Le Front de gauche divise la CGT

QUENTIN

Mélenchon et Buffet sont montés sur leurs ergots quand le NPA a posé publiquement la question de l’efficacité de la tactique déployée par le G8 syndical depuis janvier. B. Thibault, pilier syndical du Front de gauche, n’a pas été en reste : pas de LKP à la mode de chez nous, et de quoi Besancenot se mêle-t-il !
Pourtant, le questionnement par les politiques de la tactique des luttes sociales est parfaitement légitimes. Questionnement ne signifiant pas agression de l’indépendance du mouvement social.
Sur le terrain, les mêmes qui veulent se mettre à l’abri du débat sont moins rigoureux en matière d’indépendance syndicale.
Témoin ce mail reçu par un délégué CGT en provenance de son UL, signé par le chef de la CGT 92.

Cher(e)s camarades,

Les quelques jours qui restent avant le 7 Juin doivent et peuvent être utilisés à plein pour gagner de nombreux salariés à l’idée que le rapport de force, s’il se construit dans la rue, dans les entreprises sur les lieux de travail, se construit aussi dans les urnes par le bulletin de vote.

Le débat démocratique, indispensable, s’avère totalement étouffé par le gouvernement et plusieurs autres forces politiques qui font consensus autour du traité de Lisbonne, copie conforme du TCE, rejeté démocratiquement par le peuple en Mai 2005.

L’objectif du texte ci-joint est de produire un « appel de « X » syndicalistes des Hauts de Seine pour le vote Front de Gauche.

Cet appel, accompagné des noms des signataires, pourra ainsi circuler dans les trois ou quatre jours avant Dimanche 7 Juin et apportera une modeste mais, à mon avis, utile contribution à ce débat démocratique indispensable.

Chaque signataire pourra évidemment utiliser cet appel à sa convenance et si les délais temps sont suffisants, procéder à un tirage papier pour le diffuser autour de soi, à l’entreprise notamment.

Si vous êtes globalement d’accord avec ce texte et trouvez l’initiative utile, je vous invite à me faire parvenir votre « signature », pour que l’ensemble des signataires puisse être comptabilisé et ensuite porté à la connaissance de tous.

Urgent ! Votre réponse avant le Mardi 3 Juin / 19 H. Merci d’avance.

Denis Renard

Cette missive, manifestement adressée à grande échelle aux militants CGT des hauts-de-Seine, nous ramène des décennies en arrière, quand le syndicat recommandait le "bon" vote politique à ses adhérents. Il désigne "la bonne liste" indépendamment de la richesse et de la pluralité des débats qui traversent la CGT. Il nie donc ainsi l’essence du syndicat qui est de rassembler dans l’action commune tous les salariés, quels que soient leur appartenance partisane ou leur vote.
De plus, cette démarche affaiblit le syndicat également parce qu’une prise de position partisane le lie peu ou prou aux orientations des partis pour lesquels il a bureaucratiquement appelé à voter.
On se souviendra de la "gêne" de la CGT en 1982 quand le Front de gauche de l’époque a interdit l’échelle mobile en France et entamé le rude chemin (pour les travailleurs) de la "désinflation compétitive" !
On évoquera le chemin de croix des militants CGT membres du PCF d’Air France quand il ont dû subir la privatisation de la compagnie !
Un syndicat de masse et de classe doit s’interdire toute prise de position partidaire s’il veut respecter ses adhérents et en gagner d’autres.
Il doit s’en abstenir en vue de garder tout son tranchant revendicatif quel que soit le gouvernement, l’exécutif régional ou municipal.
Il doit pouvoir déployer sa politique syndicale sans être prisonnier de quelque engagement que ce soit avec quelque groupement politique que ce soit.
D’autant que l’on peut prévoir que seul le rapport de force arrêtera les mauvais coups contre les travailleurs, et que l’expérience montre qu’il faut se méfier sur qui les mettra en oeuvre, n’est-ce pas Jospin…
Qu’en pense le social-démocrate sincère Mélenchon et l’ex-"communiste révolutionnaire" Picquet ?

COMMENTAIRES  

02/06/2009 21:20 par Haine P.A.

Un syndicat de masse et de classe doit s’interdire toute prise de position partidaire s’il veut respecter ses adhérents et en gagner d’autres. Il doit s’en abstenir en vue de garder tout son tranchant revendicatif quel que soit le gouvernement, l’exécutif régional ou municipal. Il doit pouvoir déployer sa politique syndicale sans être prisonnier de quelque engagement que ce soit avec quelque groupement politique que ce soit. [...]Qu’en pense le social-démocrate sincère Mélenchon et l’ex-"communiste révolutionnaire" Picquet ?

Ce commentaire de Quentin doit être lu en sachant que depuis des semaines, ce pseudonyme cache un militant du NPA. Or, il n’y a pas de honte à être NPA que je sache ? Pourquoi avancer masqué ? Pour faire de l’entrisme dans LGS comme la LCR en fit dans les syndicats qui doivent « s’interdire toute prise de position partidaire » ?

Je remarque en outre que l’appel d’une UL (union locale) est ici présenté comme l’appel de la CGT tout entière.

Enfin, je trouve détestable le mépris affiché par Quentin envers un homme qui fut de toutes les luttes de la LCR pendant des dizaines d’années, l’ex-"communiste révolutionnaire" Picquet. Ce peut-il qu’un camarade respecté hier devienne un ennemi pour une raison de désaccord sur une péripétie (les européennes) ?

Je désespère, à voir la capacité de haine chez certains qui militent pour un monde plus fraternel. Je vais suivre Picquet et voter Front de Gauche.

05/06/2009 18:21 par Yannick Ryckelynck

Après avoir toute ma jeunesse (une quinzaine d’années) milité au PCF, je peux témoigner du caractère anti-démocratique des méthodes de nombreux bureaucrates. Militant aujourd’hui au NPA, dont je suis membre fondateur, je peux également témoigner de son caractère authentiquement démcocratique, et cela fait une différence bien agréable à vivre pour le militant de base que je suis ! La place des militants communistes est aujourd’hui au NPA et nul part ailleurs !

(Commentaires désactivés)