Lettre ouverte à Jean-Luc Melanchon, Marie-Georges Buffet, Olivier Besancenot et ... Raoul Marc Jenn

PacoB

Grenoble, le 9 juin 2009.

Dimanche 8 mars 2009 dans l’après-midi, avec 3 camarades, nous attendions avec beaucoup d’espoir, mais aussi d’inquiétude la position définitive du NPA par rapport au front de gauche. Position qui devait être discuté lors du premier Conseil Politique National du NPA à Saint-Denis.

Autant les militants UMPS pouvaient espérer (on verra pourquoi) des cavaliers seuls du NPA et du front de gauche, autant nous peuple de gauche le redoutions. Nous espérions encore en début d’après-midi une campagne main dans la main PG-PCF-NPA comme en 2005. Avec une bonne dynamique on pouvait même espérer passer devant le PS.

Les membres du NPA (à l’exception de la Gauche Unitaire de Christian PICQUET) dans leur grande majorité en ont décidé autrement. On ne refait l’histoire, mais à la lumière des résultats du scrutin du 7 juin, si les listes NPA et Front de Gauche avait fusionné, les résultats auraient été les suivants :

Nord-Ouest 2 élus au lieu de 1. Ouest 1 élu au lieu de 0. Est 1 élu au lieu de 0. Sud-Ouest 2 élus au lieu de 1. Sud-Est 1 élu Massif-Central Centre 1 élu au lieu de 0. Ile de France 1 élu Outre-Mer 0 élu

Soit 9 élus au lieu de 4

Avec 11% des suffrages (sans compter une probable dynamique) la vrai gauche aurait été très proche du PS. Par exemple Christine POUPIN, Jacques GENEREUX, Yvan ZIMMERMANN, Myriam MARTIN, Christian NGUYEN aurait été élus. Avec une autre configuration Raoul-Marc JENNAR aurait pu aller à Strasbourg secouer la sinistre assemblée.

Note : Si Lutte Ouvrière avait rejoint le front, l’Ile de France aurait eu 2 élus au lieu de 1. (Eric PECQUEUR ou Nathalie ARTHAUD aurait pu en profiter.)

A quelles listes aurait-été pris ces élus ?

4 UMP (dont Brice Hortefeux), et 1 Europe Ecologie. (2 Europe Ecologie dans le cas d’une alliance PG+PCF+NPA+LO)

L’UMP nous dit donc merci.

Il n’est pas question ici de faire porter la responsabilité de la désunion sur tel ou tel. Nous sommes tous, chacun à notre niveau, responsables. Je souhaite juste montrer que nous crevons de querelles d’égos, de batailles d’appareil, de stratégie politique à 2 balles. Nous crevons d’un manque d’espoir, du manque d’une alternative. Je suis intimement persuadé que ni le Front de Gauche, ni le NPA ne sont en mesure seul de l’incarner. Arrêtons de jouer le jeu du MEDEF et de ses domestiques de l’UMP.

Je finirai par rappeler le message de Raoul-Marc Jennar devant Versailles le 4 février 2008 alors que l’UMP/MODEM/VERTS/PS crachait sur le peuple en violant son vote du 29 mai 2005. "Le plus dur maintenant, c’est de réaliser l’union." Ce jour là dans la rue on trouvait côte à côte, outre José BOVE et de nombreux communistes, Jean-Luc MELANCHON et Olivier BESANCENOT.

Le Manifeste du Parti Communiste se ternime par "Prolétaires de tous les pays, unissez-vous." Comprenne qui pourra.

COMMENTAIRES  

09/06/2009 11:47 par maxime vivas

C’est bien pourquoi j’ai écrit un texte publié ici "Pourquoi je voterai Front de Gauche".

De même que la paix se signe toujours avec l’ennemi, l’unité oblige à se rapprocher des gens dont on ne partage pas TOUT le programme.

On sait tous qu’un rassemblement Besancenot, Mélenchon, Buffet, aurait cartonné si la campagne des élections avait été unitaire. Les Français qui souffrent ont besoin de députés européens de ces sensibilités-là , ne serait-ce que pour être au coeur de l’endroit où se trament les mauvais coups.

L’unité dans les luttes ne suffit pas. Si aucune perspective politique n’est offerte, la droite triomphe, l’extrême droite progresse.

J’en veux pour preuve les résultats à Clairoix où se trouve Continental. Besancenot les a soutenus (sur place, sauf erreur), il en a parlé systématiquement dans les médias (et c’est heureux). Mais le résultat du vote du 7 juin, à Clairoix montre que le NPA fait moins (4,73%) que sa moyenne nationale tandis que le FN grimpe à 14,19%, récupérant les voix perdues par le PS (12%.

Il faut que la vraie gauche se parle et qu’elle prenne les décisions qui feront sa grandeur et prépareront sa victoire.

09/06/2009 13:59 par Anonyme

je propose deux choses simples pour amorcer la marche des uns vers les autres :

- que les concurrents du Front de gauche conviennent que l’abréviation est FG et non FdG, de même que l’abréviation de parti de gauche est PG et non PDG.

- que chacun écrive Mélenchon sans "A".

- qu’on laisse au vestiaire le qualificatif de "staliniens" pour désigner les communistes.

C’est peu, mais c’est un début.

Ensuite, on se réunit, on discute sur la différence entre fusion et union, entre désaccords et incompatibilité.

C’est le deuxième petit pas.

Puis on se tourne vers le peuple de France et on lui demande s’il veut que la désunon hargneuse perdure.

Résultat : un petit pas pour l’homme politique mais un grand pas pour l’humanité qui souffre.

09/06/2009 20:08 par Anna

Moi aussi, j’ai voté Front de Gauche, et ayant assisté à un de leur meeting (et rencontré certains militants comme dans la dernière semaine où ils donnaient leurs tracts à la criée dans le RER parisien), j’ai trouvé leur état d’esprit très bon. La démarche du FG n’est pas fusionnelle, mais un front commun.
Il est vrai que Mélenchon a aussi de grandes qualités de tribun, ce qui est un plus pour porter un front populaire de gauche (et oui, on est dans une médiacratie aussi, et des ténors qui ont certaine aisance oratoire, on en a aussi besoin), on comprend pourquoi les médias ont tant snobé le FG...
Comparons juste les parcours de Bové et Mélenchon : le 1er serait un gauchiste plus "authentique" car paysan médiatisé arracheur d’OGM, et le deuxième un bourgeois aux grosses indemnités de sénateur, ex-PS, soupçonné de faire une OPA sur les communistes, donc hypocrite... Et lequel a été propulsé par le sarkozysme triomphant ? Lequel est vraiment considéré dangereux dans un débat ouvert (au point où Arlette Chabot lui coupe sans cesse la parole) ?
Tiens ça me rappelle le papier de Vivas sur les impressions de Bové à propos de Cuba... Comme quoi l’authenticité d’une conscience de gauche n’est pas essentialiste. JLM peut être un "bourgeois" (surtout comparé à mon propre salaire), mais être cohérent dans son parcours et ses discours. Bové à la poubelle...

Cependant, je rejoins les avis concernant la signification de l’abstention : c’est LA majorité populaire (pas forcément de gauche) qui dit que la lutte se fait sur le terrain et non plus en politique.

09/06/2009 22:47 par Mac No

Sans compter ceux qui comme moi, et je ne suis pas le seul de mon entourage, ont préféré s’abstenir face à cette division de la gauche.
voir aussi le billet de Bernard Langlois dePolitis

S’il y avait eu quelque chance de faire émerger une gauche de gauche un peu musclée, regroupant tous ceux qui, de la gauche du PS aux trotskistes en passant par le PC, les écolos conséquents et autres Alternatifs, ont voté « non » au référendum sur le traité constitutionnel, je me serai fait une douce violence - en pensant du reste surtout aux enjeux nationaux : l’unité, enfin, que nous n’avons pas été foutus de faire pour la présidentielle. Même pas ! Les mêmes boutiquiers font boutiques séparées - et je ne veux pas faire de choix entre leurs étalages : de Besancenot et son Nulle Part ailleurs, à Mélenchon enfermé dans son tête-à -tête amoureux avec Buffet (le PC y aura au moins gagné un sursis, avec un orateur), en passant par Bové, qui, dans son alliance avec Cohn-Bendit, semble renier ses engagements de campagne pour le « non » [4], pas un pour racheter l’autre ! Tous ensemble, ils auraient pu faire un joli score : ils seront rivaux dans la déconfiture et compteront leurs élus sur une main sans doigts. Bien fait ! (Et il va de soi que je n’engage que moi…)

Et une vraie gauche qui aurait pratiquement fait jeu égal avec le PS, ça aurait pu changer la donne...

10/06/2009 02:07 par Léon

Mettre Mélenchon, Buffet, Bovè et Besancenot dos à dos est tout simplement inacceptable.
Qu’on en dise ce que l’on veut, mais la dynamique unitaire a été portée par le FG, pas par le NPA. C’est la raison pour laquelle Gauche Unitaire a rejoint le FG, pas l’inverse. Prétendre que ces partis défendent une boutique, c’est vraiment ne rien avoir compris à la campagne que le PG, PCF et GU ont mené.
Le NPA a toute sa place dans le FG, pour une alliance durable pour passer devant le PS. Personne ne jette l’anathème sur personne. Mais maintenant c’est à la direction du NPA de prendre ses responsabilités. En continuant à faire cavalier seul, c’est lui qui prend la responsabilité de faire gagner les partisans du OUI.

10/06/2009 08:53 par Pingouin094

Je suis membre du PCF, et j’ai milité ces derniers mois pour le Front de Gauche.

Je l’ai fait, parceque ce que j’en ai vu, au niveaux de la "base", des "simples militants", c’est réellement un désir d’union, un désir de changement de société, un désir d’autres chose que de la sociale-démocratie convertie au libéralisme.

Alors oui, il faut cette union, et il faut la poursuivre par une union de la gauche anticapitaliste aux élections régionales. Je sais que tous ne sont pas acquis à cette idée - notamment à la direction du PCF - à nous, sur la base des élections européennes d’argumenter en cette faveur.

Si un Front de Gauche élargie au NPA et à LO se présente unie au régionale, sur la base des scores aux élections européennes, on peut supposer qu’il sera alors en mesure d’être au delà de 10% dans toutes les régions et donc de se maintenir ou de fusionner avec le reste de la gauche au second tour.

Cela serait un changement fort de perspective, nous devons tous y oeuver, dans nos partis respectifs.

10/06/2009 15:28 par Alex67

Juste une petite remarque Léon. Il n’y a pas de "direction" du NPA, le refus de rejoindre le front de gauche a été choisi en congrès par les militants. C’est ce qu’il faut bien comprendre pour ne pas faire d’erreur. Nous avons certes un comité exécutif national, mais il ne fait qu’émettre des recommandations. C’est une des raisons pour lesquelles j’ai rejoint le NPA, c’est parce que c’est un parti vraiment démocratique et pas un parti où on obéit à un chef. Pour bon nombre d’entre nous (pas tous cependant) il est assez insupportable d’avoir un chef. Et parfois nous le regrettons car c’est pratique d’avoir une instance qui décide et les militants qui suivent, on perdrait moins de temps avec des débats oiseux. Mais bon, c’est comme ça et selon moi ça vaut tout de même mieux que d’obéir à des chefs qui n’ont pas forcément les mêmes intérêts que la base.
En attendant, je suis persuadé que nous avons tout intérêt à nous unir, ou, à défaut, au moins de ne pas nous agresser les uns les autres comme ça a été le cas pendant cette campagne.
Le constat que je retire en tout cas de ce gâchis, c’est que le PCF n’est pas prêt à s’émanciper du PS (du moins pas ses dirigeants). De ce fait (et c’est malheureux) nous n’avons pas d’autre choix que de faire cavalier seul. Il est grand temps que les militants du PC se réveillent et comprennent que leurs dirigeants n’ont pas les mêmes intérêts objectifs qu’eux. Comme je l’ai dit ailleurs sur ce site, ce n’est pas le NPA le diviseur...

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