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Le droit de l’humanité à l’existence

Les changements climatiques causent d’ores et déjà des dommages considérables, et des centaines de millions de pauvres en souffrent les conséquences.

Les centres de recherche les plus avancés assurent qu’il reste très peu de temps pour échapper à une catastrophe irréversible. Selon James Hansen, de l’Institut Goddard, de la NASA, un niveau de trois cent cinquante parties de dioxyde de carbone par million est encore tolérable ; or, il dépasse actuellement trois cent quatre-vingt-dix et il augmente tous les ans à raison de deux parties par million, soit plus que les niveaux d’il y a six cent mille ans. Les deux dernières décennies ont été les plus chaudes depuis qu’il existe des mesures. Ce gaz a augmenté de quatre-vingts parties par million ces cent cinquante dernières années.

Les glaces de la mer Arctique, l’énorme couche de deux kilomètres d’épaisseur qui couvre le Groenland, les glaciers d’Amérique du Sud qui alimentent les principales sources d’eau douce de cette région, le volume colossal qui couvre l’Antarctique, la couche qui reste encore sur le Kilimandjaro, les neiges qui couvrent l’Himalaya et l’énorme masse gelée de la Sibérie fondent à vue d’oeil. Des scientifiques prestigieux redoutent des sauts quantitatifs dans les phénomènes naturels qui provoquent les changements.

L’humanité avait placé de grands espoirs dans le Sommet de Copenhague, qui devait prolonger le Protocole de Kyoto souscrit en 1996 mais entré en vigueur seulement en 2005. L’échec éclatant de ce Sommet a engendré des épisodes honteux qu’il faut dûment éclaircir.

Les États-Unis, qui comptent moins de 5 p. 100 de la population mondiale, émettent le quart du dioxyde de carbone. Leur nouveau président avait promis de coopérer aux efforts internationaux pour faire face à un problème qui touche son pays autant que le reste du monde. Les réunions préalables au Sommet ont mis en lumière que les dirigeants de cette nation et ceux des pays les plus riches manoeuvraient pour faire retomber le poids des sacrifices sur les pays émergents et les pays pauvres.

Beaucoup de dirigeants et des milliers de représentants des mouvements sociaux et des institutions scientifiques, décidés à se battre pour préserver l’humanité du pire risque qu’elle a encouru dans son Histoire, se sont rendus à Copenhague à l’invitation des organisateurs du Sommet. Je m’abstiens d’entrer dans le détail de la brutalité dont ont fait preuve les forces de l’ordre danoises contre les milliers de manifestants et d’invités des mouvements sociaux et scientifiques pour me concentrer sur les aspects politiques du Sommet.

Un véritable chaos a régné à Copenhague et des choses incroyables s’y sont passées. Les mouvements sociaux et les institutions scientifiques n’ont pas eu le droit d’assister aux débats. Des chefs d’État ou de gouvernement n’ont même pas eu la possibilité de donner leur opinion sur des problèmes vitaux. Obama et les dirigeants des pays les plus riches ont séquestré la conférence avec la complicité du gouvernement danois, et les institutions des Nations Unis ont été mises sur la touche.

Barack Obama, qui est arrivé le dernier jour du Sommet et n’y est resté que douze heures, s’est réuni avec deux groupes d’invités triés sur le volet par lui-même et ses collaborateurs. Et c’est accompagné de l’un de ces groupes qu’il a eu une réunion dans la salle plénière avec le reste des délégations de plus haut niveau. Aussitôt après avoir pris la parole, il s’est retiré par une porte dérobée. A cette réunion plénière, hormis le petit groupe choisi par lui, les autres représentants des États n’ont pas eu le droit de prendre la parole. Si les présidents bolivien et vénézuélien ont pu le faire, c’est seulement parce qu’ils l’ont réclamé avec énergie, soutenus par les autres, et que le président du Sommet n’a pas eu d’autre solution que de la leur céder.

Dans une salle contiguë, Obama a réuni les dirigeants des pays les plus riches, de plusieurs nations émergentes les plus importantes et de deux pays très pauvres. Il y a présenté un document négocié avec deux ou trois des principaux pays, il a ignoré l’Assemblée générale des Nations Unies, il a donné des conférences de presse et il est reparti, tel Jules César qui s’exclama au terme d’une ses campagnes victorieuses en Asie mineure : Vini, vidi, vici !

Le Premier ministre en personne du Royaume-Uni, Gordon Brown, avait affirmé le 19 octobre : « Si nous n’aboutissons pas à un accord dans les prochains mois, il ne fait pas le moindre doute qu’une fois que l’élévation débridée des émissions aura provoqué des dommages, aucun accord mondial rétrospectif à quelque moment du futur ne pourra en éliminer les effets. A cette date, il sera alors irrémédiablement trop tard. »

Et il avait conclu son discours sur cette péroraison dramatique : « Nous ne pouvons nous donner le luxe de l’échec. Si nous échouons maintenant, le prix à payer sera très lourd. Si nous agissons maintenant, si nous agissons de concert, si nous agissons en faisant preuve de hauteur de vue et de détermination, nous pouvons encore remporter la victoire à Copenhague. Mais, si nous échouons, la planète Terre sera en danger, et il n’existe pas de plan de rechange. »

Il affirme pourtant à présent avec arrogance que l’Organisation des Nations Unies a été prise en otage par un petit groupe de pays comme Cuba, le Venezuela, la Bolivie, le Nicaragua et Tuvalu, et il accuse la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud et d’autres nations émergentes d’avoir cédé aux séductions des États-Unis pour souscrire un accord qui expédie aux oubliettes le Protocole de Kyoto et ne contient aucun engagement contraignant pour les États-Unis et leurs riches alliés.

Je me vois obligé de rappeler que l’Organisation des Nations Unies a vu le jour voilà à peine soixante ans, après la Deuxième Guerre mondiale, alors que les pays indépendants ne dépassaient pas la cinquantaine. Elle compte aujourd’hui plus de cent quatre-vingt-dix États indépendants, après que la lutte décidée des peuples a eu liquidé l’odieux système colonial.

La République populaire de Chine s’est même vu refuser pendant des années le droit d’entrée à l’ONU, un gouvernement fantoche y usurpant sa représentation à l’Assemblée générale et au Conseil de sécurité. C’est grâce au soutien tenace d’un nombre croissant de pays du Tiers-monde que la Chine bénéficia peu à peu de la reconnaissance de la communauté internationale, ce qui fut un facteur très important pour que les USA et leurs alliés de l’OTAN reconnaissent ses droits à l’ONU.

C’est l’Union soviétique qui contribua le plus par sa lutte héroïque à la défaite du fascisme, au prix de plus de vingt-cinq millions de morts et d’énormes destructions dans tout le pays. C’est au terme de cette lutte qu’elle émergea comme une superpuissance capable de contrebalancer en partie la domination absolue qu’exerçait le système impérial des USA et des anciennes nations coloniales, et sa mise à sac impitoyable des peuples du Tiers-monde. La désintégration de l’URSS a permis aux USA d’étendre leur pouvoir politique et militaire en direction de l’Est, vers le coeur de la Russie, et de renforcer leur influence sur le reste de l’Europe. Ce qui s’est passé à Copenhague n’a donc rien d’étonnant.

Je tiens à souligner les déclarations injustes et outrageantes du Premier ministre britannique et la tentative des États-Unis d’imposer comme accord du Sommet un document dont les pays participants n’ont discuté à aucun moment.

Le ministre cubain des Relations extérieures, Bruno Rodrà­guez, a affirmé dans la conférence de presse qu’il a donnée le 21 décembre des vérités absolument indéniables. J’en cite quelques paragraphes :

« A Copenhague, je tiens à le souligner, la Conférence des Parties n’a adopté aucun accord, aucune décision concernant des engagements, qu’ils soient contraignants ou pas, ni absolument aucune décision relevant du droit international : à Copenhague, il n’y a pas eu d’accord, tout simplement !

« Le Sommet a été un échec, et l’on veut pourtant berner l’opinion publique mondiale. […] la carence de volonté politique a sauté aux yeux…

« …il a constitué un recul dans l’action de la communauté internationale pour prévenir ou alléger les retombées des changements climatiques…

« …la température mondiale pourrait s’élever de 5º en moyenne… »

Puis notre ministre a apporté d’autres données intéressantes sur les conséquences possibles de cet échec, selon les dernières recherches scientifiques :

« …de la date du Protocole de Kyoto à ce jour, les pays développés ont élevé leurs émissions de 12,8 p. 100… 55 p. 100 de ce volume correspondant aux USA

« Un Étasunien consomme en moyenne 25 barils de pétrole par an, un Européen 11, un Chinois moins de 2, un Latino-Américain ou un Caribéen, moins de 1.

« Trente pays, dont ceux de l’Union européenne, consomment 80 p. 100 des combustibles produits. »

Le fait est que les pays développés signataires du Protocole de Kyoto ont élevé radicalement leurs émissions. Ils veulent toutefois substituer maintenant à la base adoptée pour calculer ces émissions, autrement dit 1990, une nouvelle base, 2005, de sorte que les engagements envisagés par les USA, les plus gros pollueurs, ne représenteraient qu’une réduction de 3 p. 100 par rapport à vingt-cinq ans avant ! C’est là se moquer d’une manière éhontée de l’opinion mondiale…

Le ministre cubain, parlant au nom des pays de l’Alliance bolivarienne des peuples de Notre Amérique (ALBA), et défendant la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud et d’autres États importants à économie émergeante, a ratifié le concept dégagé à Kyoto de

«  responsabilités partagées, mais différenciées, ce qui veut dire que les pays à accumulation historique et les pays développés, responsables de cette catastrophe, ont des responsabilités différentes de celles des petits États insulaires ou des pays du Sud, surtout des pays les moins avancés… »

« Responsabilités veut dire financement ; responsabilités veut dire transfert de technologies dans des conditions acceptables. Mais Obama joue sur les mots, et au lieu de parler de "responsabilités" partagées mais différenciées, il parle de "réponses" partagées, mais différenciées…

« …il abandonne la salle plénière sans même daigner écouter qui que ce soit, de même qu’il n’avait écouté personne avant son intervention. »

Obama avait affirmé lors d’une conférence de presse ayant précédé son départ de la capitale danoise : « Nous avons généré ici à Copenhague un accord substantiel sans précédent : pour la première fois dans l’Histoire, les plus grandes économies sont venues ici accepter ensemble leurs responsabilités. »

Dans son exposé clair et irréfutable, notre ministre s’est exclamé :

«  Que signifie : "…les plus grandes économies sont venues ici accepter ensemble leurs responsabilités" ? Ca veut dire qu’il fait retomber une part importante du fardeau que représente le financement des mesures d’atténuation et d’adaptation que doivent adopter les pays, surtout ceux du Sud, face aux changements climatiques, sur la Chine, le Brésil, l’Inde et l’Afrique du Sud. Car, il faut bien le dire, la Chine, le Brésil, l’Inde, l’Afrique du Sud et tous les pays appelés par euphémisme en développement ont été victimes d’un braquage, d’un hold-up ! »

Voilà dans quels termes frappants et irréfutables notre ministre a raconté ce qu’il s’est passé à Copenhague.

Je dois ajouter que le 19 décembre, à dix heures du matin, alors que notre vice-président Esteban Lazo et notre ministre des Relations extérieures étaient déjà repartis, on a assisté à une tentative tardive de ressusciter le document mort-né de Copenhague en tant que document du Sommet. Il ne restait plus alors pratiquement aucun chef d’État et seuls quelques ministres. De nouveau, la dénonciation des membres restants des délégations de Cuba, du Venezuela, de Bolivie, du Nicaragua et d’autres pays a fait capoter la manoeuvre. Voilà comme s’est conclu le Sommet : sans gloire !

On ne saurait non plus oublier qu’aux heures les plus critiques de cette journée-là , tard dans la nuit, le ministre cubain des Relations extérieures, et les délégations qui livraient cette digne bataille, ont offert leur coopération au secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, dans la lutte toujours plus dure qui se déroulait et dans les efforts à consentir à l’avenir pour préserver notre espèce.

L’organisation écologique World Wide Fund (WWF) a averti que les changements climatiques échapperaient à tout contrôle dans les cinq à dix prochaines années si les émissions n’étaient pas réduites radicalement.

Mais Obama lui-même m’épargne la peine de démontrer ce que j’ai dit sur ses agissements.

Il a déclaré le 23 décembre, dans une interview à la chaîne de télévision CBS, que les gens avaient raison d’être déçus des résultats du Sommet sur les changements climatiques : « …au lieu d’un échec total, d’une inaction totale, ce qui aurait été un énorme recul, nous avons pu du moins nous maintenir en gros là où nous étions… »

Selon l’agence de presse, Obama est le plus critiqué par les pays qui sentent presque à l’unanimité que le Sommet s’est achevé sur un désastre.

L’ONU est maintenant dans une impasse. Demander à de nombreux autres États d’adhérer à un accord arrogant et antidémocratique serait humiliant.

Poursuivre la bataille et exiger à toutes les conférences, surtout celles de Bonn et de Mexico, le droit de l’humanité à l’existence, en nous fondant sur la morale et la force que nous donne la vérité, telle est à mon avis la seule voie.

Fidel Castro Ruz
Le 26 décembre 2009

COMMENTAIRES  

28/12/2009 02:47 par xav

"Le ministre cubain des Relations extérieures, Bruno Rodrà­guez, a affirmé dans la conférence de presse qu’il a donnée le 21 décembre des vérités absolument indéniables."

« …la température mondiale pourrait s’élever de 5º en moyenne… »

Une vérité indéniable au conditionnel...

Fidel est heureusement plus perspicace et tranchant dans d’autres domaines.
Je le trouve brouillon dans cette déclaration.

28/12/2009 11:49 par CN46400

Exact, pour une fois la perspicacité de Fidel me parait douteuse. Il est temps de lui offrir d’autres livres scientifiques de chevet que les rapports du GIEC. Et de lui rappeler, amicalement, que l’exploitation capitaliste n’est jamais longtemps imbécile et que les profits du capital doivent proliférer partout aussi bien en cas de réchauffement climatique qu’en cas de refroidissement !

C’est de cela que les capitalistes voulaient parler à Copenhague, pas des milles misères des pauvres !

28/12/2009 11:59 par legrandsoir

Ah, trouver une petite "faille" dans le raisonnement Fidel, c’est comme trouver une tréfle à 4 feuilles !
Quoique, à relire le tout, ça ressemble à une tréfle à 3 feuilles à laquelle on aurait collé une 4eme avec du scotch, non ?

28/12/2009 14:15 par xav

l’image du trèfle à 4 feuilles est intéressante et amusante.

Dans le cas du réchauffement climatique anthropique (RCA) menant à la catastrophe voir l’apocalypse de l’humanité je parlerais plutôt d’un champ de chienlit semé de qq’es trèfles.

Fidel dit "Les glaces de la mer Arctique, l’énorme couche de deux kilomètres d’épaisseur qui couvre le Groenland, les glaciers d’Amérique du Sud qui alimentent les principales sources d’eau douce de cette région, le volume colossal qui couvre l’Antarctique, la couche qui reste encore sur le Kilimandjaro, les neiges qui couvrent l’Himalaya et l’énorme masse gelée de la Sibérie fondent à vue d’oeil."

Il reprend là le discours simplificateur et mystificateur des activistes aveugles et/ou manipulateurs. La climatologie est une science jeune et compliquée qui se prête malheureusement mal à l’activisme déraisonné.

Les neiges du Kilimandjaro fondent effectivement. La cause est humaine et solaire. Le soleil fait sublimer les glaces du Kilimandjaro, les locaux ont abattu bcp d’arbres pour se nourrir, réduisant les précipitations à l’échelle locale. L’apport de neige fraîche est inférieur à la sublimation et le glacier disparait petit à petit. Le CO2 n’intervient nullement dans ce schéma, pas plus que les occidentaux ou les 4x4.

Tous les indicateurs de l’antarctique sont dans le vert. Il n’y a aucune fonte, ni a vue d’oeil ni à vue de satellite qui ne soit pas "normale"
Dans le papier du monde diplomatique de ce début du mois de décembre sur le réchauffement climatique" on peut bien voir que les glaces de l’antarctique augmentent. Le Giec le précise également dans les rapports ar3et4 de 2001 et 2007.
Il n’y a aucune corrélation CO2-glaces antarctiques.

Les Indiens ont rapporté des nouvelles rassurantes des glaciers himalayens avant le COP15, Fidel n’a pas du les lire.

L’inlandsis groenlandais et la banquise de pôle nord se comportent différemment et ne sont pas influencés par les mêmes facteurs de fonte.

Fidel regroupe dans ce texte des problèmes différents et complexes pour désigner 2 coupables commis d’office et jugés impartialement le CO2 et les capitalistes.

Autant pour les capitalistes, je vois d’excellentes raisons de les incriminer, autant le CO2 me parait être un bouc émissaire.

Fidel dit "préserver l’humanité du pire risque qu’elle a encouru dans son Histoire"

Je suis vraiment pas d’accord avec lui. Chomsky a une opinion bien plus éclairée et raisonnable concernant les pires risques pour l’humanité.
Le capitaliste ne craint pas une augmentation des températures de 2 ou 4 degrés. Il contrôle les terres et pourra se prémunir sans difficulté face aux "changements" induits.

Fidel ne parle pas ici de tempêtes et d’ouragans mais notre ami commun ;) , Chavez, a sauté le pas dans son (beau) discours prononcé sur ce même thème et publié chez nous par les grands du grand soir (merci à vous).
Il n’y a pas d’augmentation en nombre ou en puissance des ouragans et des cyclones. Il n’y a pas de corrélation CO2/cyclones, tornades, tempêtes etc etc.
Le giec le dit depuis au moins 2001 et le redit en 2007 par la voie officielle.

Al Gore et Chavez contredisent tous 2 cette affirmation du giec.

Les politiciens, plus fort que les scientifiques ?

Un large écran de fumée bien opaque couvre le débat du RCA et des GES.

Je suis très étonné que le trio révolutionnaire et éclairé, Evo,Fidel,Hugo navigue à vue dans ce blizzard capitaliste.

28/12/2009 16:27 par Jacques-François Bonaldi

Tiens, les grincheux de fin d’année montent au créneau !

Rappeler à Fidel ce qu’est le capitalisme, c’est un peu outrecuidant, ne trouvez-vous pas ?

Bonne année à tous, quand même.

28/12/2009 18:54 par Jacques-François Bonaldi

A propos, soit dit en passant :

"Une vérité indéniable au conditionnel..."

Oui, bien entendu ! C’est grammaticalement tout à fait correct. Une vérité peut être indéniable si les conditions de sa vérification se concrétisent : il est indéniable que la température pourra augmenter de tant de degrés si rien n’est fait pour stopper les émissions....
Signé : Grevisse

28/12/2009 19:01 par legrandsoir

c’était donc bien une fausse tréfle à 4 feuilles... ;-)

Bonne année à toi J-F ! (il se pourrait qu’on se voit l’année prochaine à la Havane, sais-tu ? Un petit reportage en perspective)

28/12/2009 21:47 par CN46400

"Et pourtant elle tourne..."

Attention JFB, bien qu’ayant nettement moins vécu que Fidel, je sais que je me suis bien plus souvent trompé que lui.

Cependant, je doute qu’il soit judicieux d’étayer des conclusions politiques justes (économies énergétiques....)sur des postulats sinon douteux du moins non complètement vérifiés. Ce n’est pas parcequ’un collectif de savants,même onusien, titulaire du prix Nobel de la Paix (le collectif), affirme que le CO2 issu des combustibles fossiles est, à 90% de chances, responsable du réchauffement climatique, que cela doit devenir une vérité d’évangile. La science n’est concernée ni par la démocratie, ni par le consensus, seule la vérité compte, celle-ci peut fort bien siéger dans les 10% restant !

Il n’est nullement nécessaire de diaboliser le pétrole, ou le charbon,pour blâmer les gaspillages, où soient-ils.

29/12/2009 04:19 par xav

Cher monsieur Bonaldi, Cher commentateur du GS.

J’aurais espéré trouver sur ce site un espace de débat et de commentaires de qualité. Est-il possible d’émettre une pensée différente sans se faire insulter ?

"Tiens, les grincheux de fin d’année montent au créneau !"

Je suppose que cela m’était partiellement attribué.
Je vous saurais gré de débattre et de confronter des idées sans tomber dans les attaques personnelles hors sujet.

Si j’ai parfois des mots durs envers les activistes du climat tel que Gore, je n’insulte ni ne dénigre l’auteur, les lecteurs ou les commentateurs.

La réciproque n’est pas tenue.

"Rappeler à Fidel ce qu’est le capitalisme, c’est un peu outrecuidant, ne trouvez-vous pas ?"

Personne dans les commentaires ne donne de leçon de capitalisme. Vous bottez en touche et continuer à dénigrer en évitant de confronter les idées.

"Bonne année à tous, quand même."
C’est ca ciao, développer un argument aurait été trop dur.

29/12/2009 12:47 par legrandsoir

@xav

Vous l’avez peut-être remarqué (ou pas), mais nous sommes épidermiquement opposés aux "critiques de salon" formulées par des occidentaux à l’encontre de ceux et celles qui sont en "état de résistance" (on appelle ça parfois les lignes du front). Ce n’est pas de l’idolaterie, c’est juste du respect. Le même respect dont ils font preuve en s’abstenant de dire ce qu’ils pensent de "nous" (et ils en auraient dix fois plus à dire dans ce sens là , n’est-ce pas ? Ce serait rigolo d’ailleurs, que ces camarades viennent sur nos forums nous causer de la Gauche, du NPA, du PCF, du PS et tout le toutim... ).

C’est comme ça, c’est un choix, une marque de fabrique, une façon d’être, un principe. C’est le Grand Soir et c’est parfois pour ça qu’on l’aime ou qu’on le déteste...

29/12/2009 13:34 par alexandre libr'

accepter les critiques internes pour aller dans le bon sens et montrer à l’extérieur que l’on a du bon sens. Sinon on perd en crédibilité. allez qui sera le premier à dire que je suis anti-démocrate ou bobo, la Réaction est ouverte...

29/12/2009 14:27 par legrandsoir

"critiques internes", ok. Ca concerne tout le monde. Et on commence généralement par ça. Et la gauche française et européenne n’a pas encore balayé devant sa porte. Elle n’a même pas encore trouvé le balai (j’ai une petite idée quant à son emplacement mais je ne voudrais pas heurter quelques sensibilités). En profiter pour pérorer sur les luttes lointaines dont on ne peut saisir que des échos (souvent déformés) - à moins d’y consacrer une énergie folle - relève de l’inconscience. L’honnêté et le sérieux dans ce cas-là consisterait à prendre un maximum de recul et de s’abstenir, justement... à moins d’être à 150% sûrs et certains. Ici on en est encore à débattre sur les responsabilités respectives des échecs de la gauche et on voudrait QUAND MEME prétendre donner des leçons "là -bas" ? Hum... Osé.

Tout ceci est une généralité exposée ici présent et ne concerne pas forcément les commentaire accompagant cet article-ci.

MAIS : "Des révolutions et des révolutionnaires, il faut les examiner de très prés et les juger de très loin". Simon Bolivar. (Co-signé par le Grand Soir)

29/12/2009 17:41 par Jacques-François Bonaldi

A xav (et à CN…)

Mon Dieu, je ne pensais pas que ma petite réaction épidermique aux commentaires des Réflexions de Fidel allait être si mal prise, et que qualifier quelqu’un de « grincheux » pouvait être considéré rien moins que comme « une insulte personnelle » et du « dénigrement » !

"Rappeler à Fidel ce qu’est le capitalisme, c’est un peu outrecuidant, ne trouvez-vous pas ?"

Non, xav, ça, ce n’est pas pour vous, c’est pour CN46400 qui écrit : «  Il est temps… de lui rappeler, amicalement, que l’exploitation capitaliste n’est jamais longtemps imbécile... » Ce petit ton condescendant de donneur de leçons, je l’avoue, me déplaît souverainement…

En fait, tout part, comme toujours, de l’endroit où l’on se trouve. Voyez-vous, je traduis Fidel sur place (La Havane) depuis mars 1971. Or, traduire, c’est procéder à la lecture la plus impitoyable qui soit : celle de la nécessité de comprendre ! Ce qui implique que l’on passe au peigne fin les moindres détours d’un texte, d’une pensée. Si elle n’est pas solide, elle ne résiste pas à l’analyse qu’entraîne cette lecture.

J’ai donc vu défiler sous mes yeux « impitoyables », depuis maintenant trente-huit ans, des centaines et des centaines de textes de lui… Non content de cela, je viens de terminer la traduction profusément annotée (dans l’attente de quelque éditeur intéressé) de tout ce qu’il a écrit de 1946 (première année où son nom apparaît dans la presse cubaine ; il a alors vingt ans) à novembre 1956 (départ de Tuxpan à bord du Granma), ce qui forme une autre masse de documents considérable. Ce recueil, s’il voit le jour, aura pour titre : Au principe du fidélisme, qui joue sur les deux sens de principe : « début » et, selon la définition du Robert, « Règle d’action s’appuyant sur un jugement de valeur et constituant un modèle, une règle ou un but ». Car il existe une pensée « fidéliste » (le terme était déjà employé au début des années 50 par ses adversaires qui voyaient avec crainte le surgissement d’une pensée politique) qui ne doit, pour une grande part, qu’à lui et son vécu personnel.

Et ce qui impressionne le plus, quand on suit la pensée de Fidel, c’est justement sa solidité, sa constance, sa ligne de conduite et de réflexion sur soixante ans !

Je ne sais depuis quand vous êtes intéressés par le climat et l’écologie. Je peux vous dire, moi (et je crois me rappeler en toucher un mot dans Cuba, Fidel et le Che ou l’aventure du socialisme) que Fidel tirait, dès les années 60, la sonnette d’alarme sur la façon dont le capitalisme hyperdéveloppé et sa recherche effréné du profit faisaient du mal à la planète et aux êtres qui l’habitent et qu’il avertissait les pays socialistes de ne pas suivre cette voie…

C’est parce que je sais ce que pense Fidel depuis très longtemps que j’ai réagi (avec humour, pensais-je, et non avec méchanceté, me semble-t-il, mais je suis trompé à en croire vos réactions) à des commentaires qui m’ont paru, je l’avoue, légers et prétentieux. Surtout quand d’autres commentaires en rajoute : « Il reprend là le discours simplificateur et mystificateur des activistes aveugles et/ou manipulateurs. » Diantre, vous en faites presque un ennemi public, et un sot !

Lisez bien, et vous verrez que le fond des Réflexions de Fidel est, comme toujours chez lui, politique, et non scientifique. Et qu’il n’affirme des choses sur ce plan que quand il est convaincu de leur bien-fondé.

Ceci étant, je me dis (sans être un expert, contrairement à vous deux, semble-t-il) que quand le GIEC, que vous vouez aux gémonies, affirme ce qu’il affirme après avoir consulté durant des années des milliers d’experts et de spécialistes dans le monde entier (Tiers-monde y compris, ce qui n’est pas un détail sans importance…), il doit bien y avoir anguille sous roche et que les changements climatiques ne sauraient être un simple vue de l’esprit d’ « activistes aveugles et/ou manipulateurs » !

En tout cas, les pollueurs vous sauront gré de ce petit coup de pouce de votre part. lls n’en ont pas besoin, vous défendrez-vous, et je vous le concède. Mais quand même…

De toute façon, bonne année de La Havane.

29/12/2009 20:37 par xav

Cher camarade Bonaldi,

Vos arguments sont plus intéressants que vos réactions épidermiques.

"« Il reprend là le discours simplificateur et mystificateur des activistes aveugles et/ou manipulateurs. » Diantre, vous en faites presque un ennemi public, et un sot !"

Al Gore et les profiteurs de guerre climatique sont des gens dangereux. (j’ai bien peur hélas que vous ne ME compreniez pas vu la tournure de la discussion).

Vous dites "Ceci étant, je me dis (sans être un expert, contrairement à vous deux, semble-t-il) que quand le GIEC, que vous vouez aux gémonies, affirme ce qu’il affirme après avoir consulté durant des années des milliers d’experts et de spécialistes dans le monde entier (Tiers-monde y compris, ce qui n’est pas un détail sans importance…), il doit bien y avoir anguille sous roche et que les changements climatiques ne sauraient être un simple vue de l’esprit d’ « activistes aveugles et/ou manipulateurs » !"

Je ne voue nullement le GIEC aux gémonies. Je le cite en référence à mes propos. Vous n’avez sans doute pas lu les rapports ar3et4 du GIEC. Il y est précisé que l’antarctique ne subit pas de fonte "anormale", qu’il n’y a pas de tendance en augmentation des cyclones, ouragans en nombre et/ou force.

Le prix Nobel de la Paix pour son "activisme" planétaire, Mr Al Gore affirme exactement le contraire.

"Et ce qui impressionne le plus, quand on suit la pensée de Fidel, c’est justement sa solidité, sa constance, sa ligne de conduite et de réflexion sur soixante ans !"
J’ai une bien moins grande culture dans ce domaine que vous mais ce que j’ai lu et vu de lui me fait penser exactement la même chose. Chavez et Morales sont de la même veine et la justesse de leur discours est impressionnant.

"Lisez bien, et vous verrez que le fond des Réflexions de Fidel est, comme toujours chez lui, politique, et non scientifique."

Je suis totalement d’accord avec vous.
J’ajouterais également que c’est un stratège militaire / civil exceptionnel. Compliments qui sont valables pour notre ami Chavez également.

"Et qu’il n’affirme des choses sur ce plan que quand il est convaincu de leur bien-fondé."

D’où ma stupéfaction que je ne peux réfréner.
Il s’agit d’un discours historique, c’est la première fois de l’histoire qu’en 2 clicks de souris, on trouve un document de "l’ONU " l’ar4 du giec (2007) qui contredit Fidel avec consensus .

Ce n’est pas normal... Ya un stuut comme on dit chez moi.

"En tout cas, les pollueurs vous sauront gré de ce petit coup de pouce de votre part."

Je ne crains cher camarade que votre vision soit imperméable à mes arguments. Le soutient aux pollueurs me fait sourire. Sachez que quand j’essaie de faire prendre conscience des mensonges climatiques des vrais requins et faux écolos tel Gore. Je me bas plus contre le top 1000 des pollueurs que vous ne l’imaginez à présent.
http://www.copenhagencommunique.com/ Ils sont prêts, encore un peu trop arrogants que pour faire signer le "tiers monde" mais ils sont bel et bien prêts.
http://www.copenhagencommunique.com/images/stories/Current%20Copenhagen%20Signatories_Large_Companies.pdf

Pour surfer sur votre humour, puis-je affirmer que vous soutenez Mr Al Gore. Criminel de guerre ayant bombardé un usine de médicament au Soudan, ayant attaqué illégalement plusieurs états souverains et accessoirement prix Nobel de la Paix ? Il doit sans doute vous dire merci pour le coup de pouce.

Bonne année de Belgique

29/12/2009 23:59 par CN46400

Cher ami Bonaldi je regrette mais cette phrase :

Ceci étant, je me dis (sans être un expert, contrairement à vous deux, semble-t-il) que quand le GIEC, que vous vouez aux gémonies, affirme ce qu’il affirme après avoir consulté durant des années des milliers d’experts et de spécialistes dans le monde entier (Tiers-monde y compris, ce qui n’est pas un détail sans importance…), il doit bien y avoir anguille sous roche et que les changements climatiques ne sauraient être un simple vue de l’esprit d’ « activistes aveugles et/ou manipulateurs » !

est "antiscientifique" !

Si le GIEC, dans son immense respectabilité, n’a évalué qu’à 90%, les possibilités que le réchauffement climatique soit dû à l’augmentation des GES (CO2 en particulier), c’est que les données et études rassemblées ne permettaient pas de monter plus haut. Il s’agit donc d’une hypothèse à forte probabilité, c’est beaucoup, mais ce n’est pas une certitude ! Et il en sera ainsi tant que des démonstrations irréfutables (et pas des anguilles sous roche....dans le Tiers-Monde ou pas) ne pourront être produites, soit pour la confirmer, soit pour l’infirmer !

En attendant, que faire avec les milliards que les capitalistes ne lâchent qu’au compte goutte ? Stimuler les cultures vivrières (Cuba) là où des populations souffrent de la faim ? ou bien renchérir, et freiner, par des mesures antiCO2 draconiènes, et peut-être inefficaces, l’industrialisation des pays émergents (Chine) ?

C’est ce type de choix qui est soutendu par cette polémique mondiale sur les GES. La faim, l’accès à l’eau potable...etc sont, c’est sûr, des enjeux planétaires ! Le CO2, le CH4 (méthane) ????

Et puis, hors science, pourquoi le cacher, le Nobel de la Paix au GIEC, à Al Gore, à Obama....çà me parait trop innocent pour être complètement catholique !

Amicalement et Bonne Année à Cuba (Attention au rhum)

Dernière minute : La taxe Carbonne, que notre trés prévoyant président avait institué pour impliquer les prolos français dans la lutte anti réchauffement climatique vient d’être invalidée par le Conseil Constitutionnel ! Mais, rassurez-vous, une nouvelle mouture sera prête le 20 janvier. Apparemment l’hypothèse de l’innocence du CO2 n’est pas envisagée à l’Elyzée.....C’est du costaud cette taxe !

30/12/2009 01:22 par Vania

Chers amis , VIVE le Grand Soir !! et bonne année et bonne santé à tous !!

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