Nous vivons en dette écologique depuis le 27 septembre : L’avenir est-il à la géo-ingénierie ou à la sobriété énergétique ?

« Un humanisme bien ordonné ne commence pas par soi-même, mais place le monde avant la vie, la vie avant l’homme, le respect des autres êtres avant l’amour-propre » - Claude Lévi-Strauss

Il est connu que nous consommons plus que ce que la Terre peut produire en une année. Depuis quelque temps, il y a comme une conspiration du silence de la part des pays industrialisés et émergents pour ne pas parler des dégâts actuels et imminents des changements climatiques. Pendant ce temps-là , le climat devient erratique. La biodiversité rétrécit.

La publication de l’overshoot day me donne l’opportunité d’attirer l’attention sur le fait que la détérioration risque d’être irréversible. Dans cette publication après la présentation du footprint, nous donnerons quelques pistes proposées pour s’en sortir... Comme chaque année, on évalue la consommation humaine par rapport à ce que met la Terre à notre disposition. Les Terriens vivent à crédit pour finir l’année, et cela commence tous les ans un peu plus tôt. La date établie par Global Footprint Network arrivait début novembre en 2000 et tombe maintenant fin septembre. Pour répondre à leurs besoins, les hommes épuisent désormais la planète sans lui permettre de renouveler ses ressources. Les habitants de notre bonne vieille planète Terre ont consommé au 27 septembre tout ce que la planète est capable de fournir en une année. Pour terminer la dite année, ils compromettent le renouvellement des ressources naturelles, coupant plus d’arbres qu’ils n’en replantent, pêchant sans permettre aux stocks de poissons de freiner leur baisse. Le cap a été franchi dans les années 70. (1)

Aveuglée par un humanisme contre-productif, source d’irrespect écologique et d’un infini gaspillage, l’humanité vit à crédit et consomme annuellement une planète et demie, soit nettement plus que ce que la Terre est en capacité de lui offrir. Selon « Global Footprint Network », le jour du dépassement global, ou jour de la dette écologique (Earth Overshoot Day), avance irrévocablement chaque année. En 1987, nous vivions à crédit dès le 17 décembre, en 2007 dès le 26 octobre, en 2010 le 21 août, en 2011 le 27 septembre ! Selon les chiffres de « Global Footprint Network », il faudrait entre 1,2 et 1,5 Terre pour permettre de nourrir la planète. Mais tous les hommes n’ont pas les mêmes appétits : les habitants des Etats-Unis consomment 5 planètes quand ceux de l’Inde vivent avec moins d’une moitié. Ce jour fatidique du dépassement est la date dans l’année où, théoriquement, les ressources renouvelables de la planète pour ladite année auraient été consommées. Au-delà , l’humanité puise dans les réserves naturelles planétaires d’une façon non réversible, si bien qu’à terme, la raréfaction des ressources condamnera l’humanité à un incontournable rationnement (2).

La civilisation du déclin

De tout temps, l’homme a été avide d’énergie pour satisfaire ses besoins... sans trop utiliser la sienne ! De la maîtrise du feu au paléolithique à la non-maîtrise du nucléaire à Fukushima, le rapport de l’homme à l’énergie fut toujours placé sous le signe de la domination, économique, sociale ou politique. Or, il est clair aujourd’hui que la course à la puissance énergétique est indissociable du chronomètre de la Terre et de la manière dont les hommes sauront prendre en compte ses limites. Quelles options reste-t-il ? Après le feu et la machine à vapeur, une troisième révolution énergétique semble aujourd’hui inéluctable. Pour Sabine Rabourdin, le concept d’énergie prend aussi des connotations multiples : l’un entendra « chaleur, électricité, transport », quand l’autre pourra aussi bien entendre « pétrole, uranium, panneaux solaires, communication », ou bien « enjeux géopolitiques, factures à payer, puissance, effet de serre, énergie vitale... ». Toute la matière, tous les échanges sont des formes d’énergie. Aussi peut-on la considérer comme le socle des sociétés humaines. (3)

L’homme de la révolution industrielle a pu consommer quotidiennement 20.000 Kcal. 1à fois plus que l’homme préhistorique . L’homme technologique symbolisé par l’Américain consomme lui 8,5 tonnes de pétrole soit dix fois plus que l’homme industriel et 100 fois plus que préhistorique. Soit 230.000 Kcal/jour si l’on inclut toutes les formes d’énergie utilisées quotidiennement (chauffage, déplacement, production, alimentation, etc.). Cependant dans certains pays africains la consommation ne dépasse pas les 150 kg équivalent pétrole par an. Retenons que dans ce cas l’Américain consomme en une semaine ce que consomme l’Africain du Sahel en une année. C’est cela l’égalité des hommes, les différents droits incantés par l’ONU, le droit à l’alimentation, le droit à l’eau au logement à la santé à la sécurité pour les objectifs du Millénaire et il y a fort à parier qu’aucun de ses droits ne sera atteint sauf le droit de se taire et de mourir en silence comme nous le crie les somaliens.

Nous avons abouti de ce fait à une société de puissance qui ne connaît pas de limites à sa volonté de croissance. Mais cette croissance repose sur la consommation démesurée d’énergies fossiles. Des limites se sont enfin imposées à nous : elles viennent des ressources qui se tarissent, des risques et des pollutions qui ont atteint un seuil nuisible. La catastrophe nucléaire de Fukushima a aussi créé une faille dans la confiance envers les machines thermo-industrielles. C’est à partir de là que nous pouvons explorer les voies qui s’offrent à nous pour construire la transition vers cette nouvelle « révolution énergétique ». (4)

Les gouvernements, obnubilés par une boulimie énergétique, ont un comportement énigmatique. D’un côté, on parle de changements climatiques, de la nécessité d’aller vers des énergies renouvelables pour ne pas dépasser le seuil de non-retour en termes de changements climatiques. De l’autre, une véritable frénésie s’est emparée des pays industrialisés pour traquer la moindre bulle de gaz et même la moindre goutte de pétrole. (5)

Que faut-il faire ?

Dans ce cadre, un nouveau regain est donné au carbone et donc à la pollution. C’est le cas de l’exploitation irrationnelle des gaz de schiste aux Etats-Unis et qui fait des émules en Europe et...en Algérie. Cependant en France, suite à l’interdiction de la technique controversée de la fracturation hydraulique, le gouvernement va abroger les trois permis exclusifs de recherche accordés à Schuepbach et Total. La ministre de l’Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet a expliqué que « Total annonce aussi vouloir continuer à rechercher du gaz de schiste avec des techniques qui ne sont pas la fracturation hydraulique, or on sait aujourd’hui que ces techniques ne sont pas opérationnelles. » (6)

Justement, la même compagnie Total qui se voit confier l’exploitation de gaz de schiste dans le Sud-Est algérien sachant les dangers de cette technique, l’entreprise et les pouvoirs publics n’ont pas cru bon de faire un audit d’une technique controversée (2000 produits chimiques injectés, 14.000 m3 par forage, danger de sismique et destruction totale de l’environnement devant une société civile atone et considérée comme quantité négligeable.

Innombrables sont les indicateurs qui nous alarment d’une surchauffe de la planète, d’un épuisement gravissime d’une Terre sur-occupée et surexploitée : bouleversement global du climat, mort biologique des sols suite aux abus d’usages productivistes et courtermistes, pollutions sans cesse plus irréversibles, recul effarant des autres espèces dont nous occupons indument les niches, déclin d’une biodiversité pourtant salutaire à l’humanité, déforestation sur tous les continents, épuisement des mers et des océans, tarissement de toutes les ressources dont la grande majorité n’est pas renouvelable...Ce sont les signes avant-coureurs d’un effondrement. Comme le déclare Mathis Wackernagel, président de Global Footprint Network : « Une reconstruction à long terme ne peut réussir que si elle est conduite avec une réduction systématique à notre dépendance aux ressources. » « Nous sommes conscients que nous vivons au-dessus des moyens de la planète. De nombreuses solutions sont disponibles et permettent de s’attaquer au problème : nouvelles technologies, aménagement urbain, éco-constructions, réforme fiscale écologique, régimes faibles en viande, calcul du cycle de vie des produits, etc. » (7)

La géo-inginierie sauvera-t-elle le monde ?

La géo-ingénierie présentée comme la solution miracle désigne les efforts visant à stabiliser le système climatique en gérant directement le bilan énergétique de la Terre...Pour Paul Joseph Crutzen, le prix Nobel de chimie 1995, nous avons quitté l’holocène tardif qui existe depuis 10.000 ans et nous sommes entrés depuis deux cents ans dans une nouvelle ère terrestre : « L’anthropocène », où l’homme modifie la biosphère mais aussi la géologie planétaire. De gigantesques bouleversements terrestres d’origine humaine sont survenus ; il s’agit d’abord, de l’accroissement de la population, la disparition de nombreuses espèces d’animaux et de plantes à un rythme 100 à 1000 fois supérieur qu’au cours de l’évolution. Les hommes utilisent 50% des réserves en eau douce, respirent 15% de l’oxygène émettent 200% de SO2 et 30%de CO2 contribuant malgré les climato-sceptiques à une aggravation de l’effet de serre et à un alarmant relèvement du niveau de la mer !

Le prix Nobel a la solution : il propose d’imiter le volcan Pinatubo dont les énormes rejets de gaz soufrés ont diminué la température de la terre de 0,5 °C, en envoyant des millions de tonnes de soufre chaque année. Pour lui, c’est une opération possible de géo-ingénierie. Elle perpétue la logique de l’anthropocène en transformant l’atmosphère et le climat terrestre. Ces propositions sont combattues par plusieurs spécialistes qui pensent que l’homme joue une fois de plus à l’apprenti sorcier ; c’est l’avis de James Hansen de la Nasa, qui le premier a modélisé l’effet de serre pour qui cela devrait être le dernier recours de l’humanité. Il est vrai que de petites opérations cosmétiques comme le fait de faire pleuvoir sur « commande » comme l’a fait la Chine pour les Jeux olympiques de Pékin, ne doivent pas faire illusion. Comme le pense la climatologue Catherine Gauthier : « Les Chinois le savent bien,c’est d’abord en empêchant les voitures de rouler, en ralentissant les émissions que la situation va s’améliorer. » (8)

Sortir du nucléaire sans revenir à la bougie ?

Des « études  » qui sont tout sauf utopiques présentent des scénarios qui tiennent la route et qui, justement, permettent d’aller d’une façon rationnelle vers les énergies non carbonées. Ainsi, en France, l’association Négawatt - créée en 2001 - a rendu son scénario pour la période 2011-2050. Il prévoit la fin de l’atome à l’horizon 2033 et ce, sans sacrifier au confort actuel. : « Avec 75% d’électricité d’origine nucléaire, la France serait pieds et poings liés, assurent certains. Négawatt, qui a rendu son nouveau scénario, dit tout le contraire. Elaborer un scénario pour la période 2011-2050. Une feuille de route susceptible de donner à la France les moyens de participer comme il se doit à l’effort de réduction de gaz à effet de serre et de limiter l’augmentation de la température du globe à 2°C. Comment éviter un retour à la bougie et aux peaux de bêtes sans cracher du CO2 dans l’atmosphère ? Jusqu’ici beaucoup brandissaient en guise de solution la carte nucléaire. Négawatt table sur une sortie du nucléaire à l’horizon 2033. L’association table sur plusieurs outils. D’abord la sobriété et l’efficacité énergétiques. Encouragées par une fiscalité attractive notamment dans le bâtiment ou la mobilité, elles pourraient réduire la demande en énergie primaire de 65% à l’horizon 2050. Les énergies renouvelables enfin. Boostées par un prix des fossiles en forte croissance, encouragées par une baisse du coût de production, les énergies renouvelables pourraient représenter 91% du bilan énergétique en 2050. Les émissions de CO2 seront alors divisées par 16 et la production nucléaire arrêtée dès 2033. (9)

Dans les pays industrialisés, on pense que «  nous sommes nombreux  » et que la Terre ne pourra nourrir 9 milliards de Terriens en 2050, sauf si l’immense majorité consomme comme les Somaliens et une immense minorité comme les Américains, le rapport étant de comme nous l’avons écrit de 1 à 50 pour l’énergie et de 1à 60 pour l’eau. Ce que consomme un Américain en une semaine est consommé par un Somalien en une année.

Cela n’empêche pas de parler dans le sociétés occidentales de parler de la qualité de la vie, partant du fait que le PIB n’est pas suffisant pour qualifier le niveau de vie d’une société …occidentale. On parle alors de Bonheur Intérieur Brut (BIP) en lieu et place de PIB comme le propose Stiglitz. Allez parler du bonheur au Somalien, l’Ethiopien qui galère au quotidien pour survivre, quel serait son bonheur ! Rien n’arrête en fait, le ridicule ! Même aux Nations unies un eugénisme déguisé reprenant les thèses du Club de Rome est proposé « L’effort à long terme nécessaire pour maintenir un bien-être collectif qui soit en équilibre avec l’atmosphère et le climat exigera en fin de compte des modes viables de consommation et de production, qui ne peuvent être atteints et maintenus que si la population mondiale ne dépasse pas un chiffre écologiquement viable ». Rapport 2009 du Fonds des Nations unies pour la Population. Nous préférons pour notre part la sentence sans appel du professeur Albert Jacquart qui situe les responsabilités de cet immense gâchis qui peut amener à l’irréversible : « Procréer était autrefois un devoir ; c’est aujourd’hui un droit limité » ; « S’il y a déjà des hommes de trop sur cette Terre, ces hommes de trop sont ceux qui se montrent exigeants, autrement dit ce sont des gens de l’Occident ».

Frédéric Denhez pour sa part, dénonce l’oligarchie qui gouverne le monde et entretient l’addiction au carbone au lieu de chercher autre chose de moins compromettant pour l’avenir de la planète. Il écrit : « La recherche du « mieux », du mieux-vivre, du mieux-bouger, du mieux-manger, du mieux-vieillir, du mieux-travailler qui hystérise notre société et fait le bonheur des coaches et des bureaux d’études ne sera pas bouleversée demain par la quête obsessionnelle du mieux-carbone. Au contraire, elle sera plus encore enfermée dans quelques mains. A moins que le citoyen se réveille, que l’Etat retrouve ses racines, que la société réapprenne le sens du collectif : notre avenir, qui dépendra de l’état de nos biens communs, au premier chef la composition de notre atmosphère, ne peut pas être approprié, car il nous appartient. La dictature du carbone doit être l’aiguillon de notre réveil sociopolitique, pas celui de l’oligarchie qui fait profil bas depuis le début de la crise. » (10)

Dans le même ordre comment comprendre la décision britannique de relever la vitesse permise sur autoroute de 70 miles (116 km/h) à 80 miles (128 km/h) ! Jean Michel Normant nous en parle : «  (…) Dans le Times daté du 30 septembre, Philip Hammond, le ministre chargé des transports, explique que le temps est venu  » de remettre la Grande-Bretagne sur la voie rapide de l’économie mondiale ». Selon lui, la mesure qui entrerait en vigueur en 2013  » permettra de gagner des centaines de millions de livres en réduisant la durée des trajets ».  (…) Selon un groupe d’études parlementaire, le relèvement de la vitesse devrait engendrer une augmentation de 5 à 10 % des accidents. Le souci de l’environnement ne semble pas non plus au coeur des préoccupations du gouvernement. Pour le Royal Automobile Club (RAC) de Grande-Bretagne, un gain de 16 km/h équivaut à accroître de 20 % la consommation d’un véhicule  ». (11)

Pourtant mises à part ces dérives inexplicables si l’on veut réellement lutter contre le réchauffement climatique, il existe des solutions raisonnables que les pays développés peuvent adopter sans diminuer l’attrait d’une vie simple qui n’est pas indexée sur 8 tep/an. C’est peut- être cela le nouveau bonheur brut pour tout le monde. En fait comme le pense Hervé le Treut climatologue membre du Giec : « La géo-ingénierie apparaît comme dernier rêve de Prométhée. Nous avons appris que nous ne sommes pas les maîtres et possesseurs de la nature mais l’inverse. Non, nous sommes entièrement dépendants de notre environnement. Nous sommes des créatures terrestres menacées comme les autres espèces, pas les conquérants de l’univers. » Tout est dit. A nous de choisir entre le chaos et la sobriété énergétique.

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

1. A partir du 27 septembre, les Terriens vivent à crédit Le Nouvel Observateur 27.09.11

2. http://cdurable.info/Credit-Terre-le-Jour-du-depassement-global-est-arrive.html

3. David Naulin 26 septembre 2011 http://cdurable.info/vers-une-nouvelle-revolution-energetique-Sabine-Rabourdin.html

4. Sabin Rabourdin : Vers une nouvelle révolution énergétique Le Cavalier Bleu 22.09.2011

5. C.E.Chitour : Gaz de schiste : Miracle ou calamité écol ? Mondialisation.ca, 27.01.2011

6. http://lexpansion.lexpress.fr/entreprise/les-permis-exclusifs-de-recherche-de-gaz-de-schiste-abroges_263957.html?xtor=EPR-175

7. http://cdurable.info/Earth-Overshoot-Day-Ressources-naturelles-Humanite-vit-a-credit,2785.html

8. Frederic Joignot : Ils veulent mettre la Terre sous cloche. Le Monde 27 octbre 2007

9. http://www.terraeco.net/Sortir-du-nucleaire-sans-revenir-a,19453.html

10. Frédéric Denhez : La dictature du carbone - Editions Fayard, septembre 2011

11. http://www.lemonde.fr/m/article/2011/10/07/rouler-plus-vite-est-il-bon-pour-la-croissance_1583334_1575563.html

COMMENTAIRES  

09/10/2011 20:49 par Brin d'herbe

Le problème est que l’homme a un lourd handicap, cela n’importe quel cannard
sauvage vous le dira, c’est son cerveau de plus de 1kilo. Avec celui-ci bien qu’il ne
comprend quasi rien à la poignée de terre que peut contenir sa main il prétend
néanmoins s’assoir à la droite de dieu.En fait ça part dans tous les sens il peut
tout aussi bien se prendre une indigestion et affamer ses congénères,sauver une
banque et mettre la planete à genoux.

Tandis que notre brave cannard avec son cerveau de moins de 5 grammes va lui à 
l’éssentiel. Survie et reproduction pas de prédation plus que nécéssaire et tout baigne.
Mais bon ! comme vous le savez tous ce dernier est un sauvage alors à quoi-bon ?

10/10/2011 08:29 par BOB

Une société qui consomme toujours plus ne peut respecter
l’environnement et épuise tôt ou tard les ressources essentielles à la vie. Il ne peut
y avoir de croissance infinie sur une planète finie. Il ne s’agit pas de se priver ou
de vivre dans la frustration. Vivre simplement, c’est de ne pas succomber aux
tentations inutiles et de résister au dictat des marques. C’est vivre mieux avec
moins, c’est être responsable. Mais c’est aussi comprendre que notre boulimie
d’achat est le reflet d’un mal-être, d’une insatisfaction, engendrés précisément par
cette société dite d’abondance ? Nous possédons de plus en plus de biens
matériels, sommes-nous de plus en plus heureux ? Au seuil de la vie, la véritable
richesse est le vide que l’on laisse et pas les biens que l’on lègue, voir :

http://2ccr.unblog.fr/2011/01/03/de-quoi-avons-nous-besoin/

10/10/2011 10:33 par Mengneau Michel

Ce qui fait plaisir c’est que depuis plusieurs années nous sommes un certain nombre à dénoncer la sur-consommation sans beaucoup d’échos, mais enfin on sent une vraie prise de conscience de la part de gens qui avaient jusqu’à maintenant écartéle problème pensant que, par exemple, la techno-science réglerait apporterait la plupart des solutions. Mais n’est-il pas déjà trop tard car l’entropie de la techmodynanique est effective depuis déjà un certain temps.

Il est évident que le productivisme consumériste du système capitaliste est le moteur de la destruction de la terre, c’est donc une réponse politique que nous devons apporter, d’abord en par la désobéissance, la construction de contre-pouvoirs mis en réseaux afin de pérenniser de nouvelles formes sociétales. Faut-il croire en les révolutions, c’est moins sûr lorsque l’on voit la reprise en main des révoltes arabes par les capitalistes. Quant aux élections, malheureusement, elles n’offrent pas la possibilité de changement radical et risquent d’apporter plus imprégnation du capitalisme en favorisant un bi-partisme duquel est absent toute forme de réflexion idéologique.

11/10/2011 19:38 par Dominique

Le capitalisme n’est qu’une partie importante du problème. Mais il ne saurait le résumer à lui seul. En effet, il faut voir ce qui rend possible moralement un tel système d’exploitation. Nous avons des dogmes religieux qui sont profondément enracinés dans notre société, au nombre desquels figurent les dogmes de bases des religions organisées, l’immuable conflit du bien et du mal en Occident, la complémentarité du yin et du yang en Asie et dans une partie importante du monde.

Ces dogmes attribuent des qualités intrinsèques aux choses, qualités que les choses n’ont pas. Les choses sont. Point. Par contre, l’usage que je fais d’une chose peut être plus ou moins bénéfique. Je peux prendre un caillou et l’utiliser pour construire une maison ou pour le foutre sur la gueule de mon voisin. De plus, ces deux dogmes, bien que différents, autorisent les mêmes hiérarchies superstitieuses :

La première hiérarchie est entre les dieux, les êtres humains et le reste de la création. Cette hiérarchie rabaisse le reste de la création à un statut inférieur. Elle permet ainsi la justification morale du remplacement du respect de la nature par son exploitation.

La deuxième hiérarchie, subordonnée à la première, est entre les hommes dont certains se retrouvent plus proche des dieux que les autres. Plus égaux que les autres dans une démocratie (merci Coluche pur ce bon mot). Cette deuxième hiérarchie rabaisse nos semblables à un statut inférieur. Elle est ainsi la justification morale du remplacement du respect de ses semblables par leur exploitation. Il est en effet impossible dans une société, quelle qu’elle soit, d’exploiter ses semblables, il est nécessaire de les rabaisser à un statut inférieur au préalable.

La subordination de la deuxième hiérarchie à la première est importante. Les peuples premier, dont les indiens d’Amérique, le savent bien, eux qui ont des croyances basées sur le respect de la mère nature. Ce sont les indiens d’Amérique qui dirent aux colons blancs qui les massacraient et qui massacraient les bisons : "Un être humain qui ne respecte pas la nature est incapable de respecter ses semblables."

Tout ceci devrait nous montrer, c’est une simple question de bon sens, que pour avoir une chance de réellement changer de cap et orienter la société humaine vers une société durable, nous devons nous débarrasser de l’influence de ces dogmes religieux et renouer avec ce qui fit le succès de l’humanité depuis son origine jusqu’au début de l’antiquité, le respect de la nature et de ses semblables. L’antiquité est la période où apparurent simultanément ces dogmes, la guerre organisée et le commerce. Depuis, l’être humain n’a cessé d’exploiter la nature et de se faire la guerre pour voler les richesses des autres.

Ce qui a changé aujourd’hui et que suite à l’essor de l’industrialisation, l’exploitation de la nature est en train de fixer des limites au développement humain et la transformation systématique de ses ressources en autant de sources de pollution est en train de rendre cette planète, la seule que nous ayons à partager, absolument impropre à la vie supérieure.

Les indiens d’Amérique du nord l’avait compris car ils rajoutèrent : "Vous ne comprendrez que l’argent ne se mange pas que quand il ne restera rien d’autre."

Pour mémoire, les peuples premiers, pour les rares qui existent encore, sont la preuve vivante qu’une société humaine durable est possible à condition qu’elle soit basée sur le respect de notre terre. En effet, ces peuples sont les descendant direct des peuples qui ont habité cette planète depuis l’origine de l’humanité. Il y a eu une continuité entre les peuples de chasseurs-cueilleurs, puis de pécheurs-cueilleurs avec les peuples d’agriculteurs. Cette continuité a été rompue avec l’apparition des peuples de guerriers, le respect a disparu pour laisser la place à l’exploitation.

Ceci implique qu’aucun projet politique actuel n’est capable de répondre à cette condition signé-quanone : une société durable ne peut être basée que sur le respect, respect de la nature d’abord, respect de ses semblables ensuite.

En effet, des deux idéologies politiques les plus répandues, le capitalisme propose une croissance infinie dans un monde aux ressources finies. Un peu de bon sens suffit à nous indiquer que cela n’est pas possible et que cela ne peut déboucher que sur une exploitation éhontée des ressources naturelles.

L’autre, le communisme, propose de satisfaire tous les besoins humains. Là aussi, il n’y a pas de limite à cette satisfaction, et par conséquent, cela ne peut que déboucher sur la même exploitation éhontée des ressources naturelles.

Or, nous savons que de l’exploitation de la nature à celle de ses semblables il n’y a qu’un pas qui est très vite franchi.

Ceci implique à son tour qu’avec de tels dogmes religieux que les nôtres, nous ne réussirons pas à imaginer un système politique qui nous permette de nous débarrasser de l’exploitation et de posez à la place le respect comme principe de base de la société. Cela nous montre de plus que quel que soit le système politico-économique, il faut lui poser des limites sérieuses. Pour cela, il faut qu’il ait un but qui tienne compte de ces limites.

Un autre conséquence de ces dogmes religieux est de priver l’être humain de sa capacité de forger consciemment son avenir. Cette capacité à un nom en français, c’est la transcendance. Or, dans la version du livre, ce dogme fondamental est immuable et seul dieu pourra changer cet ordre superstitieux des choses lors de l’apocalypse. Dans le version confucéenne, même les dieux ne peuvent pas le changer.

Ceci implique que de tels dogmes sont absolument contraire à la nature humaine. En effet, un être humain est la seule créature capable de se fixer consciemment, ici et maintenant, des buts, et toujours consciemment, ici et maintenant, de travailler à leur réalisation. C’est pour cela que l’être humain d’aujourd’hui ne mène pas, comme les autres animaux qui tous suivent leur instinct, la même vie que ses ancêtres.

Pour descendre des arbres, les premiers hominidés ont eu besoin d’une technologie d’abri et de défense qui leur permettent de se mettre à l’abri des grands fauves. Ve fut le premier pas de l’humanité et il ne fut possible que parce que l’être humain est de nature transcendantal. Comprendre cela permet de cesser de considérer la transcendance comme une croyance religieuse et de se la ré-approprier. Le processus transcendantal est on ne put plus simple :

Analyse consciente du problème -> fixation consciente du but à atteindre -> travail.

L’être humain a été capable de marcher sur la lune uniquement parce qu’il avait décidé d’y aller. Il s’est mis à fabriquer les outils nécessaires et il y est allé. Ceci n’a résolu aucun des grands problème de l’époque, l’exploitation de la nature et des êtres humains a continué, de même que la transformation des ressources de la nature en sources de pollution.

Pour remédier à la gigantesque gabegie qu’est notre société, il faudra bien lui fixer des buts qui tiennent compte de la réalité finie du monde dans lequel nous vivons, à commencer par le fait qu’avec la puissance de destruction et de pollution que nous avons développée avec l’industrialisation, notre seul avenir ne pourra être trouvé que si nous revenons au préalable aux valeurs fondamentales de l’être humain que sont, dans l’ordre, le respect de la nature et le respect des autres.

11/10/2011 21:29 par Brin d'herbe

Dominique
Votre analyse me parait très illusoire. Le problème n’est pas que des hommes
soient rusés,forts,instruits,intrigants,retorts ou mieux-nés,ect.. mais que tous ne
soient pas ainsi.

Cest de ce déséquilibre que naissent toutes les exploitations.Un monde peuplé
seulement de vrais guèrriers et de mème force serait très probablement plus
harmonieux .Nietzshe a écrit une abondante littérature sur ce sujet.

De plus supposer que le politique peut résoudre ce genre de problème
me parait également relever du dogme.Car non seulement il ne peut résoudre
les déséquilibres cités ci-avant mais il les utilisera pour accroitre son pouvoir.

12/10/2011 16:32 par Armel

Professeur Chems Eddine Chitour, ne pensez-vous pas que toutes proposition pour sauver cette terre sont défaillant ?

12/10/2011 21:18 par Dominique

Mes propositions ne sont pas illusoires, elles sont utopiques. Utopiques dans le sens que je ne vois aucun autre futur possible pour l’humanité. L’humanité à perdu ses valeurs de base lors de l’antiquité quand les plus vils d’entre nous on prit le pouvoir. Elle doit retrouver ces valeurs si elle entend continuer à avoir un futur. Ceci implique une révolution qui ne soit pas d’ordre économique mais avant tout d’ordre moral.

Maintenant, en est-elle capable ? Je ne sais pas, l’avenir nous le dira. Des points précis font que je ne le crois pas. Je ne le crois pas car il est peut-être déjà trop tard tant les dégâts causés à la nature sont importants. Je ne le crois pas car la plupart des gens ne se rendent pas compte de la nature véritable du problème qui est d’ordre moral, et que même si plus de gens s’en rendaient compte, ce genre de choses mettent longtemps à changer.

Mais cela ne m’empêche pas de me battre car j’ai un enfant et cela n’aurait aucun sens de ne pas me battre pour son futur. De plus, nous n’avons plus le choix car le temps est compté, nous devons changer de cap rapidement. Et cela me rend optimiste car de plus en plus de gens s’en rendent compte, et nombreux sont ceux parmi eux qui sont capables de maîtriser leurs peurs. De plus, ce ne sont pas nos édiles qui appuient sur la gâchette, et ceci est bien la seule chose dont ils aient peur.

16/10/2011 22:13 par Professeur Chems Eddine Chitour

@Armel
Ainsi va le monde

Je n’ai pas malheureusement de recettes miracles . Il y va de l’avenir de la Terre ! Même les climato-sceptiques intègres pensent que le climat est en train de changer ; la terre se réchauffe . les 2°c sont un coup parti Rien à faire. Comment stabiliser la température et ne pas atteindre les 6°C prévus par le GIEC si on ne fait rien. Nous le voyons tous les jours , il ya un déréglement des saisons les néfliers sont en train de fleurir à Alger avec trois mois d’avance ! Les exemples sont légion. A moins d’une prise de conscience planétaire, il sera difficile de gérer la débâcle annoncée. On l’aura compris : Ce seront les pays du Sud qui paieront l’ardoise d’une pollutoon dont ils ne sont en caun cas responsables. Ainsi va le monde !

Respects

Professeur Chems Eddine Chitour

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