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Nouvelle laïcité ou ordre moral ?

Christine Delphy, Raphaël Liogier

« En 1905, la laïcité était simplement la séparation de l’État et des cultes. Aujourd’hui, elle est une frontière entre ce qui relève de l’intime, qui doit être protégé, et ce qui appartient à la sphère publique qui doit être préservée. » Par ces mots, François Hollande trace la « feuille de route » de l’Observatoire de la laïcité, qu’il a constitué le 5 avril en vue de légiférer. Il réalise ainsi le renversement du principe de laïcité, employant alors une notion ambiguë, ignorée des textes légaux tant français qu’internationaux : l’« intimité ».

En cela, il se contente de suivre un esprit du temps qui prétend que les convictions religieuses ne peuvent s’exprimer librement que dans le « privé », et même dans l’ultra-privé de « l’intime ». Le religieux devrait donc être confiné dans l’espace de l’intime, espace de la dissimulation, qui s’opposerait à l’ensemble des « espaces publics » : entreprises, associations, magasins, rues…

En jouant sur les deux sens du terme « public » (service de l’État ou espace de tous), on a pu, ces dernières années, prétendre exiger des simples citoyens une neutralité qui n’est due que par les agents de l’État, ce qui constituait en soi la spécificité de la laïcité française. Si les opinions ne peuvent pas s’exprimer à plusieurs et en public, faudra-t-il en venir à fermer les salles de réunion, les lieux de culte, interdire les réunions dans les cafés, les meetings !

C’est à ces libertés fondamentales que les gouvernements, de Chirac à Hollande en passant par Sarkozy, se sont attaqués et s’attaquent, avec en ligne de mire une cible : les musulmans, et surtout les musulmanes, dont il faudrait contrôler l’apparence – dans les services publics, dans les entreprises privées et bientôt même chez elles. Que de telles absurdités philosophiques et juridiques passent inaperçues ne peut pas s’expliquer autrement que par une crise sociétale majeure sur laquelle les gouvernants préfèrent s’appuyer plutôt que tenter d’en comprendre les ressorts.

On invoque alors la nécessité de « clarifier la laïcité », comme si les textes étaient « difficiles à interpréter ». Après l’affaire Baby-Loup, il y aurait un« vide juridique ». Pourtant, l’article 9 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme est limpide : « Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, l’enseignement, les pratiques et l’accomplissement des rites. »

Permettre la liberté de conscience et d’expression seulement en privé revient à l’abolir. C’est en public qu’elle a besoin d’être protégée, car, dans « l’intimité », seul face à vous-même, qui peut vous empêcher d’exprimer vos croyances ? Nous assistons à une dérive autoritaire, à une sorte de totalitarisme en pente douce.

Les politiques surfent ainsi sur cette « majorité » de Français heurtés par les difficultés économiques, qui paraissent rendre les musulmans responsables de la perte de leur identité « nationale » (voire raciale). Mais quelles seront les conséquences d’un nouveau tour de vis contre des populations discriminées au quotidien, depuis 2004, par des lois liberticides ? Personne ne veut tenir compte de leur exaspération croissante, comme s’il s’agissait de simples dommages collatéraux.

On prétend viser la cohésion sociale, alors qu’on la fragilise. Plus rien ne semble pouvoir arrêter cette dérive démagogique des pouvoirs publics sous-tendue par une atmosphère de crise économique et identitaire. Au moment même où l’appareil d’État semble chercher à imposer un ordre moral sous couvert de nouvelle laïcité, les entreprises, elles, répondent aux demandes religieuses ou non dans l’esprit de 1905. Quelle ironie que ce soit d’elles que vienne cette leçon de respect des principes républicains !

Christine Delphy [1] et Raphael Liogier [2], le 07/07/2013.

[1Christine Delphy est directrice de recherches en sociologie, CNRS.

[2Raphaël Liogier est professeur à Sciences-Po Aix-en-Provence. Dernier ouvrage paru de Raphaël Liogier : Le Mythe de l’islamisation (Seuil, 2012) ; à paraître début septembre 2013 : Le populisme qui vient, aux Éditions Textuel.


 http://delphysyllepse.wordpress.com/2013/07/07/nouvelle-laicite-ou-ordre-moral%E2%80%89/

COMMENTAIRES  

14/08/2013 13:04 par cunegonde godot

Cette analyse est bonne en ce qu’elle dit sur la laïcité "hollando-sarkozyste", et plus exactement du dévoiement stigmatisant délibéré de la loi de 1905, qui reviendra à terme à l’impossibilité de l’appliquer. Une benoîte tactique masquée typiquement d’essence démocrate-chrétienne et par-là... européo-mondialiste.
Mais cette analyse est ambiguë en ce qu’elle voile sur l’islam, qui est le vrai sujet, comme les Français ne s’y trompent pas. Demander des heures de piscine (exemple parmi cent autres) exclusivement réservées aux filles ressortit en France à de l’arriération, et cela les Français ne l’acceptent pas, même si la socialiste Martine Aubry s’était cru obliger de se soumettre à ces injonctions de la hiérarchie musulmane. L’intolérance ici n’est pas du côté de l’Etat, mais du côté du cléricalisme religieux, islamique en l’espèce (ce qui ne peut surprendre un républicain laïque, encore moins un athée...).
Voilà l’enjeu. Et il reste d’actualité car la guerre que mène l’islam contre les institutions modernes françaises n’aura de fin que si cette religion accepte de se séculariser en renonçant à imposer explicitement et implicitement ses préceptes d’un autre âge...

14/08/2013 13:35 par calame julia

Remettons en circulation (!) l’école des filles et l’école des garçons de part et d’autre des mairies
et tout ira pour le mieux. Et, pas uniquement dans le primaire mais aussi dans le secondaire
et le supérieur. Les filles auraient la liberté de s’y rendre voilées et les garçons il va bien falloir
leur trouver un signe distinctif.

14/08/2013 15:37 par gérard

Vite fait :
LA seule, l’unique question est : la France peut elle accueillir en son sein une entité qui présente des divergences profondes de vie, de philosophie, de culte religieux.
La France n’est qu’un assemblage de communautés fort différentes ( Alsace, Bretagne, Basques, Corses etc..), reliées par une culture commune, une langue commune, une religion plus ou moins commune et maintenant une histoire commune ; cet assemblage a mis des siècles à s’effectuer et il s’est fait pour le moins dans la douleur.
A chaque fois que des phénomènes migratoires se sont produits (Italiens, Espagnols, Polonais, etc...) ils se sont résolus par la volonté d’intégration de ces migrants dans la Société Française et par leur réussite.
Il faudrait qu’il en soit de même maintenant, il n’y a pas d’autres solutions possibles que l’intégration.
Une société multiculturelle, quand les différences sont trop marquées, arrive à devenir un lieu où chacun vit dans l’indifférence de l’autre, alors, ce n’est plus une société.
« les entreprises, elles, répondent aux demandes religieuses »
C’est exact...par mercantilisme suraiguë !
Et SURTOUT ne pas invoquer les directives européennes sur ce sujet, car l’Union Européenne est la première responsable de cette situation, par ses orientations économiques catastrophiques, par son ultra-libéralisme.
Les causes sont AVANT TOUT Économiques...et Politiques.

14/08/2013 16:11 par Dwaabala

La religion est une affaire privée, une affaire privée par rapport à l’État.
L’ État n’a pas à s’occuper de la religion, les sociétés religieuses ne doivent pas être liées au pouvoir d’État. Chacun doit être absolument libre de confesser la religion qui lui plaît ou de n’en reconnaître aucune, c’est-à -dire d’être athée, comme tout progressiste l’est ordinairement.
L’État ne doit accorder aucune subvention ni à aux Églises, ni aux sociétés ecclésiastiques ou religieuses, lesquelles doivent être des unions de citoyens-coreligionnaires, unions absolument libres, indépendantes vis-à -vis du pouvoir.
Voilà pour la théorie. Il est clair que des années-lumière la sépare des faits historiques et de la pratique.
Il n’y a donc pas lieu de s’étonner de voir dans la constitution européenne.« l’enseignement » figurer au rang des droits des religions, ni toutes les subventions (plusieurs milliards d’euros) accordées en France aux institutions religieuses.

Cependant, par rapport à la lutte idéologique, la religion n’est pas une affaire privée : on ne peut et on ne doit pas rester indifférent devant l’inconscience, l’ignorance ou l’obscurantisme que représentent les croyances religieuses ; mais cela ne veut pas du tout dire qu’il faille mettre la question religieuse au premier plan, place qui ne lui appartient pas ; qu’il faille diviser les forces engagées dans la lutte politique et économique véritablement révolutionnaire pour des opinions de troisième ordre ou des chimères, qui perdent rapidement toute valeur politique et sont très vite reléguées à la chambre de débarras, par le cours même de l’évolution économique.
Le peuple conscient mène une lutte large et déclarée pour l’abolition de l’esclavage économique, source véritable de la mystification religieuse de l’humanité.

Dette :http://www.legrandsoir.info/socialisme-et-religion.html

14/08/2013 16:12 par Michel Rolland

Avez-vous remarqué comme rectitude politique, ouverture d’esprit (à sens unique), conservatisme et régression vont de pair ?

Michel

14/08/2013 16:49 par Antar

@ cunegonde godot

Comment une analyse peut-elle être ambigüe sur un sujet qu’elle ne prétend pas traiter ? Non le ‘’vrai sujet’’ de l’article n’est pas l’Islam mais ce que voile le discours sur la laïcité, et comment ses principes ont été dévoyés (voire vidés de leur sens) par les politiciens pour servir leur propre agenda dans un contexte de crise économique et identitaire. Il se trouve que les Français de confession musulmane en sont les boucs émissaires et les principales victimes.

En fait, l’un des messages clés est que l’Islam en France n’est pas le problème et certaines revendications comme celles que vous invoquez (les heures de piscine par exemple) sont des épiphénomènes et relèveraient de l’anecdotique dans un contexte de stabilité économique et de paix sociale. Le tapage médiatique et juridique que le voile intégral a suscité est révélateur, alors que le nombre de femmes qui le portent ne dépasse pas 2000 sur le territoire français. Par ailleurs, je ne comprends pas quand vous dites ’’les Français ne l’acceptent pas...’’ Voulez-vous dire que certains français cessent de l’être dès qu’ils osent solliciter quelques accommodements, aussi saugrenus soient-ils ?

14/08/2013 16:49 par Emilio

Cunegonde dans sa grandeur ex coloniale , les musulmans sont les heretiques de la Republique, il est du devoir des Français de soumettre les peuples inferieurs barbares arrieres .
Non, l intolerance ne vient pas de celui qui tient le baton (et le fusil hier), qui use de son bon droit de repression pour defendre la Liberte Une et Indivisible.. des autres, de la majorite supposee.
Mais de celui qui abuse de sa liberte en vivant ses rites provocateurs ,moyen ageux ,dans un espace publique ou la liberte n a rien a y faire. C est deja bien suffisant de voir ecrire sur tous les frontons , liberte egalite fraternite .. si maintenant et en plus il faut voir leur application dans la rue (et au parlement) ... Les grilles de fer devant les yeux aideront a fait comprendre que c est une evolution sur les grilles de tissu. La democratie des coups de pieds au cul ¡
J ai comme l impression qu une certaine gauche est devenue plus royaliste que le roi , les Julles Ferry du XXI eme siecle en soutane tricolore et ensouche de valeurs bidons, et un regreso du colonialisme intra muros.
Et que fait la police ¿ ben comme d hab elle fait son devoir et applique le droit ... hier la chasse a l heretique direction les buchers, le juif a l etoile jaune direction les camps, aujourd hui le voile des musulmanes en taule et a l amende . Vive le progres social ! Quant a la tolerance .. ben ce sont tout ces ex coloniaux qui sont les agresseurs , bien sur !
Ben desole Cunegonde , cette republique d affront national , ce n est pas la mienne .. et Français je suis .. en fait depuis peu ,mais breton sans majuscule , detruit dans son ame par des rois de France absolutistes et une republique Française , pas moins absolutiste . Combien de temps avant de voir que le jacobinisme est l ennemi de la liberte DES peuples de France ¿

14/08/2013 17:32 par cunegonde godot

Le discours sur la "nouvelle" laïcité est le discours que tenait déjà Sarkozy il y a une dizaine d’années, discours commun à Hollande, les "socialistes" et une bonne partie de l’extrême-gauche pour salon de thé car discours-socle du communautarisme européo-mondialiste que met en place l’UE, une "Europe" ultralibérale que tous soutiennent en faisant semblant de s’en désoler...

Pour moi, athée revendiquée, toute religion est un problème, en particulier l’islam dans ses manifestations les plus courantes que je me refuse (désolée de vous occasionner cette peine) à considérer comme des épiphénomènes. Je suis bête, sans doute, mais pour moi le foulard islamique est islamique comme son nom l’indique, donc revendiquant une religion que l’on considère comme particulièrement arriérée et dangereuse dès lors qu’elle s’exerce à des milliers de kilomètres et qu’il faudrait considérer comme inoffensive ici, en France. Et pour enfoncer le clou, je ne considère pas qu’il existe automatiquement un lien direct entre ces ostentatoires "épiphénomènes" religieux et la "stabilité économique et la paix sociale". Pas du tout même...

14/08/2013 18:08 par Quidam

& quid de la laïcité à Lourdes par exemple ? Lors des rassemblements cathos (grotesques)genre JMJ ? Lors des visites du Pape en France ? Quid des processions ? Quid des offices religieux dans les cimetières ? Des offices religieux retransmis sur les radios publiques ? Des événements religieux - cathos, bien sûr - commentés en boucle des jours entiers & ad nauseam sur "France Info". (la fort mal nommée) De qui se moque-t-on ? ;-)

14/08/2013 19:35 par Anonyme

Merci Dwaabala pour le texte de Lénine !

"La bourgeoisie réactionnaire s’est partout appliquée, et commence à s’appliquer chez nous aussi, à attiser les haines religieuses, pour attirer dans cette direction l’attention des masses et les détourner des questions politiques et économiques véritablement importantes et capitales" dit-il...

Hier ce furent les Juifs, aujourd’hui les Musulmans... C’est pratique ! Tous deux ont en général des traits physiques communs, alors c’est facile de les reconnaïtre et de crier Haro sur le Baudet. Bon. On peut se tromper (dommages collatéraux), mais c’est de la "communication" de masse, non ? Alors, en gros, ça occupe et ça distrait de questions plus politiques, telles que l’Europe agenouillée, l’OTAN, la colonisation, le racisme d’extrême droite, etc... etc...

14/08/2013 20:17 par Quidam

Une petite remarque annexe à propos de l’athéisme dont certains se revendiquent très étrangement, Friedrich Nietzsche a bien montré que l’athéisme était une position aussi indéfendable que la religion, croire en un Dieu ou un non-Dieu c’est strictement la même démarche intellectuelle & les deux sont pareillement irrationnelles !

Dieu n’existerait donc pas ? Cette bonne blague ! Il n’existerait pas comme concept dans l’histoire ? Comme acteur & même moteur principal de l’histoire bien souvent ? Ils n’existerait pas dans l’esprit des trillions d’Homo sapiens qui y ont cru ? Il n’existerait pas en tant que véritable poison de l’esprit humain depuis des temps immémoriaux & pour des milliards d’êtres humains encore à ce jour ? Il n’existerait pas en tant que moteur principal de la répression sociale & de l’obscurantisme, de l’absolutisme & de la tyrannie aujourd’hui encore, dans des dits "pays" comme l’Arabie des Saouds, Bahreïn, etc. ?

Seul l’agnosticisme est une position intellectuellement rationnelle & défendable, & non seulement Dieu existe bien sûr mais il faut le tuer ! ;-)

14/08/2013 20:44 par babelouest

J’appuie à fond Quidam. L’Islam n’est pas un problème, le catholicisme toujours soucieux de reprendre une place prééminente est LE problème. Je remarque que ce n’est pas l’avis de Cunégonde Godot.

Le problème, c’est que souvent les "élites" penchent vers cette dernière religion, et accessoirement son aînée le judaïsme. Ces "élites" sont les résidus des bourgeois bien-pensants du XIXe siècle, et pèsent de tout leur poids parce qu’elles ont l’argent, et souvent les médias.

Déjà, si tout l’argent gagné à la sueur du front des moins riches et kidnappé en direction des paradis fiscaux revenait en France, il n’y aurait plus autant de chômage, et de loin, et les heurts avec d’honnêtes français, musulmans par tradition ou conviction, s’estomperaient. Donc, commençons par là, et le reste nous sera donné en sus.

Et bien entendu, par salubrité publique, cessons de financer les écoles religieuses, pépinières de nos tortionnaires. Abrogeons la loi Savary. C’est le devoir de la Gauche.

14/08/2013 21:27 par Sheynat

14/08/2013 à 17:32, par cunegonde godot
Pour moi, athée revendiquée, toute religion est un problème, en particulier l’islam dans ses manifestations les plus courantes


14/08/2013 à 15:37, par gérard
Vite fait :
LA seule, l’unique question est : la France peut elle accueillir en son sein une entité qui présente des divergences profondes de vie, de philosophie, de culte religieux.

Quel étrange sentiment lorsque je vous lis, cette impression indéfinissable que l’on vit chacun dans sa planète ou sa « bulle », même si en réalité on foule des environnements identiques.
Cela fait maintenant plus de 10 ans que j’habite des quartiers populaires d’une grande ville du Sud de la France, et à la lecture de vos réactions j’ai l’impression d’être une étrangère en face d’étrangers bien plus étranges et différents que les musulmans qui furent mes proches voisins, si proches que j’entendais même les déclics des interrupteurs (normal, dans un bâtiment des années 70, et j’ai l’ouie fine), ce qui n’a pas empêché de bons rapports de voisinages et de convivialité, malgré que je rentrai chez moi crevée d’une journée de travail harassante.
Par contre, dans chacun des quartiers habités, je dépassais pour rejoindre les transports publics, une église évangéliste, et là je fus régulièrement interpellée par leur prosélytisme, chose qui ne s’est jamais produite avec ceux dont vous stigmatisez les agissements.

Et quand je découvre également ce que les merdias en racontent, j’ai aussi ce curieux sentiment de ne pas vivre dans le même monde, où l’on peut se côtoyer dans sa diversité en harmonie avec des personnes qui ne demandent qu’à vivre en paix, et avec un enrichissement culturel supplémentaire, sans pour autant craindre de se faire voler son hochet et ses couches-culottes dans le bac à sable de bas-âge virtuel de l’identitarisme.
Parce qu’au fil du temps j’ai découvert que plus on s’aime et s’accepte telle qu’on est, avec nos différences et nos ressemblances aux autres, moins les particularités d’autrui représentent la mise en péril de ce nous croyons être : c’est pour moi une question de maturité.

Ce qui est peu relayé par contre, c’est la montée en puissance en France et dans le monde d’une autre religion : l’évangélisme chrétien. Pour ceux qui auraient encore quelques doutes à ce sujet, j’invite à lire « les évangéliques à l’assaut du monde » ou encore « le protestantisme en pleine mutation » que j’avais déjà relevés personnellement en 2009. Sur un site très américain (CFR), un billet de 2006 intitulé « Les protestants évangéliques aux Etats-Unis et la politique étrangère américaine » offre des passages assez explicites de ce phénomène dit « théopolitique » , je cite :
La montée en puissance, aux Etats-Unis, depuis une trentaine d’années, du mouvement chrétien évangélique (evangelical), branche conservatrice du protestantisme, est une des clés d’explication de l’imprégnation de la politique étrangère américaine par la morale religieuse.
Ou encore :
Par ailleurs, la confusion entre islamisme radical et religion musulmane est commune dans les cercles évangéliques. Les déclarations de Franklin Graham en 2001, traitant l’Islam de religion « violente » ainsi que celles de Jerry Falwell, un an plus tard, sur le caractère « terroriste » du prophète Mohammed rappellent l’ampleur des préjugés évangéliques.

Au fait :

« les entreprises, elles, répondent aux demandes religieuses »
C’est exact...par mercantilisme suraiguë !

Je me permets de corriger :
les entreprises, elles, répondent aux demandes religieuses ou non dans l’esprit de 1905.

14/08/2013 22:47 par cunegonde godot

Cher Quidam,
Tout ce que vous écrivez dans votre dernier message est une variante sur l’athéisme, mais vous ne vous en rendez pas compte car manifestement vous maîtrisez mal le concept que vous prétendez m’ "expliquer". De plus, le ton que vous employez ne m’encourage pas à poursuivre.

15/08/2013 00:08 par Anonyme

Bon. Les religions et l’Etat sont séparés (comme en France et en Turquie), chacun pratiquant avec plus ou moins de fidélité aux ancêtres et plus ou moins de conviction personnelle le culte dont il a hérité, il se pose à l’Etat des questions purement "profanes" :

- Doit-il y avoir un ou des jours où les humains ne travaillent pas ? Si oui, lesquels ? Les "religions du livre" se sont en effet bien arrangées pour que ce ne soit pas le même jour que leur "dieu se repose" de sa supposée "création"... Et doit-on cesser toute activité lors des "fêtes religieuses" ?

- Doit-on légiférer sur la tenue vestimentaire des femmes (surtout des femmes) en fonction du degré de désir que celle-ci susciterait chez les hommes ? String ou pas string qui dépasse du jean ? Foulard ou pas foulard ? Si oui, quelle taille ? Noué sous le menton ou sur la nuque ? Seins nus ou pas seins nus ? Torse nu ou pas torse nu ? Poils ou pas poils ?

- Doit-on légiférer sur l’homosexualité (surtout des hommes) ? Sur la pédophilie ?

- Doit-on légiférer sur l’exploitation physique - car c’est le plus visible - mais aussi mentale, du plus faible par le plus fort ?

- Doit-on interdire le viol ?

- Doit-on mettre à disposition de chaque adepte des aliments entourés de telle ou telle prière, de tel ou tel rite, suivant la religion qu’il dit pratiquer ?

- Comment se célèbre une naissance, comment fait-on "son" deuil, dans une société ou les parents peuvent avoir des traditions religieuses différentes ou bien ne pas en avoir ?

Etc...

Ces questions se posent pour les adultes mais de manière cruciale pour les enfants. Au fait, à partir de quel âge, ou de quel évènement, n’est-on plus un enfant ?

15/08/2013 00:44 par Quidam

@ babelouest
Vous avez parfaitement raison de souligner le souci des écoles confessionnelles que je n’avais pas mentionné & qui est tout à fait intolérable.

Mais il a un autre souci que nous avons tous deux omis de mentionner, à savoir les sectes, un risque majeur pour notre jeunesse & qui ne cessent de sévir & prospérer en toute impunité.

Tout le monde se souvient sûrement qu’il y a eu moult enquêtes & travaux parlementaires sur le risque évident que constituent les sectes pour la jeunesse & les individus vulnérables, sur quoi à chaque fois ont-ils donc débouché ? Sur rien bien sûr ! A chaque fois enterrées bien gentiment comme par hasard ou par miracle !

Les sectes comme la dite église de scientologies & autres plus surréalistes les unes que les autres & objectivement plus qu’inquiétantes continuent d’avoir pignon sur rue, de prospérer & de crouler sous des masses d’argent dont personne ne sait exactement d’où il provient ou plutôt personne ne veut le savoir …

@ Cunegonde Godot
Je comprends mal que vous preniez la mouche suite à mon commentaire du 14/08/2013 à 20:17, vu qu’il ne s’adressait – comme vous le constaterez en le relisant attentivement – à personne à particulier & que je n’y fais qu’exprimer mon sentiment comme c’est généralement d’usage sur un site de discussions ! Donc je ne sais pas d’où vous sortez mes prétentions à vouloir expliquer je ne sais quoi à je ne sais qui & mon ton qui ne serait-je ne sais trop lequel, si ce n’est à une lecture très très imaginative entre les lignes peut-être ??!!

15/08/2013 03:41 par DeeJay

C’est avec beaucoup de réticence que j’entre dans ce débat, qui a mon avis, est plus du "pédantisme (masturbation ?) intellectuelle" de la part de certains, qu’une échange dialectique sur le sujet en cause.

Pas étonnant que la droite réactionnaire, capitaliste et stupide, se moque de nous !

"Une République Laïc", ne doit faire d’exceptions, aménagements ou accommodations spéciaux, spécifiques a quelconque "religion" ou "croyance". Point finale.

@Emilio-Tu exagères un peu dans ta colère "tous azimuts".

@Quidam- L’athéisme n’est pas "une croyance" mais une "démarche raisonnée de la pensée", qui s’appui sur la dialectique et la science, donc rationnelle, et qui réfute l’existence d’une divinité, créateur,"Dieux".
Toute les religions "organisées, structurées", ont a la base, la "croyance" d’un être suprême, le créateur de l’univers, "Dieu". Que sans cette "croyance" d’un "Dieu createur", la raison d’être d’une religion "structurées", cesse d’exister.
Agnosticisme n’exclus pas, absolument, l’existence d’un "Dieu" mais prétend que toutes tentatives de le identifier ou définir, comme futile et que l’Homme est incapable de trouver la réponse dans ses démarches métaphysiques, religieuses.
Donc "Agnosticisme" est une "croyance", personnelle, intime mais en dehors d’une religion structurées et que la notion d’un "Dieu" est libre d’interprétation.

Maintenant je vous laisse dans vos démarches d’identifier le sexe des Anges. Car apparemment, c’est ce qu’il vous préoccupes le plus.

15/08/2013 04:17 par babelouest

@ Quidam
Merci de me rappeler les sectes, et leurs discrets soutiens qui réussissent à faire passer - ou bloquer - les amendements qu’il faut quand il le faut afin de les maintenir à flot. La chrétienté en produit à la pelle, et le catholicisme est l’une d’entre elles, plus ancienne donc mieux assise.

Le problème des religions, ce n’est pas qu’elles existent, c’est qu’elles se mêlent de politique. Au point d’ailleurs d’insister pour interférer sur la vie de personnes qui les récusent et veulent vivre une autre vie. D’ailleurs, le mot catholique veut dire, paraît-il, "universel" : soit une Oumma qui emploie d’autres termes.

Face à "ces gens-là", agnostiques et athées sont désarmés, car ils n’ont pas de médias pour soutenir un message trop simple, peut-être ? Ce message, c’est "vivons comme nous l’entendons, aussi longtemps que cela n’interfère pas sur la vie des autres". C’est simple, mais cela va loin. La laïcité n’est pas que l’affaire de l’État dans sa législation, elle est aussi celle des citoyens. Incidemment, ceux qui militent, parfois violemment, contre le "mariage pour tous", contreviennent de façon évidente à ce message. De même ceux qui refusent pour les autres la contraception, l’euthanasie ou l’avortement. Ce sont de graves abus.

15/08/2013 09:57 par Leo Lerouge

@Dee-Jay
Si le débat ici présent est du "pédantisme intellectuel", distribuer des mauvais points aux uns et aux autres, et traiter certains du haut de votre apparente science ne le relève en rien.
Pourtant votre ton péremptoire pouvait laisser présager le contraire.
Quand quidam dit, de façon laconique : "Seul l’agnosticisme est une position intellectuellement rationnelle & défendable", il a raison.
Vous dites : "l’Agnosticisme" est une "croyance", personnelle, intime mais en dehors d’une religion structurées et que la notion d’un "Dieu" est libre d’interprétation". (c’est bien confus, tout ça).
De même qu’il a été dit que l’agnosticisme est "une variante sur l’athéisme".
Tout cela est inexact.
L’agnosticisme est une position philosophique distincte, à la fois de l’athéisme et de la foi religieuse.
De même, le terme de "croyance" que vous réfutez pour l’athéisme n’est pas aussi ridicule que vous semblez le croire, puisque l’athée ne se base pas, lui non plus, sur des preuves scientifiques irréfutables mais sur son intime conviction.
Si c’était le cas, d’ailleurs, les scientifiques seraient tous athées (à quoi bon croire en un dieu dont il est prouvé scientifiquement qu’il n’existe pas ?), or, il n’en est rien.
De même, qualifier l’agnosticisme de "croyance" (et "intime" de surcroit) est un contre-sens, puisque sa caractéristique, c’est, justement, le doute.

Le croyant pense que dieu existe, l’athée pense qu’il n’existe pas, et l’agnostique [(mot qui vient du grec a (privatif) et gnosis ("connaissance")] dit qu’il n’en sait rien parce qu’il est impossible actuellement de se prononcer sur l’existence ou pas d’un dieu.
Ce n’est, donc, ni un croyant, ni un athée : il ne rejette pas a priori l’existence ou la non-existence d’un dieu, il demande à ce qu’on la lui prouve.
Et sa philosophie est bien distincte des deux autres, qui sont des "croyances" au sens large, même s’il peut pencher personnellement pour l’une ou l’autre par défaut.
Donc, c’est bien lui qui a la démarche la plus rationnelle.
Après, chacun pense ce qu’il veut et adapte ces trois concepts avec plus ou moins de rigueur, selon d’autres critères, comme des choix philosophiques ou politiques.

C’était bien tenté, certes, mais vous avez contribué, vous aussi, à l’onanisme cérébral ambiant.

15/08/2013 10:02 par Quidam

@ DeeJay

Si l’on en croit nos dictionnaires de la langue française – qui font généralement référence en la matière – aux dernières nouvelles :

- L’athéisme serait une "Doctrine qui nie l’existence de Dieu."

- L’agnosticisme serait une "Doctrine qui considère que l’absolu est inaccessible à l’esprit humain et qui préconise le refus de toute solution aux problèmes métaphysiques."

Car sinon cela devient très très compliqué si l’on ne sait pas exactement de quoi l’on parle …

Pour ce qui est d’une "démarche raisonnée de la pensée", ils n’ont pas ça en magasin …

Je n’ai en outre pas eu connaissance que la science ait prouvé l’inexistence de Dieu, pas plus que son existence d’ailleurs, mais peut-être ai-je manqué un épisode tout récent ? Pas plus que la dialectique, soit aux dernières nouvelles, une "Méthode de raisonnement qui consiste à analyser la réalité en mettant en évidence les contradictions de celle-ci et à chercher à les dépasser", toujours d’après la même source.

Quant au sexe des anges – en bon agnostique que suis – je ne vois pas d’utilité à m’y intéresser, mais puisque vous amenez la question peut-être avez-vous des choses intéressantes à dire sur ce sujet ?

15/08/2013 10:44 par Dwaabala

L’athéisme est un terme ambigu par sa référence à dieu, donc aux religions. Alors que l’athée mène sa petite vie tranquille tant que la religion ne vient pas le chatouiller : il se passe de tout son fatras sans aucun problème autre que l’émerveillement ou l’effroi devant ce que les sciences et les arts lui révèlent.
Cependant l’athéisme est le scandale absolu pour le croyant dont toute la conception du monde se trouve ainsi remise en question. C’est pour cela qu’il est rarement laissé tranquille.
La version philosophique raffinée de la croyance est l’idéalisme. Que le matérialisme philosophique combat en posant la question qui tue. Qu’est-ce qui est premier de la matière ou de l’esprit ? L’homme pense-t-il avec son cerveau qui est le fruit d’une histoire, ou son cerveau est-il le fruit d’une pensée qui lui serait extérieure ?
L’agnostique prétend ne pas prendre position : il laisse ainsi la porte ouverte à ce que le matérialisme militant affronte.

15/08/2013 13:11 par Lulu

" Pas étonnant que la droite réactionnaire, capitaliste et stupide, se moque de nous ! "

Effectivement. Toutes ces questions métaphysiques ne trouveront jamais de réponse. D’où le piège tendu et dans lequel la gauche sombre à chaque fois. Les mosquées, les églises, personnellement, j’en ai rien à faire ; en revanche, ce qui me semble être le plus important, c’est les salles de marchés et les écoles de commerces, véritables postes avancés de la colonisation fasciste anglo saxonne, et qui diffusent en France et dans chaque recoin de nos vies le mythe libéral de la main invisible du marché, croyance à laquelle nous sommes sommés de nous soumettre.

15/08/2013 13:31 par Dominique

On a pas encore parlé de la libre pensée. Un libre penseur peut être athée comme moi ou croyant comme l’était Garaudy. Ma définition de la libre pensée est que je ne crois que ce que ma raison me permet de croire.

Ce qui implique que je suis d’accord avec Garaudy quand il dit que l’athéisme est une religion quand, comme les religions, il déclare détenir la seule vérité. Nous croyons tous en quelque chose. Et prétendre que notre croyance est supérieure à celle des autres est un forme de racisme.

Mais étant athée, j’ai l’avantage sur lui d’être neutre par rapport aux religions, ce qui me permet de considérer qu’il n’y en a pas une pour racheter les autres. De plus, je prétend être capable de démontrer l’impossibilité d’un dieu personnel non seulement avec des arguments rationnels, arguments auxquels les croyants ne sont pas réceptifs et qui donc ne servent à rien, mais aussi en utilisant les contradictions internes des théologies religieuses. Pour cela, il n’y a qu’à lire la bible, ce livre n’arrête pas de dire tout et son contraire. Il est donc tout autant possible de l’utiliser pour démontrer l’omnipotence de dieu que sa totale futilité. Mais bon, passons...

Wilhelm Reich a été plus loin que Nietsche. Il nous invite non seulement à cesser d’adorer des dieux personnels, mais aussi et à la place à adorer la nature en essayant simplement de la comprendre.

Ce n’est pas pour rien que les éléments les plus réactionnaires de notre société sont viscéralement opposés à l’écologie. Comme moi, ils ont lu la bible, et peut être aussi des livres d’autres religions, et ils savent bien que les dogmes de base de tous ces livres, et donc de toutes les religions organisées, attribuent des qualités superstitieuses aux choses afin de séparer l’homme de la nature et d’établir ainsi une hiérarchie entre leurs dieux, les hommes et le reste de la création. Ils savent bien que sans cette hiérarchie fondamentale entre une superstition, l’homme et la nature, il n’est pas possible de développer une deuxième hiérarchie entre les hommes, certains se retrouvant plus près de leurs dieux que les autres.

Ce qui se passe aujourd’hui avec la disparition accélérée des conditions nécessaires à la vie de haut niveau sur cette planète, notre seule source de vie, donne entièrement raison à Reich sur ce point.

Pour revenir à la laïcité, elle n’a jamais été effective. L’État a toujours continué à accorder des subventions aux religions. Et les curés à bénir les armées. Comme ils disent en Suède, l’Église d’État est devenue l’Église du peuple. Ceci même si les églises sont vides. Pour entretenir le mythe, ils vont sans doute nous montrer le baptême du bébé royal avec Bono dans le rôle du soupirant.

Pendant le même temps, nous vivons une période de crise et des millions de parents de bébés pas royaux n’ont même pas les moyens de nourrir correctement leurs enfants et de leurs acheter des bons souliers et des vêtements chauds pour l’hiver. Les bourgeois l’ont bien compris, c’est pour cela qu’ils reviennent à leurs fondamentaux, et la religion a toujours été un de ces fondamentaux.

Face à l’intolérance des religions, il n’y a qu’une seule cure, la même que contre le racisme, c’est le respect. Seul le respect peut permettre à des gens différents de s’asseoir à la même table et de se mettre d’accord. Et pour cela, nous n’avons pas besoin de lois liberticides.

Bien au contraire, la prohibition du voile ne fera que renforcer l’islamisme et le pousser vers la clandestinité. Quand en plus l’on sait que les mouvements islamistes sont tous financés par des agences occidentales comme la CIA et des dictatures comme celles des Saouds et des Al-e-Khalifa, on mesure toute l’hypocrisie de ces lois "démocratiques" dont le seul but est de diviser les peuples du monde.

Comme ils disent en Amérique latine, Un peuple uni ne peut être vaincu !

15/08/2013 13:42 par Toff de Aix

Ehhh ben... Je m’en vais deux minutes et je retrouve l’auberge en feu dis donc ! :)
Plus sérieusement, dès qu’on parle de religion, de croyance ou d’intime conviction l’ego ressurgit en force hein.... Si nous gardons la tête froide, et évitant de nous emporter, il suffit de constater deux/trois petites choses par rapport à ce ’debat’ :
1) à qui profite le crime ? Pendant que ça s’etripe sur cette question ou sur le mariage homosexuel (une autre variante), certains ont les coudées franches pour continuer leur politique capitaliste mortifère, chacun chez soi et les paradis fiscaux seront bien gardés.

2)franchement, z’en avez pas marre d’avoir peur de l’autre, de sa différence ? Et quand bien même les obscurantistes voudraient des horaires de piscine aménagés, ça commence à me soûler de voir mis en exergue un exemple minoritaire tel que celui ci, par rapport à l’immense majorité des musulmans qui ne demandent qu’à pratiquer peinards leur religion.... Et qui ne tombent pas dans ces travers moyenâgeux. Depuis quand islam veut dire obscurantisme ? Vous croyez que les chrétiens sont mieux, avec leurs guerres de religion (Irak inclus ne vous en deplaise) et j’en passe ?
Ce qui est obscurantiste, c’est la peur de l’autre, tout ce qui nous coupe des autres. Ne vous trompez pas de cible : le reste coule de source, la laïcité n’est et ne doit rester qu’un cadre de vie, pas un outil dirigé contre l’une ou l’autre communauté.

15/08/2013 17:48 par vm

Heureusement pour lui que Dieu n’existe pas, sinon à l’heure qu’il est il serait en train de brûler pour l’éternité dans les flammes de l’enfer, étant lui-même le plus grand criminel de l’histoire.
Toutes les religions institutionnelles font, ont fait ou feront encore violence à la personne humaine, soit directement et de façon sanglante, soit de façon sournoise et hypocrite, en gouvernant les esprits, en les empêchant d’y voir clair dans le monde tel qu’il est, et en les détournant de leur premier devoir, qui est de comprendre et d’agir pour le bien commun de l’humanité, et non pas seulement pour son "prochain". Et cela crée des obligations tant pour les Etats que pour les individus.
Toutes les religions font passer leur intérêt de religion avant l’intérêt humain. Elles sont, ont été ou seront toujours des diversions ou des alibis, au service des puissants ou récupérées par eux. Il suffit d’arroser les congrégations pour s’assurer un électorat docile, prêt s’il le faut à adorer, non seulement le veau d’or, mais encore ses propres oppresseurs.
C’est pourquoi la laïcité au sens que défendent C. Delphy et R. Liogier est la seule manière de sauvegarder la cohésion sociale entre croyants et non croyants, quelle que soit la religion concernée. L’Etat assure la liberté de conscience et des cultes, mais l’enseignement tout entier doit être public et laïque. Les écoles confessionnelles, comme l’ont déjà dit d’autres intervenants, sont une aberration. Il semble que là encore, F.Hollande et le Parti Scélérat, dignes héritiers du gouvernement sarkozyste, nous préparent de nouvelles régressions. Vigilance !

16/08/2013 12:15 par Dominique

La séparation de l’église et de l’état ne remonte pas à si longtemps que cela. En Suède, elle remonte même à moins d’un siècle. Et le débat est assez différent là-bas. Tous les suédois sont d’accord que l’école doit être laïque. Peut-être parce qu’ils ont encore des vieux qui, quand ils sont interviewer, déclarent :

"Vous ne vous rendez pas compte de la chance que vous avez. De notre temps, s’il y avait eu autre chose que des cours de religion, on aurait peut-être pu apprendre quelque chose."

16/08/2013 12:28 par Dominique

Et historiquement, les premières "écoles" laïques pour le peuple en Suède ont été les cours et les formations organisées par les syndicats.

16/08/2013 14:47 par Taliondachille

Déjà 27 contributions... A chaque article sur les religions c’est le déluge ! Pendant ce temps le néolibéralisme avance.
2 choses quand même :
Arrêtez tous d’en appeler à la République, c’est une belle saloperie qui a ravagé les colonies et dont le nombre de victimes n’a rien à envier à une dictature.
La loi de 1905 n’est qu’un triste enfumage : elle n’a fait que séparer le pouvoir religieux du pouvoir d’état. Donc elle reconnaît le pouvoir religieux, et donc la 1ère chose à bazarder c’est cette loi infâme.

16/08/2013 18:54 par BARBE

Bsr, juste un mot concernant votre article. La France est une république Laïc (loi de 1905), l’article 9 "EUROPEEN", précise :
"La liberté de manifester sa religion ou ses convictions ne peut faire l’objet d’autres restrictions que celles qui, prévues par la loi, constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité publique, à la protection de l’ordre, de la santé ou de la morale publiques, ou à la protection des droits et libertés d’autrui."
Merci de préciser également ce qu’est la loi de 1905 (malheureusement non respectée, car l’ETAT n’a pas à financer les cultes) qui plus est. N oubliez pas de nommer les états laïcs en Europe ; la religion est un cancer (cf Egypte, Tunisie etc, à ce jour).

17/08/2013 02:37 par babelouest

Barbe : " L’État n’a pas à financer les cultes"
Précisément, c’est la loi Savary qui est en cause, pas la loi Combes.

Quant à dire, comme le commentaire précédent, que la loi de 1905 est à abattre parce qu’elle "reconnaît le pouvoir religieux", c’est inadéquat car chaque religion se prétend issue d’une sorte de philosophie, et la liberté des idées, qu’on le veuille ou non, est depuis la Constitution de l’an I une des bases de la République. A moins de basculer dans la dictature comme en 1685 (révocation de l’édit de Nantes par le tyran louis le quatorzième).

17/08/2013 08:23 par njama

l’article 9 "EUROPEEN", précise :
"La liberté de manifester sa religion ou ses convictions ne peut faire l’objet d’autres restrictions que celles qui, prévues par la loi, constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité publique, à la protection de l’ordre, de la santé ou de la morale publiques, ou à la protection des droits et libertés d’autrui."

Loin de moi l’idée de contester cette grande envolée (un peu idéalement lyrique), mais l’Europe dit aussi dans son article 17 du TFUE (Traité de Fonctionnement de l’Union Européenne), qui est une "Directive" - au rang d’obligation juridique (sic) - s’imposant à tous les États membres, d’entretenir un dialogue permanent et régulier avec les Églises et les organisations non confessionnelles ...

L’Europe n’est donc pas "laïque", et ceci explique cela ... (en sortant de notre petit canton national, avec une autre grille de lecture, on comprend mieux)

Non, toutes ces attaques contre la laïcité, que Sarkozy souhaitait "positive" - comme s’il en existait une "négative", "ouverte" selon les voeux de Manuel Valls (à l’opposé de toutes traditions socialistes), comme s’il en existait une "fermée", "apaisée" (la laïcité était-elle "agitée" ?) ou "inclusive" pour d’autres, ... ne sont pas des facéties politiques nationales dans l’air du temps..., mais bien des tentatives de mise en oeuvre de cette Directive (véreuse), comme si le concept de laïcité pouvait avoir avoir le même sens partout en Europe, alors même que pour chaque État européen il s’est façonné sur sa propre histoire.
L’Allemagne rémunère les prêtres sur la base d’un Concordat signé entre le Vatican et Hitler, et les autres clercs (protestants et autres) par équité, la Belgique subventionne les religions et autres associations civiles à la hauteur de leur représentativité nationale (statistiques impossibles chez nous en France fort heureusement) ...
Bref, la laïcité européenne est un immense bric à brac, et l’on voit mal qu’elle pourrait être un concept commun, admis consensuellement. Déduisons-en que la laïcité française est totalement insoluble dans l’Europe !

Prenons l’application de cette "Directive" (art 17 TFUE) en défaut :
D’une part, les "dignitaires" (?) religieux sollicités pour ce "Dialogue" avec les Institutions européennes, n’étant pas élus (et question "parité",exagérément "mâles" de surcroît) n’ayant absolument aucune représentativité démocratique, ne représentent qu’eux-mêmes, et parlent en leur nom propre OU au nom de leur multinationale de la "foi" ! Par qui, lesquels sieurs sont-ils conviés au banquet de ce "Dialogue", sinon que par nos élus politiques, au gré de leurs choix ou leurs intérêts électoraux, ou de leur empathie pour l’un ou l’autre ...
Représentent-ils la "société civile" ???

Même chose pour les "organisations non confessionnelles ...", une immense "nébuleuse" de milieux associatifs. Philosophiques ou philanthropiques" (non-confessionnelles) soi-disant hôtes du banquet de ce "Dialogue" permanent et régulier avec les institutions européennes (qui feraient office de représentativité de la "société civile" ???? ... à quel titre ?).
Pour illustration, si l’on prend le cas assez mondialisé de la franc-maçonnerie, entité sinon abstraite du moins très secrète (abstraction faite pour simplifier de ses différents courants sectaires), avons-nous affaire à une myriade d’associations locales, ou a une multinationale ? En quoi celles-ci pourraient-elle se prévaloir d’être l’expression d’une volonté populaire et de s’exprimer en son nom ?
Les "bugs" ne manquent pas, certains aimeraient avoir voix au chapitre, saisir la perche tendue, l’aubaine européenne, mais on leur refuse hypocritement l’audience ...
Exemple : la Fédération Humaniste Européenne (FHE) a déposé une plainte auprès du Médiateur européen en faisant valoir que la Commission européenne a refusé de se conformer à l’application de l’article 17.3 du Traité sur le Fonctionnement de l’Union européenne (TFUE)
http://www.laicite.be/actualite/l_ombudsman_de_l_ue_souligne_les_manquements_de_la_commission_vis_a_vis_de_la_fhe_dans_l_application_de_l_article_17_du_tfue

http://jeanmariecavada.eu/co-signature-dune-question-ecrite-sur-lapplication-de-larticle-17-du-tfue-2/

L’humanisme (notion pour le moins universelle et antique) n’aurait-il pas le vent en poupe au niveau européen dans ce contexte de "mondialisation" ?
Est à dire que l’on préférerait "confessionnaliser" la vie politique, la "libaniser" ? la "communautariser" ?

Diviser pour mieux régner ... ?

17/08/2013 21:45 par Christian D

Laicité, tolérance et statut de la "différence".
La différence entre une société laique et une société tolérante est que la première pose un espace neutre ou l’individu n’est pas figé dans une identité, une origine ethnique, sociale ou religieuse.
L’identité est affaire privée (avec des interactions sociales extérieures). Ce qui ne veut pas dire que les religions n’interviennent pas en public dans la société civile. Ce droit d’intervention est reconnu. Il y a droit à la différence sous de multiples formes dirait-on . Le problème n’est pas là.

Le problème est que la tolérance veut faire cohabiter des identités qu’elles veut reconnaître et valoriser (alors qu’elles s’opposent souvent) alors que la laicité veut voir elle des individus égaux et estime que dans "droit à la différence" c’est le droit qui compte mais pas la différence. Je me souvient d’ailleurs que P Tévanian répétait cela contre Taguieff ! Les différences existent mais n’ont pas pas être valoriser, les figer. On peut au contraire les critiquer dans la société civile, qui est un espace de débat, du moins si l’on ne tombe pas dans le racisme ou le sexisme.
C Delarue
NB / La loi de 1905 a déjà été modifiée huit fois, ce qui modifiait la définition de la laicité.

17/08/2013 22:06 par gérard

« L’humanisme (notion pour le moins universelle et antique) n’aurait-il pas le vent en poupe au niveau européen dans ce contexte de "mondialisation" ?
Est à dire que l’on préférerait "confessionnaliser" la vie politique, la "libaniser" ? la "communautariser" ?
Diviser pour mieux régner ... ? »

Il y a un début de réussite au Grand Soir !
@ njama
Oh que cette conclusion m’interpelle au plus haut point !
Elle me semble rejoindre une préoccupation de la plus haute importance de Pierre Hillard dont chacun sait que son "cheval de bataille" est le N.O.M.( le Nouvel Ordre Mondial) ; c’est quelqu’un qui n’est pas de ma famille politique pourtant mais en qui j’ai instinctivement confiance ; son élocution et sa prodigieuse mémoire m’impressionnent, mais...il n’y a pas que ça ; je n’arrive pas à le considérer comme affabulateur, manipulateur ou autre ; c’est un hyper pessimiste, ça oui...
Le "diviser pour mieux régner" est déjà un objectif pour le Système (presque) réussi au Moyen Orient ; qu’il soit aussi l’objectif du Système au niveau des communautés religieuses, cela demande plus amples détails, c’est possible ?
Mais il me semble bien que P. Hillard en avait parlé aussi...

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