Le non-événement de proclamation à l’ONU :

Plaidoyer pour la paix en Palestine

illustration Fiko
« L’Amérique ne tournera pas le dos à l’aspiration légitime du peuple palestinien à la dignité, aux chances de réussir et à un État à lui ; la seule résolution consiste à répondre aux aspirations des uns et des autres en créant deux États, où Israéliens et Palestiniens vivront chacun dans la paix et la sécurité. (...) C’est pourquoi je compte personnellement poursuivre un tel aboutissement avec toute la patience et le dévouement qu’exige cette tâche. »

Président Obama, discours du Caire, en juin 2009

Effectivement, le président Obama avait proposé en septembre 2010 à l’ONU la création d’un Etat palestinien pour septembre 2011. Dans ce cadre, il a proposé, en mai, la création d’un Etat palestinien dans les frontières du 4 juin 1967. Mal lui en a pris. Le lobby pro-israélien l’ont rappelé à l’ordre. Il s’est alors rétracté en ajoutant qu’il a été mal compris ; il ajoute que des échanges de territoires devront être consentis. Là encore, c’est un niet de la part d’Israël qui, on s’en souvient, malgré le simulacre des négociations de septembre 2010, continuait allègrement et à marche forcée, ses implantations dont tout ce qui avait de la valeur sur les terres palestiniennes avec en prime une judaïsation totale de Jérusalem et une « agression » lancinante des Lieux-Saints de l’Islam sous les regards tétanisés de la communauté internationale et de la lâcheté des potentats arabes plus soucieux de conserver leurs trônes que de dire le droit.

Les révoltes de la jeunesse arabe de 2011 ont donné l’illusion que les peuples relevaient la tête, on a même vu des jeunes palestiniens se révolter contre l’incurie des deux pouvoirs palestiniens celui de Ghaza et celui de Ramallah. En vain, le rapprochement a échoué. Il n’en fut rien. Tout se re-normalise dans le sens voulu par les architectes occidentaux de ces révoltes. Depuis quelques mois, Mahmoud Abbas, dos au mur, réclame à cor et à cri un Etat palestinien. Pourquoi le fait-il ? Le pourra-t-il ? Quels sont ses alliés et ses détracteurs ? Quelles sont les conséquences ? Pour rappel, à ce jour, l’État de Palestine revendiqué par la Déclaration d’Alger en 1988 est reconnu par 117 pays membres de l’ONU sur 193, et que son statut à l’ONU se situe entre celui d’« observateur » et celui de « membre », mais sans droit de vote. Benyamin Nétanyahou a tourné en dérision cette majorité automatique à l’Assemblée générale « où n’importe quelle résolution peut être adoptée ». Elle « peut même décider que le soleil se lève à l’ouest et se couche à l’est », a-t-il ironisé, ’’mais elle n’a ni le poids, ni l’importance du Conseil de sécurité ». Voilà qui est clair ! Israël - qui a bafoué une quarantaine de résolutions- n’ a que mépris pour l’ONU, et la légalité internationale.

Les pour et les contre

Dans une tribune publiée mardi par le New York Times, le prince Turki al-Faysal avertit que, si l’Amérique appose son veto, elle « perdra » son allié saoudien, ce partenaire crucial de l’Amérique au Moyen-Orient. La Turquie, autre alliée de plus en plus récalcitrant, a également fait monter la pression en affirmant que reconnaître la demande palestinienne n’était « pas un choix mais une obligation ». (...) En réalité, personne ne sait ce qu’il en sortira. L’armée israélienne procède à des exercices de simulation en tenue pour faire face à d’éventuelles émeutes palestiniennes. La semaine dernière, des colons extrémistes ont vandalisé des mosquées [et arraché des pieds de vigne plantés par les Palestiniens] et une base militaire israélienne. (...) ».(1)

Yossi Alpher y voit un plus pour Israël puisque les ambitions palestiniennes sont limitées. Ecoutons-le : « Nétanyahou, écrit-il, ne veut pas entendre parler d’Etat palestinien. Pourtant, les négociations, en ce cas, ne porteraient plus sur le retour des réfugiés ni sur les Lieux saints...(..) Nous dirigeons-nous vers une détérioration générale des relations israélo-palestiniennes sur fond de triomphe palestinien ou vers une série de non-événements certes bruyants mais qui ne mèneront nulle part ? (...) » (2)

«  Par cette initiative, Abbas demande en effet à l’ONU de régler un problème territorial avec la reconnaissance officielle d’un Etat palestinien basé sur les frontières de 1967 ayant sa capitale à Jérusalem-Est. Il ne demande pas à l’ONU de légiférer sur le droit au retour des réfugiés ni sur l’esplanade des Mosquées à Jérusalem, deux points qui font échouer les négociations directes. Il ne s’adressera plus à Israël au nom d’organisations de libération qui représentent surtout la diaspora palestinienne. La question des frontières sera plus facile à négocier d’Etat à Etat, contrairement à maintenant, puisque cette question est liée à des thèmes sur lesquels l’OLP se montre intraitable. Tous les sujets les plus difficiles seront plus faciles à négocier entre deux Etats ».(2)

L’Occident n’a toujours pas pris acte de la nécessité de rendre justice au peuple palestinien. Alain Juppé, parlant de cette situation, dit que le statu quo est intenable pour Israël qu’il invite à « négocier ». Il ne dit pas sur quoi ? Son sous-entendu est de rogner encore ce qui reste de comestible du bantoustan palestinien. Mieux, le président Sarkozy pense avoir la solution : proposer à Mahmoud Abbas un statut du type « Vatican ». Le Vatican ; combien de divisions aurait dit Staline ? En cas d’échec au Conseil de sécurité, du fait du véto promis par les Etats-Unis, les Palestiniens pourraient se tourner vers l’Assemblée générale pour demander le statut d’ « Etat non-membre », à l’instar du Vatican. On l’aura compris, les pays occidentaux et leurs alliés ne veulent pas d’un Etat palestinien avec tous les attributs. Leur offre de négociation aux Palestiniens tient du canalar. Négocier quoi ? Que reste-t-il des territoires palestiniens maintenant que 500.000 colons se sont installés en Cisjordanie sur les meilleures terres et que Jérusalem est totalement sous l’emprise israélienne ? Les Palestiniens n’ont pas le droit de construire, voire de réparer leurs maisons à Jérusalem Est.

Deux Etats

Cette initiative serait, disent les médias occidentaux, combattue au sein même des Palestiniens. Nabil Amr, présenté comme un leader du Fatah, est contre. Pour lui, il ne faut pas se mettre à dos les Etats-Unis, l’Europe, Israël et les pourvoyeurs de la Palestine. « La demande d’adhésion d’un Etat palestinien de Mahmoud Abbas comporte de nombreux risques. » C’est en ces termes que le mouvement islamiste a exprimé son hostilité. (...) L’annonce a mis un terme à cinq mois de silence prôné par le Hamas, après la signature, le 27 avril au Caire, d’un accord historique de réconciliation nationale avec son ennemi de toujours, le Fatah, au pouvoir en Cisjordanie. (..) « Pour l’organisation, Mahmoud Abbas cherche, à travers son initiative de sauver l’Autorité palestinienne, à exister sur la scène internationale », explique Julien Salingue, enseignant à l’Université Paris VIII. « Le Hamas n’a donc aucun intérêt à y participer et même tout à gagner à ce que la démarche échoue. » (...) « Aucun acteur palestinien n’a de mandat pour faire des concessions historiques sur le territoire palestinien ou les droits des Palestiniens, en particulier le droit au retour », a ainsi lancé le Premier ministre du Hamas, Ismaël Haniyeh, dans une allusion aux plus de quatre millions de réfugiés palestiniens éparpillés dans la région, dont près de 1,1 million vivent à Ghaza »(3).

Même son de cloche de Fadwa Nassar qui pense que la démarche de Abou Mazen va sonner le glas de la réconciliation : « Les communiqués de personnalités, d’associations et de mouvements, des partis et organisations, insistent sur un ou plusieurs arguments pour rejeter en bloc l’initiative de l’Autorité, l’accusant surtout d’avoir abandonné en route les principales revendications palestiniennes, que sont la libération de la Palestine et le droit au retour des réfugiés mais l’accusant aussi de manque de transparence quant à la finalité de la démarche : un Etat palestinien, pour quoi faire ? Il reste cependant un aspect des plus graves dans cette démarche, celui d’avoir mis de côté ou même tué le processus de la réconciliation interpalestinienne. (...) La situation dans la ville d’El-Qods, menacée de judaïsation et de nettoyage ethnico-religieux, laisse craindre le pire, si la réconciliation interpalestinienne sur des bases saines et claires n’est pas adoptée. (...)Pourquoi se dirige-t-on à l’ONU et qu’est-ce qui changera sur le terrain ? Quelles sont les compromissions faites ou à faire ? De quel Etat parle-t-on au juste ? Alors que les forces palestiniennes de la résistance exigeaient la fin de la coordination sécuritaire avec l’occupant, celle-ci ne s’est jamais arrêtée et les résistants et leurs familles continuent à être poursuivis, soit par les sionistes, soit par l’Autorité. (...) Les sionistes et les services sécuritaires de l’Autorité palestinienne continuent à se partager la tâche de poursuivre les résistants, ceux qui s’opposent à l’occupation et agissent dans ce sens. La coordination sécuritaire des services de Abbas-Fayyad avec les sionistes, est un terme radouci pour parler d’une collaboration de fait avec l’ennemi. (...) »(4)

Pour Ziad Clot, avocat franco-palestinien- interviewé par la journaliste Sylvia Cattori- et qui avait participé, en son temps, à des négociations, la reconnaissance de l’« État » ne ferait qu’apporter plus de malheurs au peuple palestinien. « Ce ne sera donc pas un mal si ce pseudo « État » ne voit pas le jour le 23 septembre ». Il dévoile le business des négociations et les stratégies personnelles d’enrichissement : « (...) Certains dirigeants de l’OLP sont devenus des professionnels de la négociation. Il y a de nombreuses personnes qui vivent là -dessus. Mais la réalité, connue des Palestiniens, c’est qu’aujourd’hui, il ne reste plus grand-chose à négocier. Quand vous regardez la carte, entre la colonisation et Jérusalem-Est qui est sous la totale emprise israélienne, Israël est largement arrivé à ses fins. Jérusalem-Est est devenue pratiquement la capitale réunifiée israélienne et les colons israéliens sont installés en Cisjordanie où cela leur convient. Aujourd’hui Il y a des intérêts financiers immenses autour de l’Autorité palestinienne. (...) » (5)

«  La conclusion à laquelle j’arrive est que le « processus de paix » n’est pas seulement un spectacle mais que c’est aussi un « business » avec quantité d’organisations en tout genre et d’individus qui en vivent : des diplomates, journalistes, experts en tout genre -dont je faisais du reste partie lorsque je travaillais comme conseiller juridique auprès de l’OLP- qui ont des intérêts propres à la poursuite dudit « processus de paix ». Ce sont ces centaines de millions de dollars et d’euros investis chaque année à perte qui -doublés de l’incapacité à condamner Israël pour ses agissements- expliquent cette fuite en avant, alors même que l’objet des négociations -le territoire palestinien, Jérusalem-Est comme capitale de l’État palestinien, l’eau, etc. a malheureusement largement disparu aujourd’hui ».(5)

Que se passera-t-il après ?

L’impression générale qui se dégage est que si l’Etat Palestinien est reconnu, la Palestine perdrait définitivement le droit de négocier pour le retour des réfugiés. « Les dirigeants palestiniens, écrit Majed Kayali, ont tout misé sur les négociations sans se ménager des solutions de repli.(...) Une partie des Palestiniens considère que cela constituerait une grande victoire politique et diplomatique face à Israël et rééquilibrerait le conflit israélo-palestinien puisqu’il le transformerait en conflit entre deux Etats. De plus, font-ils valoir, ce serait un pied de nez aux interminables et stériles négociations par lesquelles Israël épuise les Palestiniens.(...) Que cela signifie-t-il pour les réfugiés [palestiniens dans les pays arabes] ? Auront-ils la nationalité de ce nouvel Etat ? En seront-ils des ressortissants à l’étranger ? Seront-ils toujours considérés comme des Palestiniens ? Seront-ils exclus de l’équation politique, à l’instar des Palestiniens de 1948 [les « Arabes israéliens », qui sont restés sur place lors de la création d’Israël en 1948] ? (...) Envisageons maintenant ce qui se passerait en cas d’échec du vote à l’ONU, ce qui ne ferait plaisir à aucun patriote palestinien puisque ce serait un succès pour Israël. La direction palestinienne ne semble pas avoir prévu de plan B pour parer à cette éventualité. ».(6)

Pour Pascal Boniface : « Il n’aura pourtant aucun effet concret immédiat. Par ailleurs, quelle que soit l’issue du vote, la situation concrète ne changera pas : les Territoires palestiniens continueront d’être occupés par l’armée israélienne. Si le vote n’aura aucune signification sur le terrain, il est de la plus haute importance politique et symbolique. Du côté palestinien, cette stratégie diplomatique est la confirmation de l’échec de l’Intifada armée mais également l’impasse des négociations bilatérales avec Israël. Côté israélien, (...) ils affirment que cela mettrait en danger le processus bilatéral de négociations. Ils craignent surtout que cela montre leur isolement au niveau international. Barack Obama, déjà en difficulté sur le plan politique, ne veut pas prendre le risque de compromettre sa réélection en 2012 à cause du dossier du Proche-Orient. Dire qu’un vote à l’ONU va mettre en danger les négociations bilatérales est une plaisanterie, pour employer un euphémisme. Celles-ci ne débouchent sur rien et ne semblent n’être qu’un écran de fumée pour gagner du temps et conforter des positions de faits accomplis en faveur d’Israël. (...) Le vote va surtout montrer l’isolement d’Israël et le fort soutien à la création d’un État palestinien. L’immense majorité des pays du Sud et les grandes démocraties émergentes sont sur la même position. Les rapports de force internationaux sont modifiés par la perte du monopole de la puissance du monde occidental et par la montée en puissance des pays émergents. Ne rien céder en tablant sur la protection américaine n’est pas viable à moyen terme ».(7)

Pour rappel, le Sommet arabe de Beyrouth a adopté le 28 mars 2002, à l’initiative de l’Arabie Saoudite, un plan de paix pour le Proche-Orient - intitulé « Initiative de paix arabe » -. Le plan, adopté à l’unanimité des 22 pays membres de la Ligue arabe, propose à Israël une paix globale en échange de son retrait total des territoires arabes occupés en 1967, y compris le Golan syrien, ainsi qu’une solution au problème des réfugiés palestiniens. Il réclame « l’acceptation de la création d’un Etat indépendant sur les territoires palestiniens occupés depuis 1967 en Cisjordanie et dans la bande de Ghaza, avec pour capitale Jérusalem-Est. En contrepartie, les pays arabes concluront un accord de paix et établiront des relations normales avec Israël « dans le cadre d’une paix globale » qu’Israël a qualifié d’« inacceptable ».(8)

Aux dernières nouvelles Mahmoud Abbas devant l’intransigeance des Etats-Unis est prêt à donner du temps au Conseil de sécurité pour en débattre. Il pousse le ridicule jusqu’à «  examiner » la proposition française de «  Vatican » avec la promesse de négociations qui naturellement ne déboucheront sur rien de concret. Que veut Israël ? La paix proposée par les Arabes ou le chaos continu ? La proclamation bâclée d’un Etat palestinien est un non-événement. Si elle devait aboutir c’est du pain bénit pour Israël qui expulserait les Arabes israéliens qui n’ont plus vocation à rester dans un Etat qui deviendra l’Etat des Juifs. Mahmoud Abbas, une fois de plus, est démonétisé par un Occident qui a chois son camp .Les Palestiniens à qui on a fait miroiter cette utopie seront une fois de plus frustrés. Il reste que la «  communauté internationale » dans son ensemble, qui n’a pu faire appliquer aucune des résolutions contre Israël, a une responsabilité morale pour rendre justice au peuple palestinien qui aspire à vivre dignement sur ce qui lui reste de sa terre.

Professeur Chems eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

Sources :

1.Bronner http://www.courrierinternational.com/article/2011/09/14/un-etat-qui-inquiete-deja

2.Yossi Alpher http://www.courrierinternational.com/article/2011/09/01/pourquoi-un-etat-palestinien-aiderait-israel

3.http://www.lepoint.fr/monde/etat-palestinien-la-troublante-strategie-du-hamas-20-09-2011-1375585_24.php

4.http://www.palestine-solidarite.org/analyses. Fadwa_Nassar.190911.htm

5.Journal d’un négociateur en Palestine. Un entretien avec l’avocat Ziyad Clot Silvia Cattori http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=26634

6.Majed Kayali http://www.courrierinternational.com/article/2011/09/19/en-cas-d-echec-a-l-onu-pas-de-plan-b

7.http://pascalbonifaceaffairesstrategiques.blogs.nouvelobs.com/archive/2011/09/16/les-enjeux-du-vote-de-l-onu-sur-la-palestine.html

8.Le Monde, 30 mars 2002. http://www.aidh. org/Actualite/Act_2002/info_israel05.htm

COMMENTAIRES  

23/09/2011 13:00 par Abdelkader DEHBI

Les desseins de l’impérialisme occidental qui ont présidé dès le début du siècle dernier à la création de l’Etat sioniste étaient porteurs ipso facto, de la négation des palestiniens en tant que peuple et de la Palestine en tant que territoire. Or, un siècle plus tard, et malgré les évolutions socio économiques et stratégiques intervenues depuis, dans notre vaste monde en général, et dans cette région du Proche-Orient en particulier, ces desseins n’ont pas pris une seule ride et se justifient toujours - du point de vue impérialiste s’entend - en se résumant autour de deux axes essentiels et complémentaires :

1.- L’entretien en plein coeur du monde arabo-musulman d’un foyer permanent de tension, d’instabilité et de guerres, de manière à compromettre toute forme d’évolution socio politique ou économique des peuples de la région en tuant en eux, toute velléité de rassemblement, d’union ou de renaissance civilisationnelle ;

2. - Parallèlement, installer, à la faveur de cet état permanent d’instabilité, un système léonin d’exploitation autoentretenu, des ressources naturelles de ces pays, en particulier les ressources pétrolières. Un système qui s’appuie pour l’essentiel, sur la mise en place et la protection de régimes politiques illégitimes, répressifs et corrompus, à la solde des intérêts impérialistes.

Faut-il rappeler encore une fois, les « Recommandations » du Rapport commandité en 1907 - déjà  ! - par Camille Bittermann, lui-même de confession juive, Président du Conseil Britannique (l’équivalent de la fonction de Premier Ministre d’alors) ?

Ce dernier avait en effet constitué une Commission officielle dont les membres étaient d’éminents historiens et sociologues européens. Cette Commission avait pour mission d’étudier les moyens susceptibles de perpétuer la prépondérance impérialiste britannique dans le monde. Lors de la première réunion de cette Commission, Bitterman prononça une allocution. Il y déclara notamment ceci :

"Les empires se forment, s’agrandissent et se stabilisent un tant soit peu, avant de se désagréger et de disparaître….Avons-nous un moyen d’empêcher cette chute, cet effondrement ? Nous est-il possible de freiner le destin du colonialisme européen actuellement à son point critique ? En fait, l’Europe est devenue un vieux continent aux ressources épuisées et aux intérêts émoussés, alors que le reste du monde encore en pleine jeunesse, aspire à plus de science, d’organisation et de bonheur…."
("Le conflit israélo-arabe" in - Numéro Spécial de la Revue Les Temps Moderne n°253 Bis, page 225 - Juin 1967).

En réponse à cette question qui exprimait clairement les craintes des impérialistes britanniques quant à leur avenir, la Commission élabora un important rapport. Celui-ci soulignait

"la nécessité de lutter contre l’union des masses populaires dans la région arabe ou l’établissement de tout lien intellectuel, spirituel ou historique entre elles" (ibid) - et préconisait - "la recherche de tous les moyens pratiques pour les diviser autant que possible".(ibid).

Comme moyen d’y parvenir, le rapport suggérait :

"l’édification d’une barrière humaine puissante et étrangère à la région - pont reliant l’Asie à l’Afrique - de façon à créer dans cette partie du monde, à proximité du canal de Suez, une force amie de l’impérialisme et hostile aux habitants de la région." (ibid)

Or, si les mêmes causes produisent les mêmes effets, leurs contraires aussi !

Car, il ne faut pas s’y tromper, en dépit d’un certain pessimisme qui a déjà classé ou presque, « le printemps arabe » comme une flambée populaire maitrisable à court terme. La révolution des peuples arabo-musulmans ne fait que commencer. Et ses racines profondes, il ne faudra aller les chercher ni dans les réseaux sociaux comme « facebook » ou autres « twitter » ni dans les surmédiatisations plus ou moins commanditées - de sources arabes ou occidentales - cherchant à accompagner et surtout à infléchir le cours des choses. Ces racines profondes sont tout simplement intrinsèques au cours normal de l’Histoire, en partant du fait qu’il n’y a pas d’exemple d’Empire éternel et que l’Empire aujourd’hui en place - celui d’un Occident co-dirigé par le couple USA-Israël - est en rapide déclin. Un déclin irréversible qui va libérer une formidable énergie humaine des peuples exploités.
A commencer d’ailleurs - on l’ignore presque toujours - par les masses laborieuses des pays occidentaux eux-mêmes, si longtemps tenues dans le mensonge et l’exploitation par leurs propres oligarchies politiques et financières corrompues et corruptrices.

Un autre monde est en train de se dessiner, au rythme lent mais inexorable de l’Histoire. Un autre monde plein d’inattendus.

23/09/2011 21:50 par Prairial

Ces racines profondes sont tout simplement intrinsèques au cours normal de l’Histoire, en partant du fait qu’il n’y a pas d’exemple d’Empire éternel et que l’Empire aujourd’hui en place - celui d’un Occident co-dirigé par le couple USA-Israël - est en rapide déclin. Un déclin irréversible qui va libérer une formidable énergie humaine des peuples exploités.
A commencer d’ailleurs - on l’ignore presque toujours - par les masses laborieuses des pays occidentaux eux-mêmes, si longtemps tenues dans le mensonge et l’exploitation par leurs propres oligarchies politiques et financières corrompues et corruptrices.

Un autre monde est en train de se dessiner, au rythme lent mais inexorable de l’Histoire. Un autre monde plein d’inattendus.

Puissiez-vous être entendu très loin car c’est de cela que nous avons besoin . Certains vont épiloguer sur ce qui s’est passé aujourd’hui à l’assemblée de l’ONU , et ils auront raison . Rien n’est gagné , d’autres affirment qu’il ne fallait pas introduire cette demande , moi je suis heureux que Mr Abbas soit allé au bout de son discours , je suis heureux qu’il ait été tant applaudi ...enfin ! J’ai suivi ça en direct et j’ai trouvé cet homme très digne , très juste , j’étais heureux d’assister à ce moment .

Je pense que quelque chose changera , que la riposte sera sévère , mais que personne n’effacera ces appuis internationaux gagnés parce que fondés sur la vérité .

Devant le nombre grandissant des pays qui reconnaissent l’état palestinien je crois , j’ose croire , que les états-unis et Israël devront composer et se montrer moins arrogants , le monde les regarde , il faut que les populations investissent leurs dirigeants de leurs pouvoirs , qu’ils les mettent en charge de faire respecter par tous les moyens possibles leur avis et leur contentement pour le peuple palestinien .

J’espère seulement et tant pis si j’introduis une touche pessimiste , que lorsque vous parlez du déclin annoncé et de la formidable énergie que cela va libérer ce sera dans le bon sens , celui qui construit , pas celui infiniment destructeur des deux alliés étatsuniens .

Comment dites vous déjà  : inch’ Allah ? .

24/09/2011 14:56 par dredki

obanania veut être réélu , aux USA depuis longtemps déjà , tous les présidents qui sont passé depuis kennédie sont sous l’ influence du lobby juif et , celui lui qui n’ obéit pas à sa volonté sera assassiné . Obanania ne peut pas faire exception , il ne risquera jamais sa vie pour une poignée d’ arabe musulmans réfractaires , djihadistes ,fondamentalistes , terroristes , radicalistes et...........et ..........Les USA comme Israël savent que tant q’ une grande partie des dirigeants arabes est corrompu , et tant que la principale monarchie des arabes , l’ Arabie Saoudite est avec eux ,le rapport de force en faveur des palestiniens est tout simplement un leurre. La preuve en est donnée avec le soutien aux révoltes arabes qui touchent des présidents élus , même si pendant longtemps ils ont servi des objectifs occidentaux tout en étant des dictatures ,mais que l’ on veuille ou non , soutenaient à fond la cause palestinienne ,et à chaque fois que l’ un d’entre eux rencontré obanania , il lui demandait d’agir pour le règlement du conflit israélo palestinien qui empoisonner l’ ensembles des relations internationales .Comme par hasard , les monarchies arabes dociles aux USA et a Israël ont survécu la « « tempête du printemps arabe » » et les « « dictateurs » » évincés ?????. Et pourtant , jusqu’ à tout récemment , ces derniers pouvaient , si le plan de déstabilisation US était passé plus tard , jouer dans la balance pour une reconnaissance de la Palestine dans les frontières de 1967 ,avec des marchandages pour services rendus dans la lutte contre le terrorisme ? .Ces « « dictateurs » » n’ es ce pas ,est c’est notoire qu’ils ont pris une part active dans la guerre au terrorisme imposée par les gringos ????. ? Or, maintenant ou sont-ils ??? ,c’ est bien à leur adresse que obanania il y a un an promettait un état palestinien dans les frontières de 1967 ??????? Qu’en est-il aujourd’hui ???? Au contraire la supercherie sur cette histoire de lutte et de guerre au terrorisme éclate au grand jour , puisque c’est avec ces mêmes terroristes que le coup d’ état en Libye , si il réussit , qu’ il est menait …

24/09/2011 22:15 par Prairial

@dredky

si je pense comprendre votre discours et ses motivations , il y a un terme qui me gêne beaucoup et je ne peux rester silencieux à son énoncé plusieurs fois répété .
Qu’on me comprenne , je comprends votre colère et votre révolte , je les partage , mais vraiment , le terme ’’ obanania ’’ me révulse et je vais vous dire pourquoi , en partant du principe que vous l"ignorez . Cela dit j’ai un doute mais bast ...
Donc , au petit déjeuner des bons français et ailleurs , nous avions devant les yeux la boîte de ’’ Banania ’’, avec l’image du bon noir sidi , celui qui vous procure plein de vitamines chocolatée , celui qui récolte les bananes pour le bon blanc , celui qui est esclave par nature , par définition .
Sans doute penserez vous que ma vieille caboche s’énerve pour rien , et je vais vous dire , sans doute aurez vous raison quelque part comme on dit , mais voilà , si je comprends ce que vous signifiez , je ne peux admettre que l’un d’entre nous soit discriminé négativement autrement que politiquement , et qu’il soit une chose , un élément matériel au service des commerçants .
J’avais envie de vous le dire , parce que si je cautionne tout à fait l’idée que Obama est un blanc ou un noir comme les autres , il n’a pas de particularité ( et comment cela pourrait être ? ) qui pourrait le distinguer , il faut cesser de rêver au vieux mythe romanesque du bon noir par dessein , c’est faux , il n’y a que des hommes ( terme générique s’entend car les femmes sont si belles , n’est ce pas ? ) .

28/09/2011 16:04 par dredki

rassure toi camarade que dans mon commentaire il n’ y avait aucune intention raciste , car pour l’ instant c’est moi qui suis l’objet d’ un racisme religieux , moi par contre je suis né avec la publicité de banania ou l’ africain sur l’affiche publicitaire etait noir est musulman ,c’est a dire ,habillait en djellaba ,et portait une chechia haute sur sa tete , Alors ,encore excuse , mais tu a etait tres loin quand meme , enfin je n’ ai pas le crif derriere mois
c’est dejà beaucoup par les temps des grandes libertés....../.

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