nous entoure de loin ou de près.
Mais de cette nécessité naturelle, comme de beaucoup de nécessités découlent des excès et des travers qui finissent par tordre le cou aux évidences les plus élémentaires. Pour que vous me compreniez, il vaut mieux s’arrêter à quelques exemples ou descriptions de situations. Si je vous dis que Napoléon a perdu la Bataille de Waterloo, parce qu’il avait un rhume, personne ne peut démontrer que c’est ce facteur ou ce n’est pas ce facteur qui a été déterminant de l’issue de la bataille, sauf si on peut prouver que ce jour-là, il n’avait pas de rhume hors de tout de doute, mais ça peut être aussi une autre chose de semblable. Oui, un rhume peut influencer notre jugement et nous faire prendre une mauvaise décision ou une bonne. En fait, les facteurs étaient bien nombreux et certains ont été bien plus déterminants que d’autres, comme le nombre des différents corps d’armée alignés, les types d’armes et leurs qualités, les stratégies et les tactiques adoptées en aval et en amont qui ne peuvent en aucun cas être du ressort d’une seule personne fut-elle le génie incarné. Ce n’est pas le personnage de Napoléon qui est important mais ce qu’il incarnait qui est bien complexe et doit en grande partie lui échapper complètement pour le vivre intuitivement.
Ce que je veux exprimer par là, on peut encore mieux le rendre intelligible par le rôle du politicien dans nos sociétés modernes. Si la conjoncture économique est bonne, on la lui attribue, et lui-même s’en vante, et si elle est mauvaise, on la lui attribue aussi, mais il va essayer de s’en dédommager par tout ce qu’il peut trouver à sa portée parce qu’il croit à un rôle qui n’est pas vraiment le sien. Car il est là pour minimiser le rôle et la responsabilité des divers agents économiques qui interviennent au sein de la société qu’il est censé représenter, et qui l’on met là pour ça. Il sert donc de bouc émissaire, mais choyé et hors de tout aléa économique fâcheux. Il existe d’autres cas de figure, mais ils seront longs à ajouter.
Au sujet de l’URSS et de Staline, je vous laisse seulement sur une question. Comment se fait-il qu’un homme qui a été porté aux nues et qualifié de petit père des peuples opprimés se retrouve du jour au lendemain le plus grand tyran de l’histoire et comparé à un autre qui, à lui seul incarne le diable personnifié, l’équivalent d’un Dieu du mal juste au-dessous du Dieu du bien à qui appartiennent toutes les richesses et qu’il distribue à qui bon lui semble, suivi bien sûr de quelques recommandations comme celle de veiller sur son esclave et de ne le pondre seulement s’il nous désobéit ?
Si les personnages ne m’intéressent pas, c’est parce qu’ils cachent plus qu’ils ne dévoilent, en plus de nous servir à beaucoup de choses, comme celle d’y enfouir nos bassesses. Il nous est plus facile de dire un prophète a dit de faire telle chose… que de dire je vais faire telle chose surtout si cette chose est à la limite de l’entendement. Ou de dire qu’un prophète vous recommande de faire, au lieu de dire je vous recommande de faire… Et ainsi de suite. Quand on fait des personnages des diables ou des Saints d’ampleurs, ce n’est jamais pour des raisons avouables qu’à de rares exceptions. Les personnes sont ce qu’elles sont et méritent à être connues pour leurs faits propres et non pas pour les besoins d’une propagande quelconque qui en fait des personnages autres. Il n’y a pas à en douter, il existe des personnes exceptionnelles mais ce n’est pas toujours dans les proportions dont on nous les faits percevoir.
D’une manière générale, les personnes ne diffèrent pas dans l’essentiel mais dans le circonstanciel, du moins pour celles normalement constituées. Et prouver qu’une personne est mal constituée, est une autre paire de manches, si elle n’est atteinte d’aucune anomalie discernable.

16/09/2015 21:06 par depassage

@ Macno
Suite et fin
le fait de se contraindre à être circonspect et concis tout en restant dans un langage appréhendable qui relève d’un art de haute voltige qui ne se pratique pas facilement, mais exige des qualités qui peuvent nous faire défaut. Alors, arrive le non souhaitable ou l’imprécis qui repose se le pari que lecteur le précise sans savoir à l’avance dans quelle limite. Pour ce, j’ajoute ces précisons que je juge importantes

Brièvement, on peut dire qu’il nous vient de notre relation à l’autre et le besoin de le percer ou de le connaitre pour ou bien lui faire confiance ou s’en méfier. Cette relation et ce besoin de connaitre l’autre ne s’arrêtent pas seulement aux autres humains comme nous mais à tout ce qui nous entoure de loin ou de près.

J’aurai dû ajouter que l’autre est toujours un personnage parce qu’on l’imagine plus qu’on ne le saisit, c.à.d qu’on le charge de choses à nous qui peuvent être justes comme elles peuvent ne pas l’être.

Il n’y a pas à en douter, il existe des personnes exceptionnelles mais ce n’est pas toujours dans les proportions dont on nous les fait percevoir.

Je voulais ajouter l’exemple de Chavez et j’ai hésité. Attention ! je n’ai jamais nourri de culte envers personne, encore moins envers moi-même. C’est dans ma nature. Que présente Chavez d’exceptionnel ? Personne n’aurait agi comme lui sans un moral et une morale à toute épreuve pour s’imposer par les armes de ses propres ennemis dont l’arme la plus futée et affûtée est la démocratie manipulée avec laquelle ils justifiaient leur domination sur le peuple.

17/09/2015 09:05 par macno

@ depassage
Moi je préfère dire "de la contradiction" naît la lumière, mais à part cela on est d’accord sur beaucoup de points. Personnellement c’est dans la contradiction que jaillit véritablement la lumière...Il m’est très souvent arrivé de découvrir des idées que je ne soupçonnais pas, mais que je possédais quasi inconsciemment.
Mais ça demande une notion assez difficile à mettre en œuvre, celle de se dégager de tout a priori...

Un personnage ne présente d’intérêt pour moi comme il doit l’être pour toute personne, que s’il personnifie une réalité qui ne peut être perçue qu’à travers lui.

Mais bien évidemment, et je ne m’attache pas plus qu’il n’en faut aux "personnages". Quand je parle de "Staline", c’est en guise de simplification, je reviens parfois sur la notion de "Staline et l’URSS" justement pour ne pas rester enfermé dans le carcan du culte de la personne. On dit souvent que Staline a gagné la guerre contre le nazisme, c’est vrai et c’est faux à la fois. Il a incarné la résistance soviétique, ça c’est vrai, mais Il avait surtout d’excellents Généraux dont un dont le nom m’échappe. Il a peut-être eu d’excellentes stratégies c’est certain, mais il faut dire aussi qu’il a fait faire quelques erreurs qui ont coûté très cher à l’Armée Rouge. Pour moi c’est surtout le peuple soviétique sur qui repose tout le mérite...
Beaucoup analysent le nazisme (et le fascisme en général) en dissertant sur leurs chefs, et à mon avis c’est une grossière erreur. Pour bien comprendre comment et pourquoi de telles structures politiques ont pu s’imposer, il faut revenir à la structure de base, individu/famille et les différents types de fonctionnement des agglomérations humaines, villages et villes. Celle qui a le plus d’importance étant bien évidemment la structure familiale.
[Il y a bien Wilhelm Reich qui apporte d’autres explications individuelles assez pertinentes, mais je n’ai pas eu le temps de réviser le sujet, et d’ailleurs je n’ai jamais fait que le survoler].
Je donne souvent l’exemple des communications humaines. Elles sont à l’image disons de la radio : il y a un émetteur et un grand nombre de récepteur. Ce n’est pas l’émetteur qui crée les récepteurs et qui les influence, mais c’est exactement l’inverse. Ce n’est pas Hitler qui a créé le nazisme, mais ce sont les récepteurs qui ont eu besoin de cet émetteur. Il était pour ainsi dire en eux, et ils ont donc choisi, car il correspondait à ce que leur moi profond avait besoin d’entendre et de vivre. Il correspondait avant tout au fonctionnement de leur cellule de base, la famille.
Ce qui expliquerait que les différences entre les cellules de base de la famille des différentes régions de France sont telles, que le fascisme n’a jamais réellement pu s’imposer...La France n’a foncièrement pas d’homogénéité à ce niveau là. C’est un pays assez unique en son genre. Un exemple que je donne souvent, les allemands, enfin ceux que je connais, ne comprennent absolument pas pourquoi un Alsacien, de langue germanique ne veut pas être, ni même se sentir "germain" mais se sentirait plutôt provençal, ou basque ou breton, ou...
Mais j’ai sérieusement dévié...
"Au sujet de l’URSS et de Staline", c’est une étude sur le fonctionnement des sociétés qui la composaient, de toutes les cellules de cette immense union qu’il faudrait faire pour en dégager au moins une idée directive, et surtout la faire hors de toute propagande politique. Vaste programme.
On saura alors pourquoi il a été surnommé "le petit père du peuple"...
Le climat joue aussi un rôle non négligeable dans les pays de l’Est. Les contrées aux climats continentaux donc rudes portent naturellement en elles la notion de "communisme" avec celle de l’entraide, outil indispensable simplement pour survivre.
Napoléon est un mauvais exemple, car à mon avis, il a été poussé à la faute par toute une Europe de l’Ancien Régime qui n’avait pas supporté le régicide...Mais je ne suis ni un de ses experts ni un de ses admirateurs.
Dans les guerres napoléoniennes où étaient donc les véritables "barbares" ?
La maladie des peuples était que chacun à l’origine était plus ou moins le barbare de l’autre :
Karl W. Deutsch : « Une nation [...] est un groupe de personnes unies par une erreur commune sur leurs ancêtres, et une aversion commune envers leurs voisins ».

17/09/2015 19:21 par depassage

Nous sommes loin d’être en désaccord sur quoi que ce soit. Et je ne vous remercierai jamais assez sur cet échange. Les précisions viennent toujours à manquer dans tous les domaines même lorsqu’elles échappent à la spéculation. Si j’aime la précision, je ne crache pas sur l’à-peu-près commun qui est sensé.
Enfin, au sujet de Napoléon, il n’était pas cité à titre comparatif mais à titre indicatif sur le processus décisionnel pour lequel il existe beaucoup de théories spéculatives qui font plus de ravage qu’ils n’apportent de solutions. C’est le domaine des maîtres en esbroufe qui ont remplacé les voyantes d’antan et qui se font des pactoles partout là où ils s’incrustent, sans épargner aucun domaine.
Le mot barbarie n’a aucun sens, c’est juste une insulte et procède du rabaissement de l’autre comme on le fait avec les autres animaux pour justifier le fait de les manger ou de les exploiter. Et rien de plus. Je dirais que les sociétés anciennes étaient plus civilisées que nous, elles ne rabaissaient pas l’animal, elles l’élever par des rituels au stade d’être sacrificiel.
En attendant de se reprendre bientôt, non pas pour nous deux, mais pour tous ceux qui peuvent nous lire si cela peut les aider à enrichir leur vision, ne serait-ce par esprit d’opposition pour affiner une vision autre et peut-être meilleur.
PS. Il ne faut jamais se gêner à répéter une idée noble jusqu’à ne plus en pouvoir, parce que les forces du mal ne se gênent pas à répéter leurs balivernes.
Observez bien comment les forces de l’argent usent du culte de la personnalité, de la fascination de l’admiration à outrance et autres ingrédients pour en amasser toujours davantage ou placer leur pantin, et critiquent toute personnalité politique qui le fait pour des objectifs beaucoup plus nobles que les leurs. C’est comme si elles lui disaient : abandonnez-nous ses masses qui ne sont bonnes qu’à produire de l’argent et cessez de les détourner de nous. C’est pour vous dire que si je préfère l’appréciation juste et le respect envers les personnalités politiques qui le mérite, je ne peux pas leur en vouloir d’user d’autres artifices. Car à la guerre comme à la guerre. Et la guerre a un pouvoir de déshumanisation qui dépasse tout entendement.

Ces forces, il ne faut pas les voir comme des personnes mais comme la tendance d’un système qui sait trouver les seconds coteaux pour faire les sales boulots à sa place.

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