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Laïcité au fouet

Colère

Le coup de gueule d’une féministe contre la bonne conscience des enseignants.

Strasbourg, le 8 octobre 2004

Messieurs, Mesdames les enseignants de l’Ecole Publique,

Jusqu’à présent, j’étais contre la loi « dite de la laïcité » par refus de solutions d’exclusion, mais j’avais beaucoup de mal, comme femme, à admettre le port du foulard (et c’est toujours le cas).

Mais aujourd’hui, lorsque j’entends vos cris de victoire, lorsque je constate votre bonne conscience béate, lorsque vous me dites que vous avez triomphé de « l’obscurantisme », je vous demande : l’obscurantisme, de quel côté est-il ?

Oui, la plupart des jeunes filles ont accepté, spontanément dites-vous, d’ôter leur foulard. Oui, certaines avec soulagement. Mais la majorité, parce qu’elles ont avalé leur humiliation, le mépris pour leurs traditions ou leur foi, parce qu’elles savaient que vous ignoriez (et je vois là le pire des mépris) que sous le foulard, avec ou sans foulard, elles existaient avec les mêmes ambitions et les mêmes capacités que vous.

Et vous, avec vos petites ou grandes croix cachées sous vos chemises, ou vos brevets de laïcité plus ou moins mérités brandis comme des drapeaux impériaux, avec vos idéologies plus ou moins intégrées mais confortablement affichées, et dans tous les cas oublieux de l’Histoire coloniale ainsi que de nos combats passés difficiles et surtout des solidarités dont nous avons bénéficié alors, même si nous n’étions pas aussi libérées que vous croyez l’être aujourd’hui !

Aujourd’hui, vous vous sentez fiers d’accorder la liberté grâce au fouet, à la censure, au mépris, à l’exclusion,. Comment pouvez-vous commettre cet affront en vous réclamant de la devise républicaine ?

Francine Engelbach

COMMENTAIRES  

11/10/2004 10:35 par Marcel Barjeon

Franchement il n’y a pas de quoi fouetter un chat, même laïque. Sans me prononcer sur le fond, je trouve que cet « article » (????) n’en est pas un, car il ne fait que chercher à entretenir une polémique sur la base d’états d’âmes aussi putatifs qu’abstraits, et n’apporte rien à personne.
Ce dont je suis à peu près certain, c’est de refléter l’étonnement -pour ne pas dire le doute- de 99% des lecteurs réguliers du GRAND SOIR.
Il y a de meilleurs lieux de forums ailleurs qu’ici, pleins de polémiques sans fin et sans freins, pour ceux qui aiment ça.

PS : Précision importante : je ne suis pas un enseignant.

12/10/2004 15:36 par Anonyme

Voiçi quelques liens pour les personnes soucieuses de comprendre et de réfléchir.

Position de la LDH (1999) La défense de la laïcité ne doit pas devenir un prétexte aux exclusions
http://lmsi.net/article.php3?id_article=116

Position du MRAP (juin 2003) Le MRAP s’oppose à une loi contre le foulard.

http://lmsi.net/article.php3?id_article=120

Foulards islamiques et crucifix de Lièvremont :des "signes ostentatoires" à deux vitesses ? (décembre 1994) par Pierre Kahn et André Ouzoulias
http://lmsi.net/article.php3?id_article=140

# Laicité : Une loi qui serait inopportune par Pierre Tournemire, secrétaire général adjoint de la Ligue de l’Enseignement
http://lmsi.net/article.php3?id_article=141

L’intolérance a gagné Déclaration de Laurent Lévy, père d’Alma et Lila, exclues de l’école à cause d’un foulard
http://lmsi.net/article.php3?id_article=168

Lettre ouverte à Monsieur Levy, père d’Alma et de Lila, nos élèves. par Kheira Cherif, Sylvie Guérin-Belaïd, Mohamed Metaane, Mehdi Mokrani et Emmanuelle Rougemont
http://lmsi.net/article.php3?id_article=179

# Alain Lipietz, contre l’exclusion des élèves voilées Le point de vue d’Alain Lipietz, député européen (Verts)
http://lmsi.net/article.php3?id_article=183

Contre le voile et donc contre l’exclusion, par Bernard Defrance Titre complet : Contre le voile, et donc contre l’exclusion de l’école de celles qui le portent
http://lmsi.net/article.php3?id_article=185

Un problème peut en cacher un autre, par Pierre Bourdieu Texte écrit (mais non-publié) en novembre 1989
http://lmsi.net/article.php3?id_article=114

Voila, pour quelques infos.

Et pour ceux qui ne savent pas !
Voici quelques donnée :

En France, plus de deux millions de personnes suivent des cours dans des Ecoles Catholique.
Il existe aussi des écoles juives

Mais il n’y a pas d’école Musulmane.
Les Français Musulmans vont à l’école Laïc.
Alors avec ou sans voile, tous à l’école Laîc, voila le débat

A +
Jérôme PERRET

13/10/2004 19:14 par jeanlire

A la manière de Marcel Barjeaon je m’étonne également, bien que je sois enseignant(serait-ce rédhibitoire ?), dans la mesure où le message de notre amie féministe trouverait sûrement écho, par exemple sur les sites de catholiques intégristes ou de talibans qui seraient certainement ravis de disposer d’un soutien aussi inespéré qu’inattendu. Déplacé est donc le terme qui me vient à l’esprit en lisant ce message pseudo tiers-mondiste - l’enfer est décidément pavé de bonnes intentions - écrit au nom de "chiennes de garde" ignorant probablement tout des problèmes réels des femmes dont elles prétendent défendre la cause. Et si c’est le cas - pour certaines - le remède paraît plus propice à tuer le cheval (la jument en l’occurrence)qu’à le/la soigner...A moins qu’il ne s’agisse d’un canular ? Félicitations, on a "marché" :-)

13/10/2004 23:55 par Fab

Oui on en a un peu marre des débats sans fin qui entretiennent l’identitaire et parlent des "immigrés" ou des "musulmans", au lieu d’aborder les vraies questions : sociales. Les femmes, voilées ou pas, sont par exemple concernées par le projet de constitution ultra capitaliste qu’on nous réserve ...Camarades ! Il est temps de se battre pour de vraies grandes causes !

11/10/2004 18:26 par arcturus

Il est consternant de voir dénoncer sous la plume de quelqu’un qui se proclame féministe le "mépris pour la foi et les traditions " qui voudraient imposer le port du foulard à la moitié de l’humanité. Je rappelerai à cette dame qu’une forme bien suspecte d’indignation soulève - ne serait-elle pas une catholique intégriste masquée ? - qu’il existe des traditions et des fois parfaitement méprisables et dont on ne peut souhaiter que le rapide dépérissement, Et parmi elles, au premier chef, la foi en Dieu, qu’il ait pour nom Yahvé, Allah, Jésus-Christ, Mao ou le Grand Architecte et Horloger de l’univers. Ces figures de la domination patriarcale et les divers cortèges de prescriptions et d’interdictions aussi imbéciles que criminelles qui les accompagnent ne peuvent que soulever la répugnance de toute femme libre. Disons-le sans détour : le féminisme est incompatible avec la croyance en Dieu ; une féministe qui ne critiquerait pas la religion et ses aliénations connexes ferait preuve d’une singulière inconséquence. Et au lieu de se lamenter sur la prétendue stigmatisation de la communauté musulmane - communauté qui du reste n’existe que dans les fantasmes des communautaristes, car qui ne connaît des "musulmans" bons buveurs et peu enclins à suivre le jeûne du ramadan ? - il convient plutôt de se réjouir d’une mesure qui permet de desserrer sur une population éminemment fragile, les adolescentes, le carcan abominable de l’oppression familiale et du bourrage de crâne. Ce que l’on doit déplorer en revanche, ce sont les limites d’une telle loi, puisqu’en dehors de l’école, on oblige toujours des adolescentes à se couvrir la tête. Comme l’a admirablement soutenu l’Iranienne Chadortt Djavan, c’est l’interdiction du port du foulard pour les mineures en tout lieu que ce soit qu’il eût fallu édicter, dans la mesure où la prescription coranique constitue effectivement un acte de maltraitance à enfant.

11/10/2004 22:53 par SILVESTRE Jean-Marc

Il serait grand temps que certaines féministes prennent le temps de voir quel a été le sort des femmes dans les 3 grandes religions monothéistes ! Quand je parle des femmes il s’agit bien sur des femmes des classes laborieuses et non des quelques priviligiées de la haute sociètè. Je suppose que l’excision est également un signe d’identité et une manifestation contre le colonialisme d’antan ! Quelle misère intellectuelle !
Ni croix ni voile ni kippa à l’école !!!

12/10/2004 22:57 par Sudiste

(.....) Egalité et dignité. Mmes Elisabeth Badinter et Gisèle Halimi, toutes deux membres du Comité Laïcité République, Mme Chahdortt Djavann, devant votre commission ont développé ce point, exprimé par ailleurs par Mme Chirine Ebadi, Prix Nobel de la paix. Pour elles, le voile constitue un symbole, non de soumission à Dieu, mais à l’homme, et donc d’infériorisation de la femme. Des centaines de milliers de femmes musulmanes, fières de leurs traditions, n’entendent pas accepter ce signe d’inégalité et de soumission. Inacceptable au nom de l’éthique, le port du voile à l’école, l’est également au même titre que tous les autres signes d’appartenance religieux car il remet en question le principe de laïcité et d’universalisme de l’école de la République. La confusion qu’ont installée dans les esprits certains partisans du port des signes religieux, en se posant en ardents démocrates, est fort préjudiciable à un débat serein. (.....) Les valeurs républicaines, les fondements de la Constitution, ne se négocient pas. (.....) La confusion des esprits que nous évoquions est inquiétante, surtout quand elle est entretenue, comme tel est le cas depuis plusieurs années, par des intellectuels progressistes. Le communautarisme encadre, voire interdit, la liberté de conscience et l’égalité entre femmes et hommes. (.....) Le lieu où l’on apprend à devenir citoyen c’est l’école. Où l’on apprend à devenir une femme, un homme libre et responsable, où l’on apprend à penser par soi-même. C’est le lieu où les enfants sont instruits des outils de la pensée. Ainsi, pourront-ils s’émanciper, y compris de leur communauté d’origine pour la retrouver s’ils le souhaitent, parce que tel sera leur choix. C’est pourquoi, l’école n’a pas vocation à fabriquer des petits blancs, noirs, jaunes, cathos, protestants, musulmans, juifs, bouddhiste, libres penseurs, communistes, libéraux… Elle a vocation à faire émerger des citoyens, et nécessite pour cela d’être protégée des influences partisanes extérieures. Tel est l’enjeu de la laïcité qui ne se réduit pas à une simple tolérance mais induit une éthique positive du vivre ensemble dans la liberté et l’égalité. (.....) Mais la République doit avoir confiance en ses valeurs ; d’autant que cette confiance est partagée par l’immense majorité des citoyens quels que soient les communautés religieuses qui parlent en leur nom. Le risque serait bien plus grand de laisser croître la revendication communautarisme et de ranger la Laïcité à la rubrique des "territoires perdus de la République". Le pire des dangers serait qu’il n’y ait plus d’État de droit. Rappelons avec Lacordaire que "c’est la liberté qui opprime et la loi qui libère", et avec Voltaire que "la liberté consiste à ne dépendre que des lois". (.....) Ce serait un message de solidarité à l’attention de celles et ceux qui se battent pour ces mêmes valeurs au péril de leur vie, tels Salman Rushdie, Taslima Nasreen, les femmes d’Algérie, de Turquie, d’Arabie Saoudite, du Nigéria, d’Iran.., les militants de la paix au Proche Orient et tant d’autres qui, sur tous les continents, dans l’anonymat, osent dire non aux obscurantismes et oui à la liberté. Comme la décision pour elles, pour eux, serait lourde de conséquences si la France n’osait réaffirmer ce qui fait d’elle une référence, une parole écoutée, une République souvent aimée. Ecoutons-les nous dire que cette haute idée de la République n’est pas franco-française. Nous aurions tort de ne pas être fiers de ce de ce que nous sommes. (.....)

Intervention de Patrick Kessel (Président d’honneur du Comité Laïcité République), devant la Commission Stasi.

13/10/2004 22:49 par marie

Je suis enseignante et pourtant d’accord avec cette analyse (et minoritaire, hélas). Les profs, les femmes surtout, se sont drapés de la toge du féminisme et de la laïcité pour adhérer à cette loi - qui contrairement à ce qui est rebattu va à l’encontre du principe de laïcité qui prônait au contraire l’acceptation de toutes les croyances et convictions au sein de l’école pour les élèves. En excluant les élèves musulmanes, on porte donc atteinte au principe même de laïcité et pas le contraire.

Quant aux féministes de papier, au lieu de focaliser sur un morceau de tissu, ils et elles feraient mieux de s’offusquer du traitement des femmes encore et toujours infligé par les hommes, quels que soient leurs croyances, leurs convictions ou leur milieu social, qu’ils soient leur patron, leur collègue ou (surtout) leur compagnon. Quand une femme meurt, en France, sous les coups de son tortionnaire. on n’en parle même pas dans les journaux (sauf cas très particulier, manne pour les journalistes à la recherche de sensationnalisme et de diversion) et POURTANT ! Combien de femmes sont rouées de coups tous les jours ? Les chiffres sont effrayants. Mais SILENCE ! Cela n’intéresse personne. Voyons plutôt ce qu’il y a à voir du côté de ces musulmans, pour ne pas dire islamistes.

Quant aux excisions et autres tortures physiques et morales, à part dénoncer les pratiques à l’occasion, que font, sur le terrain, ces centaines de milliers (voire millions) de défenseurs des femmes, féministes d’un jour, pour dissuader les adeptes ?

L’adhésion à l’interdiction du foulard à l’école pour moi est de la même veine que le « cachez ce sein que je ne saurais voir ». Si je ne le vois pas, MON problème est résolu.

De plus, je trouve lamentable que des enseignants, prétendument « féministes » approuvent l’exclusion de jeunes filles des établissements publics. Notre rôle n’est-il pas d’apporter la « lumière » et de faire réfléchir ? Renvoyer dans son milieu (étriqué voire archaïque, qui plus est) une jeune fille, c’est lui refuser l’accès à la connaissance et à l’analyse. Amener la jeune fille voilée à ôter son foulard (c’est-à -dire à se libérer) à plus ou moins brève échéance grâce à notre enseignement, voilà notre rôle. Ce n’est pas de nous voiler la face. Ni de mettre au pilori des gamines qui débutent dans la vie et qui ont tout le temps de changer d’opinion, si on leur en donne la faculté et si on ne les condamne pas par sectarisme ou racisme voilé.

Mais évidemment, il faut que tout le monde prenne la peine de réfléchir.

16/10/2004 09:47 par nora

Bonjour, Je revis lorsque j’ai lu vos qulques lignes, je ramasse les petites mutilées lors de leurs exclusions....UN MASSACRE PSYCHOLOGIQUE

09/11/2004 11:56 par valdeon

votre article va dans le sens de ce que je pense. J’ai eu la chance ou la malchance de naitre de sexe masculin.
mais pour moi il n’y a pas de différence à faire entre une femme et un homme (au niveau être) et je suis
profondément choqué que l’on puisse encore faire une différence à ce sujet sur le plan des droits, des obligations et des devoirs.Certes la nature les a fait génétiquement et phénotipement différents mais est ce une raison pour que l’un soit supérieur ou inférieur à l’autre ? CERTES PAS ....j’ai eu la chance d’avoir une mère enseignante qui nous a toujours mis ( mes freres et soeurs et nous étions 7)sur un même pied d’égalité et je ne saurai jamais trop la remercier pour cela - Je ne pense pas qu’elle aurait été choquée par un foulard mais elle aurait eu à  coeur de savoir ce qui se cachait sous celui ci.
MAIS... combien de femmes ont-elles élevé leur fils dans le "culte de l’homme roi" et de la Fille "servante", cela existe encore aujourd’hui et je trouve cela lamentable. j’ai entendu dernièrement Simone Veille - femme que je respecte entre toutes et je ne saurai qualifier l’attitude de certains hommes politiques lors de son action en faveur des femme et de la liberté TOTALE ET ABSOLUE de leur corps.je vais avoir 67 ans et je me suis toujours battu à qq niveau que ce soit pour qu’une femme et un homme soient totalement égaux et je considère que la galanterie dont se targue certains homme n’est qu’un signe extérieur de considérer la femme contre un être inférieur.Dans un transport en commun j’ai toujours cédé ma place à une personne agée ( homme ou femme de quelque couleur qu’ils soient) mais jamais pour une femme jeune (sauf si elle était enceinte )
J’aime les "gens" et les respecte tout comme j’aime les animaux et la nature et je les respecte et je suis heureux
d’avoir été élevé dans cet esprit - maman, encore merci - je ne te l’ai peut être pas dit assez de ton vivant mais je te le redit, ici, encore une fois

14/10/2004 19:40 par Francine Engelbach

Sous les foulards, il y a des cervelles...

Ce qui est consternant c’est de constater que certains enseignants ne savent pas lire : ce qui est consternant c’est de constater également l’extraordinaire haine, mépris et misogynie exprimés au travers de leurs insultes, c’est à dire :

Ce qui est consternant c’est de constater que certains enseignants ne savent pas lire : ce qui est consternant c’est de constater également l’extraordinaire haine, mépris et misogynie exprimés au travers de leurs insultes, c’est à dire : supposer que sous le foulard il n’y a pas de cervelle et que ces jeune filles sont des machines prêtes à admettre les esclavages les plus immondes, ceux cités en occurrence, consternant amalgame. Consternant de constater comment ils se débarrassent d’un problème ou d’un symptôme (chez des adolescentes précisément) au lieu de se demander ce qu’il signifie. Et je leur rappelle que beaucoup d’intellectuelles arabes qui luttent au sein de leur communauté pour le droit des femmes sont contre la loi pour les raisons que j’ai données, que c’est un devoir de solidarité face à une aliénation éventuelle. Ces réponses me confirment dans l’idée que se voiler la face en utilisant l’insulte et l’exclusion est une régression terrible face aujourd’hui aux problèmes nouveaux qui se posent dans notre société et à la responsabilité politique et éducative que cela implique.

Quant aux insultes et procès d’intention qui me sont adressés personnellement, je réponds : je déteste la bigotterie de tous bords, mais surtout de la part de ceux qui s’en croient libérés, qui se croient du bon côté, qui se croient pédagogues exemplaires. Reste mon droit à critiquer les institutions républicaines au nom des principes laïques, républicains auxquels je tiens plus que tout. Les révolutions commencent quand chacun accepte de balayer devant sa porte. Si je me trompe d’analyse, ce ne sont pas les arguments utilisés jusque là qui vont me faire changer d’avis.

Francine Engelbach

15/10/2004 05:18 par jeanlire

Chère Francine,

Si vous étiez plus claire, sans doute on vous comprendrait.Je n’ai toujours pas compris. A lire votre dernier message, je crains d’être mal parti pour saisir votre "pensée"car :
- je suis un homme donc « mysogyne »,
- enseignant donc « pédagogue exemplaire »,
-  je ne sais pas lire (ne vous ayant pas « compris »),
- je suis un républicain convaincu qui ne comprend pas qu’on a là affaire - mais c’est bien sûr ! - à un « nouveau problème » ; tiens ça me rappelle le faux argument des pédagogistes qui en appellent aux « nouveaux lycéens » pour justifier leurs errements qui nous ont mené là où nous en sommes et allons. Comme si ces derniers (les lycéens) n’étaient pas par définition sans cesse « nouveaux », comme les problèmes d’une société d’ailleurs,
- je crois (!) en la laïcité sans être un curé de la laïque mais connaissant bien - de par mes origines - les méfaits de l’opium du peuple,
- je ne « sais pas balayer devant ma porte » n’ayant nul besoin de le faire : elle est ouverte en permanence aux idées, pas aux divagations ou aux fruits d’une quelconque paranoïa.
Mille excuses, enfin, pour tous ces défauts. En fin de compte, si vous utilisiez des arguments en lieu et place de sentiments, on vous comprendrait sans doute mais ce qu’on en dit…
Last but not least, chère Francine, méfiez-vous de la cervelle (avec ou sans foulard) car elle est - de nos jours - mise à rude épreuve. Lisez (ou relisez) Le Nouveau Testament du révérend Le Lay (chapelle TF Haine).

18/10/2004 19:16 par Francine.

Une idée, un principe : on n’exclut pas de l’école publique républicaine une adolescente avec un foulard sur la tête sous prétexte que le pape ou les talibans font la guerre au monde démocratique et, je dirais même le contraire, c’est sûrement la dernière des choses à faire.

Un sentiment : je n’en reviens pas qu’on puisse se préoccuper davantage de ce que pense le pape ou les talibans que de ce qu’attend, ressent et pense une adolescente de notre pays, qui certes a la contestable obsession de se mettre un foulard sur la tête pour un motif religieux ou identitaire mais qui veut avoir le droit au savoir tel qu’il est dispensé par l’école républicaine, ce qui est ma foi le principal.

Je continue à "penser" que hors de vos normes, partisans besogneux de la loi sans en tirer l’esprit, point de salut et qu’au nom de cela, vous déformez tous les messages contraires qui vous sont envoyés.

Francine.

19/10/2004 10:25 par jeanlire

Chère Francine,

Vous distinguez désormais entre "idée" - "principe" (là y’a encore du travail) et "sentiment". C’est déjà plus clair. On commence à vous comprendre...Pour le principe évoqué je ne le partage pas et je vous donne un exemple ci-après qui devrait, normalement, vous faire réfléchir. Tout en "bottant en touche" dans la mesure où je ne suis pas celui qui a évoqué le pape et ses copains les talibans. C’est du pareil au même. Mienne opinion. Pour le sentiment, je note qu’effectivement vous avez bien le droit de savoir. Mais de savoir quoi au juste ? Car à part le fait de reprendre le même exemple que "l’idée-principe" évoqué précédemment, on est resté sur sa faim. J’ai bien peur que l’émotionnel ne guide votre "pensée".
Venons en au fait qui semble vous blesser le plus (c’est bien le problème, ce manque de mise à distance...) : les adolescentes "meurtries" dont vous parlez. Avez-vous entendu parler de "l’adolescente-martyre" de Strasbourg qui a(urait) préféré se raser le crâne (vite, un Kleenex !) plutôt que de céder au fascisme laïque et raciste céfran ? Tout cela était du pipeau comme l’a bien démontré l’émission de D. Schneidermann, "Arrêt sur image" de ce dimanche 17 octobre 2004 (12h30 - 13h30), diffusé la veille sur Arte (tard). Derrière elle, comme derrière TOUTES ces jeunes adolescentes, un groupe, un comité "de soutien" (surtout de soutien aux "idées" fondamentalistes...), qui comme celui de Strasbourg convoque la presse afin que tout le monde voit comment les gens sont méchants (et les français en particulier, pire encore ces méchants profs laïcards qui décidément ne comprennent rien à rien). Excepté
France 2, toutes les chaînes audio et visuelles ainsi que la presse écrite (nationale, à ma connaissance) ont refusé de marcher dans la combine, le crâne rasé a eu peu d’écho, fort heureusement...
Ce FAIT ne vous ébranle pas ? Ne serait-ce qu’un (tout petit) peu ? Je suis curieux de voir comment vous allez contourner la réalité car il ne s’agit plus d’opinion, encore moins de sentiment, même pas d’argument. Il s’agit d’un FAIT et ce n’est évidemment pas la première fois. Quand on cherche (un peu), on trouve et ce qu’on trouve derrière ces voiles, c’est pas du z’oli...et ça n’a pas grand chose à voir avec le féminisme, les droits de l’homme, ni même la religion. C’est du politique, du politique brutal et bien saignant. Celui-là même qui donna le régime taliban. Au nom de la cause des femmes et factuellement du droit de savoir vous défendez le talibanisme. Ces derniers raffolent des arguments que vous utilisez car ils brouillent les pistes permettant ainsi de s’immiscer dans un débat pour ensuite mettre en pratique leurs "idées", je le crains. Rassurez-vous, vous n’êtes ni la première ni la dernière à tout mélanger, Attac s’est fait avoir lors du forum social de St Denis en invitant l’intellectuel des talibans (Tariq Ramadan), ça n’a pas marché semble-t-il pour celui de Londres. Vraisemblablement, il y a eu réflexion du côté des organisateurs. Tout n’est donc pas perdu car ceux-là reprenaient exactement vos arguments pour justifier la venue d’un Tariq Ramadan. Bon courage quand même.
J.

26/10/2004 18:51 par marie

(je ne sais pas , une fois de plus, si mon message est parti ou si il n’a pas été pris en compte. Je vous envoie mon texte une nouvelle fois, au cas où j’aurais fait une fausse manoeuvre )

Qu’est-ce que c’est que tout ce galimatias ? Vous qui accusez les autres de tout mélanger, vous ne vous en privez pourtant pas, loin de là .

Vous qui accusez Francine de ne rien comprendre à rien, vous n’hésitez pas à asséner des généralisations peu crédibles et à tenter une explication pauvrissime de son texte pourtant clair .

Pour vous, TOUTES les jeunes filles voilées seraient manipulées : d’où donc tenez-vous des chiffres aussi précis ? De TF1 ? De la 2 ? du Café du Commerce ?

Et quand bien même une infime partie des adolescentes d’origine maghrébine en France (une poignée, apparemment, contrairement à ce que laisseraient croire les chiffres ronflants et l’hyper médiatisation des cas exceptionnels traités par les journalistes avides de sensationnalisme et peu enclins à l’objectivité de l’information - et sans doute manipulés pour instiller la peur dans la population) s’obstinerait à porter le voile parce que des intégristes islamistes tirent les ficelles et les forcent à agir ainsi, qui est coupable ? L’ adolescente ou les exploiteurs , ceux qui dans l’ombre la contraignent à défier les lois pour asseoir leur autorité et s’assurer une couverture médiatique complaisante ?

Curieusement, pour vous, c’est la jeune fille qui doit être écartée définitivement de la société « céfran » (moi aussi, je peux parler « djeun’s ») en lui fermant la porte de l’Ecole de la République, qui a toujours eu pour vocation d’intégrer les vagues successives d’immigrés (avez-vous oublié ce devoir de base, vous qui vous proclamez enseignant ?) et la renvoyer pieds et poings liés à ses oppresseurs.
Et pour les oppresseurs, que suggérez-vous ? RIEN. S’il n’y a plus d’écolière voilée, n’ayant plus de raison d’être, ils disparaîtraient sans doute d’eux-mêmes. Et hop, exit les barbus ?

Comme d’habitude, ce sont les filles les coupables. Si elles se font violer, elles doivent se justifier sans fin devant la police, les magistrats et autres experts et revivre éternellement des scènes ignobles. C’est vrai, après tout, avec ce qu’elles portent, elles sont une provocation permanente pour le mâle doté d’une intelligence moyenne et d’une libido qui ne demande qu’à s’exprimer. Et si elles sont battues, c’est bien qu’elles l’ont cherché, non ? Trop arrogantes, elles ne veulent pas rester à la place que vous les hommes leur avez allouée.

Avec cette loi contre le voile à l’école, on réussit à renforcer les haines interculturelles (question d’en remettre une couche pour bien poser le problème et convaincre, jusqu’aux mous de l’intolérance), à mettre au banc des accusés des milliers de musulmans qui ne demandaient rien et à permettre à ce que vous appelez les « taliban » d’exister et de hurler à la discrimination. Joli coup, ma foi. Tout cela, soit-disant, au nom de la « La-ï-ci-té » ? Il faudrait relire les textes originels sur la laïcité avant de s’en gargariser. Et ne pas confondre « laïcité » et « neutralité », principe aujourd’hui prôné par la droite et les pseudo-socialistes réunis - et invoqué sous le nom de « laïcité ».

Je suis contre le port du voile et autre accoutrement si ces vêtements doivent être les passages obligés des filles et des femmes pour ne pas attirer la convoitise des hommes. Mais si les hommes étaient éduqués et punis pour tout mauvais traitement à l’égard des femmes, si celles-ci n’étaient pas considérées comme des marchandises gratuites à portée de main (pas besoin d’être maghrébin, d’ailleurs), elles n’auraient pas besoin de se protéger du despotisme masculin en s’enlaidissant avec des vêtements informes.

Quant au voile, symbole d’une religion, il m’indispose autant que les autres symboles religieux. Pas plus.

D’autre part, je refuse qu’on me mette l’étiquette de « défenseur du voile » ou de « taliban-lover » simplement parce que je suis contre cette loi qui, loin d’arranger le problème, permet aux enseignants de se donner bonne conscience quand ils faillissent aux fondements mêmes de l’Ecole de la République.

Quant au FSE, il aurait fallu vous renseigner avant de proférer de telles contre-vérités. Non seulement Ramadan était bel et bien présent à Londres, mais il était au programme de plusieurs conférences. Les associations d’intégristes musulmans (composées d’hommes souvent jeunes couvant de toute évidence les jeunes filles arborant des voiles), omniprésentes au forum, ont fait leurs choux gras de la loi contre le port du voile dans les écoles en France, accusée de racisme et d’intolérance. Quant à la fille au crâne rasé (dont vous prétendez que la prestation médiatique serait passée quasiment inaperçue), elle figurait sur les tracts qu’ils diffusaient largement. La faute à qui si les « taliban » s’infiltrent dans les forums alter mondialistes et s’en servent pour renverser les rôles et crier à la discrimination et à l’intolérance ? Mais on pourrait leur expliquer qu’ils se trompent et que les voies de la LAICITE sont impénétrables. Sûr qu’ils comprendraient.

Conclusion : quand on veut donner des leçons, on prépare ses cours.

PS : Je ne sais pas ce que vous enseignez mais j’espère que ce n’est pas l’histoire.

Précision : je ne me définirais pas comme « féministe » : je défends les droits de l’Homme et des citoyen-es et tout particulièrement le Droit de l’école pour tous-toutes afin que chacun soit préservé de l’obscurantisme de tous bords.

En marge, je vous conseille de lire cet excellent article, entre autres, qui vous donnera quelques chiffres probants : http://www.lexpress.fr/info/societe/dossier/mosquees/dossier.asp ?ida=415633

05/11/2004 12:16 par Anonyme

« Qu’est-ce que c’est que tout ce galimatias ? » (…) : Avec un tel argument, qu’on pourrait vous renvoyer, on n’ira pas loin. Cela dit, on est flatté dans la mesure où le « galimatias » renvoie au Baroque et en particulier - mais pas seulement - à Marivaux, au marivaudage donc ? L’idée est loin de déplaîre.
« Vous qui accusez Francine de ne rien comprendre à rien, vous n’hésitez pas à asséner des généralisations peu crédibles et à tenter une explication pauvrissime de son texte pourtant clair . » : l’amalgame, encore et toujours i.e. au bout du compte, de l’émotionnel. Grosse fatigue…On a tenté - sans succès, apparemment - de distinguer l’idée du sentiment, le fait de l’opinion car rassurez-vous on n’enseigne pas l’histoire mais le français (en lycée). Par ailleurs, on ne se « proclame » pas enseignant, on se contente d’enseigner, c’est déjà pas mal.Depuis 27 ans mais il est vrai que de nos jours l’expérience est plutôt un défaut qu’une qualité. On ne résistera pas au plaisir de signaler qu’on aime l’histoire (18 au Bac ! 30 ans en 2005) et que si la géographie (à enseigner) n’avait pas été dissuasive, c’est bien l’histoire qu’on aurait choisi. On l’a échappé belle, une experte le martèle. On n’osera pas demander ce que fait l’experte et on se déclare terrassé par tant d’assurance.
« Pour vous, TOUTES les jeunes filles voilées seraient manipulées : d’où donc tenez-vous des chiffres aussi précis ? De TF1 ? De la 2 ? du Café du Commerce ? » : bien évidemment, le « TOUTES » était ironique…C’est bien-là le problème, d’ailleurs. Aujourd’hui le niveau a tellement monté que l’ironie n’est plus perçue et le discours (com)pris au premier degré, hélas. Itou quand nous évoquions la société « céfran » à laquelle on s’entend répondre (quelque peu halluciné, on le confesse) : « (moi aussi, je peux parler « djeun’s ») ». C’était gros mais l’ironie (et dieu sait si la ficelle était grosse) n’a pas été perçue. En revanche, on craint fort que le paragraphe suivant qui évoque « une infime partie » ne le soit pas, ironique…Dans ce dernier cas, nous pourrions aisément renvoyer la balle en reprenant mot pour mot la (fausse) interrogation (bien joué : c’est l’interrogation oratoire, procédé stylistique au demeurant pas toujours compris au juste degré !) : d’où donc tenez-vous des chiffres aussi précis (« infime ») ? De TF1 ? De la 2 ? du Café du Commerce ?
« Curieusement » en effet, vous inversez les rôles puisque c’est l’enseignant qui « ferme la porte de l’Ecole de la République » : sans commentaire.
« Et pour les oppresseurs, que suggérez-vous ? » : on ne se prétend ni commissaire de la République ni bourreau en chef et encore moins donneur de leçons néanmoins on suggère ce que l’on fait déjà quand le temps, l’envie (etc.) le permettent à savoir s’informer. A ce propos, puisque vous avez eu l’amabilité de saisir une URL pour m’inviter à (s’informer), on en donne une aussi :
http://www.communautarisme.net/index.php3?action=page&id_art=50367
Il s’agit de l’ Observatoire indépendant d’information et de réflexion sur le communautarisme (- www.communautarisme.net)
Cet Observatoire réfléchit au danger de la montée des communautarismes en France (américanisation de fait de la société française et probablement européenne ?), restez sereine, les islamistes fondamentalistes ne sont pas seuls en cause puisque les féministes, les « khmers roses » - il s’agit du titre d’un ouvrage - , les régionalistes ( pour n’en citer que quelques uns) et bien d’autres (Lelay de TF1 par ex.) sont revisités à la lumière d’esprits apparemment indépendants (on n’est pas dans le secret des dieux, on lit et on tâche de se faire une opinion) .
« Comme d’habitude, ce sont les filles les coupables » : toute ma compassion mais c’est un peu court comme argument, non ?
« Si elles se font violer » : bel amalgame. Les jeunes filles qui portent le voile se feraient violer ? Expliquez-nous, on ne comprend pas tout ou vous allez trop vite, Alzheimer qui commence à faire des ravages sans doute .
« Et si elles sont battues, c’est bien qu’elles l’ont cherché, non ? » : ceci relève d’un fantasme qui ne relève pas des nôtres. On vous en laisse volontiers la responsabilité. Idem, pour la suite dudit paragraphe mais à vous lire on éprouve le besoin de se jeter dans la lecture de « Têtu », ne serait-ce que pour contrebalancer (sourire).

« Avec cette loi contre le voile à l’école, on réussit à renforcer les haines interculturelles » : là encore, cette affirmation relève du fantasme. Fantasme introduit par les néo-conservateurs (le fameux « choc des civilisations ») et puisque vous aimez l’Histoire (que proférions-nous : une experte !) attendons quelques dizaines d’années pour voir confirmé - ou infirmé - ledit « choc ». Vous nous permettrez de ne pas y souscrire. On serait par ailleurs intéressé de savoir ce que vous appelez les « textes originels sur la laïcité ». On ira religieusement aux sources que vous citerez. Ceux de la Pensée Libre ? (qui sont loin d’être les premiers à avoir défendu la notion de laïcité).
« Quant au FSE, il aurait fallu vous renseigner avant de proférer de telles contre-vérités. Non seulement Ramadan était bel et bien présent à Londres, mais il était au programme de plusieurs conférences » : nous avons été mal informés. Mea Culpa, errare humanum este. Ce n’est nullement rassurant pour autant.
« Conclusion : quand on veut donner des leçons, on prépare ses cours. » : promis. Vous feriez une excellente inspectrice de l’éducation nationale. Roulez jeunesse !
« PS : Je ne sais pas ce que vous enseignez mais j’espère que ce n’est pas l’histoire. » : on confirme, on n’enseigne pas l’histoire ! De grâce, ne nous dites - surtout pas - ce que nous valons dans notre discipline, vous préserverez ainsi un esprit fragile et délicat.
« Précision (…) afin que chacun soit préservé de l’obscurantisme de tous bords. » : cf (bis repetita) l’Observatoire des Communautarismes (entre autres).

06/11/2004 05:22 par jeanlire

"Quant au FSE, (...)Non seulement Ramadan était bel et bien présent à Londres, mais il était au programme de plusieurs conférences » : renseignements pris, effectivement Ramadan était présent à Londres, effectivement il était au programme de plusieurs conférences mais il n’a donné AUCUNE conférence...
Je vous renvoie donc votre compliment.

07/11/2004 03:19 par marie

... de français ? ô pôvre ! Pas de latin, quand même ?

Je ne reviendrai pas sur les mièvreries sentimentales que constitue votre lettre. Cela n’a aucun intérêt.

Je tiens quand même à signaler qu’"être au programme de" n’indique pas qu’on a pour autant participé. Seulement qu’on était prévu .
Pour plus de précisions, Ramadan était sur place et était annoncé dans 7 débats différents. Je voulais donc dire qu’il y était invité officiellement. Et qu’il ait choisi de ne pas y prendre part ne veut pas dire qu’il n’était pas actif par ailleurs. Mais peut-être aussi s’est-il contenté de se promener sur le site du forum. Qui sait ?

Est-ce clair, ou faut-il encore reformuler ?

Arrêtez donc de prendre les gens pour des cons. Et cessez de les insulter en les traitant ouvertement d’ignorants ou de gâteux. C’est incongru de votre part.

08/11/2004 16:35 par jeanlire

On dispose aussi d’une expérience en FLE (Français Langue Etrangère) après 10 ans passés à l’étranger car apparemment vous auriez besoin de ces compétences puisque vous confondez le sens des mots. En effet, dans notre pénultime message on ne trouve ni mièvrerie ni sentiment et vous vous gardez bien d’en apporter les preuves (et pour cause) mais vous avez raison, cela n’aurait aucun intérêt que nous insistions, nous ne jouons pas dans la même cour et on n’a pas pour habitude d’insister avec les gens de mauvaise foi car votre réponse (mieux eût valu s’abstenir ou simplement reconnaître qu’on s’était « planté »), à notre complément d’information (« Je tiens quand même à signaler qu’"être au programme de" n’indique pas qu’on a pour autant participé. ») ne trompera personne dans la mesure où votre insistance (caractère gras pour le terme « prévu » et justifications pour n’avoir pas à reconnaître…) n’en n’est que plus touchante (vous vouliez de la mièvrerie sentimentale, en voilà ). Décidément, vous ne vérifiez pas votre « information », puisque Ramadan n’a NULLEMENT décidé de « ne pas y prendre part » (au FSE), ce sont les organisateurs qui ont décidé qu’il n’y participerait pas : sacrée nuance et volonté de désinformation qu’il faut dénoncer, pour le coup. On ne prend donc les gens ni « pour des cons » ni pour des « ignorants » voire des « gâteux », ce n’est vraiment pas dans nos habitudes. En revanche, on ne supporte pas la désinformation. Cela ne nous semble pas être un défaut ni de la mièvrerie sentimentale ! « Est-ce clair, ou faut-il encore reformuler ? » : on ne peut que vous donner raison sur ce point.
Bien cordialement.

18/10/2004 19:18 par Francine.

Aux coupeurs de têtes du grand soir...

Aux coupeurs de tête du grand soir j’offre ma vieille tête à leurs guillotines mentales, mais auparavant je leur offre aussi ce poème de Mahmoud Darwich (poète palestinien reclus à Ramallah, info pour les ignares de cette bizarre gauche qui se trompe de combat)) :

Notre rose est posée sur les détritus Et nos deux visages sur le sable. Aussitôt allés les souffles de l’été Nous déployons les foulards Lentement... très lentement. Nous disparaissons dans les replis de nos deux chansons, tels des captifs, Nous déjouons les gouttes de la rosée, Offre-toi donc une fois à l’attention, O soeur ! - c’est que les derniers instants de la nuit Me mettent nu, sans couleur ni ombre - Préserve-moi de l’humiliation ! Dans tes yeux, O ma lune de naguère, mon origine me tire Vers un petit somme tout bleu, sous le soleil et sous le dattier, Loin de la grisaille des exils Tout près de la confidence familiale !

(Poèmes pour un amour antique) (de la part de Francine à ceux du grand soir et d’ailleurs qui ne savent pas tous les dégâts et crimes non virtuels auxquels ils ouvrent les vannes)

31/10/2004 17:32 par Anonyme

En fin de compte, pour quelle (s) raison (s) vous les mettez dehors ces gamines, ces adolescentes ? Pour les punir, les éduquer, ne plus les voir ?

Manipulées ? Je ne comprends pas alors la logique éducative qui veut qu’on les renvoie à leurs manipulateurs et la logique féministe qui veut qu’on punisse les victimes (consentantes ou pas) plutôt que leurs bourreaux, ce que les féministes d’honneur s’étaient bien gardées de faire jusqu’à un passé récent.

Entêtées ? La grosse machine éducative qu’est l’enseignement public n’a-t-elle donc plus le savoir, le contenu et la patience de faire front à cette « redoutable agression » contre la République ?

Prises de lubies vestimentaires ? On a déjà connu, vu et ri de cela auparavant chez d’autres, alors pourquoi elles ? Cela aussi mettrait en danger la République ?

Ou bien ces gamines, ces adolescentes représentent-elles une part de la société d’aujourd’hui que vous préférez ne pas voir, ou que vous souhaiteriez consciemment ou inconsciemment renvoyer « d’où elle vient » comme on l’entend couramment dans tous les milieux, alors que je pensais l’école républicaine à l’abri, ou du moins en refus de cette xénophobie, de cette discrimination pas du tout positive ?

La plupart sont petites filles de colonisés, jadis méprisés, exploités, torturés, assassinés (vous vous souvenez du 17 octobre 1961, massacre pour lequel les archives sont toujours fermées aux historiens ?).

Les plus nombreuses sont filles et petites filles de précaires, de marginalisés, si bien qu’on est en train de faire signer un engagement de la part des entreprises à ne pas être racistes ! Un comble et un aveu de la part de nos gouvernants alors que cette part de nous-mêmes que sont les immigrants en situation de précarité ou de rejet et leurs enfants devraient en fait être traités comme tout un chacun. Et vous déniez le droit à ces adolescentes de manifester à leur manière une solidarité identitaire et non pour la grande majorité, parce que leur milieu les oblige, ce que vous savez très bien (ou si vous ne le savez pas c’est que vous ne parlez jamais avec elles). L’exclusion serait elle le moyen pédagogique opposé aujourd’hui à la mémoire des descendants de colonisés ?

Quant au motif religieux, oui les différences religieuses et culturelles et les deux à la fois existent. Et ce serait un comble que l’Ecole publique les ignore sous prétexte de laïcité. La laïcité, ce n’est quand même pas détourner les yeux ou se boucher les oreilles pour faire comme si tout était uniforme dans le meilleur des mondes. Encore une fois la laïcité serait-elle l’enseignement au bulldozer ?

Alors vous me direz, et celles qui ont accepté notre loi, qui se sont inclinées ? Demandez leur à quel prix, demandez leur ce qu’elles en pensent, demandez leur ce qu’elles feraient si elles n’étaient pas menacées d’exclusion. Demandez leur ce que cela change dans leur tête et dans l’idée qu’elles se font de notre République.

Vous vous attaquez aux signes « visibles ». N’y a-t-il pas des signes invisibles plus préoccupants, plus malsains y compris s’ils concernent ceux qui ont le bon profil social, culturel, ethnique ? Vous excluez les unes et vous faites quoi pour les autres, pour tous et toutes ? Tous et toutes étant des enfants de la République.

Autrefois, peut-être encore aujourd’hui on appelait l’armée « la Grande Muette ». L’école publique et son corps enseignant méritent ils aujourd’hui ce titre ? Toute honte étant bue ?

Francine Engelbach

01/11/2004 13:48 par marie

Tout à fait d’accord avec vous, Francine. En plus il y a des trucs auxquels je n’avais pas vraiment réfléchi et qui sont limpides tels que vous les énoncez.

Mais c’est dur de faire entendre notre voix dans cette cacophonie où le viscéral l’emporte sur la réflexion - même parmi des personnes insoupçonnables de préjugés, telles celles (ultra-minoritaires) avec lesquelles j’évolue.

Courage. La "pensée unique" et la schématisation ne doivent pas nous atteindre.

Peut-être qu’un jour nous arriverons à en persuader d’autres qui, somme toute, ne sont pas encore arrivés aux mêmes conclusions mais qui se poseront les bonnes questions.

Cordialement

09/11/2004 11:25 par valdeon

je ne suis pas pour que soit affiché
de façon un peu trop voyante quelque signe d’appartenance religieuse - mais
si je suis contre le port du foulard "obligé" mais est ce si grave s’il est librement consenti ?
je pense qu’il devrait y avoir aussi une réforme dans la tenue vestimentaire de certains de nos enseignants et des élèves .C’est une question de respect les uns envers les autres - je suis contre le fait d’interdire pour interdire mais de grace et même sous le couvert d’une certaine mode l’ecole devrait rester
le lieu ou la bienséance vestimentaire
devrait être de mise, tout comme la bienséance du langage et ce n’est malheureusement pas toujours le cas.

16/03/2005 10:32 par Mas gnaud

Bonjour,
le sujet de la laïcité à l’école et dans les lieux publics (hopitaux...) est posé par la loi mais que penser de l’attitude de nos politiques qui devraient donner l’exemple ? Ainsi, hier "aux informations" (sur TF1) nous avons pu voir à quelques minutes d’écart l’ancienne ministre Guigou lors de l’inauguration d’une mosquée en région parisienne portant le voile (si, si, nous l’avons reconnue !!!) et Raffarin en Israel portant la kippa. On voudrait nous faire confondre laïcité (c’est à dire stricte neutralité par rapport aux religions) avec tolérance ou connivence religieuse (appelée à tort laïcité ouverte). Il ne faudra pas dès lors s’étonner que les principes de neutralité soient de plus en plus contestés non seulement par les intellos intégristes à qui la télé fait la part trop belle (je pense notammnent à Ramadan : à quand la fin de Ramadan ?(sur nos antennes)) mais aussi et surtout par ceux qui, de plus en plus nombreux ne manqueront pas de le suivre, sur le terrain.

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