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Macron, La République En Miettes

« Le 12 juillet 2018, à 23h, la majorité de la République En Marche a fait adopter un amendement, en catimini, alors qu’il revient sur le principe fondamental de l’unité et de l’indivisibilité de la loi sur l’ensemble du territoire de la République. Il s’agit de modifier la dernière phrase de l’article 1 de la Constitution. Actuellement celle-ci affirme que « son organisation est décentralisée », avec cet amendement, elle dira : « Elle reconnaît la diversité de ses territoires par son organisation décentralisée. » Cette adoption augure de graves conséquences, car sous couvert de décentralisation, l’exposé des motifs indique clairement que cet ajout « cré[e] un droit à la différenciation » entre les territoires. Ce qui veut dire que la loi pourrait être différente selon le lieu où l’on se trouve ! A quand un code de la route par département ?! Voir le texte de l’amendement : http://www.assemblee-nationale.fr/15/amendements/0911/AN/2170.asp »

Ce texte est signé Bastien Lachaudi, député France Insoumise, qui dénonce fort justement le démantèlement pur et simple de la République une et indivisible, que Jean-Pierre Raffarin avait déjà fort entamé en faisant adopter une révision de la Constitution en mars 2003 en insérant dans l’article 1 la phrase suivante : « L’organisation de la République est décentralisée » (ii). Une brèche majeure s’ouvrait déjà dans les principes de l’unité et l’indivisibilité de la République, mais au moins cela s’effectuait-il par le biais d’une loi constitutionnelle...

Ici, non seulement les députés à l’origine de cette proposition, dont un certain Richard Ferrand – vous savez, le président du groupe parlementaire LREM qui a des problèmes (non réglés d’ailleurs...) de « prise illégale d’intérêts » avec les Mutuelles de Bretagne (iii) – procèdent par le biais d’un simple amendement dans le cadre d’une loi visant à rendre la « démocratie plus représentative, responsable et efficace » (triple sic !), mais de plus ils procèdent ni plus ni moins à une violation flagrante de la Constitution ! En effet, on découvre dans l’exposé sommaire concernant l’amendement précité que : « La présente révision constitutionnelle franchit un pas supplémentaire, en créant un droit à la différenciation. Décentralisation et différenciation sont des principes qui visent à permettre la prise en compte des réalités propres à chaque territoire » (iv) Oui, nous ne rêvons pas : c’est tout simplement la mort de la République une et indivisible qui apparaît à travers l’adoption de cet amendement capital ! De quoi raviver encore davantage les velléités indépendantistes et séparatistes qui ne cessent d’attaquer chaque jour la République française, que ce soit de la part des mouvements corse (v), catalan (vi) ou encore breton (vii). A quand une fiscalité corse, un code de l’urbanisme catalan, un code du travail breton ?!

Les « joies » du « droit à la différenciation »

Rappelons au passage que le « droit à la différenciation » renvoie au vocable employé par tous les communautarismes – d’essence ethnique ou religieuse notamment – ainsi que par l’extrême droite fascisante et ethniciste (voire carrément racialiste dans le cas de Pierre Vial (viii)), à l’image du Groupement de Recherche et d’Etudes pour la Civilisation Européenne (GRECE, dont l’acronyme est déjà tout un programme...), qui a fortement influencé les idées du Front (devenu « Rassemblement ») national (ix) et qui, selon le rapport de la « Commission sur le racisme et le négationnisme à l’université Jean Moulin-Lyon III » présidée par Henry Rousso et publié en septembre 2004, « n’est pas un avatar du nationalisme français. Il défend l’idée d’un nationalisme européen, « l’Europe » signifiant suivant les cas et les périodes, le berceau de la « race blanche », une culture singulière ou encore une civilisation « supérieure », aujourd’hui menacée » (x). Et oui, le « droit à la différenciation » ouvre la voie à la valorisation de la « différence », et tout simplement au « différentialisme », en particulier à « l’ethno-différentialisme » promu par la « Nouvelle » (plus et pas si nouvelle dans le fond) Droite et son théoricien de choc, Alain de Benoist.

Faut-il alors s’étonner des propos de la sociologue Marie Peretti-Ndiaye qui établit un juste lien entre racisme et différentialisme :

« Le nationalisme antimoderne favorise, quant à lui, le racisme différentialiste. [...] un racisme plus directement lié à la nécessité, politique, de « faire communauté », dans un contexte marqué par la prégnance, depuis les années 1970, des revendications nationalitaires, se développe. La mise en avant de marqueurs différentiels corses revêt, ici, une importance spécifique et peut donner lieu à des phénomènes de différenciation et de mise à distance susceptibles d’ouvrir un espace au racisme. Le nationalisme corse s’inscrit dans une dynamique propre aux mouvements qui luttent aujourd’hui pour un dépassement du cadre national traditionnel et de nouvelles conceptions de la territorialité. Historiquement, la montée en puissance de ces nouvelles conceptions s’inscrit dans un contexte marqué par l’infléchissement du discours égalitariste au sein de l’État. [...] En cristallisant les angoisses liées à une disparition – orchestrée par l’État français – du « peuple corse », ces références ont étayé plusieurs revendications politiques » ? (xi)

Quand LREM accélère l’euro-décomposition de la République

On aurait tort de sous-estimer cette décision capitale qui, de fait, s’inscrit dans une politique très cohérente, pratiquée depuis des décennies et qui s’accélère sous les coups de boutoir du monarque – pour ne pas dire tyran puisque le respect même des lois n’existe pas pour « Jupiter », pourtant « tenant » de la « République exemplaire » (xii ) –, à savoir l’euro-décomposition de la République. A ce sujet, LREM remplit parfaitement les objectifs du « Pacte girondin » fièrement proclamés par « Jupiter », à savoir liquider définitivement l’héritage jacobin et universaliste de la Révolution française. Car comment ne peut-on voir que la « construction européenne », guidée par le principe de « subsidiarité » – c’est-à-dire de transfert de compétences de la nation vers les échelons infra – et supranational afin de détruire cette dernière – censé rendre la « gestion des affaires publiques » plus « efficace » et rapprocher les « pouvoirs » des « citoyens », est le vecteur privilégié de destruction de la souveraineté nationale et populaire, de la démocratie, des services publics et, dans le cas présent, de l’unité et de l’indivisibilité de la République.

Signalons pour nous en convaincre que :

L’UE appelle les Etats-membres à reconnaître officiellement les langues régionales et minoritaires au sein d’une « Charte européenne », ce qui détruirait le principe même de l’unité linguistique de la République autour du français qui, rappelons-le, est la langue d’affirmation de l’unité du peuple autour de la République révolutionnaire et « la langue de la République » selon l’article 2 de la Constitution. Cela pousse des députés LREM (regroupés autour de Paul Molac), mais aussi LR, Modem, UDI ainsi que d’anciens EELV ou des proches du PS, à publier un appel pour la reconnaissance officielle des langues régionales (xiii), ce qui entérinerait à terme l’idée de « peuples » breton, corse, basque, catalan, savoyard, etc., et accélérerait davantage la destruction des Etats-nations souhaitée ardemment par ledit Paul Molac (xiv). Et en même temps, voici l’occasion de promouvoir le « tout-anglais » comme langue unique au sein de l’UE – au sein de laquelle toutes les langues nationales ont pourtant le statut de langue officielle de l’UE, ce qui n’empêche pas une véritable hégémonie du « tout-anglais » au sein des travaux des institutions ! (xv)

L’UE encourage la constitution des euro-métropoles, des euro-régions et de tous les regroupements administratifs (intercommunalités, grandes métropoles, « super-régions » créées par Valls-Hollande...) visant à casser les bases administratives de la République, à savoir les communes, les départements et l’Etat. Difficile d’imaginer l’UE ne pas se réjouir de l’attaque de LREM envers l’article 1 de la Constitution.

L’UE attaque les fondements de la République sociale – pourtant garantis par la Constitution, à l’image de la Sécurité sociale... que LREM a souhaité enlever comme référence dans la Constitutionxvi – en promouvant toutes les politiques qui détruisent progressivement les services publics, les transportsxvii, la Sécurité sociale ou encore le code du travailxviii.

Une seule solution : Frexit progressiste, et vite !

Voilà comment LREM, parti tenant de l’idéologie capitaliste, impérialiste et atlantiste (CIA) et fanatiquement européiste, soumet la France à la dictature de l’axe Bruxelles-Berlin-Washington, tout en poursuivant son œuvre de destruction de la République au service des régionalismes, séparatismes et indépendantistes tous désireux de liquider la « République une et indivisible » pour mettre en application le « pacte girondin » du tyran Macron. Aussi ne pouvons-nous inviter nos camarades de la France insoumise, qui ont tout à fait raison de dénoncer et condamner cette infra-dissolution de la République, de tout autant dénoncer et condamner l’euro-dissolution de la République, et non de cautionner cette UE de malheur en présentant une liste aux élections européennes totalement illégitimes : pas plus qu’il n’y a de « peuple » breton, corse ou catalan (si ce n’est sur des bases ethnolinguistiques), il n’y a et il ne peut y avoir de « peuple européen », donc par construction nullement de « Parlement européen » qui n’est que l’émanation d’une souveraineté.

Aussi pour stopper ce saccage accéléré envers la République une et indivisible, héritée de la Révolution jacobine, mais aussi laïque, démocratique, sociale et universaliste, pas de compromis ni de concession avec LREM et encore moins avec la mortifère UE : Frexit progressiste et vite !

i Voir le lien suivant : https://www.youtube.com/watch?v=cm0X13SqDE0

ii Voir le lien suivant : http://www.vie-publique.fr/actualite/panorama/texte-vote/loi-constitutionnelle-du-28-mars-2003-relative-organisation-decentralisee-republique.html

iii Voir le lien suivant : https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2018/01/16/affaire-ferrand-le-parquet-national-financier-ouvre-une-information-judiciaire-pour-prise-illegale-d-interets_5242575_1653578.html

iv Voir le lien suivant : http://www.assemblee-nationale.fr/15/amendements/0911/AN/2170.asp

v Voir le lien suivant : https://www.humanite.fr/corse-lautonomie-toujours-pas-dactualite-657642

vi Voir le lien suivant : https://www.tdg.ch/monde/gouvernement-catalan-s-exilait-perpignan/story/27054009

vii Voir les liens suivants : https://www.20minutes.fr/societe/2221055-20180215-bretagne-reclame-droit-differenciation-quoi-faire et https://www.franceinter.fr/emissions/le-zoom-de-la-redaction/le-zoom-de-la-redaction-06-juillet-2018

viii Voir la fiche Wikipédia (non exhaustive) sur le parcours et les idées de Pierre Vial : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Vial

ix Voir le lien suivant : http://droites-extremes.blog.lemonde.fr/2011/01/26/alain-de-benoist-en-soutien-critique-a-marine-le-pen/

x L’intégralité du rapport est disponible au lien suivant : http://media.education.gouv.fr/file/02/3/6023.pdf

xi Marie Peretti-Ndiaye, « Nationalisme et racisme en Corse », chapitre 12, in Manuel Boucher, Geoffrey Pleyers, Paola Rebughini, Subjectivation et désubjectivation. Penser le sujet dans la globalisation, Paris, Editions de la Maison des Sciences de l’homme, 2017. L’article est consultable au lien suivant : https://books.openedition.org/editionsmsh/9874

xii Voir les nombreux articles consacrés à ce sujet sur le site d’Initiative communiste : https://www.initiative-communiste.fr/

xiii Voir le lien suivant : https://www.huffingtonpost.fr/paul-molac/pour-legale-dignite-des-langues-de-france-la-constitution-doit-pleinement-reconnaitre-les-langues-regionales_a_23480586/

xiv Voir le lien suivant : http://lepeuplebreton.bzh/2018/01/11/depasser-cadre-etats-nations/

xv Lire à ce sujet le « coup de gueule » de l’ambassadeur de France auprès de l’Union européenne : https://www.nouvelobs.com/politique/20180426.OBS5780/agace-par-le-tout-anglais-l-ambassadeur-francais-quitte-une-reunion-de-l-ue.html

xvi Voir le lien suivant : https://www.francetvinfo.fr/politique/la-republique-en-marche/lrem-renonce-a-supprimer-de-la-constitution-la-reference-a-la-securite-sociale_2835673.html

xvii Parmi une quantité d’articles à ce sujet, voir le lien suivant : https://www.touteleurope.eu/actualite/reforme-de-la-sncf-l-union-europeenne-envisage-la-libre-concurrence-comme-une-regle-generale.html

xviii Voir le lien suivant : http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2016/05/26/31001-20160526ARTFIG00104-l-union-europeenne-assume-la-loi-el-khomri-c-est-elle.php

 https://www.initiative-communiste.fr/articles/prcf/macron-la-republique-en-miette-par-fadi-kassem/

COMMENTAIRES  

31/07/2018 00:27 par irae

Encore une fois fédéralisation à l’allemande très prévisible et amplement commentée. Le problème c’est qu’avec un pignouf de cette trempe le plus grand nombre n’a pas voulu entendre les cassandre de service.

Bien fait pour eux.

31/07/2018 03:53 par Dominique

Je ne suis ni corse ni français mais j’ai visité l’île de beauté. Le problème fondamental, comme beaucoup de corses me l’ont expliqué, c’est que quand tu es corse et que tu as une bonne formation, tu dois t’exiler sur le continent car la plupart des bonnes places de travail en Corse sont prises par des français du continent. Alors oui, je comprend pourquoi les corses veulent leur indépendance. De plus ils ont une énorme base de la légion étrangère alors qu’ils ne l’ont jamais demandée.

31/07/2018 04:12 par Georges SPORRI

Je ne vois pas comment , ni pourquoi , présenter des listes aux élections européennes condamnerait un parti à devenir girondin , ethno régionaliste et pro UE ! Ce n’est pas logique // J’en profite pour appeler à un " front communiste " débarrassé des conneries écologistes , sécuritaires , néo puritaines , démocratiques bourgeoises , républicaines , nationalistes , patriotiques , féministes policières , ...etc. Histoire de fédérer toutes les haines et colères sociales objectivement dirigées contre l’ordre établi et les fausses oppositions . Ce " front communiste " ne ferait strictement aucune concession au style politique des politiciens des républiques bourgeoises et se fixerait comme premier objectif tactique de foutre la m... dans la campagne des élections européennes. C’est une idée plus situationniste que marxiste , je le sais , mais de tels épisodes de déconstruction ouvrent une voie ...

31/07/2018 08:23 par babelouest

Bonjour.
Le situationnisme de Georges me paraît tout-à-fait contre-productif.

Flanquer le bazar est anti-anarchiste, ce qui compte me semble-t-il est de définir un cadre national qui protégera l’anarchie, c’est-à-dire le gouvernement exclusivement par la base, hors de toute influence extérieure (des banquiers qui n’auraient aucune raison d’être dans les conditions où chacun est co-responsable de son destin, comme des communistes-productivistes qui en sont les faire-valoir).

Bien entendu les régions DOIVENT disparaître, car elles ont un effet très pervers. Bien entendu l’Europe ne présente aucun intérêt tant ce n’est plus de la diversité, mais de l’opposition qui règne entre ses éléments. D’où l’aberration de participer à un scrutin dans ce cadre, quel que soit le type de participation. Quant à la langue anglaise, importée à grands fracas d’au-delà des mers, qu’elle disparaisse de notre sol tant elle y est inutile et nuisible. Je précise bien : l’anglais, pas l’espagnol, l’italien ou l’allemand...

31/07/2018 10:28 par Autrement

J’ai signé les pétitions du PRCF, je suis d’accord avec ses thèmes de campagne, mais je désapprouve totalement son Appel pour l’abstention aux élections européennes.
Cette prise de position ne peut que renforcer les listes euro-crédules et faire du tort (par la gauche, mais du tort quand même) à la seule liste solidement déclarée CONTRE les traités "européens", celle de la FI.
Du succès de cette liste dépend un nouvel essor des luttes et de la mobilisation populaire pour un changement radical d’orientation politique en France.
L’abstention est la bonne solution quand on se trouve devant une impasse totale (2e tour des présidentielles, je n’ai pas voté Macron, bien sûr !) ; mais c’est une mauvaise solution quand se présente le moindre espoir de faire avancer la conscience du grand nombre (car seul le grand nombre peut renverser la situation), vers l’affirmation de la souveraineté populaire, et dans la perspective d’une indépendance nationale solidaire des autres peuples (internationalisme véritable), écrasés par la mafia capitaliste de Bruxelles et son idéologie ordo-libérale

L’acte de VOTER engage ici, non à perpétuer l’Europe, mais à rejoindre le camp de tous ceux qui en font une critique radicale, et qui popularisent l’idée qu’il faut sortir de l’OTAN.

Ce vote sera le résultat d’une campagne se fondant sur le NON de 2005, et dénonçant haut et fort les actuelles turpitudes de l’UE, tant dans ses prises de position en politique extérieure que par rapport à ses propres peuples.
C’est pourquoi je suis 95% d’accord avec le commentaire énergique de Georges SPORRI, - les 5% manquant ( ;-) ayant trait à son mépris des questions écologiques, pourtant brûlantes pour notre vie de tous les jours.

31/07/2018 21:33 par Chris

"Macron, la république en miettes ou l’UE, la république disloquée ?" Peu importe, c’est exactement la même chose.
Depuis 25 ans toutes les politiques intérieures françaises sont dirigées dans un but (inavoué au grand public) européiste. Ces politiques, qu’elles soient de gauche ou de droite, elles vont toutes dans la même direction, celle de Bruxelles et des multi-nationales... et de Washington (via l’OTAN).
Aujourd’hui comme demain, le seul choix pertinent qu’il nous reste (encore) c’est soit cautionner ce système supra-national, anti-démocratique et technocratique qu’est l’UE et qui nous gouverne bien plus surement que ne le fait le pâle fonctionnaire Macron, soit en sortir via un FREXIT.
Tout autre considération est secondaire par rapport au problème posé et ne fait que différer, voire empêcher d’y apporter une réponse.

Le temps presse à la vitesse de l’anéantissement de notre république, de sa constitution et de ses institutions qu’ont opéré les Mitterrand, Chirac, Sarkosy, Hollande, qu’opère aujourd’hui Macron et qu’opéreront tous ses successeurs jusqu’au fédéralisme économique, but ultime de l’esclavagisme du capital.

31/07/2018 23:15 par Georges SPORRI

- 1/ Dominique n’a pas tors - Avant de cracher sur un séparatisme ou un indépendantisme : essayer de comprendre et surtout analyser le contenu social qu’il veut faire advenir / La France n’a rien de sacré et le "droit des peuples à disposer d’eux mêmes" est un principe du marxisme-léninisme / Vu de certains territoire la France est une chose répugnante ou abjecte , pas seulement dans les DOM - TOM , mais aussi en France métropolitaine ... Comparer le développement économique de la principauté d’Andorre avec celle du parc national de Millevaches me fait rire !
- 2/ Une liste communiste très offensive , haineuse et porteuse de revendications scandaleuses n’obtiendrait que 0,5 % des voix mais commencerait un travail de déconstruction ...
- 3/ J’essaye de prévenir LFI et autres forces anticapitalistes que la règle verte et le dette écologique sont des inepties ainsi que la spatialisation de la croissance et la conception bornée de l’espace disponible / J’essaye aussi d’indiquer d’autres solutions que celles préconisées par les écolos / Lorsque les experts de la bourgeoisie vont s’en charger , par exemple suite à un conflit Macron _ Hulot , ça va faire beaucoup plus de dégâts ! Attention : la réalité ne pardonne aucune erreur théorique !

01/08/2018 02:53 par Roubachoff

A quoi bon dépenser de l’énergie et de l’argent pour envoyer à Bruxelles des députés qui n’ont aucun pouvoir ? Souvenons-nous de l’affaire du budget européen : la Commission décide de le baisser, elle consulte le Parlement - qui se déclare contre - le remercie de ses efforts et fait… très exactement ce qu’elle avait prévu. Participer aux élections européennes revient à alimenter l’illusion qu’il est possible de "changer l’UE". Dans d’autres circonstances, M. Sporri pourrait avoir raison, mais dans ce cas précis, les dirigeants de l’UE se contrefoutent qu’on fiche le bordel ou non. Pour atteindre leurs objectifs, ils n’ont besoin ni du Parlement ni des peuples européens. Dans le même ordre d’idées, la FI se trompe quand elle avance que la France pèse plus lourd que la Grèce parce qu’elle fait 20% du PIB de l’Europe et pas 2%. Mme Merkel et M. Juncker n’en n’ont rien à faire. Sinon, la Chancelière organiserait-elle depuis son accession au pouvoir la paupérisation de sa propre population, la dégradation des infrastructures nationales et le règne de l’insécurité (réelle ou imaginaire) ?
La seule voie, pour un mouvement progressiste, c’est de rappeler inlassablement qu’aucune politique alternative n’est possible dans le cadre de l’UE. En cas de victoire, organiser en même temps que les Législatives un référendum sur la "sortie brusque et unilatérale" semble un moyen sûr de savoir où on va. Avec éventuellement la perspective de renoncer au pouvoir en cas d’échec.
Repensons à la Grèce, justement. Vouloir négocier avec l’UE ou lui "désobéir", c’est la certitude de voir la Troïka débarquer à Paris dans les deux ans. Aucun parti ni mouvement, sous quelque prétexte que ce soit, n’a le droit de faire courir un tel risque au pays.
PS : "Brusque et unilatérale", oui. A voir ce qui se passe en Grande-Bretagne, c’est la seule solution.

01/08/2018 06:31 par calame julia

E. Philippe : "la démocratie a fonctionné" (31 Août 2018) ?!
A quelle date a-t-elle arrêté de fonctionner ?!
"fier de diriger sous l’autorité du président de la république" ?!
Relève le menton coco...

01/08/2018 10:18 par Assimbonanga

Les grandes régions sont des principautés où des guépards ont pris le pouvoir avec le soutien patronal et agricole des durs de la FNSEA, chambre d’agriculture... De grands prédateurs qui puisent et puiseront dans les ressources avec comme seul objectif celui du rendement. Des élus aux dents longues ayant été bombardés chefs par une implantation en milieu rural ont pu constater le particularisme du monde agricole où la subvention fait rage. Ils vont l’étendre à l’entreprise, et de plus en plus. C’est assez simple. Il suffit de mettre en scène quelques difficultés de l’entreprise pour justifier un secours urgent de l’institution publique. Vous comprenez : il faut sauver les emplois !!
Je note au fil des infos, de ci de là, comment ils ont pris les rennes et se servent dans les caisses pour filer du "pognon" aux artisans, commerçants, chasseurs, entrepreneurs industriels ou agricoles. Wauquiez et ses semblables ont depuis longtemps instauré le vocable d’assistanat qu’ils appliquent à tout ce qui relève de l’aide sociale et ils y sont opposés. C’est un point de vue bourgeois et patronal. En revanche, ils sont trop heureux et dénués du moindre scrupule pour dédier cet "assistanat" à leurs électeurs. Donner de l’argent (aides, subventions) à des propriétaires devient pour eux une évidence. Selon les Wauquiez, l’assistanat est insupportable lorsqu’il s’agit d’aider les pauvres, mais vachement justifiable lorsqu’il s’agit d’arroser les nantis, sans contrepartie. C’est du clientélisme. Prendre dans le bien commun pour donner à des intérêts privés, mais avec une apparence de gestion d’intérêt général. Tout est dans la comm’. Géniale trouvaille qui masque qu’on s’approche vivement des pays corrompus.
Sur la planète entière a lieu une uniformisation des pratiques. C’était sans doute inéluctable, une logique de l’espèce humaine une fois poussées au bout ses caractéristiques intrinsèques. Mais c’est une uniformisation capitaliste. Face à l’UE capitaliste, pas d’UE prolétaire. On est nus.

(Les réac’ se soucient d’identité quand ça les arrange. Wauquiez veut bien vilipender tout ce qui a la peau basanée mais ça ne l’embête pas de déguiser nos écoliers en petits anglo-saxons accoutrés d’un uniforme. )

01/08/2018 12:08 par Georges SPORRI

Certains ne mesurent pas la fragilité d’une structure rigide et non réformable comme l’UE / 5 semaines de grève générale massive , des manifestations monstrueuses et une multiplication de subversions non violentes en France et on enterre le TCE ! Par contre " abracadabra article 50 " donnera un résultat médiocre comme le Brexit qui n’a rien amélioré pour les classes dominées-exploitées et n’améliorera rien ...

02/08/2018 02:33 par Roubachoff

"Sortie brusque et unilatérale", ça n’a pas grand-chose à voir avec l’article 50. Justement, il faut s’inspirer des Britanniques, qui s’engluent dans des négociations visant à les contraindre à revoter. (Dernière ânerie en date, ce seraient les Russes, encore eux, qui auraient influé sur le référendum - un fabuleux prétexte pour en organiser un autre.)
Bien sûr que l’UE est fragile ! Au lieu de gloser sur la négociation ou la désobéissance, les progressistes devraient plutôt réfléchir à ce qu’il faudra faire quand le cauchemar fédéraliste explosera en vol. Partout, les voyants sont au rouge : Brexit, extrême-droite en Italie et ailleurs, Allemagne ingouvernable, sauf au prix de contorsions suicidaires, France provisoirement "sauvée" par une rustine, Macron, qui ne colle déjà plus… Pour accélérer les choses, des grèves générales et une subversion citoyenne seraient effectivement pain béni. L’ennui, c’est qu’on ne les voit pas venir… Songeons à l’étrange grève de la SNCF imaginée par la CGT. Un truc qui dérange mais pas trop, histoire de ne pas nuire à l’économie du pays. Pour rappel, en 1995, contre Juppé, ce n’est pas comme ça qu’on a forcé le pouvoir à plier. Un seul bras-de-fer gagné contre Macron, et il n’existerait plus. Encore faut-il en avoir la volonté.

02/08/2018 10:20 par Autrement

Une "sortie brusque et unilatérale", avec ou sans article 50, n’a aucune chance de réussir chez nous.

D’abord, si l’Angleterre et tellement engluée, c’est parce que elle a eu un Brexit de droite : il n’y a plus en jeu que des conflits d’intérêts commerciaux capitalistes indécrottables entre les uns et les autres, et le peuple ne se sent pas vraiment concerné.
Tandis que si la population est partie prenante d’un Frexit, au vu de l’impossibilité de négociations honnêtes - ce qui ne manquera pas de se produire, car effectivement on ne négocie pas pour le poids des chaînes -, le rapport des forces change : c’est contre l’UE qu’elle se retournera.

Donc en France :
1) si le Frexit est immédiat, le grand nombre ne se mobilisera pas, et s’il ne se mobilise pas, c’est condamné à l’échec.
2) au contraire avec l’engagement de négociations et des concitoyens dûment informés au fur et à mesure des turpitudes de l’UE, puis consultés par referendum, le grand nombre nous suivra et sera donc en mesure de résister à la guerre économique et idéologique (ah, le Décodex !) que ne manqueront pas d’intensifier nos ennemis extérieurs et intérieurs.
3) le Frexit immédiat supposerait aussi que soient prévus et planifiés d’avance, - et surtout résolus immédiatement (??!!) "par en haut", tous les conflits commerciaux dans toutes les branches de la production : sans quoi c’est la situation des pays d’Amérique latine, attaqués de partout : et sans un soutien populaire massif, sans un mouvement de mobilisation dans la durée (donc conscientisé) , l’échec sera inévitable.
Et étant donné l’état des organisations de la classe ouvrière en France, on ne les voit pas prendre la tête d’une résistance à l’UE, à plus forte raison d’un affrontement radical.

4) Donc : avant ’élection présidentielle, l’élection européenne peut être l’occasion d’une campagne de masse expliquant que toute la politique anti-sociale du règne Macron est le fait, non seulement d’un individu banquier, de ses pairs du Médef et de ses godillots en marche, mais de leur soumission intéressée aux diktats de Bruxelles. Ce qui suppose en effet de nous distinguer absolument du brouillamini rosâtre-verdâtre. Mais s’abstenir, ce serait justement laisser faire le brouillamini.

5) quant à l’élection présidentielle, vous tenez vraiment à voir élu (sous une forme ou une autre) un Macron-bis, en attendant...Godot ?

02/08/2018 10:58 par Autrrement

NB : avoir des députés au parlement européen n’est pas pire en soi que d’en avoir dans notre parlement français tel qu’il est, écrasé par l’exécutif. Des députés anti-UE au parlement européen, c’est au moins former des responsables avertis, qui connaîtront mieux les coulisses et les chausse-trapes de l’UE pour la suite des opérations.

02/08/2018 11:43 par Georges SPORRI

@Roubachoff / La GB , hors euro et fortement reliée au Commonwealth , n’a jamais été un pilier de l’UE ... En France ça se passerait beaucoup plus mal . La bourgeoisie et petite bourgeoisie nous montreraient comment on fracasse un gouvernement = manifestations en bagnole dans les villes et autour des villes , sabotage intense de l’économie , désobéissance systématique , fuite des capitaux , haine sociale déchaînée et unité de facto droites - extrême droites - écolos - sociaux traîtres - fausses bannières ( faux anars ... )... Et pour qu’un gouvernement type " frexit immédiat " + réformes incompatibles avec le maintien des profits à 15 % , résiste , il faut qu’il soit hyper protégé par une écrasante majorité de la population ... Donc : pour qu’un tel gouvernement advienne et réussisse il doit être précédé par une intense lutte des classes et plusieurs victoires partielles des classes dominées-exploitées .

02/08/2018 16:39 par Assimbonanga

Ca chauffe et ça se réchauffe. A la radio nationale, de souriants speakers et d’affables speakerines nous annoncent que d’ici 20 ans, on atteindra couramment les 50° en été.
Alors les ministres accueillent avec bienveillance les demandes des citoyens : oui, oui, on va tacher d’installer la clim’ dans les hôpitaux où déjà on n’arrive plus à se défendre du chaud par 28 ou 30°.
Mais voyons ! C’est bien la solution ! Quelle bande de crétins cette espèce humaine ! L’important c’est de pomper et de se donner des airs importants de personnes responsables, s’agiter, entreprendre, viser la croissance, produire, vendre, acheter. Niquons la planète d’un chœur unanime et mettons la clim’ dans tous les foyers ! N’essayons pas de tout arrêter et de réfléchir à des bâtiments conçus pour se tempérer, avec des sous-sols dédiés aux rafraîchissement des foules, baisser les consommations, arrêter de laisser nos sources à des privés (Nestlé, Coca-Cola). Hé les gars, réveillez-vous, c’est la lutte finale. Après celle-là, y en n’aura pas d’autre, terminus !!
On ignore encore comment nous périrons mais toutefois des exemples s’offrent à nos regards de téléspectateur : dans un incendie, un orage faisant exploser un torrent, un ouragan, une inondation, une sécheresse générale ou une élévation du niveau des eaux. Habitants des campagnes montagnardes, on peut s’estimer privilégiés, mais nous avons perdus tous les savoir-faire de nos parents, tuer la chèvre ou le perdreau et se défendre des nuisibles au jardin (ou des bandits jetés sur les routes par la débâcle)...
Avec ça, la République est en miettes ? Un prétentieux qui se soucie peu de l’urgence la pilote. Comment peut-il autant s’aveugler et se croire à l’abri dans ses palais avec ses gardiens du corps ? L’UE, le brexit, dominés, exploités, faux anars, vrais drapeaux, poux dans la tête, coupage de mouches en quatre, ça fait juste dérisoire.

02/08/2018 17:08 par Assimbonanga

Et bien sûr, une mesure s’impose : éradiquer la ZAD à Notre-Dame-des-Landes. Ceux qui ont accepté de signer des fiches individuelles ont gagné... un an de sursis, c’est tout ! Rien n’est définitif, on laisse juste pourrir la situation. La préfète, la chambre d’agriculture et des gugus comme Macron, Retailleau, Ferrant, veilleront à ce que vrais agriculteurs, bien conventionnels et affiliés au bon syndicat, récupèrent les terres à l’abri des caméras des "journalistes". Ça se passera dans l’opacité et l’indifférence générale. Ronflez moteurs ! Volez poussière ! Séchez zones humides ! Squatters frugaux et ingénieux errez ! Tout le monde s’en fout.

02/08/2018 17:30 par Georges SPORRI

Arrête de flipper comme ça Assimbonanga ! Plantons : 66 milliards d’arbres dans le Sahara / Sahel + 33 milliards en Amérique ( USA - Mexique - Nordeste do Brazil ...etc. ) + 11 milliards en Australie et 10 milliards dans les autres déserts chauds-arides et 10 ans / après les stations de ski de la Sierra Nevada espagnole ou du Liban seront ouverte du 15 novembre au 15 mai ( ça nous fera ièch et on bombardera les forêts au napalm pour ne pas se ruiner en dégivrant pour pare-brise ! ) . La décroissance on verra plus tard , quand on vivra tous dans un loft de 600 m2 avec une piscine intérieure de 80 m2 ... Si certains pensent que ce n’est pas faisable : regarder les clips YouTube " Torre Atmosférica " , " usine EcoloBlue " ...etc.

03/08/2018 03:55 par Roubachoff

@Autrement
« Une sortie brusque et unilatérale, avec ou sans article 50, n’a aucune chance de réussir chez nous. »
D’où tenez-vous ça ? Si un parti ou un mouvement arrive au pouvoir après avoir fait clairement campagne pour la sortie de l’EU, pourquoi serait-il lâché un mois plus tard par ses électeurs ? Le problème, justement, c’est que les progressistes, depuis 10 ans, ne font pas campagne pour ça. En somme, ils préfèrent le marketing (« Nous, on peut ») à la politique (« Dans l’UE, navrés, mais on ne peut rien du tout ».)
L’impossibilité de négociations honnêtes, il faut des années pour la démontrer dans les faits. Ne perdons pas de vue, en outre, que les traités doivent être modifiés à l’unanimité. Rien que ça ! En attendant, désobéir, c’est s’exposer à de lourdes sanctions puis au risque d’être virés comme des malpropres.
1) Le temps que le « grand nombre » se mobilise, il sera trop tard.
2) Personne ne prétend que quitter l’UE sera une promenade de santé. L’enjeu, c’est d’utiliser les quatre ans qui nous séparent des prochaines Présidentielles pour gagner des partisans à cette politique.
3) Avec quatre ans devant lui, un mouvement devrait pouvoir anticiper les problèmes les plus vitaux et y trouver une solution. En principe, il est conseillé d’être prêt quand on arrive au pouvoir. Le contre-exemple grec se passe de commentaires.
4) Les élections européennes tribune des opposants à l’UE ? Pourquoi pas, mais permettez-moi d’en douter – d’autant plus que ce scrutin intéresse très peu de gens.
5) Il ne s’agit pas d’attendre Godot – je suis très loin de l’idéalisme « gauchiste » - mais d’insister sur un point : un gouvernement progressiste disposera d’un fusil à un coup. S’il échoue, la France prendra très cher, et la droite et le centre auront ensuite un boulevard devant eux pour régner sur ce qu’il en restera.

@Georges Sporri
Lisez un peu moins vite, c’est exactement ce que je dis. Et j’ajoute que d’aimables gesticulations comme la grève tronçonnée de la SCNF, la « marée humaine » ou la « fête à Macron » n’ont aucune chance de conduire à des « victoires partielles des classes dominées-exploitées ».

04/08/2018 10:33 par Autrement

Roubachoff (pardon, ça va être long, mais après je me tais) :

Si un parti ou un mouvement arrive au pouvoir après avoir fait clairement campagne pour la sortie de l’EU, pourquoi etc...

À ce compte, pourquoi le PRCF ne présente-t-il pas de candidat qui "arriverait au pouvoir" ?

un gouvernement progressiste disposera d’un fusil à un coup.

Mais concrètement, QUAND, le coup ? Quand les Sarkhollande et Macron réunis se seront si longtemps succédé au pouvoir, qu’il n’y aura plus qu’un impuissant îlot de communistes en France, comme aux USA, face aux Collomb et aux Benalla dûment équipés ? Le temps presse. Il faut se replacer dans la durée, en partant de l’évolution depuis 68 : le "coup", c’est la fenêtre des prochaines présidentielles.

Le contre-exemple grec ...

Parlons-en justement !
Marre qu’on nous jette Tsipras à la figure ! Et pourquoi pas Daladier ?
Tsipras est justement le modèle de ce qu’il ne faut pas faire, ça fait partie des leçons de l’histoire, que chacun a bien su tirer.
Sauf évidemment les rosâtres-verdâtres (c’est normal), mais aussi le PCF : le PG a demandé l’exclusion de Syriza du Parti de la Gauche Européenne (PGE), suite à la loi Tsipras restreignant le droit de grève en Grèce. Le PCF officiel et les autres membres s’y sont opposés avec mépris et dérision ; voir : https://www.humanite.fr/le-pg-demande-lexclusion-de-syriza-du-parti-de-la-gauche-europeenne-649750
C’est donc le PG qui est parti, refusant désormais d’être dans le même groupe que Syriza.
La rupture est nette.
Ce que Tsipras a été lui-même (traître, incapable ou piégé) n’est intéressant que pour la petite histoire (un de ses anciens camarades, Stathis Kouvelakis, a écrit un texte très instructif là-dessus).
L’important, c’est qu’à peine élu, il a signé tout-de-suite un accord-cadre fatal pour les négociations avec l’UE. Puis, cuisiné par Merkel et, dans un sommet d’hypocrisie, par Hollande et Moscovici, il a signé un accord final de soumission à la troïka auquel il s’est tenu, malgré le Non retentissant des Grecs au referendum du 5 juillet 2015.
Aucun plan B n’avait été envisagé, et le PIB de la Grèce jouant quand même, il n’y a pas eu le moindre « bras de fer ».
En outre Tsipras a négocié tout seul et dans le secret, sans dire la vérité sur la façon dont les choses se passaient - vérité connue désormais (entre autres) par le récit de Varoufakis : aucun des arguments économiques, juridiques, socio-raisonnables et légitimes de la partie grecque n’avait de valeur aux yeux de la Commission et en particulier de Schnaüble : c’était le mur absolu, ces arguments n’étaient ni discutés ni même entendus. Même si pendant ce temps des manifestations héroïques des Grecs clamaient : "La dette ? Δεν πληρώνομε, nous ne payons pas !"
Malgré cela, Tsipras et Varoufakis se sont obstinés. Il est vrai qu’à cette date l’opinion publique grecque n’était pas favorable ni même préparée à un Grexit. Seul le KKE (PC grec) le préconisait, mais il était totalement isolé.
Surtout, Tsipras n’a rendu compte à personne de sa mission. Il n’a pas consulté la base de son propre parti sur la marche à suivre, ni même son bureau politique : ils n’ont même pas été complètement informés, il n’y a eu aucun débat démocratique, aucun programme explicite. L’information sur le cours des choses a été laissé à la « bonne volonté » des médias.
Dans ces conditions, le rapport des forces étant disproportionné, l’opération était vouée à l’échec, c’est-à-dire à la capitulation du gouvernement grec, d’autant que les banquiers grecs, comme il fallait s’y attendre (mais Varoufakis avait complètement sous-estimé cet aspect), ont collaboré activement avec les ennemis de leur pays.

Il n’y a donc aucun point commun entre ce qu’est devenu le gouvernement Syriza (Varoufakis lui-même reste un européen engagé), et la FI, qui avec l’Avenir en commun, présente un programme explicite, publiquement discuté et approuvé par des millions d’électeurs, - de refus catégorique du TSCG et des autres traités « européens » ; et cette fois il y a un plan B : il consiste en la sortie unilatérale de l’UE, qui effectivement, et en cela je suis d’accord avec vous, ne devra pas traîner.
Il reste donc à mener la lutte pour informer plus largement la population, et à susciter, par les mobilisations multiples et à l’occasion des élections, une adhésion massive à la cause anti-UE, qui permettrait à la lutte de classes de se développer sur tous les fronts. Car le principe du Frexit étant admis, c’est là que les vraies difficultés commencent.
Salut et fraternité.

04/08/2018 12:50 par Georges SPORRI

- 1 / Il est abusif de dire que les électeurs qui votent pour un parti ( FI par exemple ) approuvent son programme , si c’était le cas je n’aurais pas voté FI car je pense que leur "règle verte" est une ineptie et pourrait servir d’argument pour un plan d’austérité pire que ceux de Sarkozy-Hollande-Macron - Je n’ai donc voté FI que pour participer à la tentative de destruction du PS qui échoua -
- 2 / Un gouvernement de vraie gauche devra très vite faire 3 réformes enthousiasmantes pour les classes dominées-exploitées afin de stimuler la lutte des classes et le syndicalisme révolutionnaire dans tous les pays d’Europe ! Ensuite il devra utiliser les règles stupides de l’UE pour la mettre en crise permanente et s’en faire virer !

05/08/2018 01:38 par Roubachoff

@Autrement
Salut et fraternité aussi, bien entendu.
1) Nous postulons qu’un mouvement progressiste pourrait arriver au pouvoir. Dans ce cas, pourquoi ne se positionnerait-il pas d’emblée pour une rupture avec l’UE ? Il y a vraiment quelque chose d’étrange dans cette affaire. Sortir de l’UE, on dirait que c’est comme jeter sa soutane aux orties pour un prêtre. Alors qu’en réalité, il ne s’agit même pas d’un divorce, faute de réel engagement affectif. C’est une affaire froidement politique, parce qu’on ne partage pas, ou plus, la vision du monde de nos partenaires. Quand on est contre le fédéralisme et l’ordo-libéralisme, quelles raisons de rester dans cette galère ?
2) Pour quand la gauche radicale au pouvoir ? Hélas, il ne nous appartient pas de le dire. En France, il y a 20% de filloniste (les possédants prêts à tout pour garder ce qu’ils ont volé) 22% de Lepénistes (dont une grande partie de nigauds) 25% de macronistes (ce qui reste du PS hollandais et une partie du centre) et 6% d’hamonistes qui ne comprennent rien à rien. Si vous savez comment gratter là-dedans les 30% manquants, dites-le-moi, je suis preneur. Quoi qu’il en soit, un gouvernement progressiste n’aura pas le droit à l’erreur, et c’est ça qui compte.
3) Rassurez-vous, je ne jette rien à la figure de personne. Cela dit, pour citer Daladier, navré de le souligner, mais il faut être un peu gonflé. Syriza, c’est le premier parti de gauche radicale qui arrive au pouvoir dans l’UE, et ça remonte à trois ans, pas à quatre-vingts. Si on ne prend pas cette affaire comme référence, où chercher des points de comparaison ? La chute de l’empire romain, peut-être ? Aucun point commun entre Syriza et la FI, dites-vous ? Après l’affaire de la désignation des candidats aux Européennes, et le départ en fanfare des Socialiste Insoumis, j’en suis beaucoup moins sûr que vous. Mais si vous avez raison, j’en serai le premier ravi. Notons quand même que le plan B, malgré vos propos optimistes, est bien moins défini qu’on pourrait le croire. Et de toute manière, le plan A est une perte de temps mortellement dangereuse.
4) Tout à fait d’accord avec vous : le Frexit, c’est le début des difficultés, pas la fin. Mais rester dans l’UE, c’est crever à coup sûr.

@Georges Sporri
1) On ne peut quand même pas affirmer que les électeurs d’un parti désapprouvent massivement son programme. Quant à la destruction du PS, avouez que c’est bien engagé, non ?
2) Pourquoi voulez-vous obstinément que nous soyons virés de l’UE ? Sortir par le haut, en rappelant que nous sommes la première puissance militaire du continent (juste au cas où) aurait quand même meilleure allure. Et pourrait inciter d’autres pays à nous suivre, accessoirement...

05/08/2018 15:06 par Georges SPORRI

@Roub.... / Etre viré suppose "avoir foutu un sacré bordel" , c’est donc la meilleure option , celle qui stimulera la lutte des classes dans tous les pays d’Europe et permettra d’engager des duels sanctions / contre-sanctions - Notre armée est un gouffre à fric totalement inutile , prétentieux et malsain , notre position géographique centrale pour l’Europe de l’ouest est par contre un excellent atout puisqu’on peut accélérer ou ralentir le trafic TIR , le rendre plus cher ou moins cher ...
Le PS dispose encore d’un groupe parlementaire , de nombreuses communes , de réseaux dans les syndicats et associations , ... Ils ne veulent pas forcément reprendre le pouvoir mais gérer des communes , des départements , des régions . Il aurait été vaincu réellement et durablement si JLM avait réussi à passer second aux présidentielles ou si le groupe parlementaire FI avait atteint un nombre d’élus suffisant ( au moins 90 ) pour bénéficier d’un phénomène d’attraction - C’était faisable en appelant à l’abstention + vengeance aux législatives + cours d’instruction civique pour que le corps électoral sache qu’en réalité le vrai pouvoir c’est l’assemblée nationale ! Ils ont préféré une gesticulation absconse à cause de l’hétérogénéité de leurs troupes plombées par un trop grand nombre d’écolos imbéciles .

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