N’est-il pas temps de commencer à respecter la démocratie vénézuélienne ? (CNN / Aporrea)

Samuel Moncada

Après avoir lu la presse internationale, n’importe qui pourrait penser que le Venezuela se trouve au bord du gouffre.

Dans la dernière décennie nous avons assisté à toutes sortes de prédictions plus catastrophiques que les autres, à propos d’échecs électoraux, voire de l’implosion de l’économie vénézuélienne. Cependant, le fait que ces prédictions ne se soient pas concrétisées n’a pas dissuadé les plus fervents critiques dans leur guerre : leur discours trompeur centré sur un désastre imminent n’a jamais cessé.

La réalité est que depuis la première élection du président Hugo Chavez, le Venezuela a résisté à toutes les prédictions négatives et, en contrepartie, a réussi, depuis quatorze ans, à atteindre un progrès social sans précédent pour le pays. Depuis 2004 la pauvreté a été réduite de moitié alors que l’extrême pauvreté a subit une réduction de 70%. Au même titre, les inscriptions universitaires ont doublé ; les pensions publiques ont pour leur part triplé. Parallèlement, l’accès aux systèmes de santé et d’éducation à tous les niveaux s’est élargi de façon spectaculaire.

Actuellement, le Venezuela a le plus bas niveau d’inégalité économique de toute l’Amérique Latine, d’après les mesures du coefficient de Gini. Notre pays a déjà atteint plusieurs des Objectifs de Développement du Millénaire, et nous parviendrons à atteindre les huit Objectifs avant la date fixée par l’Unesco de 2015.

Ce processus a été possible grâce à une utilisation intelligente des revenus pétroliers du Venezuela qui a permis de transformer les conditions de vie de beaucoup de vénézuéliens. La transparence de l’échelle de nos réserves - les plus grandes du monde - garantie la durabilité du modèle dans lequel les ressources du pays sont utilisées pour stimuler la croissance économique et contribuer au développement.

Toutefois, la réussite la plus significative de Chavez est qu’il a provoqué un réveil et une prise du pouvoir par les masses. La majorité des vénézuéliens et vénézuéliennes a pu constater de grandes améliorations au niveau de leur qualité de vie et, en conséquence, ils ont constamment défendu leurs intérêts à travers de leur vote.

Le peuple vénézuélien est parfaitement conscient de ce qu’il veut et de ce à quoi il aspire. Le président Chavez a été réélu en octobre 2012 avec 54% des voix lors d’un processus électoral qui a compté sur un taux de participation de 81%. Par la suite, le peuple vénézuélien a de nouveau montré son soutien au gouvernement lors des élections des gouverneurs [des États] qui se sont déroulées en décembre 2012, où le parti de Chavez [le Parti socialiste unifié du Venezuela - PSUV] a remporté 20 des 23 états du pays.

Beaucoup de gouvernements d’Europe et d’autres parties du monde ne peuvent que rêver d’un tel soutien après quatorze ans de pouvoir. Ceci prouve que le progrès social au Venezuela s’est consolidé et qu’il existe un réel désir de continuer à le propager.

Lors des prochaines années, le Gouvernement vénézuélien sera toujours là pour répondre aux nécessités de son peuple. Des centaines de milliers de nouvelles habitations [logements sociaux] ont été construites durant les deux dernières années, lesquelles ont servi non seulement à améliorer de façon très importante le niveau de vie de la population mais aussi à générer des emplois, et elles ont contribué au boom de l’industrie de la construction. Le gouvernement a maintenant l’objectif de construire trois millions de nouveaux logements d’ici à 2019.

Alors qu’au niveau mondial de nombreuses économies sont en déclin, l’économie vénézuélienne a progressé de 5,5% en 2012. De plus, alors qu’à échelle mondiale la crise financière n’est toujours pas terminée, le commerce au Venezuela a cru de 9,2%, le secteur des télécommunications de 7,2%, l’industrie manufacturière de 2,1% et le secteur pétrolier de 1,4%, ce qui fait du Venezuela l’une des économies au plus fort taux de croissance en Amérique latine.

Actuellement, alors que plusieurs pays reviennent sur les acquis sociaux des secteurs les plus défavorisés, le Venezuela octroie encore plus de protection pour les personnes précaires du troisième âge, ainsi que pour les familles monoparentales et/ou avec un ou plusieurs enfants en situation d’handicap.

L’échec des modèles de développement mis en oeuvre par les gouvernements passés, ont condamné à la pauvreté à des millions de vénézuéliens et de vénézuéliennes. Avant l’élection de Chavez en 1988, le Venezuela avait subi une diminution constante de son PIB. Notre pays avait le pire bilan économique au niveau mondial - ce qui a produit de grandes révoltes sociales et une violente répression militaire.

Le Venezuela poursuivra son chemin vers le progrès social et pour le transfert de pouvoir vers les citoyens et les citoyennes. Le plus grand espoir pour l’avenir vient du fait que les personnes savent que ce sont elles qui ont le pouvoir de déterminer la direction que le pays suivra.

Après tant de prédictions erronées, n’est pas t-il temps de respecter la démocratie vénézuélienne et la volonté de notre peuple ?

Samuel Moncada

Samuel Moncada est l’Ambassadeur de la république bolivarienne du Venezuela au Royaume-Uni depuis 2007. Il a un doctorat en Histoire moderne de l’Université d’Oxford.

Article original publié par CNN (anglais) http://edition.cnn.com/2013/02/18/opinion/venezuela-democracy-moncada

Version en espagnol :
http://aporrea.org/venezuelaexterior/n223517.html

Traduction de l’espagnol au français : Victoria Valdez - Luis Alberto Reygada

COMMENTAIRES  

20/02/2013 23:40 par jar1984

Après avoir lu la presse internationale, n’importe qui pourrait penser que le Venezuela se trouve au bord du gouffre.

ça me rappelle un article qui disait que :

« La CIA contrôle tous ceux qui ont une importance dans les principaux médias. »

« On trouvait des journalistes pour moins cher qu’une bonne call-girl, pour deux cents dollars par mois. »

« Les Etats-Unis et l’Union européenne contrôlent 90% de l’information de la planète ; sur les 300 principales agences de presse, 144 ont leur siège aux Etats-Unis, 80 en Europe, et 49 au Japon. Les pays pauvres, où vit 75% de l’humanité, possèdent 30% des journaux du monde. »

(Comment la CIA pénètre nos médias. — LGS / 2009)

21/02/2013 00:50 par babelouest

Quelle déception pour "certains dirigeants internationaux" ! Ce sont les pays qui ont rejeté l’emprise US, qui s’en sortent le mieux, y compris ceux qui subissent un embargo de la part de l’Empire.

Un "tigre de papier" ?

25/02/2013 14:15 par fidelito

quel bonheur, l’Amérique latine réussi mieux que beaucoup d’états dans lequel nous trinquons pour les fautes des dirigeants qui vident nos avoirs, pour remplir leurs escarcelles, tout comme par le passé était notre vie en Amérique latine. Ces peuples opprimés se sont redressés avec la rage de vaincre et réussir pour vivre heureux et dans le bonheur. Chez nous en Europe, nous avons réussi à avoir tous ce qui s’offrait à nos yeus. Avons nous exagéré dans nos envies ? oui. Et depuis lors,nous ne croisons plus que des personnes stressées, affichant des airs de déterrés, des visages qui reflètent la malheurosité dans lequel il vivent. au lieu de prendre exemple sur nos amis latinos, nous nous courbons, plions l’échine avec la rage qui nous a quittée depuis très longtemps.Les belles choses dans lesquelles nous avons vécu nous a tellement ramollis que toutes forces de nous redresser et nous ressaisir ont fondus comme neige au soleil.
Chers amis latinos,poursuivez la route que vous avez emprunté, mais lorsque fleurira tout le long du chemin les affiches attrayantes vantant çi, ça, et autres merveilles, il sera grand temps de ralentir et commencer à réfléchir, et freiner vos envies pour éviter de plonger comme nous faisons.

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