Manifestation à la médiathèque José Cabanis de Toulouse : les intermittents défient le Medef

La Dépêche du Midi

Près de 150 manifestants étaient réunis le 10 avril au pied de la médiathèque José Cabanis, à l’occasion de la venue à Toulouse de Pierre Gattaz, président du Medef.

Progressivement ralliés par des membres les syndicats CGT et CGC, les intermittents du spectacle, en musique, en cris et en discours, dénoncent l’accord Unédic élaboré par le patronat en mars dernier, et qui devrait être signé par la CFDT, FO et CFTC début juillet. Devant l’affluence importante des manifestants, six cars de CRS étaient mobilisés pour éviter tout débordement. Seul élément à déplorer, l’arrestation d’un fauteur de troubles apparemment connu des services de police qui aurait projeté un liquide sur un homme, supposé membre du Medef.

C’est malgré tout au sein d’un rassemblement calme que Lalou, comédien et porte-parole, appelait à renforcer la mobilisation entamée trois semaines plus tôt : « Il faut travailler sur une dimension interprofessionnelle. Ce que nous défendons nous le défendons pour tous les neuf millions de précaires qui s’apprêtent à payer. Tout le monde tend à devenir un intermittent du travail ».

Jean-Christophe Sellin, porte-parole du Parti de gauche, était présent sur place aux côtés des manifestants pour protester contre cette régression des droits des chômeurs et des travailleurs en contrats courts. « Il faut maintenir la pression avant l’arrivée des grands festivals d’été et forcer le patronat à négocier directement avec les principaux intéressés qui sont aujourd’hui, ici, dans la rue », a-t-il déclaré. Les manifestants ont souhaité mêler « le bruit et l’odeur » afin de déranger la venue de Pierre Gattaz et des adhérents du MEDEF de Haute-Garonne et de rendre hommage à Franck Halimi, comédien et metteur en scène dijonnais, en grève de la faim depuis un mois. « C’est pénible de penser que notre sort est négocié autour de petits fours alors que, pour nous, chaque fin de mois est une galère », regrette Diego, membre d’une troupe de cirque itinérante.

Original de l’article ici.

Le 11 avril 2014

COMMENTAIRES  

22/04/2014 13:52 par domi

Les intermittents du spectacle : enjeux d’un siècle de luttes
Mathieu Grégoire

Comment garantir des revenus stables à des salariés à l’emploi instable ? Cette question, essentielle pour le salariat contemporain, les intermittents du spectacle se la posent en France depuis longtemps.

De leur premier mouvement social en 1919 à la lutte actuelle pour la défense de leur régime d’indemnisation, les intermittents n’ont cessé de se battre pour que l’instabilité de leur emploi ne signifie pas précarité de leurs revenus et de leur protection sociale.

Quelles stratégies ont‑ils développées, tout au long du XXe siècle, pour « vivre de leur métier » ? Comment et pourquoi le régime des intermittents du spectacle a‑t‑il été mis en place ?

Pour quelles raisons les salariés concernés se battent‑ils pour le défendre ? Mathieu Grégoire, maître de conférences en sociologie à l’université d’Amiens, examine ici de nouveaux possibles entre plein‑emploi et précarité.

À l’heure où l’emploi est de plus en plus flexible et le reflux du chômage de masse un horizon de moins en moins crédible, l’expérience des intermittents peut intéresser tout le salariat. Leur régime ne peut‑il pas en effet constituer un modèle alternatif pour repenser les droits des salariés à l’emploi discontinu ?

https://www.reseau-salariat.info/d4ad5f582a21991bd05193e43a661864?lang=fr#0

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