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Les États-Unis sur le point de lancer une guerre contre la Syrie en s’appuyant sur des mensonges

Le président Barack Obama et le ministre des Affaires étrangères John Kerry ont présenté vendredi leurs arguments pour une guerre contre la Syrie qui consistent en une compilation de mensonges éhontés et d’hypocrisie bornée. Leurs déclarations montrent clairement que Washington est sur le point de lancer une nouvelle guerre unilatérale en violation du droit international, et en opposition directe aux sentiments de tous les peuples du Moyen-Orient et de la population américaine.

Si Obama et Kerry ont indiqué qu’aucune décision n’a encore été prise au sujet de l’action militaire contre la Syrie, c’est parfaitement faux, comme tout ce que dit ce gouvernement. La marine américaine a positionné un cinquième navire de guerre en Méditerranée, pendant que les unités de l’armée de l’air sont renforcées sur la base américaine du Qatar en préparation d’un assaut qui est planifié et imminent. Une des dates envisagées est le 5 septembre, date de la nouvelle lune, une condition qui avait aussi été choisie pour lancer l’offensive « choc et stupeur » contre l’Irak il y a dix ans.

Toute cette opération est préparée au mépris du droit international, des processus démocratiques et de l’opinion publique américaine. Cela a été rendu abondamment clair par la présentation que Kerry a faite depuis le ministère des Affaires étrangères vendredi après-midi.

Obama a suivi peu après avec une déclaration pour la forme faite pendant une séance de photos avec les chefs d’Etats des trois pays baltes. Cette occasion ne fait que souligner le manque de soutien international pour l’agression américaine à venir, en particulier à la suite du vote stupéfiant du Parlement britannique qui a rejeté la participation à une nouvelle guerre.

La déclaration d’Obama visait à assurer à la population américaine que toute attaque américaine contre la Syrie serait un « acte limité, restreint » sans « poser le pied au sol » ni « d’engagement sur une durée indéfinie. » Kerry a fait des promesses similaires, disant que l’intervention en Syrie « ne ressemblera pas à l’Afghanistan, à l’Irak ou même à la Libye. »

Il n’y a aucune raison non plus d’accorder foi à ces affirmations. LeWashington Post de vendredi a publié un article en première page s’appuyant sur des entretiens avec du personnel militaire américain, et qui qualifie cette action de « très dangereuse » et prévient que les États-Unis ne pourraient pas se contenter de ne tirer que quelques missiles de croisière sur Damas avant de s’en aller.

L’ex-chef du US Central Command, le Général James Mattis était cité mettant en garde que : « si les Américains se chargent de ça, ce sera un guerre complète, très, très sérieuse. »

L’article citait également le président du Comité des chefs d’état-major interarmées, le Général Martin Dempsey qui a prévenu le Congrès que « une fois que nous commençons à agir, nous devons être prêts à ce qui va suivre. Une implication plus profonde est difficile à éviter. »

Dans sa déclaration télévisée, Kerry a présenté le gouvernement comme étant « en train de consulter » le Congrès et de discuter de l’action militaire imminente « directement avec le peuple américain. » Avec la majorité du peuple américain opposé à toute intervention militaire et, d’après les derniers sondages, 80 pour cent opposés à une attaque contre la Syrie sans un vote du Congrès pour autoriser une action militaire, de telles affirmations sont non seulement fausses mais insultantes.

Comme preuve de la prétendue franchise du gouvernement Obama à l’égard du public, Kerry a cité la publication d’une « estimation qui n’est pas classée confidentielle » produite par le renseignement américain sur l’attaque à l’arme chimique qui aurait eu lieu le 21 août autour de Damas – le prétexte choisi par Washington pour justifier sa guerre. »

« Je ne vous demande pas de me croire sur parole, » a dit Kerry. « Lisez vous-même, chacun d’entre vous, tous ceux qui écoutent, vous tous, lisez vous-même les preuves qui viennent de milliers de sources. »

Cependant, toute personne qui lirait ce rapport, qui a émergé sur Internet peu après le discours de Kerry, n’y trouvera pas une trace de preuve déterminante. Ce document, qui fait à peine trois pages, comprend une série d’affirmations non prouvées qui s’adaptent à l’objectif politique américain de fabriquer un prétexte pour une intervention directe dans une guerre civile provoquée par les États-Unis et visant à faire tomber le régime syrien de Bashar el-Assad.

Ce sont précisément les « paroles » de Kerry, aussi faux que son visage retouché au Botox, et celles de tous les haut responsables de la CIA que le peuple américain se voit dire de prendre pour argent comptant.

Ce document consiste en une série d’affirmations qui commencent par les mots, « le gouvernement des États-Unis affirme avec une forte conviction » pour ensuite accuser le gouvernement syrien pour l’attaque présumée du 21 août.

Ce document présente des affirmations infondées sur le fait que les précédentes attaques à l’arme chimique auraient été commises par le gouvernement syrien, qui aurait déployé du personnel formé aux armes chimiques avant les attaques, et discuté des attaques après-coup, tout cela sans livrer une seule preuve vérifiable.

Il cite un « corpus de preuves, dont des pratiques syriennes passées » sans les détailler, pour affirmer que le régime d’Assad était « au courant des attaques et les avait ordonnées. »

Il affirme que le lancement de l’attaque par les rebelles soutenus par l’occident, un ramassis de milices fascistes, liées à Al Qaïda, est « hautement improbable. » Et cela en dépit du fait que le régime d’Assad avait tout à perdre à mener ce genre d’attaque, lancée le jour même où les inspecteurs des Nations unies commençaient leur travail à Damas. De l’autre côté, les « rebelles, » confrontés à une série de défaites militaires et cherchant absolument à obtenir une aide militaire directe des États-Unis, y avaient tout à gagner.

Le document poursuit, « Nous affirmons que l’opposition n’a pas utilisé d’armes chimiques, » une déclaration qui est contredite par des éléments d’Al Qaïda qui se sont vantés d’avoir obtenu de telles armes et par les conclusions de Carla del Ponte, de la commission d’enquête de l’ONU en Syrie, qui affirmait en mai dernier que l’essentiel des preuves indiquait que l’usage des armes chimiques était le fait des rebelles.

« Nos sources de renseignement à Damas n’ont détecté aucune indication, durant les jours précédant l’attaque, que les soutiens de l’opposition se préparaient à utiliser des armes chimiques, » affirme ce rapport.

Dans le résumé de ce qu’il établit, ce rapport admet que son « évaluation » n’est pas tout à fait une « confirmation, » tout en promettant, « Nous continueront à rechercher des informations supplémentaires pour remplir les blancs dans notre compréhension de ce qui s’est passé. »

En d’autres termes, Washington lance une guerre en s’appuyant sur des affirmations non confirmées et des spéculations qu’il a arrangées en un prétexte pour une agression militaire. De plus, il n’a aucun intérêt à confirmer ses accusations montées de toutes pièces, rejetant l’enquête sur place en Syrie par les inspecteurs de l’ONU comme étant « sans intérêt », au moment même où ils commençaient à interviewer des soldats syriens qui avaient subi les effets des attaques au gaz lancées par les « rebelles ».

Si l’on examine sérieusement le langage de ce rapport, il est clair que c’est un document rédigé par un juriste véreux. Les mots sont choisis avec soin. « Le gouvernement des États-Unis affirme avec une forte conviction » que le régime d’Assad « est responsable de l’attaque » – en d’autres termes, nous n’en sommes pas sûrs.

Il est « hautement improbable » que ce soient les rebelles liés à Al Qaïda qui aient commis cela. Ou bien « il est possible que. » Et les informateurs des services américains « n’ont détecté aucune indication » que les forces de l’opposition soutenues par les États-Unis planifiaient une attaque au gaz. C’est-à-dire que si on continuait à chercher on pourrait trouver ces preuves.

Il ne serait pas possible, sur la base de preuves pareilles, de déclarer quelqu’un coupable d’un banal cambriolage devant un tribunal américain, où l’on exige des preuves au-delà du doute raisonnable. Pourtant le gouvernement des États-Unis propose de se servir de cette justification pour lancer un bombardement sur Damas au cours duquel des milliers de personnes perdront la vie.

Il ne faut pas croire un seul mot de tout cela. Si l’on veut vraiment savoir ce qui s’est passé ce jour-là, il faudrait interroger la CIA, le Mossad et les agents des services secrets du Qatar et d’Arabie saoudite qui arment et dirigent les opérations meurtrières des forces anti-Assad et qui ont joué sans aucun doute le rôle principal dans l’organisation de cette provocation à l’arme chimique pour ouvrir la voie à une action militaire américaine.

Les remarques de Kerry vendredi n’ont fait que souligner que pour être ministre américain des Affaires étrangères, une qualité essentielle est d’être un menteur et un faussaire accomplis. Avec ses manières aristocratiques, Kerry fait vraiment penser à Joachim Von Ribbentrop, le ministre des Affaires étrangères de Hitler, et le contenu objectif de son discours consiste en une arrogance et une criminalité affichées sur toute la planète, dépassant celles du régime nazi allemand.

On peut se dispenser de toute la rhétorique de Kerry sur « l’horreur inconcevable des armes chimiques qui frappent leurs victimes sans discrimination » et sur la prétendue mission spécifique des États-Unis de défendre les « valeurs universelles » et les « principes fondamentaux de la communauté internationale. »

Qui espère-t-il tromper ? L’impérialisme américain est bien le dernier à avoir le droit de prêcher la moralité au Moyen-Orient ou n’importe où ailleurs sur la planète. Au cours des dix dernières années de guerre, il a directement tué des dizaines de milliers d’Irakiens, y compris par l’usage de munitions à l’uranium appauvri et d’obus au phosphore blanc, tout en créant des conditions de vie catastrophiques qui ont coûté la vie à des centaines de milliers d’autres.

Qu’étaient le napalm et l’Agent orange, déployés massivement durant la guerre du Vietnam qui a coûté la vie à plus de 3 millions de personnes, sinon des armes chimiques ? Et c’est l’impérialisme américain, et lui seul, qui a employé l’arme la plus abominable, la bombe atomique, tuant près d’un quart de million de civils japonais à Hiroshima et Nagasaki.

Chaque guerre que l’impérialisme américain a menée au cours de la dernière période s’est appuyée sur des mensonges, depuis l’incident fabriqué du Golfe du Tonkin au Vietnam jusqu’aux armes de destruction massives en Irak. La guerre à venir en Syrie n’est pas une exception.

L’affirmation selon laquelle Washington ne fait que mener une action « limitée » et « adaptée » est complètement fausse, étant donné que la CIA et le Pentagone ont été impliqués au cours des deux dernières années à fomenter une guerre civile et à armer des groupes d’Al Qaïda qui sont en train de démanteler la Syrie. Si le gouvernement Obama voulait vraiment faire cesser ce bain de sang, alors il se retirerait immédiatement de Syrie et cesserait d’interférer dans ses affaires.

Il ne veut rien faire de la sorte évidemment. L’attaque à venir menace la vie de milliers de Syriens. Il faut noter que Kerry qualifie le président syrien Bashar el Assad de « voyou et meurtrier, » reprenant le même langage que celui utilisé pour parler de l’Irakien Saddam Hussein et du Libyen Mouammar Kadhafi. Comme dans leurs cas, les objectifs des États-Unis incluent clairement la chute de son régime et son meurtre ainsi que celui de sa famille.

Si on enlève les mensonges et la démagogie, le discours de Kerry a présenté une doctrine américaine de pure agression. Les intérêts de la sécurité nationale américaine sont en jeu en Syrie, a affirmé le ministre des Affaires étrangères, parce qu’on ne peut autoriser Assad à défier les diktats américains. S’il s’en tire à bon compte, d’autres pays « croiront qu’ils peuvent faire ce qu’ils veulent. » Ce qui est implicite dans cette mise en garde c’est que l’attaque contre la Syrie ne représente que l’antichambre d’une guerre bien plus vaste qui peut embraser l’Iran, la Russie et la Chine ainsi que la planète toute entière.

Bill Van Auken

Article original, WSWS, paru le 31 août 2013

 https://www.wsws.org/fr/articles/2013/sep2013/syri-s03.shtml

COMMENTAIRES  

04/09/2013 15:58 par Rakovski

Le mensonge d’Obama est démasqué. Le RV révéle qu’une journaliste de l’AP nous informe que ce sont les Djihadistes qui sont les auteurs de l’attaque chimique.

"Des Contras syriens ont confirmé à une correspondante de l’agence états-unienne Associated Press (AP) leur propre responsabilité dans l’incident à l’arme chimique rapporté le 21 août 2013 aux environs de Damas. Selon ces « rebelles », il se serait agi d’un « accident » dû à une mauvaise manipulation, par eux-mêmes, des armes chimiques qui leur avaient été fournies par l’Arabie saoudite.

Des « rebelles » syriens de la Ghouta, la région agricole de Damas, ont avoué à la journaliste états-unienne Dale Gavlak qu’ils étaient eux-mêmes responsables de l’incident chimique du 21 août, le même que les Etats-Unis et la France invoquent maintenant pour accuser le régime syrien d’avoir eu recours à l’arme chimique..."

Nos dirigeants non content d’avoir envoyer plusieurs dizaines de milliers de mercenaires et de terroristes qu’ils nous présentent comme des rebelles et des victimes, pour massacrer les civils dans le but de faire tomber un homme élu par son peuple, et ainsi piller ses richesses comme en Lybie, utilisent maintenant des armes chimiques.

Nos démocrates sont des terroristes, des bouchers qui devraient être traduit devant une cour de justice pour répondre de leurs crimes abominables.

Hollande, Obama, Merkel, Bentenyaou ne sont qu’une bande de terroristes qui financent le djihadisme avec le qatar et l’arabie saoudite.

04/09/2013 18:19 par pandore

pendant ce temps l’intox continue. Le point d’informer nos joyeux lurons que Poutine va cesser de fournir de l’armement à la Syrie. Ben vla le plan, Le point dans les confidences de Poutine et ce dernier de révéler au monde son arsenal militaire et la liste de ses clients !! Non mais, jusqu’où s’arrêteront il ?

04/09/2013 18:31 par marie

presque toute les guerres s’appuient sur des mensonges ; et l’amérique , à ce titre , est championne ; pas d’humanisme chez les dirigeants , malgrés ce qu’ils veulent nous faire croire ; obama n’est pas différent , seul les intérets de toute nature sont importants ; tant pis pour les victimes innocentes , et celles faites par les amerloques , partout ou ils posent le pied , sont autrement plus nombreuses que cet empoisonnement au gaz de la part du régime assad , toujours pas prouvé d’ailleurs ;

05/09/2013 03:00 par Rivera

TESTS CHIMIQUES PRATIQUÉS PAR L’ARMÉE AMÉRICAINE SUR CERTAINES POPULATIONS NOIRES

http://zafro.net/2013/04/17/tests-chimiques-pratiques-par-larmee-americaine-sur-certaines-populations-noires/

05/09/2013 08:22 par marie-ange patrizio

Cet article dont LGS nous indique que l’original est " paru [aussi] le 31 août 2013 sur WSWS" a été publié (et traduit en plusieurs langues) sur Réseau Voltaire avec le complément non négligeable suivant :
Cet appel, rédigé par Hans-Cristof von Sponeck, a été cosigné par
Denis J. Halliday, secrétaire général adjoint de l’ONU, 1994-1998 ;
Saïd Zulficar, fonctionnaire de l’Unesco, 1967-1996, directeur des Activités opérationnelles, Division du patrimoine culturel, 1992-1996 ;
Samir Radwan, fonctionnaire OIT, 1979-2003, conseiller du directeur général de l’OIT sur les politiques de développement, 2001-2003, ministre égyptien des Finances de janvier à juillet 2011 ;
Samir Basta, directeur du bureau régional pour l’Europe de l’Unicef, 1990-1995.
Miguel d’Escoto Brockmann, ministre des Affaires étrangères du Nicaragua, 1979-1990, président de l’Assemblée générale des Nations Unies, 2008-2009.

On trouvera aussi sur ce même site un article de T. Meyssan :
Dans les huit prochains jours, la paix est possible en Syrie

http://www.voltairenet.org/article180034.html

m-a p.

05/09/2013 08:45 par Rémy Bernert

Il y a un superbe musée au centre d’Ho Chi Minh Ville qui montre les horreurs de la guerre que les américains ont mené contre le Viet Nam.

Dans une salle de ce musée, une partie est consacrée aux villages martyrs, où tous les habitants, femmes, enfants, vieillards ont été massacrés par les soldats américains.

Et il n’y a pas eu que le village de My Lai.

Car il y a eu aussi, entre autres, un village massacré et rasé par la section commandée par le lieutenant John Kerry (photos à l’appui, et confession du même John Kerry).

Les vietnamiens sont trop gentils : aujourd’hui le même John Kerry est président de "l’association d’amitié américano-vietnamienne", et il ne l’ont pas séquestré quand il est revenu au Viet Nam.

No comment !!!

05/09/2013 11:04 par njama

La France sur le point de lancer une guerre contre la Syrie en s’appuyant sur des mensonges

Le directeur du Centre français de recherche sur le renseignement n’est pas convaincu par la note de synthèse du renseignement français, présenté hier comme une "preuve" de la culpabilité du régime. Il explique au Point ses réticences :

« Attaque chimique en Syrie : ces preuves qui n’en sont pas »
Le Point.fr - Publié le 03/09/2013 à 19:44

Manipulation

"Ce document n’est pas une preuve, pas même un rapport brut des services de renseignement français", affirme au Point.fr Éric Denécé, directeur du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R). "Il s’agit d’une synthèse gouvernementale de plusieurs papiers des services de renseignement afin de manipuler l’opinion et les parlementaires", estime le spécialiste."

"Le contenu du rapport est décevant, car aucune information secret défense n’a en réalité été révélée", souligne au Point.fr Olivier Lepick, spécialiste des armes chimiques à la Fondation pour la recherche stratégique. "On aurait aimé que l’État français publie les résultats d’analyses des échantillons biologiques recueillis." À la place, la note détaille pour la première fois l’étendue du programme chimique syrien (gaz VX, moutarde et sarin) et les vecteurs dont Damas dispose pour les employer. Des "révélations" censées démontrer l’implication du régime, mais qui ne sont en réalité qu’un secret de polichinelle. "Tout a déjà été publié dans la presse depuis des années", indique Olivier Lepick.

Acte politique

Ainsi, l’expert révèle une "erreur de communication" de la part du gouvernement, qui a pompeusement qualifié de "déclassifiées" des informations déjà connues de tous. Pourquoi Matignon a-t-il exagéré la portée de son document, au risque de donner raison à Bachar el-Assad, qui répète à l’envi que les Occidentaux ne disposent d’"aucune preuve" ? Pour le général Vincent Desportes, professeur à HEC et Sciences Po et ancien directeur de l’École de guerre, la divulgation d’un tel rapport est un "acte politique" visant à légitimer la démarche interventionniste de François Hollande sur le dossier syrien.

http://www.lepoint.fr/monde/attaque-chimique-en-syrie-ces-preuves-qui-n-en-sont-pas-03-09-2013-1720723_24.php

05/09/2013 17:08 par Bidule

njama, votre commentaire est incomplet :

"Il ne sert à rien d’attendre des preuves irréfutables de l’implication de Damas, car elles n’arriveront jamais, à moins que l’on ait eu sur le site de l’attaque un radar de détermination de trajectoire balistique", note Olivier Lepick. "En revanche, il existe un tel faisceau de présomptions qu’il ne fait aujourd’hui aucun doute que le régime syrien est à l’origine de l’attaque chimique de la Ghouta. En ce sens, les faits militaires rapportés par la note française et les conclusions tirées ne souffrent aucune contestation."

Plus retorse est l’intervention de Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, lors de la session extraordinaire du Parlement d’hier :
Il prétend (tout comme Fabius, d’après une conversation téléphonique avec Ban Ki Moon) que la mission de l’ONU, qui, toujours selon Fabius citant BKM, ne donnera ses conclusions que d’ici trois semaines, n’est pas de déterminer le coupable mais de déterminer s’il y a eu utilisation de l’arme chimique, "ce que chacun admet aujourd’hui". Concernant la culpabilité du régime, il invoque 8 raisons cumulatives :

- Stock de plus de 1000 tonnes d’agents chimiques et déploiements des vecteurs. (plus référence aux échantillons de Jobar)

- Eléments montrant que des préparatifs "dédiés à une intervention chimique" ont été conduits par le régime dans les jours précédents.

- La reconstitution de la séquence militaire de l’attaque : les tirs ("nombreux") seraient partis de zones contrôlées par le régime vers des quartiers contrôlés par les opposants.

- la séquence opérationnelle est une séquence militaire parfaitement coordonnée conformément aux tactiques de l’Etat-major Syrien (préparation aérienne et préparation d’artillerie avant ; attaque chimique pendant ; ensuite offensive terrestre sur les mêmes sites ; ensuite attaque aérienne et d’artillerie)
Vous noterez (sans en tirer de conclusion trop hâtive) la bizarrerie de la chronologie : "(...) c’est-à-dire qu’avant l’attaque chimique, il y a eu préparation aérienne et qu’il y a eu une préparation d’artillerie et pendant ces actions militaires, il y avait en même temps l’attaque chimique à partir de 3H du matin ; (...)", sans parler de l’insistance sur le "en même temps" et de l’apparition d’un indice temporel ("3H du matin") absent de la première partie de l’ensemble de la chronologie et de la dernière (les bombardements).

- Le régime a tout fait pour masquer les preuves : bombardements et incendies après.

- L’ampleur de l’attaque chimique : la multiplicité des sites indique que seul le régime avait les moyens d’engager cette attaque.

- Absence de preuves et/ou indices de possession et à fortiori d’emploi d’armes chimiques par "l’opposition syrienne" (précision : "ni nous ni nos partenaires, ni nos services ni les services de nos partenaires"). Plus la redondance "à fortiori dans de telles quantités" dans son argument.

- Le régime était soumis à une offensive imminente de l’opposition dans des "quartiers sensibles" : quartiers Ghouta Ouest et Ghouta Est en particulier où se trouvent les deux aéroports de la région de Damas.

Evidemment, il faut croire sur parole les gens qui ont montés ces dossiers. Sont-ils accessibles ? Peut-on visionner les travaux de la Commission des Affaires Etrangères ? (Sur le site du Sénat, je n’ai rien trouvé).
Mais surtout, qu’est-ce qui empêche la France de présenter ces dossiers à l’ONU ?

05/09/2013 18:32 par mandrin

Assad bâtisseur de la 6eme république française en cas de vote a l’assemblé pour une intervention armée...?

Décidément, Hollande est vraiment au abois.

05/09/2013 21:54 par Quidam

@ Bidule

La Syrie n’est pas seule dans la région a posséder un arsenal chimique, l’entité sioniste & l’Egypte ne sont pas non plus signataires de l’accord sur la prohibition & la destruction de telles armes, tout le monde imaginera bien pour quelle raison ...

Pensez-vous que les sionistes auraient des scrupules a fournir quelques menues fournitures de ce type ainsi que les moyens de les délivrer à la dite "rébellion" en Syrie, un pays avec lequel elle est encore très officiellement en guerre ?

Vous souvenez-vous des objectifs que les responsables du renseignement sioniste évoquaient vis-à-vis de la Syrie dans les communications avec leurs mentors Yankee publiées par Wikileaks ?

06/09/2013 09:43 par do

Il se pourrait que Hollande, s’il continue à jouer les supplétifs d’obama, ne l’emporte pas au paradis :
François Hollande devant la Cour Pénale Internationale ? http://www.info-palestine.net/spip.php?article13936

A propos de nos "dirigeants d’élite", il faut relire Castoriadis. Dans "La montée de l’insignifiance" en 1996 il parle de "l’incohérence, l’aveuglement, l’incapacité des couches dominantes occidentales et de leur personnel politique" et il l’explique ainsi :

"Superficialité, incohérence, stérilité des idées et versatilité ds attitudes sont donc, à l’évidence, les traits caractéristiques des directions politiques occidentales. Mais comment expliquer leur généralisation et leur persistance ?

Sans doute les mécanismes de recrutement et de sélection du personnel politique y ont-ils une part importante. Plus encore que dans les appareil bureaucratiques qui dominent les autres activités sociales, la dissociation entre la possibilité de promotion et la capacité de travailler efficacement atteint un point limite dans les partis politiques. [....]

Mais il faut souligner tout particulièrement deux facteurs spécifiques à l’organisation "politique" moderne.

Le premier est lié à la bureaucratisation des Appareils politiques (partis). Pour tous les partis vaut plus ou moins la règle absolue du parti bureaucratique contemporain : la capacité de monter dans l’Appareil n’a en principe aucun rapport avec la capacité de gérer les affaires dont celui-ci est chargé. [...]

Le deuxième est propre aux pays libéraux. Le choix des leaders principaux, on le sait, revient à désigner les personnages les plus "vendables". Celles qui ont "le talent particulier d’une espèce d’acteur qui jour le rôle du "chef" ou de "l’homme d’état". [...]

"Ces dirigeants accidentels et inéluctables se trouvent placés à la tête de l’immense Appareil bureaucratique qu’est l’Etat moderne, porteur et producteur organique d’une irrationalité proliférante" et où le type "du grand commis ou du modestes fonctionnaires consciencieux se raréfie. Et ils doivent faire face à une société qui se désintéresse de plus en plus de la "politique" - c’est à dire de son sort en tant que société."

06/09/2013 14:00 par Bidule

Quidam, je ne prends pas le parti du gouvernement. Je ne fais que rapporter ses propos officiels. (Et je complétais le compte-rendu biaisé de l’article fait par njama)

Vous et moi n’avons pas les moyens de vérifier ce que le gouvernement et les renseignements prétendent. C’est un fait non ?
On peut chercher des contradictions, des incohérences ou des erreurs factuelles dans le discours, et dans les discours précédents, etc... ou même dans la logique des événements eux-mêmes, ou que sais-je. Ou refuser de débattre sur le détail de cet événement particulier, puisqu’en soi cet événement n’est pas jugé impartialement, et que d’autres événements comparables sont restés impunis dans le camp des accusateurs.

En ce qui me concerne, je pense que l’attitude des dirigeants des EU et de la France est irresponsable et belliqueuse. Je ne sais pas avec certitude quelle marge de manœuvre ils ont, ce qui les pousse à agir avec tant d’empressement, pourquoi il n’y a aucune diplomatie effective pour régler le conflit. Le moins que l’on puisse attendre, c’est d’abord la discussion entre les nations, et ensuite la discussion au sein de la représentation (Parlement).
Mon intime conviction est que nous avons un gouvernement d’hypocrites.

06/09/2013 14:23 par Quidam

Bidule

Quidam, je ne prends pas le parti du gouvernement. Je ne fais que rapporter ses propos officiels. (...)

Parce que vous trouvez que l’on ne les entend pas déjà suffisamment ?

Vous et moi n’avons pas les moyens de vérifier ce que le gouvernement et les renseignements prétendent. C’est un fait non ?

Allez-vous aussi tenter de vérifier les allégation d’un Raël prétendant être investi d’une mission salvatrice divine dont des extraterrestres l’auraient imparti ?

(...) Mon intime conviction est que nous avons un gouvernement d’hypocrites.

Bon, allez, je vous taquine, nous sommes sans conteste d’accord sur ce point ! ;-)

07/09/2013 00:36 par Antar

Sondage à CNN à propos de l’intervention étasunienne en Syrie (sources : Aljazira)

Le Sénat :

• Pour l’intervention : 24 sénateurs dont 17 Démocrates et 7 Républicains
• Contre l’intervention : 18 sénateurs dont 4 Démocrates et 14 Républicains
• Indécis : 58 Sénateurs, 31 Démocrates, 25 Républicains et 2 Indépendants

La Chambre des Représentants :

• Pour l’intervention : 23 Députés dont 15 Démocrates et 8 Républicains
• Contre l’intervention : 109 Députés dont 23 Démocrates et 86 Républicains
• Indécis : 281 Députés, 153 Démocrates et 128 Républicains
• Position inconnue : 20 Députés, 9 Démocrates et 11 Républicains

09/09/2013 16:06 par Bidule

Quidam, en l’occurrence, les propos de Le Drian étaient les derniers propos officiels sur cette affaire, par le ministre de la guerre en personne, chargé de convaincre nos représentants : donc nan, ce n’est pas ce qu’on lit et entend un peu partout, dans les torchons et les relais de propagande divers. Ca ne prenait pas longtemps à lire quand même !

Personne n’a, du moins pas encore, désigné Raël pour me représenter et conduire la vie de la nation à laquelle j’appartiens de fait.
Mais effectivement on peut se demander si les "modérés" comme moi, je caricature, ne font pas le jeu de ceux qui agissent sans hésiter, eux. C’est mon tempérament. Je serais peut-être moins modéré si j’étais forcé d’aller au front cela dit.

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