18 
Un petit viatique pour les disciples de Sa Sainteté en tournée en France

Le Dalaï Lama champion de la non-violence ?

Extrait (inédit) de « La non-violenza. Dilemmi morali e promesse non mantenute »), ("La non-violence. Dilemnes moraux et promesses non tenues")

essai, en cours de rédaction, de Domenico Losurdo, historien de la philosophie, enseignant à Urbino (Italie).

La campagne anti-chinoise en cours de nos jours présente, et célèbre, le Dalaï Lama comme le champion de la non-violence, véritable héritier de Gandhi. On notera cependant à ce propos que l’Occident libéral s’est montré pendant longtemps tout autre que sympathique à l’égard de Gandhi. C’est avec un souverain mépris que Churchill parle de ce « faquir séditieux », de ce « misérable petit vieux, qui est notre ennemi depuis toujours », de ce « vieux va nu pieds » (1) , qui prétend mettre la main sur « ce qui nous appartient « et « veut l’expulsion de l’Angleterre hors de l’Inde » (2). L’incontournable arrogance impériale se charge parfois aussi de tons racistes, comme on le voit en particulier dans une prise de position de 1931 :

« Il est alarmant et nauséabond aussi de voir Gandhi, un avocat subversif du Middle Temple, maintenant dans cette attitude de faquir selon un modèle bien connu en Orient, gravir, à grands pas et à moitié nu, les escaliers du palais du vice roi pour aller parler d’égal à égal avec le représentant du roi-empereur alors qu’il s’emploie encore à organiser et conduire une campagne provocatrice de désobéissance civile » (3).

En tout cas, contre le mouvement indépendantiste, qu’il soit violent ou non-violent, on sait recourir à tous les moyens, et Churchill en 1932 salue le lancement en Inde de mesures « plus drastiques que toutes celles qui s’étaient avérées nécessaires depuis l’époque de la Mutiny de 1857 » (4) c’est-à -dire depuis la révolte des Sepoys et de la sanglante répression qui avait en son temps suscité l’indignation de Marx.

De nos jours encore, les accents chers à Churchill sont loin d’avoir disparu. Un journaliste historien qui, dans les colonnes d’organes de presse étasuniens et occidentaux généralement les plus autorisés, s’emploie à célébrer le retour du colonialisme (Colonialism’s Back-and Not a Moment Too Soon - "le colonialisme est de retour et c’est pas trop tôt" - NDT), s’exprime ainsi en parlant de Gandhi : il « avait une année de plus que Lénine, avec qui il avait en commun une approche de type quasiment religieux de la politique, mais son « excentricité le rapprochait aussi de Hitler, de vingt ans son cadet » (5). Comparé à Lénine, le leader du mouvement indépendantiste indien subit le sort réservé au bolchevisme qui, du point de vue des historiens et journalistes de cour, n’est que le frère jumeau du nazisme.

La tendance principale de l’idéologie dominante est cependant aujourd’hui bien différente. Dès les premières années de la guerre froide, une fois abandonnés la haine et le mépris nourris en particulier par Churchill envers le « subversif » et « oriental » ennemi de l’Empire britannique et de la civilisation occidentale, Gandhi est promu au rôle d’apôtre de la non-violence : non-violence qu’on va opposer à ces mouvements révolutionnaires d’émancipation des peuples coloniaux qui se développent en Asie et dans le monde entier ; c’est ainsi que Gandhi devient inopinément l’antithèse de Mao, de Ho Chi Minh, Castro et Arafat. Viendra ensuite une manoeuvre de réal-politique ultérieure et décisif : une campagne multimédiatique martelant que l’hérédité de Gandhi en tant que champion de la non-violence serait aujourd’hui assumée par le Dalaï Lama, comme par hasard désigné en 1989 Prix Nobel de la paix.

Et pourtant la réalité n’est pas difficile à vérifier. Elle est révélée clairement dans deux livres qui ont pour auteur unique, ou co-auteurs, deux fonctionnaires (de niveau plus ou moins élevé) de la Cia. Le premier, qui a collaboré pendant des décennies avec le Dalaï Lama et exprime son admiration et sa dévotion envers le « leader bouddhiste qui s’est voué à la non-violence », rapporte en ces termes le point de vue exprimé par son héros : « S’il n’y a pas d’alternative à la violence, la violence est autorisée ». D’autant plus qu’il faut savoir distinguer entre « méthode » et « motivation » : « Dans la résistance tibétaine contre la Chine la méthode était l’assassinat, mais la motivation était la compassion, et cela justifiait le recours à la violence ». De façon analogue le Dalaï Lama, cité et admiré par le fonctionnaire de la Cia, justifie et même célèbre la participation des Usa à la seconde guerre mondiale et à la guerre de Corée, puisqu’il s’agissait de « protéger la démocratie et la liberté ». Ces nobles idéaux allaient continuer à inspirer Washington à l’occasion de la guerre du Vietnam, même si, dans ce cas-là , les résultats ne furent malheureusement pas à la hauteur des intentions (6). On comprend que, sur de telle bases, la syntonie se révèle parfaite avec le fonctionnaire de la Cia, qui tient à se faire photographier avec le Dalaï Lama dans une posture amicale et affectueuse. Il tient même à déclarer que lui aussi, exactement comme son vénérable maître bouddhiste, n’aime pas les « armes à feu » mais qu’il se résigne à en approuver et promouvoir l’emploi seulement quand cela s’avère inévitable (7). Ainsi donc, réinterprétée à la lumière des enseignements du prix Nobel pour la paix, la non-violence semble être devenue la doctrine inspiratrice de la CIA !

Ce sont justement les fonctionnaires de cette agence redoutée dans le monde entier qui finissent par faire un portrait désacralisant du Dalai Lama. En 1959, il s’enfuit de Lhassa : c’est la réalisation d’un « objectif de la politique américaine depuis au moins une décennie ». Au moment de son passage de la frontière entre la Chine (Tibet) et l’Inde, le Dalaï Lama nomme général un des tibétains qui l’avaient assisté dans sa fuite, tandis que deux autres, sans perdre de temps, avec la radio qui leur avait été fournie par la Cia, transmettent à cette dernière un message urgent : « Envoyez-nous par voie aérienne des armes pour 30.000 hommes » (8). Malgré l’équipement sophistiqué fourni aux guérilleros, la mise à leur disposition d’un « inexorable arsenal dans le ciel » (les armes parachutées par les avions étasuniens) et la possibilité de bénéficier d’arrières sûrs au-delà de la frontière chinoise, et en particulier dans les bases du Mustang (au Népal), la révolte tibétaine, préparée dès 1959 par le lancement d’armes et équipements militaires dans les zones les plus inaccessibles du Tibet (9), échoue. Les commandos infiltrés depuis l’Inde accusent des résultats « généralement décevants » ; « ils ne trouvent qu’un rare appui dans la population locale ». En résumé : la tentative d’ « alimenter une guérilla sur une vaste échelle par voie aérienne s’est révélée un échec lamentable » ; « en 1968, les forces de la guérilla au Mustang vieillissaient » sans être capables de « recruter de nouveaux éléments ». Les USA sont obligés d’abandonner l’affaire, provoquant alors une grande désillusion chez le Dalai Lama : « il observa avec amertume qu’en 1974 Washington avait effacé son soutien du programme politique et paramilitaire » (10).

Il est donc assez difficile de voir dans le Dalai Lama l’héritier de Gandhi ! La seule vague analogie est avec le Gandhi de la première guerre mondiale, qui s’emploie à recruter des soldats indiens pour l’armée britannique et espère ainsi gagner la reconnaissance de Londres. De la Grande-Bretagne, l’Inde hérite l’aspiration à détacher, d’une manière ou d’une autre, le Tibet de la Chine : encadrés dans un corps spécial (Special Frontier Force), les guérilleros tibétains combattent sous commandement de l’armée de New Delhi au cours de la brève guerre de frontière sino-indienne de 1962, puis au cours de la guerre indopakistanaise de 1971. C’est dans ce contexte que s’insère l’appui fourni par le Dalai Lama à la politique indienne d’armement nucléaire.

La collaboration avec les USA va jouer un rôle plus important encore : s’ajoutant au terrible embargo imposé par Washington et aux opérations persistantes de sabotage ou de terrorisme promues à partir de Taiwan, la révolte tibétaine était destinée, dans les plans de la Cia, à « contraindre Mao à éparpiller ses ressources déjà minces » et à provoquer l’étranglement de la République populaire chinoise. Il est vrai que l’objectif principal ne sera pas poursuivi. Mais dans tous les cas, outre le fait qu’ils affaiblissent le grand pays asiatique, les Etats-Unis « tirent bénéfice des renseignements recueillis par les forces de la résistance » tibétaines. De plus, la CIA et l’armée étasunienne peuvent expérimenter « de nouveaux types d’équipement, par exemple des avions et des parachutes » et « de nouvelles techniques de communication », et accumuler de précieuses expériences ; « les leçons apprises au Tibet » trouvent leur application « dans des lieux comme le Laos et le Vietnam » (11).

Comme on peut voir, la non-violence du Dalaï Lama n’est qu’un mythe ; sur deux photos de 1972, on peut même le voir, avec le général indien Sujan Singh Uban, passer en revue et haranguer la Special Frontier Force, pour qui il avait donné son « consensus » afin qu’elle soit employée dans la guerre contre le Pakistan, quelques mois auparavant (12). Mais comment expliquer le mythe ? Une fois de plus celui qui va nous aider à donner une réponse est le fonctionnaire de la Cia qui a maintenu des contacts pendant des décennies avec le leader indépendantiste tibétain. En 1950, quand la guerre de Corée éclate, l’agence reçoit des instructions pour que soient conduites contre la Chine non seulement des « opérations paramilitaires » mais aussi une « guerre psychologique » (13). Le projet verra des perfectionnements ultérieurs à la suite de la révolte de 1959 ; le « groupe de stratégie psychologique » invite l’administration Eisenhower à « alimenter la rébellion le plus longtemps possible et à lui donner la plus grande emphase dans les moyens d’information » ; « la Cia paye une société de public relations pour aider les tibétains à publiciser leur cause » (14). L’orientation de fond de cette guerre psychologique avait déjà été définie dans les premières années de la guerre froide : il s’agissait d’ « appeler au rassemblement les bouddhistes d’Asie contre l’expansion des communistes chinois » (15). Au communisme synonyme de violence il fallait opposer le bouddhisme synonyme de non-violence. On ne s’étonnera pas alors que l’ « écran » (screen) de la non-violence commence à auréoler la figure du Dalaï Lama (16). Ce ne sera pas seulement une personnalité singulière qui connaîtra une aveuglante transfiguration mais aussi le monde dont elle est l’expression : le Tibet pré-moderne et pré-révolutionnaire va devenir un lieu d’enchantement, d’où se sont évanouis l’esclavage, le servage, la violence de la classe dominante, et même la violence en tant que telle. En réalité, bien loin de cette idylle, la Lhassa de ce bon vieux temps ressemblait à la « Florence des Borgia » (17). Mais la guerre psychologique, les sociétés de public relations et Hollywood (qui avait déjà joué un rôle central dans la Guerre froide) savent faire des miracles : le Dalaï Lama et le bouddhisme tibétain deviennent l’incarnation de la non-violence.

Se réclamant de Gandhi et du Dalaï Lama, des cercles qui se disent de gauche et même des radicaux - qu’on pense pour ce qui concerne l’Italie au « Partito radicale transnazionale », dirigé par Marco Pannella- non seulement stigmatisent comme sanguinaires les mouvements de libération nationale ( comme par exemple la résistance palestinienne), mais vont plus loin encore : ignares des leçons de la non-violence et en proie à des pulsions d’homicide et totalitaires, les soit disant « radicaux », en opposition à ces mouvements de libération nationale, appuient régulièrement les guerres lancées par Washington pour l’exportation de la « démocratie » et , avec une emphase toute particulière, les guerres déclenchées par Israël contre ses voisins arabes : en tout premier lieu, contre le peuple palestinien. Le soutien aux guerres israélo-étasuniennes est-il en contradiction avec le principe de non-violence ? Les « radicaux » n "ont aucune difficulté à se référer au Gandhi qui, pendant la première guerre mondiale, soutenait l’effort de guerre de l’Empire britannique et faisait taire ses adversaires, en les accusant d’être lâches et même « efféminés ».

En ce point, la « non-violence » s’est transformée en une idéologie de la guerre (pour le moment froide).

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio 17 août 2008

Le texte original (et traduction) se trouvera sur le site
http://domenicolosurdo.blogspot.com/

Références bibliographiques

Yogesh Chada 2000
Rediscovering Gandhi (1997), tr. it., di Mario Prayer, Gandhi. Il rivoluzionario disarmato (1998), Mondadori, Milano

Kennet Conboy, James Morrison 2002
The CIA’s Secret War in Tibet, University Press of Kansas, Lawrence

Niall Ferguson 2004
Empire. The Rise and the Demise of the British World Order and the Lessons for Global Power (2002), Basic Books, New York

Paul Johnson 1989
A History of the Modern World from 1917 to the 1980s ; (1983) ; tr. it., di Elisabetta Cornara Filocamo, Storia del mondo moderno (1917-1980), Mondadori, Milano

John Kenneth Knaus 1999
Orphans of the Cold War. America and the Tibetan Struggle for Survival, PublicAffairs, New York

Domenico Losurdo 2006
Le révisionnisme en histoire. Problèmes et mythes, Albin Michel, Paris

(1) Ferguson 2004, p. 276 et Chada 2000, p. 387 et 390.
(2) Chada 2000, p. 384 et 300.
(3) Chada 2000, p. 298.
(4) Chada 2000, p. 319
(5) Johnson 1989, p. 521 ; dans Paul Johnson cf. Losurdo 2006, chap. III § 9
(6) Knaus 1999, p. X et 313.
(7) Knaus 0999, p. X et 274.
(8) Knaus 1999, p. 178 ; Conboy, Morrison 2002, p.93.
(9) Knaus 1999, p. 225 et 154-155.
(10) Knaus 1999, p. 281, 235, 292 et 293.
(11) Knaus 1999, p. 215 et 316 ; Conboy, Morrison 2002, p.IX.
(12) Conboy, Morrison 2002, p. 247-48.
(13) Knaus 1999, p. 63.
(14) Knaus 1999, p. 204 et 181.

COMMENTAIRES  

19/08/2008 23:30 par PHILCO

Au fait, ilmanque quelque chose d’essentiel dans tout ce procès au Dalai Lama : quelles sont les sources de ces témoignages ? Ne sont cités que
"deux livres qui ont pour auteur unique, ou co-auteurs, deux fonctionnaires (de niveau plus ou moins élevé) de la Cia. Le premier, qui a collaboré pendant des décennies avec le Dalaï Lama et exprime son admiration et sa dévotion envers le « leader bouddhiste qui s’est voué à la non-violence »" !
Depuis quand considère-t-on deux fonctionnaires de la CIA, anonymes qui plus est, sans référence des livres sur lesquels les accusations se fondent, comme crédibles ?????

23/08/2008 06:45 par Anonyme

Monsieur,
1) les noms des auteurs (ex-fonctionnaires de la Cia) et les références (page à page citées) de leurs livres se trouvent dans les notes en fin d’articles, telles qu’elles sont annoncées, comme il se doit, dans le texte.
2) Reportez-vous aux travaux publiés (et traduits) de Domenico Losurdo pour voir s’il a l’habitude d’écrire quelque chose sans l’argumenter des références bibliographiques utilisées ; je vous conseille, entre autres ouvrages, en français, " Fuir l’histoire ? La révolution russe et la révolution chinoise aujourd’hui ", publié d’abord par Le temps des cerises, puis Editions Delga.
Je suis étonnée de voir à quel point les commentateurs se passent d’aller vérifier ce qu’ils contestent,avant de s’acharner à démolir un texte scientifique = argumenté, justement, par des éléments d’archives (fussent-elles, ces archives, surprenantes pour ces commentateurs-là car prises dans "l’autre bord") plutôt que par de l’idéologie.
Cet ouvrage dont j’ai précisé qu’il était en cours de rédaction, ne manquera pas de vous offrir (encore) d’autres arguments et références historiques, chers lecteurs (distraits) et commentateurs qui les réclamez (sans donner vous même de sources à votre argumentation),lors de sa publication.
la traductrice

23/08/2008 15:34 par Anonyme

C’est tout à fait exact et je ne m’en suis aperçu qu’une fois ma contribution envoyée. Au temps pour moi et je m’en excuse.

20/08/2008 10:00 par Caius Gracchus

Il semble que quand un ancien agent de la CIA, qui supporte le Dalai Lama, pas qui cherche à lui nuire, montre comment son agence l’ soutenu, y compris dans ses entreprises guerrière, que des documents déclassifiés de la CIA le confirment, que la presse (dans un contexte autre que celui d’aujourd’hui) rapporte les faits ici évoqués, n’y a t il pas une crédibilité très hautes des faits ici exposés ?

20/08/2008 22:15 par Anonyme

Parce que selon, vous, rendre public le "soutien" de la CIA au Dalai Lama dont on entend parler depuis au moins 50 ans a pour but de le soutenir (Simone de Beauvoir en parle dans la deuxième partie de la Force des choses !) ???? On se demande comment les chinois ne l’ont pas encore condamné comme traitre à sa patrie ou comme espion apointé à la CIA !

20/08/2008 23:52 par Mao, en Col et en Col.

Et qui vous dit que les Chinois ne l’ont pas déjà fait ? Hummm. Et comment le feraient-ils ? Ils iraient le kidnapper dans un pays étranger pour l’emmener dans une base militaire dans la province de Guan Tan, Amo, par exemple ? Hmmm ?

Allez, sans rancune.

21/08/2008 01:05 par PHILCO

Non, les jugements par défaut existent ! Comment expliquez-vous que JAMAIS les chinois n’invoquent cette "traitrise" pour collaboration lorsqu’ils l’attaquent, que ce soit dans la presse ou officiellement (ce qui revient au même) ? S’assied-t-on à négocier avec les émissaires d’un traitre à la patrie comme l’ont fait les chinois en mai et en juillet de cette année ? Ils ne voient en lui q’un "dangereux séparatiste", pas un traitre à sa patrie collaborant avec l’ennemi !
Lorsque vous écrivez :"C’est avec un souverain mépris que Churchill parle de ce « faquir séditieux », de ce « misérable petit vieux, qui est notre ennemi depuis toujours », de ce « vieux va nu pieds » (1) , qui prétend mettre la main sur « ce qui nous appartient « et « veut l’expulsion de l’Angleterre hors de l’Inde »", c’est exactement ce que disent les chinois du Dalai Lama, comme par exemple :

" : Le Dalaï Lama a réitéré dans sa « lettre d’appel » qu’il ne recherchait pas l’ « indépendance du Tibet » et qu’il poursuivrait la « voie du milieu ». Quels sont vos commentaires à ce sujet ?

R : Le Dalaï Lama est le représentant à lui seul du régime théocratique de servage, le pire système d’esclavage dans toute l’histoire humaine. Sous ce régime, il n’était question ni de démocratie, ni de liberté, ni de droits de l’homme, sous quelque forme que ce soit, mais que des privilèges des propriétaires de serfs. La « voie du milieu » prônée par le Dalaï Lama vise au fond à rétablir son paradis perdu et à replonger dans l’enfer les millions de serfs libérés. Qui peut accepter une telle « voie du milieu » ?

Q : Récemment, le Dalaï Lama a démenti dans sa « lettre d’appel » toute implication dans les actes de saccage, de sabotage, de pillage et d’incendies criminels commis à Lhassa. Quels sont vos commentaires à cet égard ?

Le Dalaï Lama vit depuis toujours de mensonges. Peu importe ce qu’il a dit, mais seul compte ce qu’il a fait. La dernière chose qu’il a faite, c’est d’avoir orchestré et provoqué les graves violences criminelles de Lhassa. Il a montré par ses actes que la « paix » et la « non-violence » qu’il prône ne sont autres que des mensonges."
http://www.fmprc.gov.cn/fra/xwfw/fyrth/fyrth/t423845.htm

Il n’est nullement taxé d’espion ou de traitre pour collaboration !

Voici ce qu’en dit Raphaël Liogier directeur de l’Observatoire du religieux et professeur des universités à l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence dans Liberation :

"Pourquoi le dalaï-lama semble-t-il si modéré dans ses positions ? Pourquoi n’exploite-t-il pas plus la tribune offerte par les Jeux olympiques qui démarrent dans moins de cinq mois ?

Mais il profite des JO ! Il a deux revendications qui ne sont pas anodines. D’abord, il exige une réelle autonomie puisque Pékin ne respecte plus la coutume de « chapelain-protecteur » qui régissait les relations entre le Tibet et la Chine depuis le XVIe siècle. Pékin empêche la pratique religieuse en imposant une « éducation patriotique ». C’est pourquoi les Tibétains parlent de « génocide culturel ». Deuxième revendication : le rétablissement des vraies frontières du Tibet, puisque la Région autonome ne représente, sur les cartes chinoises, qu’une petite moitié du Tibet traditionnel. Ces demandes sont difficiles à manier pour la Chine. Pékin aimerait tellement que le dalaï-lama soit radical et prône l’indépendance. Mais les Chinois n’arrivent pas à faire de lui l’ennemi qu’ils voudraient qu’il soit. C’est ce que les jeunes générations n’ont pas compris."
http://www.liberation.fr/actualite/monde/316474.FR.php

Apparemment, vous préférez la propagande chinoise aux affirmations du DL qui se dit non séparatiste et partisan de la démocratie. Pourquoi accordez-vous ce crédit aux chinois ?

20/08/2008 23:04 par Balou

Quand j’avais 8 ans je jouais au petit soldats.
Quand j’avais 12 ans, j’étais fan de Rambo I.
Quand j’avais 15 ans je trouvais "Reservoir Dog" "trop kiffant"
Quand j’avais 20 ans j’allais jouer au paint-ball avec mes potes.
Quand j’avais 25 ans je trouvais encore normal qu’on déclare la guerre à l’Irak pour avoir envahit le Koweit.

Et puis j’ai évolué.

Si on s’amusait a fouiller dans mon passé, il se trouverait bien un journaliste pour dire que suis un adepte de la violence... alors qu’aujourd’hui je suis profondémment non-violent. (certes, si on me mettait une arme à la main, face-à -face avec Poutine, ou quelconque autre malade, j’avoue que ça mettrait à mal mon engagement...)

Comment peut-on cataloguer quelqu’un sur des actes commis il y a 30 ans ou pire, sur les actions des personnes qui se disent ses "disciples" ?

Les gens évoluent. Même le Dalaï-Lama. Posez lui la question, les yeux dans les yeux, vous aurez votre réponse. Et il sera sans doute le premier à vous dire qu’il est bourré de paradoxes, mais qu’il essaye constamment de les résoudre, sans déni, en étant honnête avec lui-même, même si parfois il se trompe.

Aujourd’hui j’ai beau me creuser, je ne vois aucun leader politique ou religieux qui soit aussi sincère et équanime dans ses actes comme dans ses paroles. Et malgré ses incohérences, ça suffit à justifier qu’on lui apporte notre soutient plutôt que de tenter de le déstabiliser.

20/08/2008 23:55 par Anonyme

Et aujourd’hui, quelques années plus tard, la CIA vous verse quelques maigres centaines de milliers de dollars pour vous remercier d’avoir choisi le camp de la non-violence, du pacifisme ?

Tous ensemble : Aooooommmmmmm.....

21/08/2008 22:20 par JOUKOV

TON DALAI LAMA n’est qu’un bouffon entre les mains de la CIA.

21/08/2008 09:51 par eric faget

encore un qui participe à l’épreuve mondiale de manipulation de l’opinion, nouvelle compétition officielle, aux J.O.. Les hans sont de plus en plus nombreux. ils sont les maîtres des terres conquises par la force et ils font ce qu’ils veulent. S’ils ne traitent pas les diplomates de connards, c’est juste qu’un incident diplomatique nuirait aux affaires. La chine des mandarins n’est pas morte, elle a changé de forme avec Mao, et cette fois pas de mongols ni de mandchous mais une armée surpuissante très entrainée et nombreuse très nombreuse, entre 3 et 5 millions d’hommes et le double de réservistes, et en plus des fusées qui vont dans l’espace et des missiles nucléaires intercontinentaux.... Franchement vous croyez qu’ils en ont quelque chose à braire de ce que les occidentaux pensent d’eux. Le centre de Lhassa a entièrement été ré-urbanisé selon la mode chinoise c’est à dire le plan à damier cher à tout les conquérants : romains américains du nord comme du sud, colonialistes français anglais des écrans sur toutes les places publiques des immeubles en béton et une pensée de la ville corbuséenne dans ce que cela peut avoir de pire. Bon le dalaï-lama, pour lui ça va ses potes aussi comme d’hab c’est qui qui mange la fiente ? les petits tibétains bousculés par les occupants chinois les vieilles femmes offensées dans leurs pratiques religieuses les enfants acculturés qui parleront bientôt le cantonnais ou le mandarin. Par contre la star, comme notre pape en 39 45, elle souffre pas trop et même, elle est peut être plus heureuse là où elle vit mais, comme son fond de commerce c’est l’envahisseur chinois, on y va de la chansonnette : on m’as pris mes terres, mon royaume alors que les conflits sino- tibetain durent depuis plus de 1000 ans. Juste à coté y a un pays qui s’appelle le Nepal où le maquis maoïste a pris le pouvoir, tout prés aussi le Myanmar où les grands groupes européens brillent par leurs actions en faveur de la dictature en place pas tres loin il y a la thailande célèbre pour ses préservatifs et ses petits enfants . Et juste à coté, tout près, on a quand même le pays qui a inventé le BNB : le bonheur national brut, le Bhoutan. La focale sur le Tibet c’est la suite à la même échelle du printemps de Prague. Pour l’instant l’ennemi c’est Orientasia, l’irak et l’iran qui va nous jeter des bombes terribles et atomiques avec des microbes qui vont nous donner le caca mou et l’haleine fetide(me demandez pas comment y vont faire les microbes pour rester entiers c’est des armes de destruction qui sont tellement massives que même celui qui les lance hé ben il est mort avant de pouvoir les lancer...). Mais demain ce sera Estasia avant que ne viennent le tour de l’Eurasia et que l’ANGSOC prenne le pouvoir. Pourtant vous êtes prévenu merde ça arrive maintenant là sous vos yeux on peut aussi voir les rouages de la machine qui tournent on peut voir les programmateurs. chaque jour le mensonge grossit et les esprits s’amenuisent et nous continuons de commenter une histoire déjà écrite. Dans dix ans, la chine prendra la place qui est déjà la sienne, celle de première puissance mondiale et le Dalaï-Lama ben il faudra qu’il soit encore plus poli. La chine a assimilé la leçon de la guerre de l’opium elle a subi le contrôle des européens des japonais mais elle n’a jamais perdu vraiment pied et maintenant elle nage.

eric faget clown constipé

21/08/2008 13:50 par Stelios

Lorsque l’on enlève tout moyen de s’exprimer à quelqu’un, il lui reste encore la liberté de suivre son destin. Dans une démocratie ou l’on vend son pouvoir pour une image, la plus belle concentre les moyens de réaliser librement nos destins … à celui qui la vend. Vive la liberté bourgeoise et sa démocratie, vive le monde libre qui nous vend ces images et transforment tous nos espoirs déçus … en l’espoir d’un avenir meilleur !!!!!

Va falloir se bouger autrement pour sortir du bourbier…. Il faudra bien un jour commencer par arrêter de vendre son âme au diable pour espérer .... se démerder !

Stelios

04/09/2008 04:30 par eric

pourquoi en verité sortir du bourbier , mon ami au contraire retournons dans la boue retournons aux odeurs d’avril et aux senteurs de septembre... le diable grand et cornu le demon à l’haleine putride démmare tout les matins en bas de chez moi et fait ses vingt bornes pour aller au boulot. Baal zebul le saigneur des mouches produit des insecticides et même si nous sommes des millions à nous reveiller et nous battre je crois que nous sommes vaincus d’avance mais que c’est justement pour ça que nous devons continuer le combat non pour l’assurance d’une grande victoire mais pour le cumul d’une multitude de petites etincelles en se disant qu’une d’entre elle pourra allumer le grand incendie.... Et derriere tout ça ne jamais oublier la somme de douleur qui assomme les cimes d’orgueil qui deciment et la ruine qui nous guette la pire de toute celle du reniement de soi. Nous sommes à la fin d’Apocalypse now quand Kurtz prononce les derniers sons qui sortent de son vivant l’horreur l’horreur l’horreur et nous n’y pouvons plus rien

21/08/2008 20:45 par Mila

En tant que femme le système théocratophallyque prôné par la Dalaï-lama me révulse, en tant que citoyenne son système féodal m’horripile. En tant qu’athée sa volonté s’établir le règne d’un gamin prétendument réincarné ( et payé par la CIA) me fait penser aux pires cauchemars de l’histoire.
Cependant je n’irai pas manifester en Chine contre le Dalaï-lama parce que je pense que c’est aux Chinois et au Tibétains de régler cette question.
Face à la multiplication des "contestataires" occidentaux pour le "Tibet libre" sur la place Tien an Men, je me dis que le Chinois apprécierons le racisme furieux des ressortissants des anciennes colonies, des pays de Guantanamo et Abu Grahib et du génocide au Rwanda...

Les faits, et surtout les massacres ont la mémoire longue

22/08/2008 16:49 par PHILCO

Pourriez-vous justifier toutes les accusations que vous proférez à l’égard des intentions politiques par des références précises ? Que je sache, il est favorable, dans tous ses écrits, à la démocratie et toutes les valeurs qui en découlent ce qui me paraît plus en rapport avec l’enseignement du Bouddha. Sinon, je considèrerai que vous ne lui faites qu’un mauvais procès d’intention.

22/08/2008 17:04 par No Dalai, No Lama

Ben, il suffit de lire "sa" consitution (en anglais, désolé). C’est vers le milieu que ça commence à devenir intéressant (après les incontournables professions de foi de toute constitution...).

http://www.servat.unibe.ch/icl/t100...

Et puis bon, il y en a qui ont toujours un problème à capter une chose simple de la politique internationale : quelqu’un qui se voit (ouvertement) soutenu et financé par la CIA - dont la spécialité n’est PAS la promotion de personnes désintéressées, pacifiques, démocrates, d’une grande spiritualité, etc, est 1) un hypocrite ou 2) un naif.

Le Dalai Lama n’a pas l’air naif.

22/08/2008 21:03 par PHILCO

Certes, la Constitution accorde une place prééminente d’espèce de guide spirituel, pour reprendre l’expression iranienne. Ceci dit, les libertés fondamentales sont affirmées, y compris la liberté religieuse, et des limites sont posées au "règne" du DL par l’article 31 qui prévoit sa destitution possible par le Conseil de régence. Ce n’est donc ni une distature, ni une théocratie comme affirmé par Mila.
En tout cas, merci pour ce lien et ce document que je ne connaissais pas.

18/11/2008 18:09 par Alain de Thailande

Article passionnant qui ne laisse pas indifférent.

(Commentaires désactivés)