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Marie-Claude Vaillant-Couturier mérite elle aussi le Panthéon

ANTICONS - Observatoire du néo-conservatisme

Résistante de la première heure, Marie-Claude Vaillant-Couturier remplit tous les critères qui permettent en principe d’accéder par la panthéonisation au rang de héros national. Pourtant, les présidents français qui se succèdent semblent ignorer l’existence de celle qui fut par son engagement total une des fers de lance de la lutte antinazie et par la suite une militante acharnée au service des droits humains.

Journaliste engagée

1933, Marie-Claude Vaillant-Couturier réalise son premier reportage en Allemagne pour le magazine VU créé et dirigé par Lucien Vogel qui n’est autre que son père. Ce travail effectué dans la clandestinité fut intitulé « Vu explore incognito le IIIe Reich ». Seulement quelques temps après l’accession d’Hitler au pouvoir, cet exposé composé de photos prise par Marie-Claude permit de mettre en évidence la réalité des deux premiers camps de concentration nazis que furent Dachau et Oranienburg.

A l’automne 1937, elle épouse celui dont elle portera le nom toute sa vie Paul-Charles Vaillant-Couturier, journaliste, homme politique et rédacteur en chef du journal L’Humanité. Ce dernier sera blessé une première fois par un éclat d’obus en septembre 1915, et une seconde fois en 1918, par une attaque au gaz. Ces évènements le conforteront dans ses convictions pacifistes. Surmené, Paul décède d’une crise cardiaque seulement trois semaines après la cérémonie de mariage. Enterré au Père-Lachaise, une foule impressionnante défilera devant son cercueil durant six heures. Plus tard, en 1939, Marie-Claude épouse Pierre Villon, l’homme qui assurera la rédaction clandestine de l’Humanité au début de la guerre. Pierre fut également un membre très actif du Conseil National de la Résistance.

1938, Marie-Claude se retrouve en Espagne. Elle y rencontre les Brigades internationales qui sont composées de volontaires antifascistes qui se battent aux côtés des Républicains espagnols contre les nationalistes communément appelé « franquistes ». Une expérience qui lui permet de croiser la route de Henri Tanguy, qui sera connu plus tard sous le patronyme de Henri Rol-Tanguy, ou plus exactement Colonel Rol-Tanguy. Syndicaliste (CGT) et militant communiste, Henri Tanguy sera démobilisé en août 1940 après avoir été cité à l’ordre du régiment. Dès octobre 1940, il rentre dans la clandestinité pour participer à la mise ne place de l’Organisation spéciale (OS). Son épouse Cécile fut également membre de la Résistance. Après la capitulation de l’Allemagne, il est décoré le 18 juin 1945 de la Croix de la Libération par le général de Gaulle.

Féminisme et Résistance

A cette même époque, Marie-Claude milite à l’Union des jeunes filles de France (UJFF). Cette association réellement féministe dénonce l’inégalité entre les sexes. L’UJFF a fait progresser la CGT, le Parti communiste, et par effet rebond la société toute entière sur la question des inégalités. Du fait que la plupart des Communistes (hommes) aient été mobilisés ou incarcérés par le pouvoir politique, cette structure permettra la mise en place de la future résistance communiste clandestine. Danielle Casanova est élue présidente lors du premier Congrès. Dès l’automne 1940, Danielle aide à la mise en place de Comités féminins en zone occupée et participe à l’implication des Jeunesses communistes dans la lutte armée. Nous retrouvons parmi d’autres figures illustres de l’UJFF Rose Blanc, entrée dans l’organisation clandestine du Parti communiste en 1940, qui décèdera en déportation à Auschwitz en mars 1943. Claudine Chomat participe en 1939 à la réorganisation du Parti communiste français clandestin. En 1941 elle dirige les Comités féminins de la Résistance. Charlotte Delbo, aux côtés de Georges Politzer et Paul Nizan (tous deux morts pour la France), découvre le marxisme et rejoint les Jeunesses communistes en 1934. Charlotte est déportée à Auschwitz en 1943 pour fait de résistance. Josette Dumeix dirige avec Claudine Chomat l’édition féminine clandestine de l’Humanité. Arrêtée par la police de Vichy, elle passe 22 mois en prison. Mounette Dutilleul, résistante et communiste, est déportée à Ravensbrück en 1943. Madeleine Vincent s’engage dans la Résistance dès juillet 1940. Madeleine est en charge de la Résistance dans le Nord et le Pas-de-Calais au sein des Jeunesses communistes. Déportée à Kreuzburg, elle poursuit la lutte au péril de sa vie en refusant de travailler pour les Allemands. Georgette Cadras est membre du PCF. Georgette devient très vite Capitaine de la Résistance. Arrêtée le 26 mars 1941, elle est condamnée à 10 ans de prison par le Tribunal français (collaborateur). Lise Ricol-London milite pour le Parti communiste depuis le début des années 30. Sous l’occupation elle devient très vite Capitaine de la Résistance. Lise est arrêtée par la police française en août 1943. Livrée aux Allemands elle est déportée au camp de concentration de Ravensbrück, puis à Buchenwald.

Marie-Claude elle, rentre en résistance en participant au 1er numéro (clandestin) de L’Université libre, un des premiers groupes de Résistance créé par trois communistes, Georges Politzer, Jacques Decour et Jacques Solomon. Ce regroupement d’intellectuels vit le jour en septembre 1940, avant que le Pacte germano-soviétique ne prenne fin le 22 juin 1941. N’en déplaise à certains, les Communistes n’ont pas attendu l’invasion de l’URSS par l’armée nazie pour entrer dans la Résistance (nous y reviendrons dans un prochain billet).

Un Ange en enfer

Début 1942, Marie-Claude est arrêtée par la police parisienne, dès lors elle découvre la vie en prison, et apprend à communiquer avec d’autres détenues en particulier Marie-José Chombart, une résistante qui toute sa vie a milité pour les droits de l’enfant. Le convoi appelé convoi 31000 du 24 janvier 1943 emporte 1530 hommes et 230 femmes vers le camp de concentration d’Auschwitz et Birkenau. 119 d’entre elles étaient communistes ou proches du Parti communiste.12 appartenaient à des réseaux gaullistes. 51 avaient été arrêtées pour divers actes de Résistance. Seules 49 d’entre elles ont survécu à leur déportation.

A Birkenau, Marie-Claude porte des briques de douze à quatorze heures par jour. Comme elle comprend bien l’Allemand elle se retrouve interprète au bloc. Là, elle retrouve Danielle Casanova qui avant la guerre avait suivi une formation de médecin-dentiste. Pourquoi soigner les dents à Birkenau ? Principalement pour servir la propagande que les nazis envoient à la Croix-Rouge et secondairement pour le “gratin” du camp qui était composé pour la plupart de détenus de droit commun. Cependant cette place a l’avantage de pouvoir procurer des renseignements sur les informations qui circulent à l’extérieur, mais aussi sur les besoins immédiats des autres camarades. Suite à une virulente épidémie de typhus, Danielle Casanova décède le 9 mai 1943. Elle sera décorée de l’ordre national de la Légion d’honneur à titre posthume. Deux moi auparavant Marie Politzer est morte elle aussi du typhus. Mariée à Georges Politzer et militante communiste, elle était rentrée en Résistance dès août 1940.

En août 1944, Marie-Claude est transférée Ravensbrück où elle est dans un premier temps affectée aux travaux de terrassement. Par la suite, elle retrouve un poste de secrétaire en raison de ses connaissances en allemand. A Ravensbrück, Marie-Claude et ses camarades intègrent l’organisation de la Résistance interne du camp. Résister c’est avant tout refuser de travailler pour l’industrie d’armement nazi. Et ça, c’est ce que font les prisonnières de guerre russes. Cette insoumission est bien entendu sévèrement réprimée par les nazis. D’autre part, résister c’est aussi assurer autant que possible le soutien des plus faibles. Cette prise en charge fut rendue possible grâce à une belle complicité avec ses amies, notamment Geneviève_de_Gaulle-Anthonioz (nièce de Charles de Gaulle) et Martha_Desrumaux, la résistante communiste à l’origine du premier mouvement de résistance de masse que l’on appelle simplement grève des mineurs du Nord-Pas de Calais (1941).

Le 28 avril 1945, les SS abandonnent le camp de Ravensbrück, ils laissent 2 000 femmes malades. Certaines détenues dont Marie-Claude se portent volontaires pour s’occuper des malades. Le lendemain les Russes arrivent et libèrent le camp des femmes puis celui des hommes. Epaulée par des médecins russes et d’autres déportées, Marie-Claude prend en main l’administration du camp. Elles restent à Ravensbrück pour soigner les malades jusqu’à ce que tous les français aient été évacués. Ce qui fait que Marie-Claude ne revient en France que le 25 juin 1945.

Au tribunal de Nuremberg, Marie-Claude témoigne le 26 janvier 1946. Sur le bancs sont assis Hermann Göring, Rudolf Hess, Joachim von Ribbentrop, et les autres (21 dignitaires nazis au total). Marie-Claude s’approche d’eux et les dévisage lentement. Puis face aux juges la jeune femme calmement raconte l’horreur de l’univers concentrationnaire.

Aux obsèques d’Henri Moraud, président de l’Association Fonds de la Mémoire d’Auschwitz, Marie-Claude Vaillant-Couturier est aux côtés de Henri Krasucki, juif, communiste et torturé, qui fut lui aussi un résistant de la première heure avant de défendre courageusement la cause ouvrière. (Un autre candidat potentiel pour le panthéon ?).

Discrète mais efficace

Juste après la Libération, pour Marie-Claude, l’engagement politique reprend ses droits. Désormais elle siège à l’Assemblée consultative provisoire qui fut créée le 3 novembre 1943 à Alger pour faire valoir au niveau international les idées hostiles à la Collaboration. Elle est nommée membre de la Commission de l’éducation nationale et des beaux-arts, de la jeunesse, des sports et des loisirs le 26 juin 1946. Marie-Claude est élue députée communiste de la Seine pour les périodes de 1946 à 1958 et de 1962 à 1967. Puis du Val-de-Marne jusqu’en 1973. Plus tard, elle devient Vice-Présidente de l’Assemblée Nationale de 1956 à 1958 et de 1967 à 1968. En tant que parlementaire, Marie-Claude se positionne à l’avant garde d’un nouvel ordre social. Son acharnement va au fil du temps considérablement faire évoluer les mentalités. Ainsi elle va proposer (entre autres) les lois suivantes :

  • – Accorder une subvention de fonctionnement de 100 francs par enfant et par jour de colonies de vacances, n° 3699 (17 juin 1952).
  • – Instituer l’assistance aux veuves civiles sans ressources et faciliter l’accès des veuves civiles à l’exercice d’une profession, n° 4803.(19 novembre 1952).
  • – Fixer à 18 ans l’âge de la majorité électorale, n° 328 [7 juin 1963].
  • – Renforcer la protection des femmes salariées en état de grossesse, n° 676 [21 novembre 1963].
  • – Aménager le temps de repos de certaines mères de famille et stimuler la création de crèches à l’intérieur des entreprises privées, n° 677 [21 novembre 1963].
  • – Améliorer les conditions de travail des femmes salariées, n° 678 [21 novembre 1963].
  • – Constater l’imprescriptibilité du génocide et des crimes contre l’humanité, n° 1279 [18 décembre 1964].
  • – Contribution patronale obligatoire à titre de participation au financement de la construction et du fonctionnement de crèches, n° 1872 [1er juin 1966].
  • – L’application du principe de non-discrimination du travail féminin, n° 2010 [29 juin 1966].
  • – L’application du principe d’égalité de rémunération à travail égal et à qualification égale entre les hommes et les femmes, sans discrimination, n° 193 [18 mai 1967].
  • – Étendre à toutes les mères de famille les congés supplémentaires dont bénéficient les salariées âgées de moins de vingt et un ans, n° 1902 [24 juin 1971].
  • – Améliorer les conditions d’ouverture du droit des femmes seules assurées sociales aux prestations de l’assurance maladie, n° 1908 [24 juin 1971].
  • – Rendre obligatoire le dépistage de la phénylcétonurie, n° 2460 [22 juin 1972].
  • – Assurer un minimum de ressources aux veuves, n° 2672 [22 novembre 1972].

Moderne et visionnaire

Entre octobre 1963 et juin 1964 en Afrique du Sud a lieu le procès de Rivonia qui aboutit à la condamnation à la prison à vie de Nelson Mandela et de sept autres militants anti-apartheid. Alors que les “BHL” de l’époque (les indignés sélectifs) sont plongés comme toujours quand il s’agit d’un allié des États-Unis dans un profond mutisme, une fois encore Marie-Claude est à la pointe du combat. Depuis la France, elle intervient à l’Assemblée nationale pour dénoncer l’injustice, le racisme et la brutalité du régime de Pretoria. Rappelons que l’arrestation de Nelson Mandela en 1962 est le résultat d’une dénonciation de la CIA américaine (Central Intelligence Agency). Mandela a purgé 27 ans de prison pour avoir résisté au régime minoritaire blanc d’Afrique du Sud.

Oubliée du pouvoir, absente de notre mémoire ?

A la question “Pourquoi Marie-Claude Vaillant-Couturier qui fut pourtant à de nombreuses reprises décorée n’est pas panthéonisée ?” nous apportons deux réponses :

Premièrement la grande bourgeoisie qui emploie la bourgeoisie intellectuelle et médiatique est, cela va de soi, contre-révolutionnaire. C’est-à-dire pour le maintien des privilèges. Cette caste désigne ses icônes selon des critères bien définis. Ses choix astucieux ont pour objectif de faire oublier les héros de l’entreprise révolutionnaire. Aussi ne soyons pas surpris que des personnalités qui ont contribué à l’émergence des programmes sociaux soient (inconsciemment ou pas ?) oubliées par les mass-médias. Parmi les exemples les plus probants de cette amnésie, nous retrouvons aussi Ambroise Croizat, qui dirigea la mise en place du système de protection sociale et d’assurance maladie. Aujourd’hui, qui se rappelle du père de la protection sociale ? Et que dire du député PCF Marcel Paul qui sauva la vie entre autres de l’industriel Marcel Dassault.

Deuxièmement l’abnégation totale dont a fait preuve tout au long de sa vie Marie-Claude Vaillant-Couturier est écrasante pour beaucoup d’entre nous. Involontairement elle nous renvoie à nos propres limites, parfois dérangeantes, et à l’interrogation suivante : “Que suis-je capable de faire pour le bien commun ?” Bien entendu on ne peut pas tous s’appeler Vaillant-Couturier ou Jean Moulin. Évidemment, le héro est un héro du fait que ses actions sortent de l’ordinaire. Néanmoins depuis les années 1990, la notion de devoir de mémoire nous invite à un effort qui se traduit par l’obligation morale de ne jamais oublier les victimes, mais également les héros. A l’instar de quelques autres, Marie-Claude Vaillant-Couturier à la particularité d’ajouter l’héroïsme à la souffrance de l’univers concentrationnaire nazi. C’est bien pour cette raison “surhumaine” qu’elle mérite elle aussi la panthéonisation.

Conclusion

Il est très difficile en quelques lignes de condenser plus de soixante ans d’engagement. Le défi se corse d’autant plus que cette femme exceptionnelle est directement liée à une période de l’ histoire qui a favorisé l’émergence de parfaits salauds mais aussi de héros et d’héroïnes qui ont fait preuve d’un sacrifice total au bénéfice des générations suivantes. Dès lors, ce recueil est forcément incomplet. Il aura malgré tout le mérite nous l’espérons de faire redécouvrir la trajectoire d’une véritable militante des droits humains. Elle est la preuve tangible que l’engagement n’est pas lié aux origines sociales, et que l’héroïsme est dans l’Histoire autant l’affaire des hommes que des femmes. Comme nous venons de le voir, Marie-Claude Vaillant-Couturier était loin du charity-business. Le savant oubli dont elle fait l’objet a même le mérite de nous aider à en détecter les fraudeurs et les faussaires.

Source primaire de l’article : « Une vie de résistante : Marie-Claude Vaillant-Couturier » de Gérard Streiff

 https://anticons.wordpress.com/2018/09/10/marie-claude-vaillant-couturier-merite-elle-aussi-le-pantheon/

COMMENTAIRES  

13/09/2018 10:21 par Fald

Marie-Claude Vaillant-Couturier est victime de ce que j’appelle le "faurissonisme bien vu". J’avais écrit un petit article sur le sujet, qui n’a finalement jamais été publié. Le voici :

J’avais commencé à écrire un commentaire sur un article de Léon Landini « La Résistance dans la rue face à la collaboration », paru sur les sites « Initiative Communiste » et « Le Grand Soir », mais il a pris à la fois du retard et de l’ampleur, alors, j’en ai fait un article.

Je voudrais commencer en disant que tout le monde connaît Robert Faurisson, mais sait-on jamais. Excusez-moi donc de rappeler à toutes fins nuisibles qu’il s’agit de ce prof de lettres qui s’est improvisé historien pour nier le génocide des Juifs par les nazis et l’existence des chambres à gaz d’Auschwitz et d’ailleurs. Ces sinistres crétineries sont évidemment réfutées par tous les chercheurs sérieux tant il existe de documents nazis d’époque sur la Shoah et de vestiges dans les camps. Et elles sont vomies par quiconque a un peu de tête et de cœur.

Par contre, il y a longtemps que je parle de « faurissonisme bien vu ». Qu’es aquò ?, comme on dit dans la langue des troubadours, ou kézako ?, comme on dit sur Internet.

C’est le faurissonisme qui est très bien considéré dans les salons, les médias et à l’école, qui nie le rôle des communistes dans la résistance, et celui de l’URSS dans la guerre, qui le réduit au pacte germano-soviétique, ce traité dont tous les bons élèves depuis 1945 ignorent parfaitement que son malheur était d’être au moins le 13ème (soyons superstitieux pour une fois !), après des tas de traités d’amitié, de coopération ou de non-agression signés avec Hitler par la France, la Pologne, l’Angleterre, bref, pas seulement par l’Axe. C’est aussi le faurissonisme qui minimise le plus possible le nombres de victimes communistes et soviétiques du nazisme.

La directive a été donnée pour l’école lorsque Giscard était président. Celui qui voulait supprimer la célébration du 8 mai au nom de la réconciliation franco-allemande, alors qu’il conservait le 11 novembre. Les progressistes allemands considèrent le 8 mai comme leur libération à eux aussi, alors que le 11 novembre… ah si ! Déjà avant 1918, à Cologne, on a toujours célébré, le 11 11 à 11h11, le début de la « cinquième saison », celle des préparatifs du carnaval ! Mais sinon…

Réconciliation franco-allemande ? Vraiment ? Réconciliation réaco-réac, oui !

Un commentateur de l’article de Léon Landini faisait bien de rappeler Pompidou méprisant cette époque comme étant de l’histoire ancienne. Son exemple montre à quel point les gaullistes « historiques », les fameux « barons », « compagnons de la Libération » avaient renié leur combat passé. Ce sont eux, en effet, qui ont très complaisamment permis à Le Pen d’usurper pour son parti néo-fasciste le nom de Front National, qui désignait l’union des partis de la résistance dans les premiers temps de la reconstruction. Ceux qui disaient « pétainiste en 40, gaulliste en 58 » avaient raison. Or, cette histoire du Front National de 1945, les communistes y tenaient, eux. Pompidou et sa bande savaient ce qu’ils faisaient en laissant Le Pen établir un tel parallèle.

Le faurissonisme bien vu, c’est aussi de n’évoquer la presse de 1940 que sous l’angle de la boulette de Duclos qui a demandé la reparution de l’Huma. On présente d’ailleurs, dans les publications bien vues, la lettre peu glorieuse demandant cette reparution comme une négociation. Le lecteur est donc amené à s’imaginer Duclos siégeant autour d’un tapis vert et discutant le bout de gras avec des officiers nazis. Il n’en serait jamais sorti vivant, mais on s’en fout ! Les masses croient à la fable et c’est l’essentiel. Hommage du vice à la vertu, les occupants refusèrent cette autorisation. Evidemment, pas un Français sur mille ne se rend compte que les journaux qui en parlent le plus ont non seulement demandé la même autorisation, mais l’ont obtenue et en ont fait grand usage, comme « Le Figaro », qui n’a cessé de paraître que lorsque la défaite nazie s’est révélée inévitable, en quelque sorte pour se recoudre le pucelage, ou « Le Temps », rebaptisé précipitamment « Le Monde » à la Libération.

Le faurissonisme bien vu ne manquera pas de poser le problème de l’entrée en résistance du parti communiste. Tout le monde connaît bien sûr l’appel du 18 juin 1940 du général De Gaulle. Les communistes, eux, n’auraient commencé qu’à la mi-1941, après l’attaque de l’URSS. Ça aussi, c’est bien connu. Et si on googlise ou wikipédise l’appel de Tillon du 17 juin 1940 et celui de Duclos et Thorez de juillet, on est informé doctement que ce ne seraient pas des appels à résister. Tillon, on l’épargne parfois en soulignant fortement son exclusion du PCF. Cette brouille a eu lieu au début des années 1950. En 1940, il écrivait en accord avec son parti. Mais peu importe : la masse est prête à croire que 1953 était avant 1940, du moment que ça permet de se la jouer intellectuel de gauche anticommuniste.

On vous dira, toujours aussi doctement, que ces appels sont politiques et n’appellent pas à prendre la armes. C’est vrai. Et De Gaulle ? Il invitait peut-être les civils français à finir au fusil de chasse et au couteau de cuisine ce que lui-même n’avait pas pu faire avec ses chars ? Pas fou non plus, le général ! Il invitait juste les hommes en état de se battre à le rejoindre sur les champs de bataille à l’extérieur du pays. Il a fait son boulot de militaire. Personne ne pense à le lui reprocher. Par contre, le PCF faisait son boulot de parti politique, sur le territoire de la France occupée, dans les conditions de clandestinité imposées avant même la guerre par le décret du socialiste Albert Sérol, punissant de mort la propagande communiste. Et ça, c’est forcément condamné par le faurissonisme bien vu.

En 2010, on a célébré la manif du 11 novembre 1940 à Paris. Les communistes étaient évidemment ignorés par les commémorateurs. D’après le journal mal nommé Libération, les communistes n’auraient même commencé à en dire du bien qu’en juillet 1941, comme par hasard. Et bien sûr, si un pata-historien reconnaît que des communistes y étaient, ils sont présentés comme quelques dissidents. Le site "Chemin de mémoire" du ministère de la défense (peu suspect de communisme) publie sur le même sujet un tract de décembre 1940 à la gloire de cet événement. Vues les difficultés d’édition d’un document communiste à l’époque (occupation, mais aussi décret Sérol), ça veut dire que les copains s’étaient remués tout de suite, dès le 11 novembre. Mais le faurissonisme bien vu fait avaler aux Français que décembre 1940 était après juillet 1941, et les Français avalent de bon cœur.

A mes débuts dans le parti communiste, à partir de 1975, j’en ai trop vus, de ces copains anciens résistants, encore nombreux et pas trop vieux, qui pleuraient à la fois de chagrin et de rage en entendant ces immondes conneries et en pensant à ceux de leurs amis arrêtés longtemps avant juin 1941 pour fait de résistance et qui n’y avaient pas survécu. Les faurissonniens bien vus ne sont pas seulement des cons, ce sont aussi des salauds sans aucune valeur humaine.

Car en 1941, le PCF entame la lutte armée. Armée ! La lutte ARMEE ! Pas la lutte tout court. L’Allemagne attaquait l’URSS, même les généraux d’Hitler avaient de sérieux doutes. C’est dire que ceux qui les combattaient ont eu de sérieux espoirs, les communistes en tête. D’autant qu’on oublie un détail de l’histoire, comme dirait un autre sale con, lui-même faurissonien à la fois mal vu et bien vu : la Wehrmacht avait déjà du boulot pour occuper la moitié de l’Europe et avait perdu la bataille d’Angleterre, y laissant une bonne partie de son aviation. Ce n’était donc pas une armée fraîche et joyeuse qui partait pour la Russie. Et personne n’imaginait que l’Armée Rouge commencerait par reculer jusqu’à la Volga.

Au demeurant, il y a autre chose de cocasse : Staline était comme il était, mais peut-on lui reprocher à la fois d’avoir essayé de se tenir en dehors du conflit, et, quand le conflit est venu à lui, d’avoir fait ce qu’il fallait pour le gagner ? Ben oui, on peut ! Depuis le fameux « Livre Noir », la plupart des morts du front de l’Est sont des victimes du communisme. Les citoyens qui remarquent qu’il y a comme un défaut se comptent sur les doigts d’un ébéniste alcoolique. Le faurissonisme bien vu, c’est le beurre et l’argent du beurre pour les propagandistes du capitalisme.

Ce qui ne manque pas de sel dans le récit que font les faurissonniens bien vus, c’est ce qu’ils occultent : lorsque les communistes se lancent dans la lutte armée (au fait, j’ai bien dit « armée » ? Vérifiez, on ne sait jamais !), les prédécesseurs de ceux qui leur reprochent aujourd’hui d’avoir trop attendu leur reprochaient à l’époque leur précipitation. Les autres mouvements de résistance voulaient continuer indéfiniment de planquer des armes pour le grand jour où les Alliés arriveraient, de mener des actions de propagande, de renseignement, mais surtout pas de livrer une lutte armée directe. Leur stratégie aurait permis aux Américains d’appliquer leur plan de « Allied Military Government of Occupied Territories (Amgot) ». A l’époque, personne ne le savait, bien sûr, mais depuis, il semble que certains regrettent que la France ait pu su gouverner elle-même après la guerre.

Les pata-historiens du faurissonisme bien vu, je pense en particulier à un que je ne nommerai pas car en bon anti-stalinien il a tendance à convoquer au tribunal quiconque le contredit, vont affirmant que la dénomination « Parti des fusillés » serait fausse. Ils ont raison : tous les communistes guillotinés, pendus ou tout simplement morts de faim et de maladie dans les camps n’ont pas été fusillés. Et puis, la clandestinité imposée avant même la guerre par le décret du socialiste Albert Sérol faisait que plus un seul coco ne se baladait avec la carte du parti à la poche. C’eût été risquer connement sa peau. Aucun de ceux qui ont été tués comme communistes ne l’étaient donc officiellement dans des registres tenus par leurs secrétaires de cellule ou de section. CQFD !

Si un pékin, à l’époque, avait fait remarquer à un prédécesseur de ce pata-historien qu’un fusillé en tant que communiste ne l’était pas, qu’il l’avait même encore vu à la messe le dimanche précédent, le pata-historien des années 1940 à 1944 lui aurait rétorqué que ce devait être un crypto-communiste et qu’il méritait donc la sanction. Mais dès 1945, ces pata-historiens, comme ceux d’aujourd’hui, se sont mis à refaire les comptes pour démontrer qu’à part un ou deux accidents et suicides, pas un communiste n’était mort pendant la guerre. Et les communistes gazés parce que leurs ancêtres fréquentaient les synagogues ? C’est parce qu’il avaient des poux ? Pour le faurissonnien bien vu, ils n’ont pas été fusillés, donc : vos gueules les mouettes, le PCF n’a pas été le parti des fusillés !

Je n’ai pas visité beaucoup de camps mais quelques uns quand même : Ravensbrück, Buchenwald, son annexe Langenstein-Zwieberge et Neuengamme. Buchenwald est le moins désespérant, justement grâce aux communistes allemands qui y furent les premiers enfermés, et qui avaient compris que la survie ne pouvait s’organiser que collectivement. Ils avaient en particulier réussi à noyauter les postes de kapos, normalement attribués à des détenus de droit commun, des voyous aussi brutaux que les SS. Détail horrible : ce noyautage a été rendu possible grâce à l’insalubrité des baraques, dans lesquelles les SS hésitaient à entrer. De ce fait, une fois rentrés du travail, les déportés étaient traités aussi humainement qu’il était possible dans un endroit pareil.

En tant que camp politique, Buchenwald n’avait pas de chambre à gaz. On y mourait de faim, de maladie, et surtout de l’épuisement dû au travail forcé dans les carrières. Ce camp a fait 50.000 victimes, mais il y a eu aussi 10.000 survivants. Les communistes et résistants qui travaillaient dans les usines d’armement avaient rentré des armes en pièces détachées petit à petit, au risque de leur vie, jusqu’à disposer d’un certain arsenal en 1945. Lorsque les Américains furent assez proches et que les SS commençaient à organiser l’évacuation, une de ces tristement célèbres marches de la mort, les détenus ont sorti leurs armes et libéré le camp. Il fallait évidemment viser le bon moment. Ils ne pouvaient gagner que contre une garnison prise de panique et pressée d’échapper aux Alliés. Un jour trop tôt et le nombre de survivants tombait à zéro. On s’en fout, pour les faurissonniens bien vus, les derniers morts avant l’insurrection sont des victimes des communistes. Ça va de soi.

A Neuengamme, près de Hambourg, un camp du même type, mais où cela n’a pas été possible, les Anglais sont tombés sur un site tellement bien nettoyé par les SS qu’il était difficile d’imaginer que des déportés y avaient été détenus, avec trois mois d’espérance de vie, à piocher de l’argile en pyjama dans le froid pour alimenter une briqueterie. (Ceux de mes non-lecteurs qui ont un jardin argileux comprendront mieux la douleur de ces pauvres gens.)

Demandez de nos jours à ceux qui sont officiellement chargés de raconter l’histoire : ils vous expliqueront doctement que Buchenwald a été libéré par les Américains, point final. Et les survivants, ils doivent peut-être leur peau à Dieu le Père ? Vu que le rôle des communistes est passé sous silence. Vous en trouverez qui vont jusqu’à se servir de la prise des postes de kapos pour insinuer lourdement qu’il y aurait eu une cogestion en toute bonne entente entre les SS et les communistes. Toujours le faurissonisme bien vu !

Reconnaissons toutefois qu’il y a des exceptions. Un roman paru en RDA en 1958 et adapté en 1963 au cinéma, « Nu parmi les loups », a été tourné en remake dans l’Allemagne d’aujourd’hui. Je craignais le pire, mais j’ai eu une bonne surprise : on n’y cache pas que ce sont les communistes qui se sacrifiaient pour sauver le petit juif planqué dans une valise. Si ça vous intéresse, pour la version française du film, nos génies de la linguistique ont traduit « Nackt unter Wölfen » par « L’Enfant de Buchenwald ». Bof… Bonne surprise, mais ne nous laissons pas refiler l’exception au prix de la règle ! Pour l’histoire officielle faurissonienne, les communistes des camps étaient des supplétifs des nazis.

Je n’ai pas la mémoire des noms et parfois, j’aime autant… Alors, risque de procès ou pas, je ne sais vraiment plus comment il s’appelait, celui qui déclara un soir à « La Grande Librairie » que le PCF était antisémite et collaborationniste. Eh oui, les successeurs de ceux qui, entre 1940 et 1944, faisaient la chasse aux « judéo-bolchéviques » glosent désormais sur les « antisémito-collaborationnistes » et sont reçus pour cirage de pompes à « La Grande Librairie ».Encore le faurissonisme bien vu !

Pour l’anecdote : lorsque Garaudy fut exclu du PCF en 1970, toute la bonne presse plaignit cette pauvre victime du stalinisme. Lorsque quelques années plus tard, au nom d’un soutien mal digéré aux palestiniens, il s’aligna sur Faurisson et nia la Shoah, la même bonne presse le vendit à ses lecteurs comme communiste. Et les lecteurs ont acheté ! Les veaux, ça aime se faire engraisser. Une preuve supplémentaire que désormais, dans le monde tel qu’il est, ceux qui ont raison sont ceux qui ne se gênent pas.

Je passerai rapidement pour mémoire sur ceux que Jacques Brel traitait de « Nazis pendant les guerres et catholiques entre elles », et évidemment pas seulement des catholiques, qui, dès leur défaite en 1945 se sont mis à raconter l’histoire comme étant celle de la « conjonction des extrêmes ». Les plus putassiers à mes yeux étant Jean-Paul II et son successeur Benoît XVI, qui s’acharnaient à faire passer les nazis pour des athées, légende chantée sur l’air de « suivez mon regard, les communistes aussi, sont athées ». Pourtant, la mère de Benoît XVI avec sa famille nombreuse, avait sans doute mérité la « Mutterkreuz », le « croix des mères », cette récompense pour mère méritante, décoration typiquement nazie, synthèse de la croix de fer, de la croix gammée et de la croix chrétienne. Quand bien même elle l’aurait refusée, son érudit de fils ne pouvait pas en ignorer l’existence. (Googlisez « Mutterkreuz », vous verrez !)

Comme tous les communistes, j’ai bondi quand Faurisson a commencé à raconter ses immondes conneries. J’aurais aimé que d’autres que les communistes bondissent face au faurissonisme bien vu. Mais non ! Cela n’est jamais arrivé, et cela n’arrivera jamais.

13/09/2018 19:37 par eris

merci fald

13/09/2018 23:21 par Geb.

Merci Camarade pour ton salutaire récapitulatif.

Fils de Déporté politique à Büchenwald, (Mon papa était communiste et journaliste à Rouge Midi avec Pauriol avant guerre), je ne peux que souscrire à ton pamphlet. Il est vrai que le plus mauvais du mal n’a pas été commis par nos ennemis historiques mais par nos camarades qui ont gobé toute cette désinformation et l’ont répercutée au sein du Parti.

Né en 1946, (Mon père - Arrêté en 39 en tant que "communiste" et incarcéré par le Gouvernement Daladier - était rentré en 1945 du Camp), j’ai baigné toute ma jeunesse dans l’Historique de la Déportation et j’ai eu la chance de connaître et fréquenter de nombreux héros et héroïnes historiques de celle-ci ainsi que de la Résistance. Ce qui m’a incité dès mon plus jeune âge à travailler et militer dans aussi bien les orgas de jeunesses du PCF que dans le Parti lui-même ainsi que dans ma vie professionnelle dans la Presse Quotidienne Régionale communiste. Et ce pendant 40 ans.

De par mes fonctions dans la Presse communiste j’ai pu suivre pas à pas la lente descente aux enfers de celle-ci, sa lente trahison non seulement de son rôle envers la Classe ouvrière mais aussi envers son devoir d’information et de contre poison à l’anticommunisme de masse et la désinformation qui en est la corollaire. Et en parallèle à celle du PCF.

C’est ainsi que j’ai pu suivre aux côtés des derniers camarades et compagnons de mes parents, lors des séances d’information qu’ils menaient envers les jeunes scolaires, comment petit à petit on les auto-contraignait à s’en tenir de plus en plus à la narrative officielle, ou au minimum de ne pas appuyer sur l’immense contribution de la Résistance communiste contre l’occupant Nazi et ses seïdes collabos.

Comment veux-tu expliquer à des lycéens que ce sont les Déportés eux même qui ont libéré le Camp de Büchenwald 15 jours avant l’arrivée des Américains et qui l’ont géré. Des Déportés qui ont dû aller chercher les militaires américains, (En tenue rayée et les armes à la main), pour les contraindre à venir leur porter secours ? Alors que les GI fonçaient vers l’Est pour tenter d’arrêter les Soviétiques au plus près en se foutant pas mal des esclaves qui crevaient du typhus et de faim dans le camp ? Comment veux-tu expliquer à des lycéens que ces mêmes GI après avoir désarmé les détenus les ont ré-enfermés et ont même assassinés ceux qui voulaient sortir sans leur permission ? Comment veux -tu expliquer cette histoire à des lycéens qui ont entendu un Obama déclarer que ce sont ces Américains eux-mêmes et pas d’autres qui avaient libéré les détenus sans que personne en France officiellement ne dénonce l’énormité du mensonge ? Pas plus chez nos ennemis "faurissoniens durs ou mous" que chez les "Communistes".

Tu comprend le niveau de gravité de la situation lorsque tu explique à un jeune "de gauche", fils de "Communiste", que "ton papa était déporté", et qu’il te demande si c’était au STO, (Ca ils connaissent). Et que quand tu lui réponds par la négative il te demande : "Mais pourtant, tu n’es pas Juif ???"... Si tu lui dis que ce sont les Gendarmes français, (même pas pétainistes), qui ont arrêté ton père et l’ont remis plus tard aux Nazis, il va te prendre pour un jobard. Et si tu lui dit qu’en effet il y a eu 6 millions de Juifs assassinés mais qu’il y en a eu à peu près trois fois autant, (Communistes, Antinazis allemands, Tziganes, Résistants, Homosexuels, Prisonniers de guerre russes, polonais et autres slaves), qui n’étaient pas Juifs, il va te dénoncer pour propagation de "Fakes News"... Si c’était pas si grave ça serait même risible.

La plupart des événements et anecdotes que tu cites ont été aussi narrés dans le livre que les rescapés du camp, (Des 3 camps, Le Grand Camp, le Petit camp et Dora), "Les Français à Büchenwald et à Dora", de Pierre Durand aux Editions Sociales 1977 et Messidor, 1982.

Il est probablement trop tard aujourd’hui pour reprendre le dessus, surtout après la disparition de toute information révolutionnaire en dehors de quelques sites alternatifs bien loin de pouvoir combler le vide sidéral de la remise en ordre de la Réalité historique.

Et de toute façon dans le Monde Orwellien actuel tout ce que nous pouvons souhaiter, nous les plus anciens, c’est que les jeunes générations ne revivent jamais de telles horreurs. Mais quand nous voyons comment ce mêmes horreurs sont appliquées depuis plus de 60 ans sur les autres populations de la Planète par les mêmes personnages et entités criminelles qui font loi, sans que personne ici ne trouve ça anormal du moment que ça n’est pas chez nous que ça se passe, (Et même qui les soutiennent au nom des "Droits de l’Homme" et de "R2P"), comment ne pas imaginer que les mêmes choses se re-passeront ici un jour ou l’autre.

Les Peuples qui n’ont pas la mémoires des choses sont condamnés à les revivre.

Et pour Marie-Claude Vaillant -Couturier, ne t’inquiètes pas. Elle reste dans les coeurs des plus fidèles... Tant qu’il sont en vie. C’est pas le Panthéon mais on n’y côtoie pas des gens infréquentables comme là-bas...

Et puis, ceux qui avaient à charge de perpétuer sa mémoire dans les instances de la République, ont préféré jouer le jeu du politiquement correct de la Bourgeoisie fasciste.

Si un jour nos ennemis s’avisaient "par hasard" de la "panthéoniser", même à notre demande, ça sera le moment pour le Peuple et les Révolutionnaires, (S’il en reste), de s’inquiéter.

Fraternellement,

Gabriel.

14/09/2018 08:45 par Ellilou

Merci du fond du cœur aux camarades Fald et Geb pour leurs magnifiques rappels. Ces contributions sont l’une (des nombreuses !) raisons de mon passage ici parmi vous.

14/09/2018 10:43 par latitude zero

Une double escroquerie , l histoire écrite et enseignée á nos enfants par ceux qui n ont pas été les véritables vainqueurs, des imposteurs aux arrières pensées bien dissimulées , qui poursuivaient en réalité d’ autres buts que d éradiquer le nazisme.

14/09/2018 11:21 par Assimbonanga

Allons, allons... Ne troublez pas les légendes officielles. Désormais, de Gaulle est le comble du communisme et Simone Veil l’incarnation des luttes féministes. Et bien sûr, c’est LR leur héritier. Puisqu’on vous le dit !

14/09/2018 18:22 par Fald

Bien sûr, Assimbonanga ! Je me suis limité à la période de la guerre. Mais après, ça continue.
Ainsi, pour les 70 ans de la sécu, on a parlé de De Gaulle et de Laroque, mais pas de Croizat. Et pour les 80 ans de ce qui sera l’EX-sécu, on racontera que De Gaulle et Laroque l’ont faite CONTRE Croizat. Je ne parierai pas pour le cas où cela attendrait les 81 ans, mais ça viendra, c’est sûr ! On a bien raconté sur France-Inter que les conquêtes du Front Populaire et de 1968 se sont faites contre le PCF et la CGT. Alors, pourquoi pas la sécu ?
De même, les communistes ont toujours été antisémites, c’est bien connu. Admirable Willi Brandt qui s’est agenouillé en conséquence devant un monument qui ne pouvait pas exister en 1973, puisque, depuis la chute du ghetto de Varsovie, la Pologne n’avait été gouvernée que par des communistes antisémites.
De même à Prague : on explique doctement aux touristes que le mémorial où sont inscrits les Juifs pragois déportés était bien négligé et qu’heureusement, les Allemands l’ont restauré après 1989. Combien suis-je, parmi tous ceux qui l’ont visité, à me demander qui l’a fait bâtir dans les années 50 ?
Et j’en passe, et j’en oublie, et sans doute des meilleures.

15/09/2018 14:39 par Assimbonanga

Oui ! Et on va atteindre des sommets dans cette stratégie d’amalgame et de confusion des faits, grâce au chef suprême du "en même temps"... Macron brouille tout en ce moment. Il courtise le PC, rend justice à Maurice Audin. A ce propos, ai-je la berlue ? Ôtez-moi d’un doute : est-ce que d’habitude la fête de l’Huma est couverte par France Inter ( à part comme un bruit qui court, ultime reliquat de gauche sur la radio nationale) ? L’équipe des soi-disant rigolos de Par Jupiter est venue à domicile se foutre de la gueule du communiste de base et Guillaume Meurice a mis le paquet pour ridiculiser Mélenchon sur l’épisode gênant où celui-ci est surpris dans son restaurant habituel par Macron en goguette entouré de la cour.
Ensuite, Le téléphone sonne a passé l’heure sur place. Ca s’est déjà produit dans le passé ?
Et ça continue dans les flashs d’info par des invitations appuyées à profiter de l’ambiance et des concerts... Je ne crois pas avoir remarqué une telle attitude les années précédentes, mais je peux m’être trompée après tout.

17/09/2018 10:07 par Assimbonanga

... sans réponse de personne, je poursuis dans mon impression générale : il y a un deal entre le pouvoir et le PC.
Une attention particulière accordée à la fête de l’Huma par France Inter en échange d’un évincement de la FI. C’est Ian Brossat qui s’y colle et se dévoue tout en lançant le coup de feu de départ pour les élections européennes. La pratique de la politique conduit aux pires abjections. Ce Ian Brossat, jusque-là, semblait un gars bien, intelligent, vertueux, formé à une exigence intellectuelle qui fait la valeur des communistes et là, patatras, il se vautre dans la communication médiatique avec ses pires turpitudes. C’est moche, c’est laid, c’est dégoutant.
Le petit Hamon est un leurre conçu pour détourner des voix. Hulot (c’est mon muse qui m’avait suggéré cette réflexion) va regonfler bientôt pour créer une aspiration conjuguée avec l’adorable Hamon et, ensemble ils donneront leurs voix à Macron quand la grosse louffe fera mine de menacer la démocratie !!
Pour pas oublier : https://pbs.twimg.com/media/C-W_Jn5XgAQk3T2.jpg

20/09/2018 20:26 par Fald

Assimbonanga,
Je ne suis plus vraiment l’actualité du PCF.
Mais je peux vous dire que France-Inter à la fête de l’Huma, c’est chaque année depuis longtemps. Rien de nouveau !
Avec parfois dans le passé des remarques de snobinard à la con (type gauche circonflexée) qui ont pu m’énerver.
La FI, elle, m’énerve depuis les législatives de 2017. Chacun son appréciation.
Voir de l’ostracisme dans le fait qu’on invite le PC pour causer de la fête de l’Huma au lieu de la FI, c’est douteux.
Perso, j’ai quitté le PCF en 1999 et n’y suis pas revenu, mais je n’ai toujours pas confiance dans cette resucée de gauchisme façon années 70 mitigée de mitterrandisme des années 80, qui a pour priorité de taper sur les cocos.
Sa dominance à gauche me conforte dans la triste idée que la bourgeoisie a définitivement gagné la lutte des classes, bien autant que l’inexistence tant électorale qu’idéologique du PCF.

21/09/2018 09:40 par Assimbonanga

@Fald, dommage que vous ayez répondu trop tard à ma question (Ça s’est déjà produit dans le passé ?). Mince alors. J’en aurais tenu compte dans mes échafaudages d’hypothèses...

21/09/2018 15:58 par Autrement

Cher camarade Fald, c’est étonnant, bien qu’ayant quitté le PCF, vous avez sur la FI le même regard que ses dirigeants officiels, et non celui des militants de base, qui souvent fraternisent avec les FI sur le terrain et participent au mouvement "dans la rue et dans les urnes".
Je précise que je soutiens la FI, mais que je n’en suis pas adhérente. Moi aussi j’ai milité 25 ans au PCF, et il m’a été dur de m’en trouver rejetée, pour avoir défendu des camarades jugés trop critiques, mais que je connaissais depuis 68 pour être les plus dévoués.

Je crois que votre appréciation s’explique par le fait que vous replacez la FI dans un paysage politique désormais périmé, celui de la "gauche" d’appareils, de magouilles électorales et d’adaptation à la société telle qu’elle est. Ce paysage, en réalité très minoritaire dans la société, est entretenu à dessein par l’idéologie dominante, qui présente le plus souvent à la télé comme "opposant" un gars de droite, d’extrême-droite ou des restes du PS, pour que rien ne change ; pour que devienne incompréhensible la situation nouvelle créée par l’élection présidentielle et les luttes sociales qui l’ont précédée et suivie : il est essentiel pour nos ennemis de barricader complètement l’horizon.
Le lieu où se situe la FI, c’est au contraire un terrain d’avenir non encore défriché, où le mouvement populaire dans son ensemble est appelé à frayer un chemin nouveau, avec un vrai projet de société, qu’on peut espérer transitoire vers encore mieux (je suis toujours communiste), mais qui est en tout cas résolument émancipateur dans l’immédiat, d’autant que personne (sauf les "installés") ne veut plus des vieilles combines.
Quant à l’accusation de vouloir couler le PCF, elle est absurde, vu qu’il y a longtemps que le PCF s’est coulé de lui-même, et qu’il s’agit au contraire (y compris pour les militants PCF, beaucoup l’ont compris) de remédier à ce naufrage.
Les militants de la FI sont des gens comme les autres, ils sont eux aussi, non seulement faillibles, mais souvent perméables à la propagande dominante sur certains sujets. Là n’est pas la question. Mais leur programme est solide et conquérant. La question est : avons-nous, concrètement, autre chose, pour vaincre la résignation et entraîner le grand nombre des citoyens dans l’action ?

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