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La guerre en Afghanistan : un retrait pressant inéluctable ?

La guerre en Afghanistan a été pour les américains une guerre d’usure qui dure depuis plus de 11 ans sans résultats probants. Avec une coalition regroupée dans la Force internationale d’assistance et de sécurité (FIAS), composée de plus de 130 000 hommes (en grande partie des mercenaires), sous commandement de l’OTAN, ils ne parviennent toujours pas à venir à bout des talibans organisés en guérillas, en alliance avec Al Qaida de Ben Laden, après la chute de leur régime. Le motif déclaré de l’invasion étant de capturer Ben Laden, leur ex allié contre l’URSS, accusé d’être à l’origine de l’attentat du 11 septembre 2001. Malgré la mise en place d’un nouveau gouvernement que dirige Hamid Karzaï (dont le nom complet est composé de 22 prénoms) suite à un accord dit de « Bonn » en 2001, la guerre s’éternise, le peuple reste divisé, le pays déstructuré, les exilés se comptent par millions ( 3,6 millions) principalement vers le Pakistan et l’Iran (2,7 millions), l’insécurité demeure réelle et la mort en sursis pour tous les afghans ; même après l’élimination de Ben Laden. Kasaï, le Pachtoune, était consultant d’une société californienne lorsqu’elle négociait avec les Talibans la construction d’un pipeline gazier. Son ascension comme Président, il la doit à Khalilzad Zalmay un américain d’origine afghane, néo-conservateur et diplomate américain.

Les pertes militaires annoncées de la coalition sont de 3100 morts dont plus de 2100 américains ; on dénombre aussi plus de 17600 blessés américains. Comme toujours les vrais chiffres ne sont jamais révélés au public US, mais finissent toujours par apparaitre. Pendant la guerre d’Irak le chiffre officiel de morts américains déclaré est de 4486 est 32230 blessés. Mais les associations d’anciens combattants US en particulier le « Department of Veterans Affairs » a révèlé des chiffres 23 fois supérieurs en affirmant que 73.846 soldats ont été tués en Iraq, dont 17.847 parmi les "déployés’, depuis l’invasion de ce pays en 2003. Il est recensé 36% de militaires qui ont déposé des réclamations d’invalidité. Attendons donc pour l’Afghanistan.
Bien sûr que les officiels n’annoncent que leurs pertes même truquées, mais ils évitent surtout celles des afghans. Pierre Dortiguier dans son « Les pertes afghanes causées par les interventionnistes », s’est aventuré à estimer le nombre de morts afghanes en se basant sur des sources "humanitaires’. « C’est un secret que l’on ne demande pas à ceux qui font trop souffrir autrui, pour des raisons que chacun entend plus qu’il le les comprend. Il faut se tourner vers les sociétés humanistes » dit-il.

Selon Dortiguier il y aurait environ 5,6 millions de morts afghans, sur 11 ans, qu’il ventile en "mort violente’ (1,4 million) dont la cause est les combats et "mort non violente’ (4,2 millions) qu’il impute aux conséquences de la guerre en particulier les privations en alimentation et santé. Sur les 4,2 millions il relève 2,9 d’enfants de moins de 5 ans (237000 enfants meurent chaque année les rapports précisent que 90% seraient évitables, car ils ne sont dus qu’aux privations.) Il ajoute à ce « tableaux » les 3,6 millions de réfugiés.

Est-ce à cause de cet échec dans ce bourbier afghan que les États Unis viennent de penser à un retrait rapide ou anticipé d’Afghanistan alors qu’il est prévu en 2014 ? Certainement ! Même le secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, l’a reconnu dans une interview dans « The Guardian ». « Défaite amère, fuite honteuse ; ils ont créé l’homme taliban pour vaincre les Russes, l’homme taliban les a vaincu, eux » dit Allain Jules. En effet, l’orgueil, l’arrogance, la cupidité, n’ont jamais été des actes et comportements porteurs de bien-être ; même par la force. L’Occident, judéo-chrétien, qui se prévaut référant dans la vertu, a une Histoire jalonnée de faits immoraux. Leur Bible instruit bien le croyant que « L’Éternel renverse la maison des orgueilleux, Mais il affermit les bornes de la veuve. (Proverbes 15:25) » ou encore « La cupidité cause la perte de ceux qui s’y livrent.( Proverbes 1.19) » et aussi « Ne parlez plus avec tant de hauteur ; Que l’arrogance ne sorte plus de votre bouche ; Car l’Éternel est un Dieu qui sait tout, Et par lui sont pesées toutes les actions. (Samuel 2:3) ». Cette occident a perdu les repères moraux que leur enseigne leur Livre surtout au sujet de l’esprit « Mais le fruit de l’Esprit, c’est l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance ; la loi n’est pas contre ces choses. (Galates 5:22,23) ».

On parle de « mondialisation de la cupidité » en rappelant les énumérations de signes de L’apôtre Paul qui marqueront les temps de la fin : « Dans les derniers jours, il y aura des temps difficiles. Car les hommes seront égoïstes, amis de l’argent, fanfarons, hautains […] insensibles […] aimant le plaisir plus que Dieu » (2 Timothée 3 :1-5). Puis cet avertissement de l’apôtre Pierre : « Il y aura […] parmi vous de faux docteurs […] ils ont le coeur exercé à la cupidité ; ce sont des enfants de malédiction. Après avoir quitté le droit chemin, ils se sont égarés » (2 Pierre 2 :1, 14-15). On ne peut pas mieux convaincre les musulmans avec ce qu’ils classent « signes intermédiaires » avec entre autres « l’impudeur et le vice se répandront ; les liens familiaux seront rompus ; les savants seront corrompus ; les morts subites et les assassinats augmenteront ; on considèrera les choses interdites comme licites ; le temps se contractera etc. » Il est juste aussi d’ajouter « les musulmans qui font la guerre à leur pays ou à un pays musulman, avec leur propre argent, encouragés par leurs hommes de cultes pour le compte de leurs ennemies de toujours ; non musulmans » ou bien « les monarchies arabo-musulmanes rétrogrades, moyenâgeuses et despotiques qui s’allient aux démocraties occidentales pour imposer aux républiques arabes la "démocratie’ et les libertés’  ». N’est-ce pas le monde à l’envers qui pourrait être aussi des signes de la fin du Temps ? Passons !

L’idée d’un retrait anticipé a été lancée par François Hollande pendant la campagne présidentielle. Il s’est prononcé pour un départ avant la fin de l’année 2012. Nicolas Sarkozy trouvait cela un « déshonneur » : « Je trouve totalement irresponsable et même dangereuse, l’idée d’un retrait précipité de toutes nos forces d’ici fin 2012. Il n’y a pas un expert militaire pour valider cette stratégie qui ferait courir un risque à nos soldats et qui nous couperait de nos alliés. Qui peut souhaiter pareil déshonneur à notre armée ? » alors que le ministre britannique, Philip Hammond, trouvait que l’idée d’un retrait français "dans un délai raisonnable" ne devrait pas avoir de conséquences : « Les pays membres de l’Otan sont allés en Afghanistan ensemble et nous avons toujours dit que nous en partirions ensemble, ce qui est important pour la cohésion de l’Alliance ».

Ce retrait anticipé entre dans la logique de l’illogisme qui a poussé à l’entrée en guerre contre l’Afghanistan. Les américains, pour leurs intérêts exclusivement, impliquent toujours leurs alliés dans l’absurde. Ils font en effet toujours le contraire de ce qu’ils affirment faire. Un ex conseillé militaire de François Mitterrand, Jean Fleury, avait expliqué que les français ne combattaient plus et qu’il y avait encore des solutions, mais les américains avaient anéantis toute solution de paix : « Ils ont uriné sur les cadavres des talibans, ils ont brûlé des Corans et ils se sont rapprochés de l’Inde à la grande colère des talibans. On est donc obligé de ramener nos soldats en espérant qu’une fois les forces de l’Otan reparties, les talibans ne transformeront pas à nouveau l’Afghanistan en camp de terroristes ».

Les américains le savent parfaitement eux qui ont trouvé la tactique de ne plus faire désormais de guerre en engageant leurs troupes, mais par procuration comme ils l’ont fait en Libye et le font en Syrie.

Les dépêches rapportent que les soldats américains vivent des cauchemars, des menaces sans répit dans le bourbier afghan, qu’ils voient des ennemis partout au point où cela entraine des troubles psychologiques. Une forte dégradation du climat moral des troupes américaines ainsi que les suicides ont été constatées. On accepte désormais dans l’armée les candidats ayant des antécédents judiciaires. On rallonge aussi la période du séjour. Pour l’armée afghane on a parlé d’un taux de désertion de 30% qui le plus souvent rejoignent le camp Taliban après avoir été entrainé par l’Otan. Les Américains expliquent cette situation « que c’est comme élever des chats sauvages ». Selon un rapport publié par le Los Angeles Times beaucoup de militaires sont amputés et le taux de maladies mentales a presque doublé depuis l’envoi des troupes en Irak et en Afghanistan. Il faut ajouter bien-sûr l’énorme enjeu financier au milieu d’une crise financière mondiale sans précédent.

Les signes d’un échec sont multiples, c’est ce qui explique l’impatience des occidentaux de se retirer de ce conflit surtout lorsqu’ils constatent les promesses non tenues aux afghans. Même les « plans de paix » annoncés n’ont pas reçus d’échos de la part des Talibans qui ont dû pressentir la nécessité d’un retrait "sans conditions’ des troupes occidentales par dépit et usure. La désillusion est décuplée quand des soldats ou policiers afghans s’en prennent à leurs "protecteurs’. On relève que 15% des soldats étrangers morts en 2012 ont été tués par leurs alliés afghans. Il y a aussi ces sommes colossales (on évoque 50 milliards de dollars) dépensés pour la formation des forces de sécurité afghanes pour un résultat médiocre ou ce budget assuré à 90% par l’étranger qui ne permet toujours pas d’instaurer des institutions fortes.

Ce retrait anticipé d’Afghanistan est fort probable pour la France, la Grande Bretagne, mais surtout pour les États-Unis. La décision finale revient à ces derniers en fonction de leurs intérêts stratégiques dans la région.

Amar DJERRAD

COMMENTAIRES  

14/10/2012 18:44 par Jacques Richaud

Il est des chiffres et des affirmations qui méritent communication vérifiable de la source :
« Pendant la guerre d’Irak le chiffre officiel de morts américains déclaré est de 4486 est 32230 blessés. Mais les associations d’anciens combattants US en particulier le « Department of Veterans Affairs » a révélé des chiffres 23 fois supérieurs en affirmant que 73.846 soldats ont été tués en Iraq, dont 17.847 parmi les "˜déployés’, depuis l’invasion de ce pays en 2003. »
Ou : « Selon Dortiguier il y aurait environ 5,6 millions de morts afghans, sur 11 ans, qu’il ventile en "˜mort violente’ (1,4 million) dont la cause est les combats et "˜mort non violente’ (4,2 millions) qu’il impute aux conséquences de la guerre en particulier les privations en alimentation et santé. Sur les 4,2 millions il relève 2,9 d’enfants de moins de 5 ans (237000 enfants meurent chaque année les rapports précisent que 90% seraient évitables, car ils ne sont dus qu’aux privations.) Il ajoute à ce « tableaux » les 3,6 millions de réfugiés.  »
Un des chiffres, celui de la mortalité des militaires englobe t’il le nombre terrifiant aussi des suicides sur place ou de vétérans après leur retour ?
Cet article mériterait que l’auteur fournisse le lien vérifiable de toutes les données avancées.
Pour ce qui est du sujet principal, ce n’est pas le taux de pertes qui justifie le retrait des troupes et de la présence occidentale sur cette terre, c’est simplement le caractère totalement illégitime et criminel de l’entreprise initiale, qui ne servait par sa démesure que les attentes et les intérêts d’Al Qaida, renforcé sans doute plus que fragilisé par cette aubaine d’une arrogance meurtrière à laquelle l"˜OTAN a participé aussi …
Jacques Richaud 14 10 2012

14/10/2012 19:12 par Nasrin

Ouais mais vu que l’on ne saura jamais quels sont les bons chiffres vu que les USA ont manifestement décidé de ne pas les publier (ils ont même interdit de filmer ou photographier les retours de corps) on est bien avancé ! De toute façon ce ne sont pas les Irakiens ou les Afghans qui ont les moyen de compter les morts et quand a une une obscure association de vétérans US pas plus...
Alors plutôt que polémiquer stérilement sur des chiffres que l’on ne connaitra jamais ne ferait-on pas mieux de se contenter sagement et modestement de dire qu’il y en a eu trop ?

15/10/2012 00:36 par Luk

Le nombre de G.I mort en Irak est totalement bidonné,tout comme ceux en Afghanistan.Ils ont minimisé les pertes pour ne pas affoler les populations US,un gouvernement qui maquille et cache a son peuple le nombre de soldat de mort est-il en droit de se faire appeler démocratie ?

15/10/2012 01:13 par Anonyme

Pourquoi parler d’échec ? le but US n’était pas de gagner la guerre , c’est de dépenser des munitions . Ils n’ont rien en vérité contre les Arabes ou les musulmans , ils cherchent de la "chair à canonner " sous n’importe quel prétexte , tout ça pour enrichir les marchands d’armes .L’auteur pourrait-il nous renseigner , on nous dit que la guerre d’A. a coûté des milliards de dollars ? Les 2 questions :
combien ça a coûté exactement ?
c’est allé dans les poches de qui ?
Pour eux , la guerre a été un succès total !!

15/10/2012 08:01 par CN46400

le but US n’était pas de gagner la guerre

Hum, c’est pas ce que j’entendais dans nos "massmerdia’ en 2001.....Ceci étant, c’est vrai que pour redémarrer sérieusement, le capitalisme occidental aurait bien besoin de casser un peu, beaucoup même, de vaisselle. Mais ce n’est ni en Irak, ou en Afghanistan, ni même en Iran que le chantier serait suffisant. C’est la Chine, au minimum, qu’il leur faut, mais celle-ci est tellement prudente.....

15/10/2012 10:24 par Jacques Richaud

DE GUERRE EN GUERRE…
Les morts sont ils bien comptés ?
Il est exact que , comme l’écrit Nasrin "˜Ils ont même interdit de filmer ou photographier les retours de corps’ , ce qui s’apparente à une forme de négationnisme préparant les amnésies secondes au-delà des évènements.
Mais dire "˜Le nombre de G.I mort en Irak est totalement bidonné, tout comme ceux en Afghanistan’ comme l’écrit Luk, me semble une erreur.
Ce qui est acquis c’est que les mercenaires engagés, ceux de Blackwater et des autres officines privées, ne sont pas, eux, comptabilisés comme "˜soldats US’ et peuvent crever là bas ou disparaître sans même avoir existés pour l’opinion US ou internationale ; cela suffit à confirmer un chiffre de perte sous estimé de façon sérieuse.
Mais le chiffre avancé "˜73.846 soldats ont été tués en Iraq’ me semble totalement improbable et je ne peux penser que l’opinion US serait dupe d’une telle dissimulation. Les EU ont beaucoup de défauts mais ils commencent à être sérieusement sensibles aux mensonges d’états, surtout lorsqu’il s’agit de leurs "˜boys’…
Un autre chiffre non comptabilisé, mais de moins en moins dissimulé, y compris sur les chaînes de TV aux USA, est celui des suicides qui se comptent effectivement par dizaines de milliers déjà comptabilisés.
Pour ce qui est des pertes civiles, le négationnisme d’état est en marche vers la minimalisation, comme dans toutes les guerres antérieures de l’Empire. Et comme dans d’autres guerres aussi…Le Viet Nam aura attendu quarante ans les "˜excuses du Lieutenant Calley’ pour le massacre de My Laï (Le Monde FR avec AFP 22.08.09 :
http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2009/08/22/massacre-du-village-de-my-lai-les-excuses-du-lieutenant-calley_1230902_3222.html#xtor=EPR-32280229-[NL_Titresdujour]-20090822-[zoneb] )
D’autres attendront bien plus longtemps en particulier les cambodgiens qui ont "˜bénéficié’ du fait que les centaines de milliers de morts civils dus aux bombardements US ont été camouflés par l’aubaine des massacres ultérieurs dus aux Khmers Rouges… Circulez il n’y a rien à voir.
Comme identiquement la chute de Saddam Hussein a masqué les centaines de milliers de victimes civiles du blocus, pourtant reconnues par l’ONU, qui avaient précédée la guerre d’Irak… ( Lesley Stahl :"Nous avons entendu dire que 500.000 enfants sont morts (en Irak). Ca fait plus qu’à Hiroshima. Et, vous savez, est-ce que cela en valait le prix ? Secrétaire d’Etat US Madeleine Allbright : "Je pense que c’est un choix difficile. Mais le prix - nous pensons que cela en valait le prix." Entretien télévisé sur CBS 60 minutes, Mai 1996 )
Pour ce qui est du rôle du complexe militaro industriel ?
Dénoncer ce rôle dans le déclenchement et l’intensification des hostilités, c’est une évidence. La guerre est un marché comme les autres, soutenu par l’Etat fédéral et financé par le peuple ; toute dépense s’inscrit en "˜positif’ dans le PIB et chaque cadavre , ami ou ennemi, enrichi les actionnaires.
En son temps et à la fin de son mandat en 1961, le Président Eisenhower, qui savait ce qu’est une guerre pour avoir été commandant en chef, avait mis en garde l’Amérique contre les risques de l’emprise croissante de ce complexe militaro industriel sur le pouvoir d’Etat : Dwight D. Eisenhower exit speech on Jan.17, 1961. Warning us of the military industrial complex.
http://www.youtube.com/watch?v=8y06NSBBRtY (2’31)
Ce temps redouté est advenu. En 2011 le Journal "˜The Independant’ posait la question : Cinquante ans après, qu’est il advenu ? (Ike was right all along : The danger of the military-industrial complex -Fifty years ago, President Eisenhower warned of the danger of the ’military-industrial complex’. The huge budget and reach of America’s modern defence industry has proved him correct, says Rupert Cornwell -Monday 17 January 2011
http://www.independent.co.uk/news/world/americas/ike-was-right-all-along-the-danger-of-the-militaryindustrial-complex-2186133.html
D’autres voix sont à entendre ou à protéger :
Et n’oublions pas Bradley Manning ; ni que d’autres ont eu le courage de dire l’indicible : 27 décembre 2009 (VIDÉO) surprenant discours d’un vétéran de la guerre en Irak (anglais ST espagnol) Sur Internet circule comme un virus la vidéo (original anglais, sous-titres espagnols) du discours qu’a prononcé le soldat Mike Prysner, vétéran de la guerre d’Irak.
http://www.legrandsoir.info/+VIDEO-surprenant-discours-d-un+.html (voir vidéo 4’39)
Dans ce discours sous-titré par EmpoweredByKnowledge Prysner déclare : "Notre véritable ennemi n’est pas celui qui vit sur une terre lointaine, dont nous ne comprenons ni les mots, ni les cultures, ni les politiques. Le véritable ennemi est un système qui fait la guerre quand c’est rentable, les gérants qui nous chassent de nos postes de travail quand c’est rentable, les compagnies d’assurances qui nous refusent l’accès aux soins quand c’est rentable, les banques qui nous prennent nos maisons quand c’est rentable. Nos ennemis ne se trouvent pas à des milliers de kilomètres. Ils sont ici, face à nous."
Là se trouve dite la vérité qu’il nous faut entendre, au dessus de la guerre des chiffres qui n’est pas sans importance mais ne peut être l’argument principal pour condamner cette guerre.
Thomas Jefferson se trompait un peu en déclarant « Je pense que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que des armées entières sur le pied de guerre. Si le peuple américain permet un jour aux banques privées de contrôler le devenir de leur monnaie, d’abord par l’inflation, ensuite par la récession, les banques et les compagnies qui fleuriront autour des banques priveront le peuple de tous ses biens jusqu’au jour où ses enfants se retrouveront sans toit sur la terre que leurs parents ont conquise  »(Thomas Jefferson 1802)
Ce qu’il disait de la dangerosité des banques est exact et nous en vivons , même en temps de "˜paix relative’, les conséquences. Mais Jefferson ne prenait pas en considération que les banques et les armées en action ont des relations incestueuses et fécondes des malheurs du monde.
C’est Jean Jaurès qui avait raison disant : « Tandis que tous les peuples et tous les gouvernements veulent la paix, malgré tous les congrès de la philanthropie internationale, la guerre peut naître toujours d’un hasard toujours possible… Toujours votre société violente et chaotique, même quand elle veut la paix, même quand est à l’état d’apparent repos, porte en elle la guerre, comme une nuée dormante porte l’orage. (Très bien ! très bien ! à l’extrême gauche.)Messieurs, il n’y a qu’un moyen d’abolir la guerre entre les peuples, c’est abolir la guerre économique, le désordre de la société présente, c’est de substituer à la lutte universelle pour la vie "” qui aboutit à la lutte universelle sur les champs de bataille "” un régime de concorde sociale et d’unité. Et voila pourquoi si vous regardez non aux intentions qui sont toujours vaines, mais à l’efficacité des principes et à la réalité des conséquences, logiquement, profondément, le Parti socialiste est, dans le monde, aujourd’hui, le seul parti de la paix. » Jean Jaurès, 7 mars 1895, à la Chambre des communes, dans Jean Jaurès : Textes choisis, éd. sociales, paru en 1959, p. 88.
Là ou Jaurès aussi se trompait, hélas, c’est que le parti socialiste n’était déjà plus et moins encore aujourd’hui le parti de la Paix, trop compromis avec le Capital pour défendre encore le pacifisme.
Jacques Richaud 15 10 2012

15/10/2012 15:57 par T 34

Concernant les morts en Irak
Plus de mort étasuniens en Irak qu’au Vietnam ?
D’après le Department of Veterans Affairs le nombre de morts étasuniens en Irak serait supérieur à celui du Vietnam. D’après un rapport de 2007 le nombre de morts sera de 73 000 en Irak contre 58 000 au Vietnam. Comment est ont arrivé à une chiffre officiel beaucoup plus bas (environ 5000).
En Irak ne sont compté que comme mort au combat que les soldats mort au combat et non pas ceux qui meurent durant leur évacuation où dans un hôpital suite à leurs blessures.
Au Vietnam les combat avaient lieux dans des zones rurales éloignés des centres de soins alors qu’en Irak par chance pour les soldats étasuniens les combats ont surtout lieux dans des zones urbaines ce qui permet une évacuation plus rapide et d’avoir des soins plus tôt. Mais cela n’empêchent pas qu’il y ait plus de morts au final.
Department of Veterans Affairs Reports 73 Thousand U.S. Gulf War Deaths
http://www.veteranstoday.com/2007/09/23/department-of-veterans-affairs-reports-73-thousand-u-s-gulf-war-deaths/

16/10/2012 13:44 par Nasser

Les coûts seraient colossaux. Le site "˜Cost of war’ les estime, à ce jour, à 575 milliards de dollars en Afghanistan et 807 milliards de dollars en Irak. L’estimation des dépenses actuelles pour ces deux pays est d’environ 10 milliards de dollars/mois dont 93% pour l’Afghanistan.
Selon un rapport secret américain remis à l’Otan que rapportent la BBC et Times, les Talibans s’apprêteraient à reprendre le pouvoir avec l’aide des Pakistanais. Ce rapport affirme que « La force, la motivation, le financement et les succès tactiques des talibans sont demeurés intacts » tout en soulignant le degré de corruption et de connivence élevé "˜’entre les talibans et les autorités publiques’’. Il met en évidence aussi la « défaite stratégique des occidentaux » dans leur entreprise d’instaurer "˜’un Etat démocratique’’ en lieu et place d’un régime rétrograde qu’avait reconnu, dès sa formation, le Pakistan, Arabie saoudite et Émirats arabes unis. Il restera toutefois la moitié de la population afghane hostile à leur retour avec les zones Tadjiks, Ouzbèks, chiites Hazara, Kaboul que pourraient soutenir la Russie, l’Inde et l’Iran selon leur vision de l’Afghanistan.

16/10/2012 13:52 par Nasser

Les chiffres présentés par l’auteur, Djerrad Amar, en ce qui concerne les morts US en Irak sont bien référencés. En effet, voici, en anglais, ce que dit le site Department of Veterans Affairs.
Total U.S. Military Gulf War Deaths : 73,846
- Deaths amongst Deployed : 17,847
- Deaths amongst Non-Deployed : 55,999
Total "Undiagnosed Illness" (UDX) claims : 14,874
Total number of disability claims filed : 1,620,906
- Disability Claims amongst Deployed : 407,911
- Disability Claims amongst Non-Deployed : 1,212,995
Percentage of combat troops that filed Disability Claims 36%

18/10/2012 23:53 par Nasrin

Concernant le nombre de militaires US et occidentaux tombés en Afghanistan et en Irak, s’ils ont été comptabilisés de manière honnête, a défaut d’être révélés au public, on les connaitra quand les archives militaires auront été déclassifiées et que les historiens auront fait leur travail.
S’agissant des pertes des combattants et des populations locales, je serai fort surpris qu’elles aient même été comptabilisées et les historiens seront très probablement obligés de travailler à la louche et le doigt levé comme souvent...
Les victimes en Chine de la WWII n’ont par exemple jamais été comptabilisées, les victimes juives des camps nazis ont été estimées faute de mieux au procès de Nuremberg d’après des propos d’Adolphe Eichmann, ce dernier s’étant par la suite révélé être un individu très moyennement crédible du fait de sa vantardise et de sa judéophobie pathologique, qui pourrait en outre dire précisément combien de communistes, de Tziganes, de résistants sont morts en déportation ? Personne !
Je ne parle même pas des prétendues comptabilisations grotesques par les apôtres de l’anticommunisme des victimes du stalinisme ou de la Révolution chinoise...
Dans l’attente, il me semble donc inutile de spéculer et supputer, wait & see...

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