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CGT, CFDT, CFE-CGC, FO, FSU, SOLIDAIRES, UNSA, FIDL, UNEF, UNL

Mobilisation pour le retrait de la loi "El Khomery". Appel de la CGT

Christian Forgeot

La CGT appelle a l'action le 31mars dans un processus unitaire ...

Une réunion intersyndicale a eu lieu hier mardi 23 février à la CGT en présence de dix organisations syndicales, sept organisations de salariés : CFDT, CFE-CGC, CGT, FO, FSU, SOLIDAIRES, UNSA et trois organisations de jeunesse : FIDL, UNEF, UNL. Seule la CFTC était absente. Comme l’ont souligné l’ensemble des organisations, cette réunion était en soi un évènement car elle rassemblait la quasi-unanimité des organisations à l’initiative de la CGT.

Soulignons que cette configuration n’avait pas été vue depuis fort longtemps. Après 4 heures de réunion, un texte a été signé par tous les présents à l’exception de FO.

Ce texte met en avant la dangerosité de la loi EL KHOMRI. Il est déjà présenté dans les médias comme une première riposte des syndicats face au gouvernement.

Même si chaque organisation porte une appréciation différente sur le contenu du projet de loi, pour autant tous les participants ont acté la dégradation économique et sociale du pays.

Toutes s’accordent également sur le mécontentement et la colère grandissante des salariés face à l’absence de perspectives.

La CGT n’a eu de cesse de proposer, pendant cette réunion, que se tienne le 31 mars prochain une journée de mobilisation interprofessionnelle et unitaire. Cette proposition n’a pas fait l’unanimité même si personne n’a fermé la porte. FIDL, FO, FSU, SUD, UNEF et UNL partagent cette idée.

La CGT s’engage donc sur une journée d’action, le 31 mars.
Une nouvelle réunion de tous les syndicats se tiendra le 3 mars prochain à l’UNSA afin de poursuivre les discussions engagées hier*.
Dans la même journée se tiendra, à l’invitation de la CGT, une seconde réunion visant à définir les modalités d’action du 31 mars avec les organisations qui partagent notre avis quant à cette nécessaire mobilisation.

Enfin, une intersyndicale des fédérations de la fonction publique se tiendra ce soir pour envisager les suites du 26 janvier à l’occasion des négociations sur la revalorisation du point d’indice qui se dérouleront normalement dans la semaine du 14 au 18 mars. Nos fédérations porteront l’idée d’initiatives dans cette période.

Soulignons qu’un certain nombre de professions, à l’instar de la fonction publique, sont d’ores et déjà engagées dans des actions unitaires, les 17 et 18 février ce sont les Industries électriques et gazières et AREVA qui étaient dans la rue, les cheminots et la RATP battront le pavé le 9 mars, le 10 mars les retraités défileront, d’autres mouvements sont en préparation.

Cela va dans le sens de ce que nous avons décidé de conjuguer actions professionnelles et convergence interprofessionnelles.

Afin de préparer au mieux cette journée de mobilisations du 31 mars, la construction unitaire doit se faire à tous les niveaux, entreprises, territoires et professions. Nous vous invitons à prendre d’ores et déjà tous les contacts nécessaires avec nos homologues syndicaux.

CGT. Montreuil, le 24 février 2016.

les illustrations ont été ajoutées par LGS.

 http://SiteconédéraldelaCGT

COMMENTAIRES  

26/02/2016 10:59 par triaire

Une journée, vraiment ?!L’inter-syndicale ne se foule pas !

26/02/2016 11:18 par Maxime Vivas

En mai 68, quand les médias racontaient que les syndicats étaient "débordés par leur base", un responsable de la CGT-PTT lançait dans les meetings " Camarades, débordez nous !".
Rien n’empêche de les déborder encore cette année.

26/02/2016 11:55 par boez josette

entièrement d’accord avec Maxime Vivas::que la base déborde et vite .....un appel a une journée d’action le 31 mars , on se fiche de nous !!!!! que la cgt soit aussi timorée me navre .....tout ça pour s’allier a une cftc traitre et acquise au medef ....reprenons notre visage de défenseur des saladiers, de plus ça grogne partout, alors comme les jeunes le 9 mars tous dans la rue avec eux, et que la cgt lance au moins un préavis pour ses adhérents qui veulent se joindre au mouvement !!!!!

26/02/2016 12:07 par Christian Forgeot

@triaire
Martinez n’a toujours pas à Montreuil de bouton rouge déclencheur de mouvement de masse . !!!!
Oui ,depuis 1895 cela n’a pas changer les travailleurs décident l’action avec leur tète et non sur ordre de la CGT ....

Félicitons nous qu’hormis la CFDT , les Syndicats de salariés et d’étudiant soienen accord pour une grande mobilisation contre ce projet inique de régression sociale

Construisons un processus de lutte rassemblant large exigeant comme pour le CPE le retrait du projet de lois .
Sans" veille du matin du grand soir" mais par une lutte opiniâtre nous avons fait reculer Villepin sur le CPE.

Construisons ENSEMBLE le rapport de force pour botter les fesses des sociaux libéraux et de leur mentor du MEDEF
En disant un grand NON a la casse du code du travail

RETRAIT DU PROJET GATAZ HOLLANDE de nous faire revenir au bon temps des maitres de forges

26/02/2016 12:11 par Christian Forgeot

Merci a LGS pour les illustrations ......

26/02/2016 12:41 par Silvain Roger

C’est bien de donner la parole à la CGT confédérale ; ça fait parti du devoir d’information.
Mais pourquoi censurer les envois du Front Syndical de Classe dont les propos sont pourtant mesurés dans leur expression ... mais critique par exemple sur ce qu’a accouché l’intersyndicale nationale.
Sans rien dire du cri de protestation des Goodyear d’Amiens qui en introduction de leur appel disent par exemple :

« Mais on rêve debout, alors que jamais en France depuis des décennies il n’y a eu autant d’appels à la mobilisation générale, les confédérations ressortent d’une réunion de plusieurs heures avec pour seule missile, une lettre demandant l’arrêt des démarches engagées par un gouvernement qui a dors et déjà annoncé qu’il ne reculera pas !!!! »

Ce qui contredit la sérénité affiché par le communiqué confédéral.

Adresse de leur intervention :
http://blog.cgt-goodyear-nord.com/
S’agit-il pour Grand Soir de privilégier ce qui est exclusivement institutionnel ?
Au détriment du débat de fonds qui agite en profondeur le mouvement syndical et la CGT en particulier à l’occasion de son 51e congrès ?

26/02/2016 18:10 par legrandsoir

C’est bien de donner la parole à la CGT confédérale ; ça fait parti du devoir d’information.
Mais pourquoi censurer les envois du Front Syndical de Classe...

Le Front syndical de classe censuré ? Nous avons lu, mis en page et publié des dizaines d’articles de cette organisation, même quand ils posaient problème sur la forme (tracts plutôt qu"articles) et sur le fond (récurrences de textes visant la CGT) alors que notre ligne (affichée) est de ne pas publier des textes de "règlements de compte au sein de la gauche".

... S’agit-il pour Grand Soir de privilégier ce qui est exclusivement institutionnel ?

Les articles publiés ici par le Front syndical de classe sont beaucoup plus nombreux que ceux de la direction de la CGT qui est visée par le Front syndical de classe.

Merci de nous avoir aidé à le remarquer par vos reproches injustifiés.
Enfin, nous avons beaucoup d’articles en attente, nous ne pouvons les lire tous, les publier tous. Et nous essayons de diversifier.

26/02/2016 14:15 par Lionel

Pourquoi n’est-il pas fait mention de l’impérieuse nécessité de rejeter sans concession la totalité de ce projet de loi ?
Pourquoi déjà certains syndicats ou fédérations commencent à en discuter le contenu en faisant les délicats, "Ah ça non, pas question... en revanche ça... on peut en discuter !"
Dure tyrannie de la Réalité...
Et aussi pourquoi ne pas parler de la proposition de mobilisation lancée sur FB et recueillant déjà pas mal de soutien pour le 9 Mars, grève générale reconductible jusqu’au retrait de la ( future ) loi ?
Alors bon, d’accord " camarades débordez-nous" mais quand même...

26/02/2016 17:01 par Liliane Lafond

Etonnant, et comme toujours très en retard.....quand on sait que sur les réseaux sociaux, nous préparons un mouvement général le 9 mars, voilà que les syndicats réagissent pour la fin mars ???? Finalement la réaction des citoyens ne pourra avoir d’impact que si nous agissons tous ensemble, sans nous appuyer sur les syndicats, comme pour le CPE par exemple. Tous dans la rue, tous ensemble, sans tenir compte de l’orientation politique, et sans la bénédiction obligatoire des syndicats... Sinou, comme d’habitude, nous n’arriverons à rien !
(constat d’une vieille 68tarde qui s’assume complètement !)

26/02/2016 18:18 par Christian Forgeot

@liliane Lafond

Les syndicats et notamment la CGT absente de la lutte pour le retrait du CPE ... on croit rêver ..!!
Tu crois vraiment ce que tu dis la ?????
Tu devrais te renseigner ......
Pour le reste
Il faut demander a Martinez d’appuyer sur le bouton ROUGE "grève générale" ...qui ensuite envoie automatiquement ..un SMS ......A tous les salariés en activités, chômeurs, retraités, jeune , vieux,femmes hommes .... !!!!

Les instigateurs de la pétition qui a ce jour a recueilli 650000 signatures eux sont en accord et en lien avec les orga syndicales au moins avec la CGT et celles qui veulent se battre

Question subsidiaire c’est face book qui envoie les préavis pour le 9 ????????
Va falloir se dépêcher alors ....

@Roger Sylvain J’ai bcp de respect pour toi donc ........ si l’occase s’en présente devant un verre oui ici non
. En souvenir des 10 et de votre accueil au Dépôt RATP de Thiais..... très fraternellement

26/02/2016 19:15 par collette jean bernard

Militant CGT de longue date, certes maintenant éloigné du terrain voire de la France puisque vivant depuis près de 9 ans à l’étranger, plusieurs choses me chagrinent à l’issue de cette intersyndicale.

1. il n’y a pas rejet pur et simple du projet dans sa globalité, ce qui n’est guère mobilisateur
2. on voit d’ores et déjà la CFDT s’éloigner, ce qui en dit long sur sa volonté
3. la date du 31 mars semble bien éloignée.

Certes on n’appuie pas sur un bouton rouge depuis les confédérations, quelles qu’elles soient, mais par contre il est indispensable que la CGT fasse entendre sa voix dans les entreprises et qu’elle la fasse entendre haut et fort.

je constate enfin que dans les commentaires, les critiques fusent essentiellement contre la CGT. Quelque part, ça me rassure, cela veut dire pour moi que c’est une fois de plus que c’est encore sur elle que l’on compte. Malgré (ou grâce) à ses 120 ans, malgré un effritement de sa combativité (à qui la faute ?), elle reste malgré tout le rempart contre les ignominies de tous genres contre le salariat.

26/02/2016 21:18 par Beyer

@ colette jean bernard

Tu constates à raison que les commentaires s’adressent principalement à la CGT. Cela te rassure, moi aussi. Parce que nous exigeons autre chose de notre organisation syndicale. La "confédé" court toujours après le syndicalisme "rassemblé". A lire le communiqué des Goodyears, j’ai le sentiment que les travailleurs combatifs vont faire leur rassemblement en dehors de la "confédé".
Comme le rappelle Maxime Vivas en citant le camarade des PTT : "Camarades débordez-nous...."

26/02/2016 22:53 par chb

Quelles qu’en soient les raisons, la CGT, toujours la plus crédible sur les mobilisations, a souvent traîné des pieds (là-haut à Montreuil) ET mené la plupart des mouvements importants. En 1968 déjà, des grèves locales et partielles ont précédé l’appel de la Conf : Séguy avait été conspué abondamment avant d’y lancer ’ses’ ouvriers !
Grâce entre autres aux coups d’aiguillon des jeunes, des retraités, des étudiants, du « Front syndical de classe » etc., la vieille organisation peut démarrer, quitte à se planter d’ailleurs. Mais avec la CGT, on a aussi fait bien des mouvements étiques, et contre productifs évidemment, comme contre la loi Macron pourtant intolérable dans tellement de ses mesures à visée capitaliste...
Alors on y va, on se remonte le moral et les manches. On prévoit que la Cfdt va lâcher au milieu du gué, on booste les fédés, on mobilise la France d’en bas...
Cette Khomerie-là, faut la bloquer.

27/02/2016 00:18 par Gilbert Rodriguez

@Le Grand soir

« Le Front syndical de classe censuré ? Nous avons lu, mis en page et publié des dizaines d’articles de cette organisation, même quand ils posaient problème sur la forme (tracts plutôt qu"articles) et sur le fond (récurrences de textes visant la CGT) alors que notre ligne (affichée) est de ne pas publier des textes de "règlements de compte au sein de la gauche".

Ces derniers temps à plusieurs reprises les textes du FSC étaient effectivement publiés mais le plus souvent très en retard sur leur envoi et par conséquent en gommant leur effet d’actualité. La répétition de ce comportement laisse supposer un agacement et une hostilité idéologique de la part de LGS.
Qui se confirme par l’argument fallacieux du "refus de réglements de compte au sein de la gauche".
Car nous n’avons jamais et usé de la pratique du réglement de compte ou bien il faudra en faire la démonstration.
Autres choses sont la confrontation des idées, le débat d’orientation et les critiques de fonds qui sont plus que jamais nécessaires à la gauche -encore que ce terme fourre-tout aie de moins en moins de sens rapporté à beaucoup de ceux qui s’en réclament- mais en tout cas à ceux qui aspirent à une véritable transformation de la société.

G. Rodriguez

27/02/2016 11:10 par Christian Forgeot

@ chb
Tu devrais demander a Roger Sylvain peux soupçonnable d’être un suppôt de Montreuil comment un faux circule et réécrit l’histoire depuis 50 ans ou soit disant Georges aurait été conspué par les ouvriers de l’ile Séguin ;, Faux que la tu véhicules .....

C’est quand même marrant que personne ne trouve redire sur la CFDT et autres qui signent au petit matin tous les accords scélérats qui ,remettent en cause les droits des salariés ....

Pour mémoire qui est attaqué dans tous les médias qui voit ses militants avec une accélération depuis 1 an, licenciés sanctionnés embastillés ’(encore lundi en Alsace,)condamnés a de la prison , a de lourdes amendes ????
Contre qui le MEDEF et les sociaux libéraux portent tout leur coups ??

Patronat et gouvernement ne se trompent pas eux ils portent des coups chaque jour a leur adversaire de classe le plus déterminé en tant qu’organisation LA CGT

A ce moment crucial du développement du rapport de force pour imposer le retrait de la lois scélérate dépensons toute notre énergie a construite au jour le jour a convaincre chacun et chacune que chacun chacune EST Concerné de la nécessaire bataille d’ampleur a mener pour GAGNER

Le site de la pétition en ligne 650 000 a ce jour ne se trompe pas lui il s’appuie sur la cgt et ses argumentaires qu’il donne en ligne ...
La CGT est loin d’être parfaite nous sommes d’accord mais elle est la propriété et l’outil de tous alors il ne tient qu’a chacun de contribuer a la parfaire et pour paraphraser Maxime Vivas il me souvient que Krasu disait a ce propos ENVAHISSEZ NOUS ......

L’heure est a l’action pas aux réglements de comptes ni aux vaines polémiques

...."Quand les blés sont sous la grêle
Fou qui fait le délicat
Fou qui songe ses querelles
Au cœur du commun combat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
".....
Louis Aragon
extrait des Yeux d’Elsa

27/02/2016 11:28 par SEPH

Il faut arrêter cette énorme Khonery" !!!

Putain, la classe ouvrière qui s’est battue, dans les larmes, pendant des dizaines d’années pour obtenir un minimum de protection face à un patronat prédateur tout puissant que voyons nous ? : une bande de fumier nous chier dessus.

La seule réponse : on relève les manches et on sort les manches de pioches.

Que les traites pourris du gouvernement qui non jamais travaillés de leur vie, dégage vite. Il font le lit du FN et de toute la racaille réactionnaire qui se goinfre : 40 milliards donner aux enfoirés pour qu’ils les mettent dans les paradis fiscaux. Quel honte !!!

27/02/2016 16:07 par Josy Mandois

@Christian Forgeot

Camarade, comme toi je suis à la CGT et je suis fier de son histoire et de son apport au mouvement ouvrier et démocratique en France et dans le monde.
La critique c’est le revers d’une exigence à ce à quoi beaucoup ont beaucoup consacré et considèrent encore quel est un outil indispensable pour la défense des conquis (comme disait Croizat), l’organisation d’une contre-offensive et la participation à la construction d’une véritable alternative.
Cependant ; C’est difficile à admettre pour un certain nombre de militants : dans les années 90 de désarroi et de défaite historique nous avons adhéré à la CES en acceptant les conditions qui nous étaient imposé et que nous avions jusque-là refusé. Globalement pour ne pas allonger celles que la CFDT et Notat exigeaient pour être acceptés.

Pour revenir au présent, dire que c’est l’orientation du "syndicalisme rassemblé" qui a servi de guide à ce qui est ressorti de l’intersyndicale nationale face à la loi EL Khomri c’est remarquer que la critique formulée se limite en gros à la question du plafonnement des indemnités prudh’ommales, qu’elle n’exige pas le retrait et qu’elle laisse donc la porte ouverte à toutes sortes de marchandages et de magouilles.
Tout ça pour inclure la CFDT en particulier dans un rassemblement sans véritable contenu revendicatif.

Et la preuve que ça ne va pas et que c’est perçu comme tel par pas mal de monde c’est qu’alors que la CE confédérale de la CGT enterinne le renvoi de l’action au 31 mars monte une série d’appels et d’initiatives (20 orgas de jeunesse, des UD et fédé de la CGT ...) qui vont faire converger l’action sur le 9 mars.
Certes vive le débordement comme dit LGS mais c’est vrai que j’aurais préféré que la CGT en entier se porte résolument à la tête du mouvement qui se dessin, , sans faiblir et sans cillier.

Fraternellement

G. Rodriguez

27/02/2016 22:32 par marcel dugenoux

Bonsoir,

Il est bon qu’un appel à la grève générale ait été formulé pour le 9 mars. C’est d’ailleurs plus qu’il soit un appel à la grève générale que son élément déclencheur (une énième surrenchère à solder les droits des salariés) qui semble le plus significatif. C’est la première fois depuis des années que s’expriment des volontés aussi fortes à dire "stop".

Soit le gouvernement retire le projet de loi, sentant que cette fois ça sente le roussi pour lui, soit il ne désamorce pas et à ce moment là tout devient possible ; s’enclenchera alors un processus de rapprochement des grévistes entre eux et qui pourront décider d’élargir leurs revendications, de les approfondir. On verra peut-être enfin se découpler les termes d’une résistance à la déshumanisation accélérée des calendriers et agendas électoraux qui n’ont jamais servi qu’à l’étouffer. Qu’il commence le 9 mars, ou qu’il commence avant le printemps s’annonce chaud et ça va faire beaucoup de bien !

L’histoire des réfugiés en Europe nous montre que nous vivons déjà dans une société où les êtres humains sont devenus des "gêneurs", des "empêcheurs" de profiter d’une société fondée sur les égoïsmes, les valeurs de l’accumulation matérielle, du pouvoir, de la cupidité, de la spéculation, de l’exploitation, de la compétition, de la concurrence, de l’extorsion... ça n’annonce pas forcément des grands soir mais au moins ça signale que tout le monde n’est plus disposé à tout laisser faire. Il serait vraiment incroyable de continuer à entendre que la CGT soit à l’initiative de cet appel du 9 mars alors qu’il n’émane précisément pas de la fédération. Cet appel qui émanait certes au départ d’une section CGT, a immédiatement été relayé comme une trainée de poudre sur Internet à une vitesse incroyable et au travers de personnes qui pour certaines n’ont aucun engagement politique ou syndical.
Il va aller s’amplifiant d’ici au 9 mars.

Je ne me fais pas d’illusion : il y aura des tentatives de récupération de tous ordres. Mais ce serait quand-même bien que soit donnée leur place à celles et ceux qui voudront se mobiliser sans se revendiquer de bannières mais simplement du ras-le-bol. Ce serait bien que pour une fois la GCT ou toute autre bannière ne fassent pas ce qui démobilise depuis des années les gens : se mettre en avant, faire sa pub, en s’étonnant ensuite qu’il y ait de moins en moins de monde dans la manifestations. On se mobilise autour de revendications, pas pour servir la soupe ni aux syndicats ni à qui que ce soit. Que les syndicats jouent leur rôle dans les entreprises et dans les services publics est une chose ; qu’ils fasse un spectacle des mobilisations qui ne sont pas leur propriété est autre chose : c’est une des formes de la cupidité d’une société dont nous ne voulons plus. À eux de le comprendre.

Marcel

28/02/2016 08:23 par "Personne"

« Peuple de France !
Tu n’as pas été plus favorisé que les autres nations qui végètent sur ce globe infortuné ! Toujours et partout la pauvre espèce humaine, livrée à des anthropophages plus ou moins adroits, servit de jouet à toutes les ambitions, de pâture à toutes les tyrannies. Toujours et partout on berça les hommes de belles paroles ; jamais et nulle part ils n’ont obtenu la chose avec le mot. […]
Peuple de France, ouvre les yeux. » (Sylvain Maréchal, manifeste des égaux, 1796)
Depuis trop longtemps, tu demeures comme une belle endormie !
On te flatte, on loue ton art de vivre, ta culture, on commémore tes heures glorieuses.
Mais toujours, tu restes pareil à l’esclave. Ton maître est sans visage, mais il n’est pas sans nom. On dit que tu es libre, mais ta seule liberté, c’est de consommer. Ta seule philosophie, c’est « je dépense donc je suis ».
Pays des Droits de l’Homme, on te flatte pour mieux t’asservir.
Regarde ce que sont devenus tes droits naturels et imprescriptibles. Que sont devenus les 3 principes gravés sur les façades. Ta liberté est comme un oiseau de paradis en cage, il est des lois pareilles à des barreaux. Ton égalité est une mauvaise farce ; à la naissance, la supercherie commence. Et ta fraternité est un vain mot, qui ne résiste pas au « diviser pour mieux régner ».
Ô comble de l’ironie, le « gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple » est inscrit dans la constitution. Tu crois désigner tes représentants, tu ne fais que choisir des imposteurs. Observe leurs fréquentations, et tu comprendras.
Mal payé, tu connais la mal-bouffe. Tu connaîtras aussi la mal-existence et son cortège de maux.
On t’offre toutes sortes de nourritures, prêtes à consommer. Les folliculaires, les experts, les intellectuels patentés sont uniquement là pour faire de toi « une tête bien pleine », un bon petit soldat de la « bien-pensance ».
N’attends pas de prince charmant pour te délivrer du poison qu’on t’a inoculé.
Peuple de France, réveille-toi !
Souviens toi que ce sont les sources qui font les fleuves.

Post-scriptum : j’ai vu ’Merci patron !’ Puissions-nous suivre le conseil de Robespierre : « les succès endorment les âmes faibles ; ils aiguillonnent les âmes fortes ». 

28/02/2016 10:59 par Chris DEL.

IMMORAL, LACHE et INDIGNE - Cette perversion du code du travail par M Hollande et son gouvernement

Mettre le code du travail au service des dominants dans l’Entreprise au lieu de protéger les faibles, les dominés voilà la perversion, voilà l’immoralité du gouvernement. Que cela vienne de la droite, cet éternel "bureau exécutif" des transnationales et de leurs dirigeants c’est normal, mais de la gauche… Non ! Quelle nouvelle trahison ! Quelle "gôche" !

Car saper les règles protectrices des travailleurs au lieu de les fortifier, voilà l’inversion, voilà toute la perversion du projet EL KHOMRY. Il y a bien là une véritable lâcheté politique qui risque d’être payée au prix fort lors des prochaines élections

Que le MEDEF soit très content du contenu du projet de loi EL KHOMRY c’est chose normal, il est taillé pour cette minorité de puissants et de possédants très bien placés dans l’Entreprise, pour fétichiser cette dernière comme le nouveau Dieu du productivisme et du profit, un dieu à respecter absolument. Aucun blasphème n’est permis ici. Le blasphème c’est bon pour les religions, pour les monothéismes qui voudraient de la décence pour les corps mais pas pour limiter l’extension et l’intensification de l’exploitation de la force de travail Là point de scrupule, point de morale car la seule position autorisée par le néolibéralisme est de se mettre à genoux dès l’entrée dans l’entreprise. On le sait désormais c’est "sale temps pour les syndicalistes" (sauf ceux qui courbent l’échine) qui sont les pires ennemis du MEDEF et maintenant de ce PS (du moins de sa fraction droitière qui se couche sans vergogne devant le MEDEF et le patronat, les petits (PME) comme les grands (FMN aussi) .

Le Code du travail explique Gérard FILOCHE c’est ce droit construit pour protéger les travailleurs salariés contre les patrons, les humains contre l’Entreprise fétichisée - et c’est exact que deux siècles de luttes sociales ont permis de moraliser les rapports sociaux capitalistes qui perdurent dans le réel du travail. Mais il en va de la moralisation des rapports capital-travail comme de la moralisation de la finance cela ne doit pas empêcher la prédation, la logique d’extorsion de la plus-value.

D’ailleurs, l’ami Filoche le sait très bien puisqu’il répète à qui veut l’entendre depuis 40 ans que le salarié n’est pas collaborateur, sauf dans les sociétés coopératives, mais un subordonné qui doit d’abord obeir. Tout n’est pas protection des travailleurs dans ce code car il a son volet nettement capitaliste qui exige surtout la soumission du salarié au patron, sa subordination de tous les instants, y compris pour aller pisser (vite fait) ! N’oublions pas que le Code du travail (comme d’ailleurs) le statut des fonctionnaire c’est d’abord cela !

Pour qu’il ne soit pas que cela, il lui faut agir collectivement pour un autre code du travail, agir collectivement avec les syndicats de travailleurs. Et pour un code de protection des travailleurs il y a une arme qui est la grève, la grève reconductible, voire la grève générale.

28/02/2016 11:58 par Christian Forgeot

....." Afin de préparer au mieux cette journée de mobilisations du 31 mars, la construction unitaire doit se faire à tous les niveaux, entreprises, territoires et professions. Nous vous invitons à prendre d’ores et déjà tous les contacts nécessaires avec nos homologues syndicaux. ......"

Rien de bien différent avec ce qui à TOUJOURS été depuis 1895 la stratégie de la CGT de faire monter "les choses" entreprise par entreprise section syndicale par section syndicale .... fédération par fédération branche par branche.. ,UD par UD .... territoire par territoire afin de construire un rapport de force solide amenant a une mobilisation NATIONALE le plus large possible POUR GAGNER.
C’est une stratégie de classe cohérente claire, rassembleuse et mobilisatrice .....

Après restreindre au communiqué commun la position de la CGT c’est ne pas lire le texte publié par la confédération et relève du procès d’intention ..

Texte confédéral lui bien compris par les orga CGT puisque de TOUTES ses structures d’entreprises , territoriales et professionnelles monte des appels a la mobilisation pour le RETRAIT du projet de lois ....

Moi je trouve que le communiqué commun c’est bien joué cela montre que seul la CFDT ne veux pas de mobilisation ce qui n’étonnera personne ....

La réalité se fera jour Mardi 3, après midi au siège confédéral avec les orga qui viendront et qui elles seront pour une mobilisation d’ampleur.

Au risque de me répéter je rappelle que les auteurs de la pétition qui a recueilli 750 000 à ce jour ce jour dimanche 28/2/2016 ; Font eux manifestement confiance a la CGT suffit de lire leur site ou les références aux travail de la CGT argumentaires notamment sont nombreux

Je suis persuadé que si comme certain le pense la marmite est prête a exploser ......
Si Lundi partout les salariés se décident a se mettre en action pour le retrait de la loi scélérate la CGT ses militants ne feront pas la gueule bien au contraire ils seront la comme d’habitude avec les salariés

Comme Maxime Vivas le rappelle plus haut le slogan de ce camarade de la CGT PTT en 68 est toujours d’actualité .. "débordez nous" .....agissez mobilisez vous

Bon courage a tous et toutes pour que chacun mobilise autour de lui et face monter le rapport de force

Il sera toujours tant de ce traiter de nom d’oiseau .....

La il y va de l’avenir des salariés de notre pays , Esclaves ou citoyens LIBRES a l’entreprise tel est l’enjeu du combat d’aujourd’hui

Cela vaux la peine de mettre de coté les procès en orthodoxie ...... NON ???? Et de se rassembler pour défendre nos intérêts de salariés j’ose dire de nos intérêts de CLASSE

28/02/2016 16:06 par chb

@ Christian Forgeot
Ne faisons pas l’autruche svp. Avec tout le mérite d’indispensable outil des salariés que je reconnais volontiers à la (ma) CGT, il faut reconnaître que nos actions ne sont pas toujours à la hauteur des enjeux. Le parti pris « syndicalisme rassemblé » à minima, le réformisme européen assumé (oh, épisode du référendum !), divers atermoiements et abandons cruels vont bien au-delà de polémiques autour de G. Séguy. Bien sûr qu’on se gausse de la CFDT, et c’est pour ça qu’on n’aime pas que la CGT s’en rapproche, et se calque sur les jaunes pour des revendications.
Ni la pétition à 750 000 soutiens bientôt, ni les appels au 9 mars, ni l’exigence du retrait n’ont le logo de la Conf, et je le regrette.
Ce qui n’empêche pas de travailler à une mobilisation, avec et dans la CGT. Confrat’ !

28/02/2016 17:40 par Christian Forgeot

@Chb
Sauf erreur de ma part le CCN SEUL organisme dirigeant de la CGT entre 2 congrès a appelé a voté NON en 2005 ....
La CGT est et à toujours été pluriel a l’image du salariat comme le rappel malheureusement mais justement le livre d’Annie Lacroix Riz don on parle ailleurs dans LGS.......

Que certains pense que l’heure est a la division et aux procès en sorcellerie comme le souhaite la CFDT et les sociaux libéraux c’est leur problème ..........

Moi a titre personnel je pense que l’heure est au rassemblement le plus large et a la lutte sans concession pour botter le cul au MEDEF et aux sociaux libéraux ..

Chacun ses choix Moi je fais un choix de CLASSE celui de la lutte sans merci contre le K et ses affidés qui sont mes SEUL ennemis

Bonne journée a vous

28/02/2016 20:16 par Gilbert Rodriguez

@ Forgeot

"Sauf erreur de ma part le CCN SEUL organisme dirigeant de la CGT entre 2 congrès a appelé a voté NON en 2005 ."

Oui mais la vérité c’est que ça s’est fait contre la volonté de B. Thibault qui souhaitait appliquer les consignes de la CES soit de se ranger au OUI soit de proner la neutralité.
L’attachement à la CGT que nous partageons tous ne doit pas nous rendre sourd et aveugle et nous plonger dans le déni : dans les années 90 pour entrer à la CES les dirigeants de la CGT de l’époque ont accepté toutes les conditions de ladite CES et celles posées par les dirigeants français d’alors de la CFDT (N. Notat) et de FO : syndicalisme rassemblé, insertion dans le dialogue social, plus de polémiques avec les autres orgas, retrait de la FSM.
Et nous en sommes toujours là.
C’est important d’y revenir parce que ça concerne l’orientation de la CGT et son indépendance.
Sa véritable indépendance !
Tu peux juger habile le communiqué commun contre la loi El Khomri le rendez-vous du 3 mars faisant le tri entre ceux qui veulent agir et ceux qui freinent.
MAIS c’est ignorer les protestations qui montent de plusieurs orgas de la CGT (fédé du commerce, UD du Vaucluse ...) et le coup de gueule des Goodyear qui eux interprètent le contenu de l’accord intersyndical comme une tentative de conduire le mouvement dans les sables en renvoyant l’action d’ensemble au 31 mars.
D’ailleurs les appels qui se multiplient de beaucoup de côtés pour fixer le premier rendez-vous de lutte au 9 mars montre que fait nouveau ce sont les bases qui prennent l’initiative plaçant de fait l’appréciation intersyndicale nationale en porte à faux.
J’aurais préféré je l’ai déjà dit une CGT groupée se plaçant résolument à la tête des luttes sans finassements illisibles.
L’orientation de la CGT comme le bilan de ces 25 dernières années fait bel et bien parti du débat préparatoire au 51e congrès.
En attendant rendez-vous dans les luttes qu’on peut souhaiter menées jusqu’au bout cette fois.

G. Rodriguez

28/02/2016 22:02 par ChristianForgeot

@G Rodriguez
La, les positions individuelles des uns et des autres réelles ou fantasmées on s’en fou ce qui compte

c’est la décision finale après débat et l’orientation COLLECTIVE décidée et en l’occurrence en 2005 la position de la CGT de TOUTE la CGT était de répondre NON au référendum

Après la guerre des chefs et les procès en sorcellerie de toutes sortes je laisse cela pour ma part au sociaux libéraux .....

Fin pour moi l’objet de ce post est la lutte contre la loi scélérate dites" el connerie" et la mobilisation pour créer le rapport de force

01/03/2016 00:23 par chb

@ C. Forgeot
Tout à fait d’accord pour combattre plutôt l’ennemi que ceux de notre propre camp, et aussi pour créer le rapport de force. Ce dernier ne sera-t-il pas plus favorable si l’on dénonce clairement et fortement tous les défauts du projet, et si l’on appelle au départ à un mouvement à la hauteur ?
Le coup de frein de Valls vient d’isoler les étudiants qui appelaient au 9, la CFDT est déjà prête à accepter l’essentiel du texte, et on ne sait pas sur quelles bases la CGT défilera le 31.
La pétition sans étiquette, de son côté, dépasse 800.000.
On a des éléments favorables à une mobilisation, faut les consolider !

02/03/2016 23:26 par chb

Stéphane Hugues, sur le site wsws.org, interprétait méchamment il y a qques jours l’entêtante impression que Hollande se permet impunément des reculs sociaux qu’un Sarkozy n’aurait jamais pu faire passer :

(…) les syndicats ouvriers et estudiantins, et leurs alliés politiques, y compris le PS et le Nouveau Parti anticapitaliste, (...) cherchent à bloquer une lutte politique contre le PS et l’Union européenne. Pendant des années, ils ont supprimé la montée de l’opposition à l’ordre du jour réactionnaire de Hollande, qui est maintenant le Président français le plus impopulaire depuis la Deuxième Guerre mondiale. C’est seulement en raison de leur complicité que le très faible gouvernement de Hollande a été en mesure de continuer à imposer son programme réactionnaire.

04/03/2016 16:15 par EricN

Il est en effet important de ne pas laisser les syndicats manœuvrer à leur guise dans cette affaire. Je suis convaincu qu’un certain nombre de ceux qui appellent à la grève le font par opportunisme pour ne pas perdre leur électorat professionnel en un moment où le mécontentement n’a jamais été aussi grand. Cependant, ils sont complices de la situation qui a engendré ce mécontentement en s’étant trop souvent montré conciliants - pour ne pas dire complices - dans le passé, ce qui laisse planer un doute sur leurs motivations profondes : combattre la proposition de loi ou canaliser le mécontentement afin qu’il ne soit pas trop "dérangeant" pour le patronat...

A propos du FSC (Front Syndical de Classe), il suffit d’aller sur leur site pour voir qu’ils n’ont aucun antagonisme avec les valeurs de la CGT, mais simplement avec sa direction confédérale accusée, à juste titre selon moi, de s’être embarquée dans un soi-disant dialogue de dupes avec le patronat et l’Etat, "dialogue" dont on sait depuis les ordres de l’Ancien Régme clergé-noblesse-Tiers Etat que celui qui représente le peuple est systématiquement "cocu", ainsi que d’avoir quitté la FSM (Fédération Syndicale Mondiale) qui défend un syndicalisme de classe pour adhérer à la CES (Confédération Européenne des Syndicats) d’inspiration bien plus collaboratrice avec le patronat... En résumé, le FSC ne fait que défendre une voie que la CGT n’aurait jamais dû quitter, ce qui ne peut se faire qu’en mettant au grand jour les égarements de sa direction, mais en gardant le plus profond respect pour les adhérents et militants de base de la CGT.

05/03/2016 11:05 par Christian Forgeot

CERTAINS CRACHENT DANS LA SOUPE ....
LA TOUTE LA CGT ELLE DES SECTIONS SYNDICALES AU BUREAU CONFÉDÉRAL ARMES LES SALARIES POUR GAGNER LA BATAILLE QUI S’ENGAGE CONTRE LE POUVOIR ET LE MEDEF

Propositions de lutte pour un code du travail protecteur des salariés
Construire le Code du travail du XXIe siècle

La CGT a rendu publiques mardi ses propositions pour relever le défi d’accorder les droits des salariés avec les grands enjeux contemporains. Nous vous livrons les points clés de ce document de quatre pages ainsi que l’intégralité des propositions de la CGT.

(…) Il est nécessaire de fortifier le Code du travail pour lutter contre l’explosion de la précarité et la dégradation de la vie au travail. La flexibilité, il n’y en a que trop ; un chiffre : 8 salariés sur 10 sont recrutés sur des CDD, pour une période de plus en plus courte. Il ne s’agit pas de réduire le Code à une sorte de déclaration de principes ou de droits fondamentaux. La mission en a été confiée à une commission de « sages » présidée par Badinter. De telles déclarations existent déjà. Les plus importantes sont au demeurant des traités ou des chartes ratifiés par la France. Il ne s’agit pas non plus de réaliser une nouvelle recodification à droit constant. La modernisation du Code du travail ne peut se concevoir que visant à faire progresser le droit du travail et non pas à encourager ou à accompagner son dépérissement.

L’objectif doit être clairement posé. Il s’agit de bâtir un Code du travail plus fort, plus solide pour tous les travailleurs d’aujourd’hui, plus engageant parce que sans surprise pour les employeurs.

Le droit au travail est un droit constitutionnel. Le garantir nécessite non pas d’abaisser les garanties collectives, mais d’élargir le droit du travail aux enjeux d’aujourd’hui : l’hyperprécarisation du salariat, l’ubérisation de l’économie, les salariés détachés, l’autoentrepreneuriat, le portage salarial forcé, etc.

Une réforme du droit du travail, digne de ce nom, devrait plutôt viser à établir un cadre juridique assurant à tous les travailleurs – salariés ou indépendants –, qui concourent à cette chaîne de production des valeurs, les conditions d’un travail décent.

Les modifications induites par le numérique affectent tous les secteurs de l’économie et la société. Elles ont donc des incidences sur le travail et l’emploi, comme le reconnaît l’avis exploratoire du Conseil économique et social européen du 16 septembre 2015. Elles imposent la mise en place de droits nouveaux pour garantir la liberté d’expression et les droits fondamentaux dans les conditions d’un monde du travail numérisé.

Le droit du travail doit prendre en compte les enjeux liés à la transformation de l’activité professionnelle et aux nouvelles technologies d’information et de la communication.

Ces nouvelles technologies donnent lieu à de nouveaux modes de travail parfois qualifiés d’« ubérisation » de l’économie. Avec ces transformations, les salariés deviennent des travailleurs soi-disant indépendants, liés à leurs clients par des contrats commerciaux. Lorsque ces travailleurs dits indépendants subissent en réalité un lien de subordination, en se voyant « dicter leur conduite » par l’entreprise, il est possible de requalifier leur contrat commercial en contrat de travail. À l’image de ce qu’il s’est passé aux États-Unis avec des chauffeurs Uber. Ou encore en France, avec la requalification de salariés devenus autoentrepreneurs pour l’entreprise qui les employait auparavant et ceci pour effectuer les mêmes tâches.

Lorsque la dépendance économique à son emploi est telle qu’elle génère une domination diffuse, c’est-à-dire que le travailleur n’est pas libre de rompre avec son client sans remettre son équilibre financier en cause et que cette dépendance induit une forme de subordination nouvelle, il nous semble qu’il faut octroyer le statut de salariat à tous les travailleurs qui subissent cette dépendance et faire contribuer financièrement le recruteur (plateforme collaborative). Le salariat peut alors être envisagé de façon plus large.

N’oublions pas que la priorité reste le maintien d’une grande majorité des travailleurs dans le salariat.

Dans cet objectif, il est important de revoir la définition du salariat dans le cadre de notre revendication de nouveau statut du travail salarié (NSTS). (…)

Hiérarchie des normes et principe de faveur

Il est essentiel aujourd’hui de rétablir la hiérarchie des normes et de constitutionnaliser le principe de faveur. Ceci mettra un terme au démantèlement des garanties collectives, au rétrécissement progressif du principe de faveur et de l’ordre public social. Il est, ainsi, tout à fait cohérent d’intégrer le principe de faveur dans la Constitution, dans la liste des principes fondamentaux « particulièrement nécessaires à notre temps » énoncés par le préambule de la Constitution du 27 octobre 1946.

Ce principe doit être renforcé. À ce jour, il demeure sans valeur constitutionnelle, par conséquent, la loi peut y déroger.

Le principe de faveur doit également être respecté entre les conventions et accords collectifs eux-mêmes. (…)

La négociation collective (…)

Le Code du travail doit être un socle garantissant des droits et garanties collectives des salariés, acceptables et pouvant être améliorés par la négociation collective.

Il doit garantir la participation effective des salariés à la détermination de leurs conditions de travail, ce que remet en cause profondément la loi Rebsamen en faisant disparaître l’obligation de consulter le comité d’entreprise en préalable à la conclusion, la révision ou la dénonciation d’un accord collectif. (…)

Nous avons besoin de sanctions efficaces et dissuasives des entorses que le patronat commet à l’encontre des droits et libertés syndicales, des droits des institutions représentatives du personnel.

Un nouveau cadre pour le dialogue social dépassant le périmètre de l’entreprise a toute sa pertinence. Des expériences existent en matière de comités interentreprises et de CHSCT de sites qui méritent de trouver des prolongements. Une approche territoriale de la négociation doit également émerger sur certains sujets pour produire des droits collectifs communs aux salariés sur un territoire donné : emploi, formation mais aussi organisation et environnement du travail. C’est cela aussi plus d’efficacité économique.

• Dans la branche et l’interprofessionnel : (…)

– la définition de nouvelles règles pour la négociation nationale interprofessionnelle, qui doit se dérouler dans un lieu neutre. Patronat et organisations syndicales doivent disposer des mêmes moyens et appuis dans le cadre de la négociation. La présidence de séance doit être assurée par une ou plusieurs personnalités qualifiées et reconnues comme telles par l’ensemble des négociateurs patronaux et syndicaux, ou par une coprésidence syndicale et patronale. Il en va de même pour le secrétariat de la négociation collective.

• Dans l’entreprise : (…)

– l’instauration du principe majoritaire des accords : tout accord collectif doit être reconnu valide par la signature d’organisations représentatives ayant une audience cumulée de plus de 50 % des suffrages exprimés aux élections professionnelles ;

– le mandatement de représentants syndicaux en l’absence de délégué syndical.

Les accords collectifs non signés par ses organisations syndicales devraient être qualifiés d’atypiques (ne comportant d’obligations que pour l’employeur).

Intégrer de nouveaux droits

• Un nouveau statut du travail salarié

Le nouveau statut du travail salarié (NSTS) offre de nouvelles perspectives : l’idée est de créer un socle interprofessionnel de droits cumulatifs, progressifs et transférables d’une entreprise à l’autre, d’une branche à l’autre, et ce, de la sortie du système scolaire à la fin de sa carrière professionnelle (droit à une progressivité de carrière, à une formation tout au long de la vie, à la continuité de son statut entre deux emplois, droit à la sécurité sociale professionnelle…). Cela va donc au-delà du principe de faveur, puisqu’il s’agit quasiment d’un principe d’évolution. Il s’agit de mettre à distance le lien de subordination, l’idée étant que ces droits ne doivent plus dépendre du contrat de travail ou de la convention collective, mais être attachés au travail réel et donc à la personne du salarié.

• Le temps de travail

La durée légale du travail devrait être abaissée à 32 heures avec maintien de salaire et renvoi aux modalités par négociation collective, afin de créer des emplois et d’aller dans le sens de l’histoire et du progrès social.

La durée légale doit être la même pour l’ensemble des salariés, le contingent d’heures supplémentaires et le niveau de leur majoration, fixés par la loi sans possibilité de dérogation défavorable par accord collectif.

Les heures supplémentaires doivent, par conséquent, être rigoureusement encadrées par la loi, afin de prévenir toute entrave à l’embauche.

Un droit à la déconnexion doit être instauré afin d’encadrer l’usage des nouvelles technologies d’information et de communication dans l’organisation du travail. (…)

• Une consolidation du rôle des instances représentatives des personnels (IRP) : (…)

– le renforcement de la formation des élus, un meilleur accès aux formations syndicales pour les salariés ;

– le développement de la présence et des droits des administrateurs salariés dans les conseils d’administration et de surveillance, en abaissant le seuil de présence à 500 salariés, et en donnant à ces administrateurs une réelle capacité d’information et d’intervention, de communication et d’autonomie vis-à-vis de l’entreprise ;

– le contrôle des aides publiques : les syndicats pourraient donner un avis négatif quant à leur versement s’il n’existe pas de contrepartie véritable en termes de maintien de l’emploi, etc. ;

– le rôle des instances représentatives des personnels (IRP) doit être consolidé et amélioré dans son rôle de contre-pouvoir et de défense des intérêts des salariés, face au pouvoir de direction de l’employeur. Le comité d’entreprise devrait ainsi disposer d’un droit de veto face à certaines décisions de l’employeur, notamment celles entraînant des licenciements collectifs infondés. Possibilités également pour les IRP de s’opposer à certaines baisses de cotisations sociales et autres aides si l’employeur ne respecte pas ses obligations envers les salariés ou les représentants du personnel ;

– un renforcement de la protection du salarié contre l’arbitraire patronal en instaurant la nullité de tous les licenciements illicites. En créant un recours en amont devant le juge pour suspendre toute mesure de sanction, modification ou rupture du contrat dont le salarié a un motif raisonnable de penser qu’il est illicite. En créant un droit d’être assisté sur demande du salarié par un-e représentant-e d’une organisation syndicale, à propos de toute sanction, ou modification des conditions de travail et d’emploi.

Davantage de moyens pour la défense des salariés

Les droits n’ont d’existence que s’ils peuvent être imposés. Un Code du travail efficace n’a donc pas de sens sans une justice gratuite, rapide, accessible et impartiale, sans un service public d’inspecteur-rices du travail indépendants, dotés de moyens suffisants, sans un véritable droit de grève exercé sans entrave et sans une absence de répression syndicale dans et hors de l’entreprise.

Code Travail : Propositions Cgt a lire sur le site de la CGT

05/03/2016 11:11 par Christian Forgeot

Oups
oublié de précisé que l’article que je viens d’envoyer était tiré de L’Huma ....
Merci de le préciser
fraternellement

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